La France sur le toit du monde : le para surf bleu-blanc-rouge entre dans la légende

9 novembre 2025

Trois sacres consécutifs, cinq champions du monde, douze finalistes : l’équipe de France a régné sur Oceanside

C’est un exploit majuscule.
Sous le soleil californien d’Oceanside, les surfeurs tricolores ont écrit une page d’histoire : troisième titre mondial consécutif pour la France, cinq titres individuels, douze finalistes dans dix-huit catégories.
Jamais une nation n’avait aligné une telle domination sur les Championnats du monde de para surf.
Les Bleus rejoignent les États-Unis au palmarès, mais surtout, ils deviennent la première équipe à réussir un triplé historique.

Une génération dorée et une cohésion exemplaire

Il y a les chiffres, vertigineux. Et puis il y a l’esprit, celui d’une équipe qui ne lâche rien.
Dix ans après la première édition des Mondiaux, la France s’impose désormais comme la référence mondiale du para surf.

« Ce titre, c’est celui de tout un collectif », confie Guillaume Colin, champion du monde en Sit. « On se tire tous vers le haut, dans l’eau comme à terre. Cette victoire, elle appartient à toute l’équipe. »

L’aventure bleue est portée par une philosophie simple : la solidarité, le plaisir, et l’exigence.
Derrière chaque médaille, il y a un entraîneur, un binôme, un kiné, des clubs engagés et une fédération qui a su professionnaliser la discipline sans trahir son âme.

Cinq champions du monde français à Oceanside

Guillaume Colin, l’expérience du champion

À 41 ans, Guillaume Colin (Palus Avis Surf Club) conserve son titre mondial dans la catégorie Sit au terme d’une finale renversante.
Longtemps mené, il trouve la vague décisive à cinq minutes du buzzer : un enchaînement fluide, précis, noté haut par les juges.
Deux vagues plus tard, il prend la tête et ne sera plus jamais rattrapé.
« J’ai attendu, j’ai douté, mais je savais qu’elle finirait par arriver. Quand elle s’est ouverte, je me suis dit : maintenant ou jamais. »
Le vétéran incarne à lui seul la constance et la maîtrise de cette équipe.

Thomas Da Silva, la délivrance après trois finales perdues

Après trois médailles d’argent consécutives (2022, 2023, 2024), Thomas Da Silva (24 ans, BASCS) décroche enfin le titre en VI1.
Dans une finale au rythme lent, il impose sa loi avec deux vagues bien construites, totalisant 10,50 points.
L’Australien Watson et l’Allemand Neumann tentent de revenir, en vain.
« J’étais à fond. Ce n’était pas facile, mais j’ai tout donné. »
Un sacre mérité, fruit d’un travail acharné mené entre le Pays basque et la Martinique.

Pierrot Gagliano, la confirmation

Déjà champion du monde en 2024, Pierrot Gagliano (25 ans, Hourtin Surf Club) conserve son titre en VI2.
D’entrée de jeu, il frappe fort : un roller backside explosif et un cut back précis pour un 8,33.
La finale se transforme en duel contre le Chilien Medina, mais Gagliano garde le contrôle et scelle sa victoire avec une deuxième vague à 8,17 pts.
Humilité totale à la sortie de l’eau : « Je n’ai pas surfé parfait, mais j’ai pris du plaisir. C’est tout ce qui compte. »

Laurie Phipps, la reconquête

Deux ans après son titre mondial en 2023, Laurie Phipps (Hossegor Surf Club) récupère sa couronne en Stand 2 dames.
Son surf est précis, élégant, et son engagement sans faille.
Elle surfe deux longues droites notées haut, domine sa finale et s’impose avec 14,17 points.
Son retour au sommet confirme son statut de pionnière du para surf féminin français.

Valentine Moskoteoc, la nouvelle étoile

À seulement 15 ans, Valentine Moskoteoc (Handi Surf) remporte son premier titre mondial en VI1 dames.
Trois fois vice-championne auparavant, la jeune prodige franchit le cap avec une maturité bluffante.
En finale, elle surclasse la Portugaise Marta Paço avec un surf fluide et engagé.
Une performance majuscule, qui fait d’elle la nouvelle figure du para surf tricolore.
L’avenir est déjà là.

Des podiums en série : la force du collectif

Derrière les titres, les Bleus continuent de remplir les podiums.
Béatrice Duran (Prone 2) décroche la médaille d’argent après un parcours exemplaire, Éric Dargent (Stand 3) signe un cinquième titre de vice-champion du monde, Céline Rouillard (Prone 2) et Gaëlle Habri (Stand 2) repartent avec le bronze.
Derrière eux, les “médailles de cuivre” – ces 4ᵉ places – reviennent à Solange Balay, Maxime Cabanne et Emmanuelle Blanchet, tous finalistes et modèles de persévérance.

L’émotion est palpable dans le clan français.
« Ce n’est pas juste une équipe, c’est une famille », confie Céline Rouillard.
Dans les gradins, les drapeaux tricolores flottent, et le public californien applaudit la cohésion des Bleus.

Un sacre collectif, symbole d’une décennie de travail

Dix ans après la première édition du Mondial, la France récolte les fruits d’un projet bâti sur la durée.
La structuration des clubs Handi Surf, la formation des encadrants, et l’émergence de talents venus de toutes les régions — du Pays basque à la Bretagne, de la Méditerranée à la Charente — ont créé une base solide.

Les Bleus incarnent cette vision inclusive :
le para surf français n’est plus seulement une discipline à part, c’est un modèle de performance et d’inspiration.

Un hommage à Fred Biscayar, pionnier disparu

Ce triplé historique résonne comme un hommage.
En 2015, lors du premier championnat du monde à Oceanside, le capitaine s’appelait Fred Biscayar.
Ancien directeur de la Ligue de Surf Nouvelle-Aquitaine, disparu en 2023, il a été l’un des fondateurs du mouvement Handi Surf.
Plusieurs membres de l’équipe actuelle — Éric Dargent, Maxime Cabanne, Serge Lougarot — étaient déjà là à ses côtés, il y a dix ans.
Ce troisième titre mondial est aussi le leur, et le sien.

Le classement mondial 2025

RangNationPoints
🥇 1France13 741
🥈 2États-Unis10 151
🥉 3Brésil9 958
4Australie8 965
5Italie5 416
.........

Trois années de domination tricolore (2023, 2024, 2025).
Un palmarès qui inscrit définitivement la France dans l’histoire du para surf mondial.
Les États-Unis, longtemps hégémoniques, voient désormais l’écart se creuser.
Le Brésil et l’Australie complètent un podium qui, depuis trois ans, a pris des allures de duel France/monde.

L’esprit bleu : plus qu’une équipe, une famille

Dans le bus du retour vers Los Angeles, les planches empilées et les médailles autour du cou, on entend des rires, des embrassades, et cette phrase qui revient sans cesse :
« On l’a fait ensemble. »

C’est peut-être ça, le secret des Bleus : un état d’esprit collectif, une force tranquille, et une joie communicative.
La victoire n’est pas seulement dans les scores, elle est dans le lien entre ces surfeurs et surfeuses qui incarnent la résilience.

Des visages différents, des parcours uniques, mais une même flamme : celle de l’océan, du dépassement et du partage.
Et derrière eux, une France qui peut être fière de ses champions.

Une hégémonie appelée à durer

Un titre mondial individuel en 2023, deux en 2024, cinq en 2025 : la progression française est spectaculaire.
Les jeunes comme Valentine Moskoteoc ou Héloïse Lauriol assurent la relève, pendant que les vétérans guident, transmettent, inspirent.
La fédération a trouvé la bonne alchimie entre formation, innovation et inclusion.

Et si ce triplé n’était qu’un début ?
Oceanside 2025 restera comme une date historique, mais les Bleus ont déjà la tête à 2026.
L’ambition ? Continuer à repousser les limites — et à prouver que dans l’eau, le courage n’a pas de handicap.

Ils et elles sont les Bleus du para surf 2025

Laurie Phipps, Valentine Moskoteoc, Guillaume Colin, Thomas Da Silva, Pierrot Gagliano,
Béatrice Duran, Éric Dargent, Céline Rouillard, Gaëlle Habri,
Solange Balay, Maxime Cabanne, Emmanuelle Blanchet, Héloïse Lauriol, Maxime Clarkin, Clément Clavaud,
et toute la team menée par Jean-Marc St Geours, Serge Lougarot, Carol Combecave, Edouard Manson et les binômes Handi Surf.

Une équipe pas comme les autres, unie par la même vague : celle du dépassement de soi.

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