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  • Une journée de tubes mémorable à Pipeline pour les Français

    Une journée de tubes mémorable à Pipeline pour les Français

    Encore une belle journée de surf à Banzai Pipeline, du genre à rappeler pourquoi cette vague reste le juge de paix ultime du surf mondial. On savait que ce serait solide, puissant, engagé. Il y avait même une petite crainte : trop gros, trop désordonné, ou gâché par un vent de shore capricieux. Finalement, rien de tout ça. Les organisateurs ont eu le nez fin : conditions exigeantes mais surfables, et surtout un spectacle XXL jusqu’au terme de la compétition masculine du Lexus Pipe Challenger Presented by Billabong.

    Des tubes, des vraies prises de risque, et une intensité constante. Pipeline a parlé. Et les surfeurs ont répondu.

    Les Français brillent dès les 32es de finale

    C’est sans doute l’un des grands enseignements de cette journée : les trois Français engagés se qualifient avec autorité pour les quarts de finale, dans des séries loin d’être simples. Une performance collective remarquable, surtout dans des conditions où l’erreur se paie cash.

    Kauli Vaast, la confirmation dans le tube

    Aucune surprise ici. Kauli Vaast est reconnu comme l’un des meilleurs tube riders de sa génération, et il l’a encore prouvé à Pipeline. Lecture impeccable, engagement total, et surtout cette capacité à choisir LA bonne vague. Dans un heat ultra relevé, il sort des tubes propres, profonds, notés. Pipeline ou Backdoor lui vont bien, tout simplement.

    Jorgann Couzinet, la révélation

    Là, on parle clairement de la surprise française de la compétition. Son histoire avec Hawaii est compliquée : par le passé, Jorgann avait déjà laissé filer une qualification au CT à Sunset, éliminé prématurément alors qu’il était presque qualifié. Cette fois, le scénario est inversé.

    Il arrive à Pipeline avec beaucoup de retard au classement Challenger Series, peu de chances mathématiques… et il surfe libéré. Résultat : des choix justes, une gestion intelligente du line-up, et surtout une vraie solidité mentale. Quoi qu’il arrive pour la qualification finale, il a clairement débloqué quelque chose ici à Hawaii.

    Charly Quivront, le show

    En 32es, Charly Quivront régale. Un énorme tube à Pipe, engagé, propre, sans grab, parfaitement exécuté. Le genre de vague qui fait lever le public et rappelle que Charly est capable de performances spectaculaires sur les vagues de récif.

    Un quart de finale 100 % haute tension… et presque 100 % bleu-blanc-rouge

    Le tirage offre une série complètement folle : Kauli Vaast, Jorgann Couzinet, Charly Quivront, face au local Joey Johnston. Pipeline, des Français, un local affûté : ambiance électrique.

    Couzinet impérial

    Jorgann Couzinet surfe sa série comme un patron. Calme, précis, opportuniste. Il termine largement en tête, une nouvelle fois, confirmant que son parcours n’a rien d’un accident.

    Le crève-cœur Vaast

    Derrière, le scénario est cruel. Joey Johnston et Kauli Vaast terminent avec le même total : 12,20 points. La différence ? La meilleure vague. Johnston sort un 6,77, contre un 6,00 pour Vaast. En compétition, ce détail suffit à faire basculer une carrière.

    C’est frustrant, d’autant plus que Kauli avait clairement le niveau pour aller plus loin. Cela dit, un quart de finale à Pipe, dans ces conditions, reste un très gros résultat. Kauli Vaast valide son ticket pour le CT. Une demi-finale aurait été la cerise, mais l’essentiel est là.

    Charly Quivront s’arrête également à ce stade, après une série intense, sans démériter.

    Demi-finale à Pipeline : Couzinet défie les pronostics

    Soyons honnêtes : personne n’avait mis Jorgann Couzinet en demi-finale à Pipeline, surtout avec les prévisions de gros swell. Et pourtant. Il y est. Une performance énorme, presque irréelle sur le papier.

    Est-ce suffisant pour décrocher la qualification au CT ? Rien n’est encore joué. Il reste un gap avec le Top 10, et une dernière étape en Australie. Mais attention : la vague peut lui convenir, et cette confiance nouvelle pourrait tout changer.

    Quoi qu’il arrive, cette demi-finale à Pipe marquera un tournant dans sa carrière.

    Robson sacré, Pipeline fidèle à sa légende

    Devant, Callum Robson s’impose au terme d’une finale solide face à Morgan Cibilic, Griffin Colapinto et Eli Hanneman. Une victoire qui relance complètement Robson dans la course au CT, tandis qu’Hanneman valide officiellement sa requalification devant son public.

    Pipeline, une fois encore, n’a rien donné gratuitement. Mais elle a offert une journée de surf spectaculaire, des trajectoires qui se dessinent, et une certitude : le surf français a clairement franchi un cap à Hawaii.

  • Pipeline comme on l’aime : une soirée de surf rare et un carton français

    Pipeline comme on l’aime : une soirée de surf rare et un carton français

    Une soirée presque parfaite sur le Challenger Series

    Il y a des soirées de compétition que l’on regarde distraitement, et d’autres qui rappellent pourquoi on aime profondément le surf de compétition.
    La nuit passée sur le Banzai Pipeline fait clairement partie de la seconde catégorie.

    Des vagues propres, ni trop grosses ni trop petites, un vent offshore bien calé, des lignes lisibles à Backdoor comme à Pipeline… Bref, des conditions presque idéales, plus proches de ce que l’on voit habituellement sur le Championship Tour que sur les Challenger Series.
    Un luxe rare, encore plus à ce stade de la saison.

    Et quand le décor est parfait, le surf suit.

    @icones_surf pipeline lexus pro jour 3 #surfing #surfer #waves #surfers #surf #wsl ♬ son original – Icônes Surf, le média en ligne

    Une démonstration française à Pipeline

    Cette soirée avait aussi une saveur particulière côté tricolore.
    Trois Français à l’eau, trois qualifications, et surtout des performances solides, intelligentes et engagées dans une vague qui ne pardonne rien.

    Kauli Vaast, sérieux candidat au CT

    En lice pour une qualification sur le CT, Kauli Vaast a rappelé pourquoi il est aujourd’hui l’un des surfeurs les plus dangereux dans les vagues tubulaires.
    Sur une série pourtant peu fournie en opportunités, le Tahitien a su rester patient avant de trouver la droite qu’il attendait à Backdoor, puis une seconde vague décisive en fin de heat.

    Un surf propre, sans précipitation, parfaitement maîtrisé, qui lui permet de signer le meilleur total de la journée et de se replacer idéalement au classement général.
    Après cette victoire de série, Vaast se rapproche encore un peu plus de son objectif : intégrer le CT.

    Jorgann Couzinet, la surprise qui n’en est plus une

    C’est peut-être la performance qui a le plus marqué la soirée.
    Jorgann Couzinet, au parcours atypique et longtemps privé de véritables campagnes hawaïennes, a livré une démonstration de maîtrise dans les tubes de Pipeline.

    Dès sa première vague, un take-off engagé et un tube parfaitement négocié donnent le ton.
    Loin de subir la série, Couzinet la contrôle, éliminant au passage Samuel Pupo, pourtant deuxième du classement Challenger Series avant ce round.

    Une prestation qui confirme une progression évidente et qui replace Jorgann comme un sérieux outsider pour la suite de la saison, même si la route vers le CT reste encore longue.

    Charly Quivront, opportuniste et efficace

    Dans cette même série, Charly Quivront n’a rien lâché.
    Très intelligent tactiquement, il a longtemps contenu Samuel Pupo avant d’aller chercher le tube décisif en fin de heat.

    Résultat : une deuxième place méritée et une qualification de plus pour le clan français.
    Un sans-faute collectif qui fait du bien au moral… et au classement.

    Les autres faits marquants de la journée

    La journée a également été marquée par plusieurs performances de haut vol :

    • Mikey McDonagh a fait exploser les compteurs avec un 9,50 à Backdoor, meilleure vague de l’événement jusqu’ici.
    • Taro Watanabe, dos au mur, a trouvé un tube salvateur dans les dernières minutes pour renverser sa série.
    • Lucas Silveira a sorti le grand jeu face à Barron Mamiya, prouvant une nouvelle fois qu’il a l’étoffe d’un futur rookie du CT.
    • Les locaux hawaïens, à l’image de Joey Johnston et Benji Brand, ont continué à jouer les trouble-fête en éliminant plusieurs têtes de série.

    Même les stars du CT, comme Griffin Colapinto ou Seth Moniz, ont dû s’employer sérieusement pour passer ce premier vrai test à Pipeline.

    Une suite de compétition sous haute tension

    Si cette soirée restera comme l’un des temps forts de l’événement, la suite s’annonce beaucoup plus délicate.
    Il reste encore 29 séries à disputer, hommes et femmes confondus, de 25 à 30 minutes.

    Surtout, les prévisions météo inquiètent :
    houle massive, vents onshore annoncés, journées potentiellement hors de contrôle avant un possible retour de l’offshore pour le final.

    Dans ce contexte, les surfeurs à l’aise dans le gros, les tubes engagés et les conditions chaotiques pourraient tirer leur épingle du jeu.
    Un scénario qui semble plutôt favorable à Kauli Vaast, plus incertain pour d’autres Français.

    Une chose est sûre : à Pipeline, rien n’est jamais acquis.

  • World Surfing Games 2025 : Kauli Vaast en argent, la France 4e par nations

    World Surfing Games 2025 : Kauli Vaast en argent, la France 4e par nations

    Neuf jours de vagues solides à Surf City, Salvador, une finale messieurs d’une intensité rare, et une équipe de France rajeunie, mais combative. Retour sur des Mondiaux ISA au Salvador qui ont couronné l’Australie et confirmé Kauli Vaast comme l’un des patrons du surf mondial.

    Une finale hommes au sommet : Henry vs Vaast

    Dimanche, le spot de La Bocana a servi une grande finale messieurs à la hauteur de la réputation du spot et de la compétition. Vagues puissantes de 2,50 m, droites rapides et exigeantes, pression maximale : tout était réuni pour offrir un duel de haut vol.

    Kauli Vaast, champion olympique en titre, a livré une prestation exceptionnelle. Après un début de série en retrait, le Tahitien a claqué deux vagues magistrales notées 8,70 et 8,87, pour un total de 17,57 points. Un surf puissant, engagé, à la hauteur de son talent.

    Mais en face, l’Australien Dane Henry, 19 ans seulement, a pris tous les risques. Dès les premières minutes, il envoie un air full rotation noté 8,67, puis enchaîne avec une longue droite où il varie les manœuvres, récompensée d’un 9,50 jugé généreux par certains observateurs (on est français ou on ne l’est pas). Avec 18,17 points, Henry s’impose et prive Kauli Vaast de l’or pour seulement 0,60 point.

    Un verdict serré, mais révélateur : le Français confirme sa régularité dans l’élite mondiale ISA (5e en 2023, 3e en 2024, 2e en 2025). La trajectoire est tracée.

    Jorgann Couzinet, solide mais frustré

    Autre pilier tricolore, Jorgann Couzinet a connu une fin de parcours plus difficile. En finale du tableau principal, le Réunionnais n’a pas trouvé son rythme et s’est retrouvé en repêchages. Là encore, il avait une chance de rejoindre la grande finale, mais plusieurs chutes et mauvais choix stratégiques ont ruiné ses espoirs. Résultat : une 6e place mondiale.

    Un classement qui laisse un goût amer, tant son surf des jours précédents avait impressionné. Ajoutons à cela un contexte personnel éprouvant — la perte d’un ami proche durant la compétition (cf article sur Paul Bontemps) — et l’on comprend mieux la difficulté de Jorgann à rester concentré jusqu’au bout.

    Malgré tout, ce retour en équipe de France lui a fait du bien. « J’ai retrouvé une vraie cohésion, on se pousse les uns les autres, ça me donne envie de revenir plus fort », a-t-il confié. Rendez-vous est pris pour 2026.

    La France, médaille de cuivre par nations

    Avec la médaille d’argent de Vaast et la 6e place de Couzinet, les Bleus décrochent la 4e place au classement des nations, derrière l’Australie, le Pérou et l’Espagne. Un classement honorable, surtout au regard d’une équipe largement renouvelée.

    Les jeunes filles françaises, Kiara Goold (15 ans), Clémence Schorsch (16 ans) et Aelan Vaast (20 ans), ont montré de belles promesses malgré un manque d’expérience évident. La moyenne d’âge chez les filles : 17 ans seulement. De quoi envisager l’avenir avec optimisme.

    Côté garçons, Sam Piter (22 ans) a vécu une compétition compliquée, mais son potentiel reste intact. Globalement, cette équipe de France 2025 illustre un passage de témoin entre une génération dorée et de nouvelles têtes bien décidées à marquer leur époque.

    L’Australie retrouve son trône mondial

    Après 14 ans sans titre mondial ISA par nations, l’Australie a renoué avec l’or. La performance de Dane Henry a été complétée par le bronze de Morgan Cibilic, le bronze de Sally Fitzgibbons et les résultats solides d’Ellie Harrison et Callum Robson. Une domination collective qui rappelle la profondeur du vivier australien.

    Chez les dames, c’est l’Espagnole Janire Gonzalez-Etxabarri, 20 ans, qui a marqué l’histoire. En remportant l’or, elle devient la première championne du monde ISA de l’histoire de l’Espagne. Un exploit qui propulse la Roja du surf à la 3e place du classement par nations.

    Finale dames :

    1. Janire Gonzalez-Etxabarri (ESP) 14,57 pts
    2. Yolanda Sequeira (POR) 13,57 pts
    3. Sally Fitzgibbons (AUS) 13,57 pts
    4. Arena Rodriguez (PER) 8,53 pts

    Un marathon appelé World Surfing Games

    Les Mondiaux ISA ne ressemblent à aucune autre compétition. Neuf jours de surf intensif, un tableau principal et un système de repêchages qui peut rapidement user les organismes : c’est un véritable marathon.

    Dane Henry et Kauli Vaast sont les seuls à avoir atteint la finale sans passer une seule fois par les repêchages, preuve d’une constance et d’une fraîcheur physique supérieures. Pour les autres, la fatigue cumulée joue souvent un rôle décisif.

    Un staff renouvelé et ambitieux

    Derrière les planches, l’encadrement français a aussi marqué des points. Pour sa 4e campagne à la tête des Bleus, Jérémy Florès a su fédérer un groupe jeune, épaulé par Joan Duru et Pauline Ado.

    « On savait qu’on venait avec une équipe incomplète et jeune, mais l’ADN de la France, c’est de ne rien lâcher », a résumé Florès. Une philosophie qui colle parfaitement à l’esprit des ISA : apprendre, progresser, et préparer la suite.

    Les résultats français

    • Kauli Vaast : 2e (argent)
    • Jorgann Couzinet : 6e
    • Kiara Goold : 17e
    • Clémence Schorsch : 21e
    • Aelan Vaast : 29e
    • Sam Piter : 61e

    Cap sur 2026 et Los Angeles 202

    Cette 4e place mondiale permet à la France de s’assurer un statut de tête de série pour les Mondiaux 2026, qui attribueront les premiers quotas olympiques. L’objectif est clair : transformer le potentiel de cette jeune équipe en médailles, avec en ligne de mire les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.