Dans le monde du surf professionnel, on parle souvent de vagues massives, de tubes profonds et de scores serrés. On parle plus rarement de la menace silencieuse qui rampe sur la surface des récifs. Pour la Portugaise Teresa Bonvalot, ex-membre de l'élite mondiale (CT) et figure olympique, ce qui semblait être un incident de routine s’est transformé en un véritable film d'horreur médical.
Tout commence lors des World Surfing Games au Salvador. Une chute, un contact avec les rochers, et Teresa ressort avec des épines d'oursins dans le pied. Dans le milieu, c’est le lot quotidien. On retire les épines, on désinfecte, et on retourne à l'eau. Sauf que pour la championne, la douleur ne s’est jamais dissipée. Au contraire, elle est devenue latente et permanente.
« Les six derniers mois ont été un enfer », a confié la surfeuse sur ses réseaux sociaux. Malgré deux interventions initiales infructueuses, la douleur a atteint son paroxysme lors de la saison à Hawaii. Incapable de marcher normalement ou de solliciter son appui, Teresa a dû composer avec un corps qui la trahissait à chaque manœuvre.
Le diagnostic tombe: les épines ont migré. Elles ne sont plus seulement sous la peau, mais ont pénétré les articulations et touchent désormais l'os. Malgré cela, Teresa refuse d'abandonner la course à la qualification pour le CT. Elle a terminé sa saison sur les Challenger Series avec seulement 20 % de ses capacités physiques, portées par une force mentale hors norme. Malheureusement pour elle, elle a fini au rang 12 et ne sera pas qualifiée pour le WCT.
Une fois la saison terminée, l'urgence chirurgicale est devenue inévitable. L'opération a duré plus de quatre heures et demie. Un travail d'orfèvre où les chirurgiens ont dû ouvrir pour accéder à l'articulation, la nettoyer en profondeur et littéralement gratter l'os pour retirer les derniers débris calcaires qui provoquaient l'infection. (et oui les épines d'oursins se transforme en calcaire qu'on peut voir lors d'une radio).
Désormais en phase de convalescence, Teresa Bonvalot tourne la page de ce chapitre douloureux. Son histoire rappelle cruellement que derrière le glamour des compétitions se cachent des sacrifices physiques que le public ignore souvent. Pour la Portugaise, une nouvelle étape commence : la rééducation, avec l'espoir de retrouver enfin un surf libéré de toute douleur.