Étiquette : raglan

  • Scandale à Raglan : le jugement de la série Vaast-Robinson sous le feu des critiques

    Scandale à Raglan : le jugement de la série Vaast-Robinson sous le feu des critiques

    Patrick Florès, l’ancien coach des Bleus, a lâché un post acerbe sur les réseaux : « Les juges WSL ne changeront jamais ». Et il n’est pas le seul à s’étrangler devant le résultat de la série opposant Kauli Vaast à Jack Robinson sur la mythique gauche néo-zélandaise.

    J’ai passé au crible ce heat. Au-delà de la frustration légitime des supporters, l’analyse technique du line-up met en lumière un traitement pour le moins douteux.

    Le piège de Raglan : une opposition de styles

    Nous étions exactement dans la configuration annoncée : de très petites conditions qui transforment le point break en véritable concours de rollers. Sur cette gauche au profil spécifique, les deux surfeurs exploitaient des armes différentes :

    • L’option backside pour Robinson : L’Australien (regular) pouvait taper verticalement directement dans la poche, la section la plus critique. C’est un paramètre que les juges survalorisent quasi-systématiquement.
    • L’option frontside pour Vaast : Face à la lèvre, le goofy a su apporter une vraie variation dans ses turns, en maximisant le potentiel d’une vague manquant cruellement d’épaule.

    La bombe de Kauli, récompensée d’un 9 ? Une évidence. C’est la vague la plus longue, la mieux surfée avec de la variété en bonus, la meilleure vague de la série sans aucun doute.

    Le poids du « rookie tax » ou « local tax »

    La polémique se cache en réalité dans les autres scores de la série. Des dizièmes de point par ici, d’autres par là :

    • Le back-up de Kauli est sévèrement sous-évalué.
    • La dernière tentative de Jack bénéficie d’une notation extrêmement généreuse.

    À l’arrivée, seuls 0,27 point séparent les deux hommes. Cet écart artificiel ressemble au fameux « rookie tax », ce bonus tacite accordé aux vétérans du CT avant même le coup de corne. Le meilleur score de Jack est noté uniquement de 0,83 pt de moins que Kauli

    Le coup de grâce vient de la tour des juges. Avec quatre surfeurs français sur le WCT, nous n’avons aucun juge tricolore. Face à Kauli ce jour-là ? Un panel comptant trois Australiens prêts à évaluer leur compatriote. Je ne comprends pas pourquoi il y a un juge basque/espagnol, alors qu’il n’y a qu’une surfeuse sur le CT, et zéro juge français…..Tous ces détails participent aux doutes. Mais, au final, comme au rugby, il faut savoir respecter la décision des juges, même si c’est parfois difficile…

  • Italo Ferreira : la pile électrique brésilienne qui sature le line-up de Raglan

    Italo Ferreira : la pile électrique brésilienne qui sature le line-up de Raglan

    Si vous espériez une session tranquille à Raglan ces derniers jours, c’est raté. Luke Cederman, l’iconique trublion de Raglan Surf Report, a jeté l’éponge au moment de pronostiquer le vainqueur du contest local. La raison ? Un Brésilien monté sur ressorts.

    « Italo Ferreira a pris environ 80% des vagues », lâche Cederman, mi-amusé, mi-exaspéré par cette frénésie. Il le compare au fameux lapin Duracell, littéralement incapable de s’arrêter. Et pour cause : quand on le croise sur les compétitions depuis des années, le constat est toujours identique. On pourrait parfois croire à un athlète sous produits (n’en tirer pas de s cocnlusions attives) tant son rythme affole les compteurs de la droite vers la gauche, mais c’est avant tout un hyperactif pur jus. Une véritable pile inépuisable.

    Face à ce rouleau compresseur, les pronostics de l’épreuve penchent pour un goofy-footer. Cederman estime qu’ils ont l’avantage de la variété de manœuvres sur cette gauche mythique, contrairement aux regulars. Reste que pour espérer battre Italo, Medina ou Dora, il faudra déjà réussir à attraper une vague.

  • La WSL débarque à Raglan : le pari néo-zélandais à 4 millions de dollars

    La WSL débarque à Raglan : le pari néo-zélandais à 4 millions de dollars

    Il y a quelques décennies, j’ai eu l’occasion de ramer au pic à Raglan. Pour être tout à fait honnête avec vous, je n’en garde pas un souvenir impérissable (à l’inverse de ma femme). Je me rappelle surtout d’une session à la mauvaise marée, avec une houle un peu molle et des sections rapides tout bonnement impossibles à passer. Alors, quand la WSL a annoncé que le Championship Tour posait ses valises sur ce mythique point break gauche néo-zélandais, j’avoue avoir tiqué. Est-ce vraiment un spot de classe mondiale capable d’accueillir l’élite, ou un simple mirage marketing pour les réseaux sociaux ?

    Un événement historique bouclé en un temps record

    Pourtant, sur l’île, l’excitation est palpable. Sous la houlette de Ben Kennings, l’incontournable directeur de Surfing New Zealand, ce projet colossal a été bouclé en à peine cinq mois. Un véritable tour de force logistique et financier qui coûte entre 3 et 4 millions de dollars.

    C’est le gouvernement néo-zélandais qui a majoritairement mis la main au portefeuille, voyant là une opportunité en or de stimuler le tourisme international. Selon Kennings, cet événement éclipse de loin tout ce que le pays a connu, des anciens CT féminins jusqu’aux fameux mondiaux ISA juniors marqués par le ride parfait de Gabriel Medina il y a quelques années. Le plus gros défi ? Sécuriser les accès et gérer le plan de circulation dans une zone aussi restreinte que la petite ville de Raglan, qui s’apprête à être prise d’assaut par les fans.

    Le test de vérité : loin des clips parfaits d’Instagram

    Mais les millions ne suffisent pas à sculpter une houle parfaite. On a tous vu ces vidéos incroyables où la gauche déroule à l’infini. La réalité quotidienne est souvent beaucoup moins flatteuse. Connor O’Leary est d’ailleurs récemment parti en reconnaissance sur le spot. Les images brutes de ses sessions d’entraînement confirment mes vieilles impressions.

    Loin des jours épiques, on le voit lutter pour trouver son rythme sur une vague capricieuse. Il alterne entre des sections molles hachées par le vent et quelques murs plus tendus lui permettant de lâcher ses puissants carves sur le rail. Quelques rares visions dans le tube apparaissent, mais elles se méritent.

    La vraie question est désormais de savoir quel visage Raglan choisira de montrer le jour J. L’océan décidera si ce pari à plusieurs millions est un coup de génie ou un flop magistral.