Houle Erin : des vagues exceptionnelles en plein mois d’août

29 août 2025

Aujourd’hui, j’ai pris ma caméra pour filmer cette houle Erin dont tous les médias parlent comme d’un phénomène « historique ». On a lu partout « houle cyclonique », « océan en furie », comme si l’Apocalypse allait balayer nos côtes.

La réalité ? Oui, les vagues étaient impressionnantes, mais surtout pour un mois d’août. Surfer Mullaghmore en Irlande en 3/2 mm, c’est rare. Des monstres ont frappé Nazaré, mais là encore, rien de surprenant pour ce spot hors norme. En France, les journalistes et les curieux se sont rués vers Belharra, à la recherche d’un spectacle inédit. Sauf que la vague basque a cassé de manière sporadique, mal orientée, trop petite pour entrer dans l’histoire. Quelques riders ont profité d’une session de foil et se sont sûrement régalés, mais rien de la déferlante apocalyptique promise par certains gros titres.

Un mois d’août hors normes

Ce qui rend Erin remarquable, c’est moins la taille des vagues que leur saisonnalité. Voir des lignes à 4 mètres passer sur un reef du Pays basque en plein été, avec un plan d’eau glassy, reste une anomalie météo rare. La session a attiré une foule inhabituelle, preuve que l’appel de la houle n’épargne pas les vacances estivales.

Une scène de solidarité marquante

Mais au-delà des vagues, c’est une scène de solidarité qui restera gravée. Alors que je pliais mon matériel, juste après avoir filmé Edouard Delpero, je l’ai vu replonger à l’eau, sans comprendre pourquoi. Quelques instants plus tard, j’aperçois un groupe de cinq ou six surfeurs ramenant un rider en difficulté.

De loin, j’entends : « Appelez les pompiers ! ». Puis, un mot glaçant résonne : « fémorale ». Pour ceux qui ne le savent pas, une blessure à l’artère fémorale entraîne une hémorragie massive, souvent mortelle en quelques minutes. L’inquiétude monte, mais la chaîne de solidarité s’active aussitôt.

Les surfeurs s’organisent, d’autres accourent, la police municipale arrive, des ciseaux sont demandés pour découper la combinaison et vérifier la blessure. Finalement, l’artère n’est pas touchée. Le surfeur est pris en charge par les secours, rapidement arrivés sur place.

Plus qu’un sport, une communauté

De cette matinée, je retiens moins la violence des vagues que la force de la communauté. Personne ne s’est posé de question : tous ont agi ensemble pour sauver un surfeur en détresse.

Ce n’est pas de l’inconscience, ce n’est pas une question de niveau ou de taille de vagues. Cet accident aurait pu arriver n’importe où, même dans de petites conditions. Mais ce qui compte, c’est la preuve que dans l’océan, la solidarité l’emporte toujours.

Alors, au nom de tous ceux qui aiment la mer, un immense bravo et merci à ces surfeurs anonymes. 🙌

Le WQS Pantin durant la houle Erin

La houle cyclonique Erin s’est invitée sur le WQS de Pantin, en Galice. Des vagues massives dépassant les 8 pieds ont transformé la compétition en véritable défi. Certains surfeurs ont brillé par leur engagement, d’autres ont subi la puissance de l’océan : planches brisées, leashs cassés, et même des séries entières sans pouvoir prendre une seule vague. Un scénario extrême, mais qui a offert un spectacle à la hauteur de la réputation de Pantin.

Les meilleures sessions de la houle Erin

mise à jour vendredi 29 Aout 2025

Cette houle a offert des images incroyables aux quatre coins de l’Atlantique Nord, et plusieurs surfeurs de renom ont partagé leurs sessions.

Hossegor vs Mundaka : le choix de Pierre Rollet

Le big wave rider basque Pierre Rollet s’est retrouvé face à un dilemme : Mundaka ou Hossegor ? Finalement, comme beaucoup de surfeurs français, il a opté pour les bancs landais. Sa vidéo en témoigne : des vagues puissantes, parfaitement sculptées par un vent offshore discret, un Hossegor de gala en plein mois d’août.

Mullaghmore en 3/2 mm : du jamais vu

Si l’Irlande est connue pour ses vagues glaciales et ses surfeurs en combinaison épaisse, la houle Erin a offert une scène inédite : surfer Mullaghmore en 3/2 mm, en plein été. Des monstres liquides ont frappé le reef, une rareté climatique et une anomalie qui restera dans les mémoires.

Nazaré, l’incontournable

Impossible d’évoquer un swell de cette ampleur sans parler de Nazaré. Des montagnes d’eau ont encore frappé la Praia do Norte. Mais, comme souvent, le géant portugais a montré son visage habituel : spectaculaire, massif, mais presque devenu « normal » pour les habitués des lieux.

Belharra, un spectacle inabouti

Beaucoup espéraient voir Belharra s’embraser. Les médias s’y sont rués, les curieux aussi. Mais la vague basque n’a pas vraiment tenu ses promesses : trop petite, trop irrégulière, trop mal orientée. Quelques surfeurs ont pu en profiter en foil, mais l’épisode restera plus comme une curiosité estivale qu’une session de légende.

Et même au Canada…

Preuve de l’ampleur de cette houle, le Canada a lui aussi profité de belles vagues. Des images impressionnantes circulent déjà, rappelant que l’Atlantique Nord est vaste et que la houle Erin a touché bien plus que l’Europe.

linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram