Quelques semaines après sa mésaventure à Teahupo’o qui aurait pu compromettre sa participation, Michel Bourez a prouvé qu’il n’avait rien perdu de sa rage de vaincre. Le Tahitien, surnommé The Spartan, a remporté le prestigieux Four Seasons Maldives Surfing Champions Trophy 2025, en signant un parcours héroïque et un 10 parfait en finale.
La scène était presque irréelle : quelques heures avant le lancement de la compétition, Bourez boitait visiblement, victime d’une douleur aux ischio-jambiers. Beaucoup doutaient de sa capacité à enchaîner les manœuvres puissantes qui font sa signature. Pourtant, le Tahitien est apparu le sourire aux lèvres, fidèle à son tempérament guerrier.
Au petit-déjeuner, il plaisantait : « J’espère qu’il y aura des barrels, je ne sais pas si j’ai encore assez de force pour tourner ». Derrière l’humour, une vraie incertitude planait. Mais dès son premier heat, Bourez a rassuré tout le monde en claquant un 8,5 d’entrée de jeu.
Grâce à la lecture inspirée du swell par Rosco, le prévisionniste de Tropic Surf, l’événement s’est joué le dernier jour de la waiting period, sous des conditions idéales : un reef parfait à Sultans, 3-4 pieds, glassy et turquoise.
Le plateau de surfeurs avait fière allure : Owen Wright, Jesse Mendes, Craig Anderson, sans oublier le local Smiley Rasheed. Mais l’attention était tournée vers Michel, qui semblait transformer sa gêne physique en moteur. Ajustant son surf, plus appuyé sur le pied arrière que d’ordinaire, il a multiplié les séries avec des scores élevés.
En finale, Bourez s’est retrouvé face à un Owen Wright dominateur tout au long de l’épreuve. Mais ce jour-là, rien ne pouvait arrêter The Spartan. Dès les premières minutes, il posait les bases avec un 8,5 solide, enchaînant turns incisifs et une petite sortie de tube. Owen résistait, mais restait en quête d’un gros score.
Puis, à une minute du buzzer, la vague de l’événement s’est présentée. Michel Bourez s’est élancé, s’est calé profondément dans le tube, a disparu, puis est ressorti sous les cris des spectateurs. Les juges n’ont pas hésité : 10/10. La victoire était scellée, avec panache.
Toujours sympa de voir un compétiteur comme Michel Bourez vaincre lors d'un contest, même si celui-ci n'est pas le plus prestigieux. On sent la passion intacte après plus de vingt ans de carrière au plus haut niveau.
À quelques jours du Quiksilver Festival d’Hossegor, où il est attendu avec enthousiasme, cette victoire envoie un signal clair : le Tahitien est prêt. Blessure ou pas, The Spartan reste une figure incontournable du surf mondial.