Depuis bientôt une décennie, la série de films RAGE incarne une vision alternative du surf, loin des paillettes de l'industrie. Avec RAGE 5, le crew australien revient en force, fidèle à son esprit punk et à son amour du surf brut.
Fondée en 2017 par Creed McTaggart, Noa Deane, Beau Foster, Ellis Ericson et le réalisateur Toby Cregan, RAGE n’est pas une simple marque d'accessoires de surf. C’est un état d’esprit. Une révolte joyeuse contre la standardisation d’une industrie de plus en plus polie, marketée, digeste. Avec RAGE 5, la bande livre un film aussi puissant que sincère, entre clips de surf hallucinants et instantanés d’une amitié forgée dans le sel et l’adrénaline.
Le film, tourné sur plus de deux ans aux quatre coins du globe, a été entièrement réalisé par Toby Cregan. Fidèle à son style brut et sans concession, il mêle des séquences surf ultra puissantes à des moments plus intimes, notamment via des images d’archives inédites datant de la création de RAGE en 2016. On y découvre Creed et Noa à leurs débuts, déconne à la main et weed à la bouche, en train de se filmer mutuellement dans leur chambre.
Au-delà du surf pur, RAGE 5 est aussi une plongée dans l’histoire du collectif : comment une blague entre potes est devenue un projet underground suivi dans le monde entier.
Le line-up est fidèle à ce que RAGE sait faire de mieux : réunir les surfeurs les plus créatifs, les plus stylés, mais aussi les plus indomptables du moment. On retrouve donc les piliers de la maison : Creed McTaggart, Noa Deane, Shaun Manners, Jaleesa Vincent, Wade Goodall, Beau Foster ou encore Jake Vincent.
Mais cette fois, RAGE 5 marque aussi l’entrée de nouveaux visages tout aussi puissants : Holly Wawn, Benny Howard et Kai Hing font leur grande première dans un film RAGE, et leurs performances ne passent pas inaperçues. Holly, en particulier, impose un surf engagé et sans complexe, capté dans les vagues du Northern Rivers.
L’un des temps forts du film est la dernière mission, partie dans le désert australien et en Tasmanie pour chasser une ultime session de rêve. Cregan avoue avoir réservé les billets d’avion sans même vérifier le compte bancaire de la marque : « On avait besoin d’une fin forte. Et on l’a eue. Mais ça a presque mis RAGE en faillite. »
Malgré des contraintes financières et une logistique improvisée, les images valent de l’or. Shaun Manners, en quête d’un dernier clip, l’a trouvé dans l’urgence, quelques heures avant de devoir tracer 9 heures de route pour attraper un vol. C’est ça, l’esprit RAGE : un mélange d’instinct, de punk, et de talent pur.
Avant d’être diffusé en ligne, RAGE 5 fait le tour de l’Australie en van, dans une ambiance qui rappelle les tournées de groupes de rock. Les projections se font dans des shops ou petits cinémas, toujours à l’arrache mais pleines d’énergie. Le crew envisage même des projections à Bali, aux États-Unis et en France, puisque la semaine dernière avait lieu une avant-première à Hossegor
Avec RAGE 5, le collectif prouve une nouvelle fois qu’il est l’un des derniers bastions du surf libre et sans compromis. À l’heure des algorithmes et du surf aseptisé, ces “cafards” de l’industrie nous rappellent que la vraie rage vient du cœur.