Skier Nazaré en 2026 : quand le buzz enterre définitivement le surf

7 janvier 2026

On pensait avoir tout vu à Nazaré. Les wipeouts XXL, les vagues qui avalent des immeubles, les jet-skis en PLS et les surfeurs transformés en figurines Playmobil, une gamine de 13 ans tractée sur des grosses vagues. Mais non. 2026 nous offre un nouveau sommet de l’absurde : Chuck Patterson a skié Nazaré. Oui, avec des skis. Et des bâtons. Et une paire de boots capables d’envoyer, n'importe qui, direct au fond de l’Atlantique.

Quand la métaphore devient trop littérale

Depuis toujours, on compare les grosses vagues à des pistes noires : raides, engagées, réservées à une élite. Chuck Patterson a visiblement pris l’analogie au pied de la lettre. Quitte à oublier un détail : la mer n’est pas une montagne, et Nazaré n’est pas un snowpark freestyle.

À Nazaré, on surfe des murs d’eau vivants, imprévisibles, violents. On ne les “descend” pas, on les négocie. Les skis, eux, glissent droit. Très droit. Trop droit.

Résultat ? Une glisse raide, figée, sans lecture de vague, sans adaptation. Du ride ? Non. Du pilotage sous anxiolytiques.

Danger public (et privé)

Le plus gênant dans cette histoire, ce n’est même pas le ridicule esthétique. C’est le niveau de danger.
Petit rappel technique pour ceux du fond :

  • Des chaussures de ski lourdes
  • Des fixations rigides
  • Une impossibilité totale de nager en cas de chute (du moins j'en ai l'impression)
  • Et une vague qui ne pardonne absolument rien

En cas de wipeout, Chuck devient littéralement une ancre humaine. Et qui doit aller le chercher ? Les équipes de sécurité. Les jet-skis. Les gars qui, eux, n’ont rien demandé (enfin si, j'imagine qu'ils sont payés) et prennent des risques bien réels pour sauver un mec venu “tester un concept”.

À ce stade, on ne parle plus d’engagement personnel, mais de mise en danger collective.

Du surf ? Non. Du contenu.

Soyons honnêtes : cette “performance” n’a strictement rien à voir avec le surf.
Pas de ligne.
Pas de style.
Pas de lecture.
Pas de respect du spot.

Mais beaucoup de caméras. Beaucoup de buzz. Beaucoup de “regardez-moi”.

On n’est plus dans la glisse, on est dans la course à l’algorithme. Aujourd’hui des skis, demain quoi ?
Un type à Nazaré sur une porte de placard Ikea pendant que tout le monde applaudit l’“innovation” ?

🤡 Le cirque de la vague géante

Nazaré est déjà devenu un théâtre permanent. Entre records discutables, jet-skis en surnombre et performances plus médiatiques que sportives, le spot se transforme peu à peu en foire aux exploits absurdes.

Chuck Patterson ne surfe pas Nazaré.
Il l’utilise comme décor.

Et c’est peut-être ça le plus triste : transformer l’une des vagues les plus mythiques de la planète en simple toile de fond pour une vidéo YouTube de plus.

👉 Oui, c’est spectaculaire
👉 Oui, ça fait cliquer
👉 Oui, c’est “jamais vu”

Mais non, ce n’est pas du surf.
Et surtout, ce n’est pas de la glisse.

Juste une démonstration de plus que, parfois, le buzz prend définitivement le dessus sur le sens.

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