Pipeline comme on l’aime : une soirée de surf rare et un carton français

2 février 2026

Une soirée presque parfaite sur le Challenger Series

Il y a des soirées de compétition que l’on regarde distraitement, et d’autres qui rappellent pourquoi on aime profondément le surf de compétition.
La nuit passée sur le Banzai Pipeline fait clairement partie de la seconde catégorie.

Des vagues propres, ni trop grosses ni trop petites, un vent offshore bien calé, des lignes lisibles à Backdoor comme à Pipeline… Bref, des conditions presque idéales, plus proches de ce que l’on voit habituellement sur le Championship Tour que sur les Challenger Series.
Un luxe rare, encore plus à ce stade de la saison.

Et quand le décor est parfait, le surf suit.

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Une démonstration française à Pipeline

Cette soirée avait aussi une saveur particulière côté tricolore.
Trois Français à l’eau, trois qualifications, et surtout des performances solides, intelligentes et engagées dans une vague qui ne pardonne rien.

Kauli Vaast, sérieux candidat au CT

En lice pour une qualification sur le CT, Kauli Vaast a rappelé pourquoi il est aujourd’hui l’un des surfeurs les plus dangereux dans les vagues tubulaires.
Sur une série pourtant peu fournie en opportunités, le Tahitien a su rester patient avant de trouver la droite qu’il attendait à Backdoor, puis une seconde vague décisive en fin de heat.

Un surf propre, sans précipitation, parfaitement maîtrisé, qui lui permet de signer le meilleur total de la journée et de se replacer idéalement au classement général.
Après cette victoire de série, Vaast se rapproche encore un peu plus de son objectif : intégrer le CT.

Jorgann Couzinet, la surprise qui n’en est plus une

C’est peut-être la performance qui a le plus marqué la soirée.
Jorgann Couzinet, au parcours atypique et longtemps privé de véritables campagnes hawaïennes, a livré une démonstration de maîtrise dans les tubes de Pipeline.

Dès sa première vague, un take-off engagé et un tube parfaitement négocié donnent le ton.
Loin de subir la série, Couzinet la contrôle, éliminant au passage Samuel Pupo, pourtant deuxième du classement Challenger Series avant ce round.

Une prestation qui confirme une progression évidente et qui replace Jorgann comme un sérieux outsider pour la suite de la saison, même si la route vers le CT reste encore longue.

Charly Quivront, opportuniste et efficace

Dans cette même série, Charly Quivront n’a rien lâché.
Très intelligent tactiquement, il a longtemps contenu Samuel Pupo avant d’aller chercher le tube décisif en fin de heat.

Résultat : une deuxième place méritée et une qualification de plus pour le clan français.
Un sans-faute collectif qui fait du bien au moral… et au classement.

Les autres faits marquants de la journée

La journée a également été marquée par plusieurs performances de haut vol :

  • Mikey McDonagh a fait exploser les compteurs avec un 9,50 à Backdoor, meilleure vague de l’événement jusqu’ici.
  • Taro Watanabe, dos au mur, a trouvé un tube salvateur dans les dernières minutes pour renverser sa série.
  • Lucas Silveira a sorti le grand jeu face à Barron Mamiya, prouvant une nouvelle fois qu’il a l’étoffe d’un futur rookie du CT.
  • Les locaux hawaïens, à l’image de Joey Johnston et Benji Brand, ont continué à jouer les trouble-fête en éliminant plusieurs têtes de série.

Même les stars du CT, comme Griffin Colapinto ou Seth Moniz, ont dû s’employer sérieusement pour passer ce premier vrai test à Pipeline.

Une suite de compétition sous haute tension

Si cette soirée restera comme l’un des temps forts de l’événement, la suite s’annonce beaucoup plus délicate.
Il reste encore 29 séries à disputer, hommes et femmes confondus, de 25 à 30 minutes.

Surtout, les prévisions météo inquiètent :
houle massive, vents onshore annoncés, journées potentiellement hors de contrôle avant un possible retour de l’offshore pour le final.

Dans ce contexte, les surfeurs à l’aise dans le gros, les tubes engagés et les conditions chaotiques pourraient tirer leur épingle du jeu.
Un scénario qui semble plutôt favorable à Kauli Vaast, plus incertain pour d’autres Français.

Une chose est sûre : à Pipeline, rien n’est jamais acquis.

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