Le monde du big wave est en ébullition. Une vidéo de Lucas « Chumbo » Chianca, filmée sur le pic de « Big Mama » à Nazaré, vient de refaire surface et les chiffres annoncés donnent le vertige : plus de 22 mètres de face (75 pieds). Si les experts de la mesure s’écharpent déjà pour savoir si le record de Sebastian Steudtner (26,21 m) est en danger, une autre question me brûle les lèvres : est-ce qu’on parle encore vraiment de surf ?
Une montagne d’eau, mais à quel prix ?
Le 13 décembre dernier, les conditions à Praia do Norte étaient dantesques. Sur les images, on aperçoit un point minuscule dévalant une pente liquide absolument terrifiante. Propulsé en jet-ski par Ian Cosenza, Chumbo a repoussé les limites de la vitesse sur une planche. Bill Sharp, l’organisateur du Big Wave Challenge, confirme que le Brésilien a frôlé les limites après avoir passer 30 secondes sous l’eau, manquant de peu de finir broyé contre les falaises.
Le « Tow-in » : l’éternel débat
C’est ici que mon avis de puriste diverge de l’enthousiasme général. Oui, l’engagement est héroïque. Oui, la survie dans un tel chaos relève du miracle. Mais ne nous trompons pas de sport. Pour beaucoup d’entre nous, le surf, le vrai, commence là où le moteur s’arrête.
Le surf à la rame demande une lecture du spot et une puissance physique qui disparaissent dès qu’une corde entre en jeu. En tow-in, on devient un pilote de ski nautique de l’extrême. C’est spectaculaire, c’est médiatique, mais est-ce que cela doit encore être comparé aux exploits de ceux qui rament à la main pour attraper des monstres ?
Alors que les instances officielles tentent encore de définir où s’arrête exactement une vague, le débat sur l’éthique du surf, lui, ne fait que commencer. Chumbo a peut-être un nouveau record en poche, mais la rame, elle, garde son âme.
