Surf Maldives

Trip surf aux Maldives, le guide complet

L’histoire de la pratique du surf aux Maldives possède une dimension presque légendaire, profondément ancrée dans l’aventure et le hasard. Au milieu des années 1970, deux surfeurs australiens, Tony Hussein-Hinde et Mark Scanlon, font naufrage dans l’archipel alors qu’ils naviguent vers l’Afrique de l’Est. Durant les opérations de sauvetage de leur embarcation, ils découvrent les récifs parfaits de l’atoll de Malé Nord, réalisant immédiatement le potentiel exceptionnel de ces vagues vierges. Tony Hussein-Hinde s’établit alors sur place, épouse une Maldivienne et garde jalousement le secret de ces vagues parfaites pendant près de quinze ans, avant de fonder Atoll Adventures au début des années 1990. Cette introduction progressive et respectueuse de la culture locale explique l’absence historique de tensions ou de localisme agressif dans l’eau, une caractéristique rare qui distingue encore aujourd’hui l’archipel d’autres destinations mondiales.

Pendant plusieurs décennies, le surf aux Maldives est resté le domaine exclusif de voyageurs fortunés séjournant dans des îles-hôtels privées ou naviguant à bord de charters haut de gamme. Cependant, une réforme législative majeure survenue en 2009 a autorisé les habitants des îles locales à ouvrir des guesthouses et des structures d’accueil touristiques. Cette ouverture a radicalement démocratisé l’accès aux récifs de l’archipel, permettant à une nouvelle catégorie de surfeurs d’organiser un surf trip aux Maldives de manière indépendante et à moindre coût, tout en s’imprégnant de la culture locale.

L’archipel des Maldives s’étire à travers l’océan Indien et capte les mêmes houles de fond de sud-ouest et de sud-est que l’Indonésie, garantissant une régularité de vagues exceptionnelle tout au long d’une saison qui s’étend sur plus de six mois. Lorsque le vent souffle de manière défavorable sur une région, la géographie circulaire des atolls permet presque toujours de trouver un récif orienté de manière optimale où le vent souffle offshore.

Les Trois Zones de Surf des Maldives : Une Géographie de la Houle

La structure géographique de l’archipel, étirée sur plus de 1 190 îles coralliennes, se divise en trois grandes régions de surf présentant chacune des caractéristiques bathymétriques, climatiques et d’accessibilité bien distinctes.

Les Atolls de Malé (Nord et Sud) : L’accessibilité et la régularité

Cette région constitue le cœur historique et logistique du surf maldivien. Situés à proximité immédiate de l’aéroport international de Velana, les atolls de Malé Nord et Sud offrent une logistique simplifiée. L’atoll de Malé Nord bénéficie d’une exposition directe aux houles de sud-est, ce qui lui confère une régularité exceptionnelle de mars à octobre, alimentée par les dépressions de l’hémisphère sud. C’est ici que se concentrent les vagues les plus réputées du pays.

Les spots incontournables de Malé Nord :

  • Cokes : Située sur l’île locale de Thulusdhoo, cette droite rapide, creuse et particulièrement technique déferle sur un récif peu profond. Très prisée des surfeurs confirmés, elle fonctionne de manière optimale sous l’influence d’une houle de sud-est et par vent de sud-ouest.
  • Chickens : Située juste en face de Cokes, cette gauche très longue et manœuvrable offre de magnifiques sections à turns. Elle est accessible par une rapide navette en bateau depuis Thulusdhoo.
  • Jailbreaks : Située en face de l’île locale de Himmafushi, cette droite propose un mur d’une régularité métronomique avec plusieurs sections de manœuvres et de vitesse.
  • Lohi’s : Une gauche de haute performance très constante, qui s’enroule le long du récif d’une île privée pour finir sa course dans une petite baie abritée. Elle offre trois sections distinctes, dont un take-off engagé sur un mur tendu qui tend à se creuser en tube. Elle fonctionne à marée haute, par houle de sud-est et vents de nord à nord-ouest.
  • Pasta Point : Une des vagues les plus célèbres et régulières des Maldives. Très bien protégée des vents dominants, elle génère des gauches mécaniques idéales de toutes tailles, se découpant en trois sections sur un parcours de plus de 100 mètres. Elle marche de préférence à mi-marée, par houle de sud-est et vent de nord à nord-est.
  • Sultans & Honky’s : Situés sur l’île inhabitée de Thanburudhoo, ces deux spots fonctionnent en binôme. Sultans est une droite rapide, longue et plutôt accessible. À quelques mètres, Honky’s est une gauche de classe mondiale qui s’étire et gagne en puissance à mesure qu’elle contourne l’île. L’immense avantage de ce doublé est qu’ils tolèrent des orientations de vents opposées, garantissant des vagues surfables dans presque toutes les configurations.

Les Atolls Centraux : Le compromis idéal pour les surfeurs intermédiaires

Situés à une nuit de navigation ou à un court vol domestique au sud de Malé, les Atolls Centraux (comprenant Meemu, Laamu, Thaa et Dhaalu) représentent une excellente zone de transition. Moins bloqués par les structures récifales que les atolls du Nord, ils captent les houles de sud et de sud-ouest. Les vagues y déferlent avec un peu moins de puissance brute que dans le sud ou en Indonésie, ce qui en fait un terrain de jeu privilégié pour les surfeurs de niveau intermédiaire désireux de progresser sur des récifs coralliens. Les conditions y sont fréquemment glassy en raison de vents généralement légers.

Les spots incontournables des Atolls Centraux :

  • Vodi : Une gauche cristalline, lisse et particulièrement facile à aborder, idéale pour progresser sur du récif.
  • Kasabu : Une droite creuse et de grande qualité, accessible rapidement en bateau depuis l’atoll de Dhaalu.
  • Yin Yang : L’une des vagues les plus célèbres et consistantes de cette zone, offrant une droite puissante qui se creuse sur l’inside.
  • Mikado : Une droite puissante et très consistante. Bien qu’elle soit sensible aux variations de vent, elle offre des barrels mémorables et particulièrement intenses lorsque les conditions sont alignées.
  • Tsunami’s : Une gauche consistante qui a tendance à sectionner proprement. Cette configuration permet aux surfeurs de se répartir idéalement sur le line-up, entre une zone à tubes (barrels) et une section offrant des murs plus ouverts pour les manœuvres.

Les Atolls du Sud : La frontière sauvage et puissante

Les atolls du sud (Gaafu Dhaalu, Huvadhoo, Addu) représentent la région la plus reculée, sauvage et technique de l’archipel. Sans aucune masse terrestre pour faire écran entre ces récifs et l’Antarctique, les houles australes y frappent directement et sans réfraction préalable, générant les vagues les plus puissantes, creuses et lourdes des Maldives.

Les spots incontournables des Atolls du Sud :

  • Tiger Stripes : Une gauche solide et constante, qui doit son nom aux motifs formés par les canaux de corail sous l’eau.
  • Blue Bowls : Une droite particulièrement appréciée des surfeurs confirmés dans la région. Très longue, elle offre des murs massifs et puissants pour les turns, ainsi que des sections à tubes. Elle se surfe à toutes les marées et fonctionne au mieux par houle de sud ou sud-est et vents de secteur ouest à sud-ouest.
  • Love Charms : Une gauche consistante, fiable et un peu plus accessible que ses voisines, bien qu’elle puisse proposer un joli tube sur l’inside. À marée basse, elle se sépare en deux sections qui se connectent parfaitement à marée haute pour offrir un run rapide et propice aux manœuvres. Elle demande une houle de sud et des vents légers de nord à nord-est.
  • Five Islands : Une droite rapide et tendue qui déferle sur un plateau de corail très peu profond, ce qui la réserve exclusivement aux surfeurs expérimentés. Elle gère parfaitement les grosses houles de sud à sud-est et offre des sections de tubes intenses sous un vent d’ouest à sud-ouest.
  • Beacons : Réputée pour être la vague la plus épaisse, puissante et engagée des Maldives. Cette droite redoutable casse dans très peu d’eau sur une dalle corallienne acérée. Réservée strictement aux experts, elle requiert une houle de sud ou sud-ouest et un vent de nord ou nord-est.
Région de SurfAtolls concernésProfil des vaguesNiveau recommandéAccessibilité logistique
Atolls de Malé Malé Nord & Malé Sud Droites et gauches régulières, sections à tubes et murs à manœuvres Intermédiaire à Expert Très facile (20-30 min de bateau depuis l’aéroport de Malé)
Atolls Centraux Meemu, Laamu, Thaa, Dhaalu Vagues plus douces, moins puissantes mais très régulières et glassy Évolutif à Confirmé Moyenne (vol domestique ou bateau de croisière requis)
Atolls du Sud Gaafu Dhaalu, Huvadhoo, Addu Vagues lourdes, creuses, cassant sur des platiers de corail peu profonds Confirmé à Expert Difficile (vol domestique long et transferts en hors-bord obligatoires)

Saisons et Conditions Météorologiques : Une Dynamique Moussonnière

Le climat et les conditions de surf aux Maldives sont régis par l’alternance de deux moussons distinctes, qui influencent la direction des vents et la taille des houles.

La mousson de sud-ouest (mai à octobre)

Cette période correspond à la saison de surf principale pour la majorité de l’archipel, et en particulier pour les atolls de Malé et les Atolls Centraux. Les tempêtes de l’hiver austral dans l’océan Indien génèrent des houles régulières de sud-sud-ouest à sud-est.

En mai, la saison s’ouvre en douceur avec des vents légers et des sessions matinales calmes, particulièrement adaptées aux surfeurs intermédiaires. Durant les mois de juin et juillet, la mousson bat son plein, apportant des vagues puissantes allant d’une hauteur d’épaule à bien au-dessus de la tête. Le mois d’août est traditionnellement celui qui enregistre les plus grosses houles de l’année, alimentées par d’intenses tempêtes dans le sud de l’océan Indien. En raison de vents parfois forts après la mi-journée, les sessions se planifient généralement en trois créneaux : à l’aube, en fin d’après-midi et au coucher du soleil. Les mois de septembre et octobre marquent une transition très appréciée des guides locaux : la houle reste consistante mais les vents s’adoucissent, offrant des conditions de l’eau particulièrement lisses alors que la fréquentation touristique diminue.

La mousson de nord-est (novembre à avril)

Cette période correspond à la saison sèche de l’archipel. Les vents s’orientent au nord-est, ce qui réduit considérablement la taille des vagues dans le nord et le centre du pays. Les spots deviennent alors l’apanage des débutants et des surfeurs en phase d’apprentissage, avec des vagues propres de hauteur de hanche.

En revanche, c’est précisément durant cette période de basse saison globale (spécialement de décembre à février) que les Atolls du Sud fonctionnent de manière optimale. L’orientation des vents de nord-est souffle de façon parfaitement de terre (offshore) sur les passes exposées aux houles de sud qui continuent de circuler, offrant des conditions exceptionnelles et des vagues désertes de toute présence de bateaux de charter.

Période de l’annéeComportement de la houleRégime de ventRégions optimalesProfil de surfeurs ciblés
Mai Soft opening (houle en hausse progressive) Vent léger de sud-ouest Atolls de Malé & Centraux Intermédiaires à Confirmés
Juin & Juillet Peak season (houle consistante et punchy) Vent modéré à fort de sud-ouest Atolls de Malé & Centraux Confirmés à Experts
Août Maximum annuel (houles massives de tempête) Vent soutenu de sud-ouest (rafales après-midi) Atolls de Malé & Cent de raux Surfeurs expérimentés uniquement
Septembre & Octobre Transition idéale (houle solide mais en baisse) Vents très légers (conditions glassy) Atolls de Malé & Centraux Tous niveaux (selon les spots)
Novembre à Mars Houle minimale au nord, consistante à l’extrême sud Vent de nord-est (offshore au sud) Atolls du Sud uniquement Débutants au nord, Experts au sud
Avril Transition (houle de sud naissante) Vents variables et calmes Toutes régions Intermédiaires à Confirmés

Guide des Hébergements : Choisir Entre Guesthouse, Charter et Resort de Luxe

L’évolution de l’offre touristique permet aujourd’hui d’envisager un voyage aux Maldives selon trois configurations distinctes, influençant directement la flexibilité, le confort et le budget global du séjour.

Les Guesthouses sur les îles locales : L’immersion économique

Séjourner dans une pension de famille sur une île habitée constitue la méthode la plus accessible pour pratiquer le surf aux Maldives sans subir les tarifs prohibitifs des complexes hôteliers privés. Deux îles principales de l’atoll de Malé Nord se distinguent par leur positionnement stratégique à proximité immédiate de vagues de classe mondiale accessibles sans logistique lourde.

  • Thulusdhoo : Cette île réputée mondialement permet d’accéder au spot de Cokes à la rame directement depuis le rivage. Pour surfer la gauche de Chickens située en face, les surfeurs empruntent des bateaux navettes locaux pour environ 10 à 15 USD l’aller-retour. Des établissements comme le Midsummer y proposent des nuitées aux alentours de 50 USD, complétées par une taxe environnementale gouvernementale obligatoire de 3 USD par jour. L’île héberge en outre une curiosité industrielle : l’une des rares usines Coca-Cola au monde alimentée par de l’eau de mer dessalée.
  • Himmafushi : Plus tranquille et moins fréquentée que Thulusdhoo, Himmafushi offre un accès pédestre au spot de Jailbreaks. Des structures dédiées au surf à l’instar du Jail Break Surf Inn ou du Noah Private Beach House proposent des formules complètes incluant l’hébergement, la pension et les transferts quotidiens en bateau vers les spots voisins comme Sultans, Honky’s ou Ninjas.

Les Resorts de luxe : Le confort absolu et l’accès privatisé

Pour les voyageurs recherchant l’exclusivité, certains resorts haut de gamme détiennent des accès privilégiés ou exclusifs aux vagues situées devant leur lagon. Le spot de Lohis, par exemple, est géré de manière exclusive par le resort Hudhuranfushi, ce qui garantit un nombre de surfeurs strictement limité sur le plan d’eau. D’autres établissements prestigieux comme le W Maldives ou le Niyama Private Islands (à proximité du spot de Kasabu) offrent des prestations haut de gamme avec spas, restaurants de cuisine fine et bars élégants sur pilotis, ciblant une clientèle exigeante ou des couples en lune de miel.

Les Surf Charters (Bateaux de Croisière) : La mobilité tactique

Le choix d’un bateau de croisière habitable représente l’option ultime pour maximiser le nombre de vagues surfées. Un charter permet de s’affranchir des contraintes géographiques d’une île fixe en naviguant de nuit vers les zones de l’archipel les mieux exposées aux prévisions de houle et de vent du lendemain. Cette formule est particulièrement recommandée pour explorer les Atolls Centraux et les Atolls du Sud, où les distances entre les passes de récifs sont importantes.

Budgets et Tarifs Pratiques : Estimation d’un Surf Trip de 7 Jours

Pour un surfeur indépendant, la maîtrise des coûts passe par la compréhension des tarifs pratiqués sur place pour les transferts, le logement et la location du matériel.

Options de transport depuis l’aéroport de Malé vers les îles locales

Pour rejoindre Himmafushi ou Thulusdhoo depuis l’aéroport, les voyageurs disposent de trois options logistiques distinctes, détaillées dans le tableau suivant :

Moyen de transportTarif par trajetDurée du trajetFréquence et contraintes
Ferry Public Local ~ 2 USD 1h00 (Himmafushi) à 1h30 (Thulusdhoo) Unique départ quotidien à 15h00 depuis Malé (sauf le vendredi). Nécessite un transfert en taxi de l’aéroport au quai.
Speedboat Public 10 à 25 USD 20 à 35 minutes Plusieurs rotations quotidiennes directement depuis l’aéroport ou les jetées de Malé.
Speedboat Privé (Charter) ~ 100 USD 20 à 30 minutes À la demande, idéal pour les groupes arrivant sur des vols tardifs ou de nuit.

Tarification des services de surf sur les îles locales

À terre, les d épenses liées au matériel et aux déplacements vers les vagues du large s’additionnent rapidement si elles ne sont pas anticipées.

  • Location de planche de surf : Pour éviter l’encombrement d’un boardbag, les surfeurs peuvent louer du matériel directement sur place. À Thulusdhoo, les tarifs sont dégressifs : 25 USD pour une seule journée, 20 USD par jour pour un engagement de deux à trois jours, et tombent à 15 USD par jour pour les périodes plus longues. À Himmafushi, les planches de qualité issues de boutiques spécialisées se louent environ 30 USD par jour.
  • Bateaux navettes (Surf Taxis) : Pour les spots non accessibles à la rame, les guesthouses organisent des navettes régulières. Depuis Himmafushi, un dépôt et une récupération sur le spot de Jailbreaks coûtent 13 USD par personne. Pour rejoindre Sultans ou Honky’s, le tarif est de 38 USD par personne, tandis qu’un déplacement vers Ninjas s’élève à 80 USD. Des excursions de quatre heures vers les spots plus lointains de Cokes ou Chickens sont facturées 155 USD par bateau.
  • Prestations de guidage et cours : Faire appel à un guide local pour optimiser le choix du spot selon les marées coûte entre 20 et 60 USD par personne selon la taille du groupe. Un cours particulier de surf de 2h30 incluant le coaching et la sécurité s’affiche à 100 USD.

Simulation de budget pour un séjour de 7 jours (Thulusdhoo ou Himmafushi)

Le tableau ci-dessous compare deux profils de dépenses pour une semaine complète de surf sur place :

Catégorie de d épensesProfil « Swell Hunter » Éco (Rame et autonomie)Profil « Comfort Surf » (Navettes bateau et pension complète)
Logement (7 nuits)350 USD (Guesthouse simple) 700 USD (Chambre supérieure / Surf Camp de charme)
Transferts Aéroport (A/R)4 USD (Ferry local) 50 USD (Speedboat partagé régulier)
Repas (Petit-déjeuner inclus)100 USD (Cafés locaux de l’île) 180 USD (Pension complète à la guesthouse)
Navettes bateaux vers les vagues0 USD (Uniquement surf à la rame à Cokes ou Jails) 120 USD (Sorties quotidiennes sur d’autres spots)
Location de matériel de surf105 USD (Propre planche non louée ou tarif long séjour) 210 USD (Planche de location haute performance)
Extras (Taxes, Snorkeling, Sim card)35 USD (Taxe verte + SIM locale) 90 USD (Excursion banc de sable, photos de surf)
Total estimé par voyageurEnviron 594 USD Environ 1 350 USD

Législation Islamique, Respect des Coutumes et Vie Nocturne

La réussite d’un séjour aux Maldives dépend également du strict respect des règles religieuses et des lois en vigueur sur les îles habitées, sous peine de confiscation de matériel ou d’amendes.

Tenue vestimentaire et comportement à terre

Sur les îles locales telles que Thulusdhoo ou Himmafushi, les surfeurs partagent l’espace public avec une communauté locale conservatrice de confession musulmane. En dehors de l’eau et des zones de plages spécifiquement désignées pour les étrangers (appelées Bikini Beaches), il est obligatoire de porter des vêtements décents. Les femmes doivent couvrir leurs épaules et leurs genoux, et les hommes doivent éviter de circuler torse nu dans les rues des villages. Le non-respect de ces consignes est perçu comme une offense par les résidents locaux, réputés par ailleurs pour leur sens de l’accueil et leur gentillesse.

Le cas spécifique de la consommation d’alcool : Les Floating Bars

La législation maldivienne proscrit de manière absolue la vente, l’achat et la détention de boissons alcoolisées sur toutes les îles habitées de l’archipel, y compris dans la capitale Malé. Pour contourner cette interdiction sans violer la souveraineté territoriale des îles, un système de bars flottants s’est développé.

Ces navires de croisière, disposant de licences spéciales d’importation d’alcool pour les touristes, mouillent à l’extérieur des lagons des îles de surf. Pour un tarif de transfert en bateau rapide d’environ 5 USD, les voyageurs peuvent s’y rendre pour consommer une bière ou un cocktail en fin de journée face au coucher du soleil, avant de revenir dîner à terre sur leur île guesthouse. Cette alternative contraste fortement avec la vie nocturne des îles-resorts privées, où la consommation d’alcool est libre mais soumise à des prix de boissons très élevés.

Logistique Aérienne, Réglementation des Bagages et Formalités d’Entrée

L’organisation d’un surf trip aux Maldives demande une attention rigoureuse quant au choix de la compagnie aérienne et à la préparation administrative du voyage.

Comparatif des politiques bagages des compagnies aériennes pour les surfeurs

La gestion du transport des housses de surf (boardbags) varie grandement d’un transporteur à l’autre et peut rapidement alourdir la facture globale du voyage s’il n’est pas anticipé.

  • Air France : Transporte gratuitement une planche de surf à condition qu’elle soit considérée comme l’unique bagage de soute enregistré, qu’elle ne dépasse pas 23 kg et que sa longueur reste inférieure à 300 cm. Attention toutefois aux classes tarifaires d’entrée de gamme (tarifs « Light » ou « Basic ») qui n’incluent pas de franchise bagage en soute par défaut. Il est également requis de déclarer l’équipement de sport au moins 48 heures avant l’embarquement.
  • Corsair : Exclut catégoriquement les planches de surf de type longboard de la franchise bagage incluse dans le billet. Le paiement d’un forfait bagage spécial par trajet est systématique. Par ailleurs, au départ de l’aéroport de Paris-Orly 4, la compagnie impose que toutes les housses enregistrées soient préalablement filmées en orange par l’entreprise agréée Excess Baggage sous peine de refus d’enregistrement.
  • Vols domestiques internes : Pour les surfeurs devant emprunter un vol intérieur vers les atolls du sud ou du centre, la longueur maximale absolue des planches de surf autorisée à bord des appareils régionaux est de 8 pieds (2,43 mètres). Tout matériel excédant cette taille sera refusé à l’embarquement en soute.

Formalités administratives obligatoires : Le système IMUGA

Tous les voyageurs internationaux, quelle que soit leur nationalité, ont l’obligation stricte de soumettre une déclaration de voyage en ligne via le portail officiel de l’immigration maldivienne, nommé IMUGA.

  • Délai de soumission : La déclaration doit être complétée impérativement dans les 96 heures précédant l’heure de départ du vol à destination des Maldives.
  • Tarification : Ce service de déclaration en ligne est entièrement gratuit. Les voyageurs doivent faire preuve d’une grande vigilance face à la prolifération de plateformes frauduleuses sur internet imitant le portail gouvernemental pour facturer indûment des frais de dossier. La soumission doit être réalisée directement sur l’adresse officielle : imuga.immigration.gov.mv.
  • Validité du passeport : Le document d’identité doit présenter une durée de validité minimale de 6 mois après la date de retour prévue.

Équipements techniques indispensables à emporter

Compte tenu de l’isolement géographique de la plupart des îles de surf et de l’absence de surf shops d’envergure en dehors de Malé et d’Himmafushi, le voyageur doit veiller à emporter un ensemble d’accessoires critiques.

  • Protection solaire : L’indice d’exposition UV aux Maldives, très proche de l’équateur, impose l’usage quotidien d’un lycra épais et de crèmes solaires haute protection respectueuses des coraux. Un chapeau de surf ou une casquette technique s’avèrent très précieux lors des longues sessions de mi-journée.
  • Chaussons de récif (Reef Booties) : Bien que de nombreux spots se surfent sans difficulté à marée haute, la baisse des eaux révèle un platier corallien tranchant. Les chaussons de récif s’avèrent essentiels pour éviter les blessures sérieuses lors des phases d’entrée et de sortie de l’eau à pied.
  • Prévention des irritations : Pour les sessions prolongées dans une eau chaude de 28°C, l’échauffement de la peau contre la wax de la planche est fréquent. L’emport d’un top en néoprène fin de 0,5 mm ou d’un gilet de protection contre les frottements prévient efficacement ces lésions cutanées douloureuses.
  • Télécommunications : Pour conserver un accès internet de qualité à bord des navettes maritimes ou des bateaux de charter, l’achat d’une carte SIM locale (environ 150 Go de données pour 50 USD) à l’aéroport de Malé reste le choix le plus efficace.

Fiche Pratique Express du Voyageur

Pour planifier efficacement votre logistique de départ, voici un récapitulatif des paramètres administratifs et de vie quotidienne à prendre en compte :

  • Durée de vol : Comptez au minimum 12 heures de trajet au départ de Paris, incluant au moins une escale. Les temps de transit et les aéroports de correspondance varient selon la compagnie sélectionnée (Emirates, Qatar Airways, etc.).
  • Fuseau horaire : L’archipel applique un décalage de +3 heures en été et +4 heures en hiver par rapport à la France.
  • Régime des visas : Un visa de séjour gratuit de 30 jours vous est accordé d’office à votre arrivée (sous réserve d’un passeport valide au moins 6 mois après votre date de retour).
  • Santé et vaccination : Aucun vaccin n’est administrativement obligatoire pour franchir la frontière maldivienne.
  • Monnaie et transactions : Bien que la Rufiyaa maldivienne (MVR) soit la monnaie nationale officielle, les dollars américains (USD) sont acceptés, plébiscités et d’usage courant dans l’ensemble des guesthouses et des services touristiques.
  • Langues parlées : Le dhivehi est la langue nationale de l’archipel. L’anglais est toutefois extrêmement répandu et parfaitement maîtrisé par tous les prestataires et professionnels du surf.