En pleine Triple Crown à Hawaï, Aritz Aranburu se retrouve face à une légende du North Shore au tempérament volcanique : Johnny Boy Gomes. Menace physique, score inespéré et fuite prématurée : récit d’une série pas comme les autres, qu'on retrouve dans une interview espagnole.
Sunset Beach, côte Nord d’Oahu. Aritz Aranburu est jeune, plein d’ambition, et tout juste qualifié pour participer à la mythique Triple Crown. Cette série de compétitions hawaïennes est considérée comme l’un des sommets du surf professionnel, juste après le titre mondial.
Dans la maison Quiksilver, l’ambiance est détendue... jusqu’à ce que tombe la nouvelle : Johnny Boy Gomes est dans le tableau. Ancienne gloire de Pipeline, membre influent des redoutés Black Shorts, Johnny est une figure aussi respectée que redoutée. S’il revient en compétition, ce n’est pas pour rire.
Blague entre surfeurs : « Mec, imagine si tu tombes contre Johnny ? »
Silence. Aritz tire Johnny au premier tour.
Dès le début du heat, les choses tournent mal. Johnny rame sur une série, mais elle ferme. Aritz, sans intention de le gêner, se retrouve légèrement plus à l’intérieur. Maladresse ? Mauvais timing ? Peu importe : Johnny pète un plomb.
« ¿Qué haces dentro de mí pico? » – « Qu’est-ce que tu fous sur mon pic ? »
Il commence à hurler, brandit le poing et saisit même Aritz par la main, menaçant de le frapper. La scène se déroule en plein heat, sous les yeux d’une organisation médusée... qui ne dit rien. À l’époque, personne ne s’oppose à Johnny Boy Gomes.
Profitant d’un instant d’inattention, Aritz s’échappe. Il rame loin, très loin, cherchant juste à survivre. Mais au passage, il croise une vague. Il la surfe. Score : 7/10.
Quelques instants plus tard, une deuxième vague se présente à lui. Tube + floater. Résultat : 8,5/10.
Aritz est en tête.
Terrifié, il ne veut pas rester une seconde de plus dans l’eau. Il sort du line-up avant la fin du heat, en courant vers les organisateurs pour demander de l’aide. Réponse du speaker de la compétition :
« Mec… planque-toi. Personne ne peut rien faire contre Johnny. »
Aritz remporte pourtant le heat, contre toute attente. Mais il passe la semaine suivante enfermée dans la maison Quiksilver, évitant toute confrontation.
Heureusement, grâce à ses liens avec la famille Pukas et à l’intervention d’un surfeur hawaïen respecté, il apprend que Johnny vit à l’opposé de l’île et ne reviendra pas traîner à Sunset les jours suivants.
Cette histoire, est l'une parmi tant d'autres. Tous les surfeurs pro non hawaïens craignent cette destination pour ses vagues, mais également, pour la pression qui y règnent à l'eau. De nombreux surfeurs n'y vont que pour leurs séries, et n'y prennent aucun plaisir. Promis, un jour on écrira un article sur les plus folles anecdotes qu'on a entendues à Hawaï.