Le monde du surf pleure l’un des siens. Samedi 2 août 2025, à Huntington Beach en Californie, Kolby Aipa, 20 ans, est victime d’un accident tragique alors qu’il circulait en vélo électrique. Deux jours plus tard, la terrible nouvelle tombe : le jeune surfeur ne survivra pas à ses blessures. Il était le petit-fils du légendaire shaper hawaïen Ben Aipa. Sa disparition brutale a bouleversé la communauté surf, des plages d’Hawaii aux spots californiens.
Au-delà de l’émotion, ce drame relance un débat important : celui de l’usage des e-bikes par les surfeurs. Pratiques, rapides, silencieux… mais parfois utilisés sans respect des règles de sécurité élémentaires.
Kolby Aipa n’était pas un inconnu dans le milieu du surf. Héritier d’une lignée légendaire – son grand-père Ben Aipa est l’un des shapers les plus influents de l’histoire du surf moderne – Kolby incarnait cette nouvelle génération ancrée dans la tradition, mais tournée vers l’avenir.
Membre du Huntington Beach Board Riders Club, il était sponsorisé par des marques comme AVVA, Dakine ou encore Cobian Footwear. Engagé, souriant, respecté de ses pairs, il laissait à chaque rencontre une trace de gentillesse et d’humilité. Sur l’eau, il impressionnait déjà. En dehors, il partageait le Aloha Spirit à sa manière.
Selon les premières informations relayées par la presse locale, Kolby Aipa circulait en vélo électrique et se faisait tracter par une voiture conduite par des amis, une pratique malheureusement répandue chez les jeunes.
C’est ce même véhicule qui, dans des circonstances encore floues, l’aurait percuté accidentellement. Kolby a été transporté à l’hôpital dans un état critique. Mis sous assistance respiratoire, il n’a pas survécu.
L’annonce de son décès a déclenché une vague d’émotion sur les réseaux sociaux. La page officielle d’Aipa Surf Co., tenue par sa famille, a publié un hommage bouleversant :
« Kolby avait le don de toucher les gens. Sa gentillesse était sa manière d’exprimer l’Aloha. À tous ceux qui lisent ce message… transmettez cet Aloha à votre tour. »
Depuis quelques années, les vélos électriques ont envahi les spots de surf à travers le monde. À Biarritz, Los Angeles ou Byron Bay, il n’est pas rare de voir des planches fixées sur des racks, des combinaisons qui sèchent sur le guidon, et des jeunes filer d’un spot à l’autre sans faire de bruit.
Les avantages sont nombreux :
Mais cette popularité a un revers : de plus en plus d’accidents sont signalés chaque année, notamment dans des zones urbaines à forte circulation ou sur des routes côtières mal sécurisées.
Au-delà de l’aspect pratique, certains comportements liés aux vélos électriques ou E-bikes inquiètent :
Si le vélo électrique donne un sentiment de liberté, il ne doit pas faire oublier les règles de prudence essentielles, surtout lorsqu’on partage la route avec des véhicules motorisés.
La disparition de Kolby Aipa est un choc. Mais elle doit aussi être l’occasion d’un réveil collectif.
Les surfeurs ont toujours été des pionniers. Aujourd’hui, ils doivent aussi devenir des ambassadeurs de la sécurité, notamment auprès des plus jeunes.
« Ce n’est pas cool de se faire tracter pare une voiture. C’est dangereux. Point. »
De nombreuses écoles de surf, shops ou clubs pourraient intégrer des modules de sensibilisation à la sécurité en mobilité douce dans leurs formations. Le sujet n’est plus anecdotique : il devient une question de vie ou de mort.
Pour que l’usage du vélo électrique reste un plaisir et ne vire pas au drame, voici quelques règles simples à rappeler dans la communauté surf :
Ces règles peuvent sembler basiques, mais elles sauvent des vies.
La famille Aipa a publié un message plein de sagesse et d’émotion :
« La manière dont Kolby vous a traité, traitez les autres ainsi. C’est ainsi que vous ferez vivre son héritage d’Aloha. »
Dans cette dernière phrase, il y a toute la beauté du surf. Une communauté liée par l’océan, mais aussi par des valeurs humaines profondes.
Rendons hommage à Kolby non seulement par des mots, mais aussi par nos actes, en prenant soin les uns des autres. Sur l’eau comme sur la route.
L’histoire de Kolby Aipa ne doit pas être un fait divers de plus. Elle doit nous inviter à repenser nos pratiques, à sensibiliser les plus jeunes, et à défendre une culture surf à la fois libre, respectueuse… et responsable.