Le chemin vers les vagues de Los Angeles 2028 ressemble de plus en plus à un champ de mines diplomatique. Alors que le champion brésilien Yago Dora criait au "manque de respect" de la part des instances olympiques, une voix de poids vient de briser le silence pour défendre le nouveau système : celle de la star française Justine Dupont.
Le point de friction est clair : le calendrier. Pour les surfeurs de l'élite (WSL), devoir valider leur ticket olympique sur seulement quatre épreuves au début de la saison 2028 est une pilule qui ne passe pas. Dora dénonce une International Surfing Association (ISA) qui aurait pris des décisions unilatérales.
« L'ISA a tout fait derrière notre dos, alors que nous avons essayé de les rencontrer pour trouver un système équitable. Ils nous ont totalement ignorés », s'insurge le Brésilien.
Actuellement en convalescence après sa grave blessure à Todos Santos, la multiple championne du monde de gros et présidente de la commission des athlètes de l'ISA n'a pas tardé à répliquer. Pour Justine Dupont, le nouveau format n'est pas une punition, mais une évolution nécessaire qui donne plus de pouvoir aux fédérations nationales.
« Je suis convaincue que ce nouveau système est plus approprié », affirme la Française. Selon elle, le travail de la commission a consisté à tirer les leçons de Tokyo et Paris pour trouver un équilibre entre les intérêts privés de la WSL et l'universalité de l'olympisme. Elle rappelle un point crucial : ce système permet désormais à chaque nation de qualifier jusqu'à trois athlètes, une avancée majeure par rapport aux cycles précédents.
Au milieu de ce duel de titans, le Chilien Manuel Selman soutient la position de la Française. Pour lui, le monde olympique n'est pas le circuit pro. Il rappelle froidement une réalité que les stars du CT ont parfois du mal à accepter : l'ISA n'a aucune obligation de consulter la WSL.
« L'ISA pourrait même supprimer tous les slots réservés à la WSL à l'avenir selon les règles du CIO », prévient-il, tout en invitant les Brésiliens à « faire taire tout le monde » en gagnant leurs séries sur l'eau.
Ce bras de fer met en lumière une fracture profonde. D'un côté, l'élite mondiale qui demande de la cohérence avec son calendrier professionnel ; de l'autre, des instances qui veulent faire des JO un événement véritablement mondial, et non une simple extension du circuit privé américain.
Malgré les tensions, Justine Dupont reste optimiste : « Nous verrons les meilleurs surfeurs du monde à Los Angeles. » Reste à savoir si ces derniers feront le déplacement avec le sourire ou avec un sentiment d'injustice.