Le patron de Vissla tente de racheter Rip Curl pour "sauver" l'âme du surf

24 mars 2026

Le paysage du surf business vient de frôler un séisme majeur. Paul Naudé, l'emblématique fondateur de Stokehouse (Vissla, Sisstr, Amuse Society), a officiellement déposé une offre pour racheter Rip Curl. Une tentative de "reprise de pouvoir" par les surfeurs, alors que les grands groupes semblent perdre pied.

Un rachat stratégique pour contrer la crise

La nouvelle, révélée par l'Australian Financial Review, confirme l’ambition de Naudé : réunir des marques authentiques sous une même bannière pour redonner une direction claire à une industrie qu'il juge "à la dérive" depuis une décennie.

Selon Naudé, le secteur souffre d'un manque de leadership de la part de décideurs qui comprennent réellement la culture surf. Avec la chute vertigineuse de l'action de KMD Brands (maison mère de Rip Curl, Kathmandu et Oboz), qui a perdu près de 50 % de sa valeur, l'opportunité semblait parfaite pour une offensive de charme.

"Une industrie à la dérive" : le constat amer de Paul Naudé

L’analyse du patron de Vissla est sans appel : "Depuis 10 ou 12 ans, l’industrie du surf est quelque peu à la dérive, avec de nombreuses grandes marques contrôlées par des gens extérieurs au milieu". Pour lui, le salut passera par des marques crédibles et une échelle de production suffisante pour peser face aux géants de la distribution.

Pourtant, malgré une situation financière tendue, le groupe néo-zélandais KMD Brands a balayé l'offre de revers de la main. David Kirk, président de KMD, estime que le projet de Naudé ne génère pas assez de valeur pour les actionnaires et doute de la pertinence de faire cohabiter des marques concurrentes au sein d'un même catalogue.

Pourquoi Rip Curl est intouchable (pour l'instant)

Si KMD Brands résiste, c'est que Rip Curl reste la poule aux œufs d'or du groupe. Avec un chiffre d'affaires annuel de 322,8 millions de dollars (au 31 juillet 2025), la marque "The Search" porte littéralement le reste du conglomérat sur ses épaules.

Vendre le joyau de la couronne maintenant reviendrait pour KMD à abandonner son principal levier de croissance. Le groupe préfère miser sur sa stratégie "Next Level" et a même engagé Goldman Sachs pour restructurer ses dettes plutôt que de céder aux sirènes de Stokehouse.

Ce bras de fer illustre parfaitement la tension actuelle dans notre sport : d'un côté, des passionnés qui veulent ramener le surf à ses racines ; de l'autre, des logiques de marché qui luttent pour leur survie. Le feuilleton ne fait sans doute que commencer.

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