Le Mexique fascine les surfeurs. Des droites interminables de Salina Cruz aux tubes massifs de Puerto Escondido, le pays fait rêver depuis des décennies. Mais derrière ce décor d’Éden pour goofy et regular, une réalité plus complexe existe : certaines zones présentent de réels risques, et plusieurs faits divers récents ont rappelé que le voyage surf au Mexique nécessite préparation, prudence et information.
Ces dernières années, deux histoires ont particulièrement marqué la communauté surf :
Ces récits ne doivent ni stigmatiser un pays magnifique, ni dissuader tous les voyageurs. Ils servent plutôt de rappel : le surf trip parfait n’existe pas sans une dose de vigilance.
En avril 2024, les Australiens Jake et Callum Robinson, accompagnés de leur ami américain Carter Rhoad, sont portés disparus lors d’un surf trip en Basse-Californie. Quelques jours plus tard, les autorités mexicaines annoncent que les trois surfeurs ont été tués.
Plusieurs hommes ont été arrêtés, identifiés par leurs prénoms conformément aux règles locales. Le procureur chargé de l’affaire a demandé des peines très lourdes, dépassant 200 ans de prison, en raison des charges retenues : homicide aggravé, vol et disparition forcée. Une femme, accusée d’avoir incité un vol qui aurait dégénéré, doit également comparaître.
L’enquête se poursuit, les procès ne sont pas encore terminés, et il est important de respecter la présomption d’innocence et les règles judiciaires en vigueur au Mexique.
Ce que les autorités ont indiqué publiquement :
Ce drame a suscité une émotion considérable dans la communauté surf internationale. Il a rappelé que, même si la majorité des voyages au Mexique se passent très bien, certaines zones isolées peuvent être exposées à des risques de criminalité, vol ou extorsion.
En 2021, le surfeur breton Gaspard Larsonneur part au Mexique pour un trip d’une dizaine de jours avec son photographe/caméraman Robin Aussenac. Le programme est simple : sessions matinales, lumière parfaite et ambiance caliente.
Rien ne laissait présager que le voyage tournerait court… au bout de 48 heures.
Après une session à Salina Cruz, le trio (Gaspard, Robin et leur guide local) roule vers le surf camp pour manger avant de retourner à l’eau l’après-midi. Au bout d’une trentaine de minutes, une voiture les suit, de plus en plus près, puis les dépasse et bloque la route quelques mètres devant eux.
Deux individus descendent. Armés.
Gaspard raconte que le guide n’a pas hésité :
→ marche arrière,
→ tentative d’esquive,
→ cris,
→ tension maximale.
Les individus ouvrent le feu. Au moins cinq balles. L’une atteint le guide au pied.
Gaspard et Robin se couchent à l’arrière. Ils ne voient qu’une chose : le plafond du véhicule qui vibre sous l’accélération. Le guide manœuvre en marche arrière, joue avec les obstacles, finit par contourner la voiture des assaillants et enclenche une fuite désespérée. Une course-poursuite s’engage sur plusieurs centaines de mètres.
Finalement, les assaillants font demi-tour.
Le trio se réfugie dans une station-service. La police arrive, échange uniquement avec le guide. Gaspard et Robin constatent le décalage : dans certaines zones du Mexique, les procédures ne ressemblent en rien à ce que l’on connaît en Europe.
Bilan :
Gaspard partage plus tard :
« À partir du moment où ils se sont mis à tirer, tu te dis qu’ils sont prêts à tout. Ça aurait pu être bien pire. »
Cette histoire a marqué les surfeurs européens, car Gaspard est un rider expérimenté, habitué du Mexique. Son récit montre que l’expérience ne protège pas de tout.
Le Mexique n’est pas “dangereux partout”. Il n’est pas “à éviter”. Il n’est pas “pire que d’autres destinations exotiques”.
Il est… comme beaucoup de destinations de surf éloignées : magnifique, accueillant, mais parfois imprévisible.
L’immense majorité des surf trips s’y déroule sans problème. Mais certains États – notamment en zones rurales – peuvent comporter des risques liés à :
Pour surfer le Mexique sereinement, voici ce que les locaux, expatriés et guides professionnels recommandent systématiquement :
Le Mexique est immense : la situation varie énormément d’un État à l’autre.
Baja Sur touristique ≠ Basse-Californie rurale.
Salina Cruz ≠ Puerto Vallarta.
Sayulita ≠ certaines zones désertes du Michoacán.
Beaucoup d’agressions recensées se produisent :
À Salina Cruz, c’est même une règle non écrite du surf trip :
→ les guides connaissent les check-points informels,
→ les routes sûres,
→ les heures à éviter,
→ les gens à respecter,
→ les zones où il ne faut surtout pas traîner.
Dans le cas de Gaspard, le guide leur a probablement sauvé la vie.
Les appareils photo, drones et objectifs attirent l’attention.
Règle absolue partagée par tous les expatriés.
Toujours simple, toujours utile.
C’est la meilleure protection possible.
Le Mexique est l’une des plus belles destinations surf du monde.
Il offre des vagues exceptionnelles, une culture riche, un accueil chaleureux.
Mais comme toutes les destinations où l’on s’aventure hors des zones touristiques, il demande préparation et vigilance.
Les histoires de Gaspard et du drame des frères Robinson ne doivent pas créer la peur – elles doivent informer.
Parce que le surf, même loin de l’eau, demande d’avoir toujours un œil ouvert sur l’horizon.