Faut-il laisser des enfants charger Nazaré ? Le débat relancé après l’exploit d’Aninha Dagostini

10 décembre 2025

Le surf de grosses vagues vit une nouvelle ère : plus jeune, plus exposée, plus spectaculaire. La preuve avec Ana Gabriela Aninha Pessoti Dagostini, Brésilienne de 13 ans, aperçue début décembre 2025 à Nazaré — le colosse portugais qui engloutit même les surfeurs les plus expérimentés.

Encadrée par Lucas « Chumbo » Chianca, elle a pris plusieurs bombes à Praia do Norte avant d’être violemment aspirée par une mousse massive. Dix secondes sous l’eau, un gilet déclenché, une récupération rapide par le jet : un scénario que même les adultes redoutent.

Mais derrière l’exploit, un malaise grandissant

Honnêtement, difficile de comprendre cette course à l’extrême où l’on cherche à savoir qui sera « le plus jeune » à charger des vagues capables de tuer. Jusqu’où ira-t-on dans cette surenchère ?

Un point essentiel revient dans toutes les discussions :
jusqu’à un certain âge, un mineur ne devrait pas être autorisé à surfer des vagues de cette taille s’il n’est pas capable de les prendre à la rame.

Parce qu’il faut le dire :

  • le surf tracté rend l’accès aux vagues géantes trompeusement facile ;
  • les gilets gonflables donnent un sentiment de sécurité qui n’efface pas la violence réelle des impacts ;
  • un surfeur moyen peut, grâce au tow-in, accéder à des vagues qu’il ne pourrait jamais approcher par lui-même.

Tout le monde dans l’industrie le sait. Mais, tout le monde ne le dit pas.

Quand le risque rencontre le marketing

Il suffit qu’un sponsor mise sur un jeune, lui promette une exposition mondiale parce qu’il « charge Nazaré à 13 ans », pour que le phénomène se reproduise ailleurs.
D’autres enfants essaieront.
D’autres parents accepteront.
D’autres marques y verront une opportunité.

Et ce n’est pas la première mise en garde que la communauté lance.

Où placer les limites ?

Nazaré n’est pas un terrain de jeu. C’est un spot qui a envoyé à l’hôpital — ou pire — certains des meilleurs big wave riders du monde. Alors imaginer des enfants dans ces mêmes conditions pose une question urgente :

Avons-nous perdu la notion de limite dans la quête d’images spectaculaires ?

Le surf a toujours été un sport de passion. Mais, la passion seule ne peut justifier de mettre des mineurs dans des situations où, objectivement, même les professionnels rompus au danger hésitent avant de s’engager.

Affaire à suivre. Mais, le débat, lui, est bien lancé.

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