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  • Charly Quivront : 30 ans, l’âge de raison d’un surfeur d’exception

    Charly Quivront : 30 ans, l’âge de raison d’un surfeur d’exception

    Trente ans. Pour ceux qui ont vu le petit prodige de Royan débarquer sur les bancs de sable landais avec ses boucles blondes, le coup de vieux est réel. Mais voir Charly Quivront aujourd’hui, c’est surtout constater une évidence : il fait partie de ces rares athlètes dont le surf s’affine et se bonifie chaque année. Avec la sortie de « The Dilemma », Charly ne nous offre pas qu’un simple edit ; il propose une production cinématographique d’une qualité rare dans le paysage du surf français.

    Un vrai « film » de surf : une perle rare en France

    Il faut le souligner : il est très rare en France de voir un projet de cette envergure dédié à un seul surfeur. Réalisé par Gabriel Boin, ce film est une immersion esthétique et humaine qui dépasse le cadre de la performance pure. C’est une œuvre qui prend le temps de raconter l’homme derrière le lycra, avec des images de voyages (Indo, Barbade, Hawaii). C’est une bonne surprise.

    La progression constante : « Plus fort chaque année »

    Le film retrace ce parcours atypique, ses débuts sur les plages charentaises aux sessions massives à Teahupo’o ou à la Barbade. On y voit un surfeur qui n’a jamais cessé de grimper les échelons.

    « Au début, il disait non à certaines bombes. Aujourd’hui, il y va au charbon », témoigne son entourage.

    Cette progression constante l’a mené dans le Top 50 des Challenger Series. Charly n’est pas un surfeur de « pics » de forme éphémères ; c’est un travailleur de l’ombre dont le niveau technique, que ce soit dans les airs, les tubes profonds ou les manœuvres de rail, est aujourd’hui à son apogée.

    De la « Plage de Pontaillac » à l’élite mondiale : La fierté Royannaise

    Si Charly est aujourd’hui une figure incontournable des Landes, son cœur et son surf sont nés à Royan. Le film nous replonge en 1995, année de sa naissance et de l’ouverture du surf shop familial par ses parents, Yannick et Jennifer. Charly, c’est le « premier bébé » du noyau surf local, un gamin qui a grandi entre les planches et les sessions estivales à Pontillac.

    Il y a une certaine poésie dans son parcours : Royan n’est pas Biarritz, ce n’était pas une « surf city » dans les années 90. C’était une station balnéaire connue pour la voile et sa vie nocturne, pas pour ses tubes. Les locaux du film s’en amusent d’ailleurs, qualifiant parfois le spot de « spot de la honte » à cause de ses vagues souvent molles et capricieuses. Pourtant, c’est sur ces vagues filtrées par l’estuaire que Charly a forgé sa glisse.

    « Un gamin qui sort d’un spot qui n’est pas la vague parfaite pour arriver à ce niveau-là, c’est un sacré coup de chapeau. Il a vécu pour ça dès l’âge de 11 ans », confie-t-on avec émotion dans le documentaire.

    Ce départ pour les Landes à 12 ans pour suivre les cours par correspondance (CNED) était un pari audacieux de la part de ses parents. Un pari gagnant qui n’a jamais effacé son attachement à la Charente-Maritime. Cette humilité du « petit gars de Royan » face aux grosses machines du surf mondial est sans doute ce qui lui donne cette authenticité si rare.

    Le style : L’héritage de Bruce Irons

    C’est sans doute le point qui me frappe le plus, c’est un avis personnel: sa morphologie et sa fluidité rappellent immanquablement Bruce Irons. Didier Piter, qui l’a coaché chez Volcom, ne tarit pas d’éloges sur sa « glisse parfaite ».

    « Pour moi, c’est l’un des surfeurs avec la meilleure glisse. Il a cette fluidité, ces enchaînements sans gestes parasites, sans ‘double pump’. C’est hyper esthétique. »

    Ce sens marin, cette capacité à lire l’océan sans forcer, fait de lui un surfeur complet, aussi à l’aise dans le gros qu’au milieu des airs.

    L’objectif WCT : Le chaînon manquant

    Le film ne cache pas l’ambition ultime : le Championship Tour (WCT). Leonardo Fioravanti, qui le côtoie depuis ses 10 ans, est catégorique :

    « Il a le niveau, il a le talent, il a la puissance. Il lui manque juste d’y croire à 120% et d’être plus rigoureux au quotidien. »

    C’est là tout le « dilemme » et le défi de Charly. Capable de sortir le meilleur score d’une journée de compétition par pur génie, il doit encore dompter cette irrégularité qui le fait parfois passer à côté de ses séries le lendemain. S’il parvient à aligner son immense talent de free surfeur avec la rigueur d’un « tueur » de compétition, la porte du WCT s’ouvrira forcément.

  • Une journée de tubes mémorable à Pipeline pour les Français

    Une journée de tubes mémorable à Pipeline pour les Français

    Encore une belle journée de surf à Banzai Pipeline, du genre à rappeler pourquoi cette vague reste le juge de paix ultime du surf mondial. On savait que ce serait solide, puissant, engagé. Il y avait même une petite crainte : trop gros, trop désordonné, ou gâché par un vent de shore capricieux. Finalement, rien de tout ça. Les organisateurs ont eu le nez fin : conditions exigeantes mais surfables, et surtout un spectacle XXL jusqu’au terme de la compétition masculine du Lexus Pipe Challenger Presented by Billabong.

    Des tubes, des vraies prises de risque, et une intensité constante. Pipeline a parlé. Et les surfeurs ont répondu.

    Les Français brillent dès les 32es de finale

    C’est sans doute l’un des grands enseignements de cette journée : les trois Français engagés se qualifient avec autorité pour les quarts de finale, dans des séries loin d’être simples. Une performance collective remarquable, surtout dans des conditions où l’erreur se paie cash.

    Kauli Vaast, la confirmation dans le tube

    Aucune surprise ici. Kauli Vaast est reconnu comme l’un des meilleurs tube riders de sa génération, et il l’a encore prouvé à Pipeline. Lecture impeccable, engagement total, et surtout cette capacité à choisir LA bonne vague. Dans un heat ultra relevé, il sort des tubes propres, profonds, notés. Pipeline ou Backdoor lui vont bien, tout simplement.

    Jorgann Couzinet, la révélation

    Là, on parle clairement de la surprise française de la compétition. Son histoire avec Hawaii est compliquée : par le passé, Jorgann avait déjà laissé filer une qualification au CT à Sunset, éliminé prématurément alors qu’il était presque qualifié. Cette fois, le scénario est inversé.

    Il arrive à Pipeline avec beaucoup de retard au classement Challenger Series, peu de chances mathématiques… et il surfe libéré. Résultat : des choix justes, une gestion intelligente du line-up, et surtout une vraie solidité mentale. Quoi qu’il arrive pour la qualification finale, il a clairement débloqué quelque chose ici à Hawaii.

    Charly Quivront, le show

    En 32es, Charly Quivront régale. Un énorme tube à Pipe, engagé, propre, sans grab, parfaitement exécuté. Le genre de vague qui fait lever le public et rappelle que Charly est capable de performances spectaculaires sur les vagues de récif.

    Un quart de finale 100 % haute tension… et presque 100 % bleu-blanc-rouge

    Le tirage offre une série complètement folle : Kauli Vaast, Jorgann Couzinet, Charly Quivront, face au local Joey Johnston. Pipeline, des Français, un local affûté : ambiance électrique.

    Couzinet impérial

    Jorgann Couzinet surfe sa série comme un patron. Calme, précis, opportuniste. Il termine largement en tête, une nouvelle fois, confirmant que son parcours n’a rien d’un accident.

    Le crève-cœur Vaast

    Derrière, le scénario est cruel. Joey Johnston et Kauli Vaast terminent avec le même total : 12,20 points. La différence ? La meilleure vague. Johnston sort un 6,77, contre un 6,00 pour Vaast. En compétition, ce détail suffit à faire basculer une carrière.

    C’est frustrant, d’autant plus que Kauli avait clairement le niveau pour aller plus loin. Cela dit, un quart de finale à Pipe, dans ces conditions, reste un très gros résultat. Kauli Vaast valide son ticket pour le CT. Une demi-finale aurait été la cerise, mais l’essentiel est là.

    Charly Quivront s’arrête également à ce stade, après une série intense, sans démériter.

    Demi-finale à Pipeline : Couzinet défie les pronostics

    Soyons honnêtes : personne n’avait mis Jorgann Couzinet en demi-finale à Pipeline, surtout avec les prévisions de gros swell. Et pourtant. Il y est. Une performance énorme, presque irréelle sur le papier.

    Est-ce suffisant pour décrocher la qualification au CT ? Rien n’est encore joué. Il reste un gap avec le Top 10, et une dernière étape en Australie. Mais attention : la vague peut lui convenir, et cette confiance nouvelle pourrait tout changer.

    Quoi qu’il arrive, cette demi-finale à Pipe marquera un tournant dans sa carrière.

    Robson sacré, Pipeline fidèle à sa légende

    Devant, Callum Robson s’impose au terme d’une finale solide face à Morgan Cibilic, Griffin Colapinto et Eli Hanneman. Une victoire qui relance complètement Robson dans la course au CT, tandis qu’Hanneman valide officiellement sa requalification devant son public.

    Pipeline, une fois encore, n’a rien donné gratuitement. Mais elle a offert une journée de surf spectaculaire, des trajectoires qui se dessinent, et une certitude : le surf français a clairement franchi un cap à Hawaii.

  • Alaïa Bay : la session aérienne des Frenchies qui tutoient les airs

    Alaïa Bay : la session aérienne des Frenchies qui tutoient les airs

    Un quatuor de Frenchies s’est envolé dans la piscine à vagues d’Alaïa Bay pour une session d’entraînement 100 % aerial. Résultat : une vidéo brute, fun et ultra efficace.

    Une tricks list et des airs

    Et si les surfeurs s’inspiraient des skateurs ? C’est l’idée derrière cette session signée Charly Quivront. Le surfeur charentais s’est entouré de trois autres pointures – Sam Piter, Enzo Cavallini et William Aliotti – pour cocher une liste de tricks aériens sur la fameuse « air section » d’Alaïa Bay, en Suisse.

    Comme sur un park en béton, les gars répètent, ajustent, réessayent. Même vague, même section, conditions parfaites pour travailler des manœuvres techniques qu’il serait difficile d’enchaîner dans l’océan.

    De la variété et du style

    Le résultat ? Une vidéo d’entraînement, mais avec du style. Les frontside airs de Sam Piter sont bluffants d’amplitude, la variété des manœuvres impressionne, et l’ambiance reste détendue, portée par une bande-son groovy bien choisie.

    Chacun apporte sa patte : Quivront reste fluide, Aliotti toujours free, Cavallini solide et précis.

    Une vidéo simple, mais qui impressionne

    Pas de chichi ici. Juste quatre surfeurs qui envoient du lourd, dans un lieu qui devient un vrai camp d’entraînement pour les figures modernes. Si les piscines à vagues divisent, cette vidéo montre à quel point elles peuvent servir l’exigence technique du surf de haut niveau.

    On en reparlera dans un article dédié, mais pour l’instant, on profite de cette belle démonstration.