Dimanche 29 juin 2025, un adolescent a été violemment attaqué par un requin à Cabarita Beach, sur la côte est de l’Australie. Transporté en urgence à l’hôpital universitaire de Gold Coast, sa vie n’est plus en danger, mais son état reste sérieux. Le suspect ? Un requin-bouledogue, l'un des plus redoutés par les surfeurs.
Il était environ 15h30 lorsqu’un jeune surfeur a été mordu au bras droit, au poignet et à la jambe droite. Selon les secours et les témoins, l’attaque s’est produite dans des conditions météo peu engageantes : ciel bas, pluie, eau trouble… Autant dire, des conditions idéales pour les squales, beaucoup moins pour les surfeurs.
C’est le journaliste surf indépendant Nicka35, souvent présent sur les plages de la Gold Coast, qui a donné l’alerte. Il raconte : « Plusieurs personnes dans l’eau ont vu une immense dorsale tourner dans la zone, longtemps après l’attaque. »
Une vidéo diffusée peu après montre un requin d’environ 2,5 mètres de long, probablement un requin-bouledogue, qui suit la victime jusque dans l’eau peu profonde avant de repartir vers le large. L’attaque ne ressemble pas à une simple morsure exploratoire : elle évoque plutôt un prélude de festin interrompu.
Située dans les Northern Rivers de Nouvelle-Galles du Sud, Cabarita Beach est habituellement un spot paisible, prisé des surfeurs pour ses longues droites et sa nature sauvage. Mais elle se situe aussi dans une zone connue pour être un couloir de passage des grands prédateurs.
Deux jours avant l’attaque, un requin-tigre avait été capturé, tagué puis relâché dans cette même zone par l’équipe de NSW Shark Smart. Si ce n’est pas le même spécimen, cela rappelle à quel point ces eaux sont fréquentées par différentes espèces de requins, attirées par la migration des cétacés.
De juin à octobre, la côte est australienne vit au rythme du passage de près de 40 000 baleines à bosse, qui migrent vers le nord. Ce ballet majestueux attire aussi les squales, qui traquent les baleineaux, les blessés ou les retardataires. Requins-tigres, blancs et bouledogues patrouillent donc à proximité des côtes, souvent bien plus proches qu’on ne l’imagine.
Cabarita, comme Byron Bay, Broken Head ou Lennox Head, se trouve exactement sur cette route migratoire. Sur les hauteurs du phare de Byron, il n’est pas rare d’observer des sauts de baleines en surface. Sous l’eau, on perçoit leurs chants, leurs sifflements, leurs clics… Mais cette beauté naturelle s’accompagne de dangers réels.
Conseiller aux surfeurs de rester à terre en hiver relèverait presque de la blague. Ici, le surf est une religion. L’océan fait partie du quotidien. Mais ces événements rappellent la part de risque inhérente à cette pratique.
L’Australie a tenté il y a quelques années de parler de "rencontres négatives" plutôt que d’"attaques de requins", une tentative de dédramatiser qui a peu convaincu la population.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, la victime est en état sérieux mais stable. On espère qu’il pourra retrouver sa mobilité, et pourquoi pas, retourner à l’eau un jour. D’ici là, l’émotion reste vive sur les plages de la région.