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  • Un 10 parfait et un total monstrueux de 19.07 : Kauli Vaast rentre dans l’histoire et donne rendez-vous à Medina

    Un 10 parfait et un total monstrueux de 19.07 : Kauli Vaast rentre dans l’histoire et donne rendez-vous à Medina

    Le prodige tahitien a une nouvelle fois repoussé les limites. Lors d’un Round 3 d’anthologie, Kauli Vaast s’est imposé avec brio face au Brésilien Miguel Pupo. Le clou du spectacle ? Une vague notée 10/10 grâce à un double tube magistral, propulsant son total à 19,07 points.

    L’histoire s’écrit sous nos yeux. On savait que Kauli Vaast était capable de coups d’éclat surtout sur des gauches tubulaires, mais ce qu’il a accompli lors de ce troisième tour relève du génie. Face à un Miguel Pupo pourtant très solide, le Tahitien a sorti le grand jeu, imposant un rythme infernal et une lecture de vague chirurgicale dès les premières minutes de la série.

    Un double tube d’une technicité rare

    Le moment de grâce est survenu à mi-parcours. Sur une vague offrant une section ultra-creuse, Vaast a fait parler sa science du placement. Après avoir disparu très profondément dans une première caverne, il a su ajuster sa vitesse avec une technique irréprochable pour s’extirper d’une seconde section tout aussi mutante. Un double tube magistral, salué par une ovation unanime depuis le channel. Les juges n’ont pas hésité une seule seconde : 10 parfait.

    En adossant ce 10 à un autre excellent ride (9,07), le champion olympique boucle sa série avec un total effrayant de 19,07 sur 20.

    Le premier 10 français depuis Jérémy Florès

    Ce score parfait résonne particulièrement dans l’histoire du surf tricolore. En effet, la dernière note parfaite de 10/10 obtenue par un Français sur le Championship Tour (WCT) de la World Surf League remonte à Jérémy Florès, lors du Billabong Pro Tahiti en août 2015. Lors du 3ème tour de cette compétition (qu’il finira d’ailleurs par remporter face à Gabriel Medina), Florès avait trouvé un tube ultra-profond à Teahupo’o, récompensé par la note suprême. Il est d’ailleurs impossible de parler de Jérémy Florès et de la note de 10 sans évoquer son exploit historique de 2011, toujours à Tahiti, où il avait réalisé l’un des rares 20/20 de l’histoire en scorant deux vagues parfaites (10 + 10) dans la même série.

    À titre de comparaison récente, si la nouvelle génération tahitienne brille intensément, la note parfaite de 10 leur échappait encore sur le circuit principal. Vahine Fierro a remporté le Shiseido Tahiti Pro en mai 2024 avec des scores excellents (dont un 9.63 en finale), mais c’est paradoxalement son adversaire Tatiana Weston-Webb qui avait obtenu un 10. De son côté, si Kauli Vaast a multiplié les vagues d’anthologie sur le WCT et aux Jeux Olympiques 2024 (où il a remporté l’or avec un 17.67 au total en finale), sa meilleure note individuelle sur le WCT frôlait le 10 sans l’atteindre. C’est désormais chose faite.

    Un quart de finale de gala face à Gabriel Medina

    La suite de la compétition s’annonce tout simplement explosive. Fort de cette dynamique incroyable et de son surf incandescent, Kauli Vaast retrouvera en quart de finale un adversaire de taille : le triple champion du monde Gabriel Medina. Ce remake de la demi-finale des Jeux Olympiques entre le prodige local et le titan brésilien s’annonce déjà comme le choc incontournable de l’épreuve.

    @icones_surf 10 points Kauli Vaast, le premier 10 points français en WCT depuis 2015 #surf #surfer #surfing #surfers #wsl @kaulivaast ♬ son original – Icônes Surf, le média surf

  • Hécatombe des favorites au Fiji Pro : Hopkins et Hennessy en quarts

    Hécatombe des favorites au Fiji Pro : Hopkins et Hennessy en quarts

    Ce lundi 31 août 2026, les vagues de Cloudbreak (Fidji) ont été le théâtre de surprises majeures lors de la fin du Round 2 féminin du Fiji Pro. La rookie Yolanda Hopkins a notamment éliminé la numéro 1 mondiale Gabriela Bryan, bouleversant la course au titre sur le Championship Tour de la WSL.

    Une journée fatale pour les têtes de série

    Dans des conditions techniques de 1 à 1,5 mètre, l’outsider portugaise Yolanda Hopkins s’est imposée de justesse (10.17 contre 9.93) face à l’Hawaiienne Gabriela Bryan. Cette défaite prématurée de la leader du classement relance totalement la fin de saison.

    « Les conditions étaient changeantes, mais j’ai gardé mon rythme. J’ai vraiment consacré beaucoup de temps à m’entraîner pour ce type d’épreuve avec de gros barrels », a déclaré Hopkins via le communiqué officiel de la WSL.

    Hennessy et Peterson assurent leur place

    Autre coup de tonnerre, la Costaricienne Brisa Hennessy a vaincu la numéro 4 mondiale Molly Picklum, profitant de son expérience locale pour bloquer l’Australienne dans les derniers instants. Par ailleurs, Isabella Nichols et la vétérane américaine Lakey Peterson complètent le tableau des quarts de finale en éliminant respectivement les rookies Nadia Erostarbe et Francisca Veselko.

    Avec l’arrivée d’une nouvelle houle, l’organisation a décrété un jour de repos ce mardi. Le prochain call est fixé au mercredi 2 septembre pour lancer les quarts de finale féminins, dont un duel très attendu entre la Française Vahine Fierro et Erin Brooks.

  • Fiji Pro 2026 : touché au visage à Cloudbreak, Italo Ferreira assure sa qualification au round 3

    Fiji Pro 2026 : touché au visage à Cloudbreak, Italo Ferreira assure sa qualification au round 3

    Touché au visage mercredi 26 août 2026 lors d’une session d’entraînement matinale à Tavarua, Italo Ferreira a dû recevoir cinq points de suture au niveau du nez après un impact violent avec le rail de sa planche. Malgré cette blessure spectaculaire survenue juste avant le lancement de la journée, le champion du monde 2019 a tenu sa place dans l’eau et s’est qualifié pour le troisième tour de la compétition.

    Un choc au free-surf suivi de cinq points de suture

    L’accident s’est produit quelques heures avant le début des séries du round 2 sur le reef engagé de Cloudbreak. Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux par le surfeur de Baía Formosa, la coupure profonde au niveau de l’arête nasale laissait planer le doute sur son aptitude médicale. L’encadrement de l’athlète a rapidement confirmé la prise en charge par l’équipe médicale locale :

    « L’athlète a nécessité des points de suture sur le nez après avoir heurté le rail de sa planche de surf, mais il est stable. Malgré l’incident, Italo est confirmé pour participer à l’événement. »

    Ce n’est pas la première fois cette saison que le Brésilien compose avec les traumatismes physiques. En juin dernier, avant le Surf City El Salvador Pro, Ferreira avait déjà récolté huit points de suture au genou après une collision à El Sunzal, avant d’atteindre la finale de l’épreuve.

    Victoire maîtrisée au round 2 face à Matt McGillivray

    Aligné en série de repêchage face au Sud-Africain Matthew McGillivray, le surfeur auriverde a fait abstraction de la douleur dans un Cloudbreak balayé par un léger vent offshore. Très incisif dans les sections critiques, Ferreira a dominé son duel pour s’ouvrir les portes du tour suivant, où l’attend le Japonais Connor O’Leary. Déjà vainqueur à Pipeline et Teahupo’o, le Brésilien conserve intactes ses ambitions de victoire sur la gauche fidjienne.

  • James Kusitino, premier surfeur professionnel fidjien

    James Kusitino, premier surfeur professionnel fidjien

    À la fin du mois d’août 2025, le monde entier aura les yeux rivés sur Cloudbreak, aux Fidji. C’est là que se tiendra l’ultime étape du Championship Tour de la WSL, qui sacrera le nouveau champion du monde de surf. Mais avant même la bataille des titres, l’archipel du Pacifique Sud a déjà son héros : James Kusitino, 16 ans, devenu officiellement le premier surfeur professionnel fidjien.

    Son histoire, c’est celle d’un enfant discret, amoureux de l’océan, qui a grandi dans l’ombre d’une vague longtemps interdite à ses propres compatriotes. Aujourd’hui, il incarne l’espoir d’un peuple et l’émergence d’une nouvelle voix dans le surf mondial.

    L’histoire d’un paradis longtemps interdit

    Dans les années 80, Tavarua Island Resort obtient un bail exclusif sur l’île et… sur ses vagues. Résultat : Cloudbreak, l’une des plus belles gauches de la planète, devient une chasse gardée pour les touristes fortunés et les pros internationaux.

    « J’ai grandi ici, mais je n’ai surfé Cloudbreak qu’à 20 ans », raconte Che Slatter, mentor de James. Les locaux, même Fijien·nes, se faisaient repousser s’ils tentaient de ramer au large.

    Tout change en 2010, lorsque le Premier ministre Frank Bainimarama met fin à l’exclusivité. Cloudbreak s’ouvre enfin au public. Le timing est parfait : cette même année, James, alors âgé d’un an, faisait ses premiers pas sur la plage où travaillait sa mère.

    L’éclosion d’un talent hors norme

    Issu d’une famille modeste — un père militaire, une mère employée d’hôtel — James découvre vite l’océan comme un refuge. À Sigatoka, au bord d’un beachbreak musclé, il apprend à dompter les courants dès l’âge de quatre ans.

    Sa première planche ? Un soft-top offert par une tante. La suivante ? Une board laissée par un pro, trop grande pour lui, mais qui l’oblige à progresser plus vite. Dans l’eau, il se révèle : solide physiquement, intrépide dans les grosses vagues.

    « Les gens demandaient toujours : qui est ce gamin sans peur ? », se souvient sa mère.

    Cloudbreak comme terrain de jeu

    À 7 ans, à peine six ans après son ouverture au public, James met pour la première fois les pieds sur le reef de Cloudbreak. Le coup de foudre est immédiat.

    Obsédé par le surf, il passe ses journées à l’eau et ses soirées devant les vidéos de Jamie O’Brien et Andy Irons. Comme possédé, il développe un style brut et fluide, mélange d’instinct et de travail acharné.

    « Suivez James dans le line-up », conseille son mentor Che. « Même si vous ne voyez rien, lui sent quand une vague arrive. »

    Un chemin semé d’embûches

    Devenir surfeur pro aux Fidji n’a rien d’évident. Le matériel est rare, l’essence pour les bateaux coûte cher, et les boards cassées sont un luxe difficile à remplacer.

    James lave la vaisselle, balaie des restaurants, dort dans des voitures pour économiser de quoi payer ses sessions. Sa famille, consciente de son talent, prend un pari fou : l’extraire du système scolaire après la 8e année pour lui laisser sa chance.

    « Ce n’est pas un risque », assure son père. « S’il échoue, il sera pêcheur ou capitaine de bateau. La mer lui donnera toujours du travail. »

    De l’ombre à la lumière

    Le déclic arrive grâce à une simple vidéo Instagram. Un clip partagé par Hunter Martinez montre James se calant dans un tube parfait à Cloudbreak. Son style unique attire immédiatement l’attention de Craig Anderson, qui le recommande à Former, la marque fondée par Dane Reynolds et lui-même.

    En juillet 2025, James signe officiellement son premier contrat professionnel. Fidji a enfin son premier surfeur pro.

    Pour lui, c’est un rêve éveillé : « Bula vinaka, Former ! Merci Craig et Dane, c’est un rêve qui devient réalité. »

    L’avenir d’un pionnier

    L’histoire ne fait que commencer. Soutenu par sa communauté, James prépare déjà des voyages à Teahupo’o et à Hawaii. Ses objectifs ? Pipeline, Waimea, et un jour, participer au légendaire Eddie Aikau.

    Craig Anderson ne tarit pas d’éloges : « James est le jeune surfeur le plus doué que j’ai vu à 16 ans. Dans les vagues de conséquence, il est dans son propre monde. »

    Avec la finale WSL 2025 qui se jouera à Cloudbreak, James aura une tribune rêvée pour briller devant la planète surf. Mais quoi qu’il arrive, il a déjà changé l’histoire de son pays.

    À 16 ans, James Kusitino n’est pas seulement un prodige. Il est un pionnier, symbole d’une génération de Fidjiens qui, après des décennies d’exclusion, prennent enfin place dans leur propre line-up. Et si Cloudbreak a souvent couronné les plus grands, il pourrait bien être le tremplin d’un futur champion issu des îles.