Il y a des disparitions qui résonnent bien au-delà d’une famille ou d’un village. Celle de Pua Raiponi, survenue dans sa 39ème année, a profondément touché la communauté de Toahotu, mais aussi le monde du surf à Tahiti. Né le 27 août 1985, il a grandi sur cette terre du sud de l’île, bercé par les traditions polynésiennes et le bruit des vagues qui façonnent la vie locale.
Pua Raiponi n’était pas seulement un passionné de glisse, il était aussi un fils de Toahotu profondément attaché à sa culture. Respectueux des normes polynésiennes, toujours proche de sa grande famille, il incarnait ce lien fort entre les racines et la modernité, entre l’océan et la terre. Ceux qui l’ont connu se souviennent de sa générosité, de sa bienveillance et de cette simplicité qui faisait de lui un homme apprécié de tous.
Il laisse derrière lui une famille aimante : sa mère, Marie-Rose, ses sœurs Orama et Moena, mais surtout sa fille unique, Teahinui, véritable lumière de sa vie.
Au-delà de l’eau, Pua avait un autre regard : celui du photographe. Avec son appareil, il a immortalisé des instants précieux de la vie polynésienne et surtout des vagues mythiques de Teahupo’o, ce spot légendaire qui fait battre le cœur du surf mondial. Ses clichés, partagés au fil des années, témoignaient d’une sensibilité particulière pour l’océan et pour la beauté brute de sa terre natale.
Dans ses images, on retrouvait ce mélange de puissance et de douceur qui le caractérisait lui-même. Comme une extension de son âme, son objectif captait à la fois la démesure des vagues et la fragilité des instants suspendus.
La disparition de Pua Raiponi a bouleversé la communauté du surf polynésien. Après une première haie d’honneur organisée plus tôt dans la semaine, un ultime hommage lui a été rendu le dimanche 24 août 2025 au PK 0 de Teahupo’o.
Ce jour-là, le parking était exceptionnellement ouvert, non pas pour une houle attendue, mais pour saluer une dernière fois celui qui avait l’habitude d’affronter la vague mythique.
Amis, habitants, surfeurs et rameurs de va’a se sont rassemblés en nombre pour un moment de recueillement. Certains sont restés sur le rivage, d’autres se sont élancés dans le lagon pour former un cercle en sa mémoire. Cet hommage, initié par le surfeur Matahi Drollet et soutenu par le président de la Fédération tahitienne de surf, Max Wasna, a montré combien Pua était aimé et respecté.
La nouvelle de son décès a plongé Toahotu, Faa’a et toute la communauté polynésienne dans une grande tristesse. Les familles Pua, Chambo, Afo, Vehiatua, Roopinia, Utia, Chapman, Lemaire, Jean, Faehau, Holman et leurs proches ont exprimé leur douleur, tout en demandant respect et recueillement dans ces moments difficiles.
Les circonstances exactes de sa disparition restent encore à éclaircir, et la famille appelle chacun à ne pas se laisser emporter par les rumeurs. Les obsèques seront organisées prochainement, lorsque son corps aura pu être rendu aux siens.
Si la vie de Pua Raiponi s’est arrêtée trop tôt, son souvenir continue de vibrer à travers ceux qui l’ont aimé et les images qu’il a laissées. Ses photos de Teahupo’o resteront comme un témoignage sincère d’un homme qui savait regarder l’océan autrement.
À travers lui, c’est aussi une part de la culture surf de Tahiti que l’on célèbre : une culture faite d’océan, de famille, de respect et de transmission.
Que son repos soit doux comme son cœur fut bon.