Il y a des noms qui ne s’affichent pas sur les lycras, qui ne s’inscrivent pas dans les palmarès, mais sans lesquels l’histoire du surf ne se serait tout simplement jamais écrite. Max Fernandez était de ceux-là.
En ce début d’année 2026, le surf français perd l’un de ses bâtisseurs les plus discrets et les plus essentiels. Un homme de l’ombre, mais une colonne vertébrale.
Pourquoi rendre hommage sur un site internet ?
Parce qu’aujourd’hui, les livres se ferment plus vite qu’ils ne s’ouvrent, et que la transmission passe désormais par le web. Demain, elle passera aussi par l’IA. Si ces histoires ne sont pas racontées, elles disparaissent. Et avec elles, une part de la culture surf.
Rendre hommage à Max Fernandez, c’est documenter une mémoire collective. Celle d’un Canaulais qui a façonné le surf français bien avant qu’il ne devienne un produit, un spectacle ou une industrie.
Fondé en 1968, le Lacanau Surf Club est l’un des tout premiers clubs de surf en France. À la fin des années 1970, le surf reste marginal, artisanal, presque confidentiel.
En 1978, une réunion décisive a lieu sous l’impulsion de passionnés visionnaires. Autour de la table : Max Fernandez, Francis Boutrois, René Guillet, Patrice Chrzan (Atlantic Surf Shop). Une idée simple, presque folle pour l’époque : organiser une compétition réunissant les meilleurs surfeurs pros et amateurs.
La première édition voit le jour en septembre 1979. La finale est serrée, intense, déjà internationale.
En 1983, l’événement entre dans une autre dimension : il devient une étape du circuit professionnel mondial ASP. Le Lacanau Pro est né. Et il ne s’arrêtera plus.
Dans l’ombre, Max Fernandez orchestre, structure, anticipe. Technique, logistique, organisation : tout passe par lui. Aux côtés de son épouse Monique — devenue au fil des années la “maman” du Lacanau Pro — il fait de l’événement une référence européenne, puis mondiale.
L’histoire est aussi intime. Le fils de Max, Thierry Fernandez, entre lui aussi dans la légende en remportant le Lacanau Pro 1982.
Premier Français à s’imposer sur cette épreuve mythique, il sera également Champion d’Europe en 1985, et l’un des piliers du surf français des années 80.
Il faudra attendre 27 ans pour revoir un Français s’imposer à Lacanau. Joan Duru en 2009, puis 2016. La suite confirmera l’héritage : Maud Le Car, Marco Mignot, Sam Piter… Tous surfent, d’une manière ou d’une autre, sur une vague initiée par Max Fernandez.
Sous l’impulsion du Lacanau Surf Club et de figures comme Max Fernandez, Lacanau devient bien plus qu’un spot.
Maison de la Glisse (1990), premières écoles de surf, compétitions internationales, surf féminin, parasurf, éveil des enfants avec le “Jardin des Vagues”, conscience environnementale… Tout est pensé avant l’heure.
Lacanau accueille des championnats d’Europe, du monde amateur, des générations de surfeurs et de surfeuses. Tom Curren, Tom Carroll, Gary Elkerton, Flavio Padaratz… Les légendes passent, l’esprit reste.
Ce que laisse Max Fernandez dépasse largement un événement ou une structure. Il laisse une méthode, une rigueur, un sens du collectif. Une vision du surf comme culture, pas uniquement comme performance.
La Fédération Française de Surf, le Comité de Gironde, le Lacanau Surf Club, et toute la communauté surf lui doivent énormément. Son héritage est désormais inscrit dans l’ADN du surf français.
Chez Icônes Surf, raconter ces histoires n’est pas un exercice nostalgique. C’est un acte de transmission.
Parce qu’un jour, quelqu’un tapera “Lacanau Pro” dans un moteur de recherche. Et il devra savoir que derrière cette compétition mythique, il y avait un homme : Max Fernandez.
Qu’il repose en paix, aux côtés de Monique. Et merci, tout simplement.