L’image d’un surfeur casqué a longtemps été réservé aux surfeurs de grosses vagues ou de vagues dangereuses comme Pipeline. Mais cette époque pourrait être en train de changer. Aux États-Unis, un groupe de surfeurs-entrepreneurs de Santa Cruz vient de créer la surprise dans la version américaine de Qui veut être mon associé (Shark Tank). Leur startup, Surf Skull, a décroché un financement de 50 000 dollars contre 20 % des parts, grâce à une idée simple mais révolutionnaire : un casque de surf caché dans un bucket hat, à la fois discret, confortable et stylé.
PS: j'ai déjà vu ce type de protection chez une autre marque, il me semble.
Tout part d’une mauvaise chute. Lors d’un trip en Baja California, Davon Larson, surfeur passionné et designer produit chez Google, se blesse grièvement à la tête. Loin de toute structure médicale, il réalise que beaucoup de surfeurs ne portent pas de casque… non pas par manque de conscience du danger, mais parce qu’ils refusent l’image peu flatteuse associée à cet équipement.
De retour en Californie, Larson rassemble quelques collègues surfeurs travaillant eux aussi chez Google. Leur mission : imaginer une protection crânienne qui ne ressemble pas à un casque. Après plusieurs prototypes, Surf Skull est né.
C’est ainsi que Paul Huang, responsable finance et opérations de Surf Skull, résume le problème.
Leur bucket hat intègre une mousse spécialement conçue pour rester souple pendant la session… tout en durcissant instantanément à l’impact, absorbant les chocs et réduisant considérablement les risques de traumatisme. ( ce qui est une réelle innovation pour le coup)
Une technologie utilisée dans d’autres sports, mais jamais intégrée de manière aussi discrète dans un accessoire de surf.
Sur le plateau de l’émission, les surfeurs de Santa Cruz présentent leur produit, leurs chiffres et leur vision : démocratiser la protection en surf, au-delà des seuls chargeurs de vagues massives.
Leur startup affiche déjà 100 000 dollars de ventes en deux ans. Les coûts de production actuels oscillent entre 10 et 12 dollars, pour un prix de vente de 75 dollars.
La version 2.0, en cours de fabrication, coûtera 12 à 15 dollars et devrait être commercialisée 100 dollars.
Séduits, plusieurs investisseurs font une offre.
L’équipe choisit finalement Daniel Lubetzky, fondateur de KIND Snacks, déjà impliqué dans des projets liés aux sports aquatiques comme TANDM Surf. Lubetzky promet une implication active dans le développement de la marque.
« Nous sommes super enthousiastes de travailler avec un entrepreneur incroyable », déclare Huang après la signature du deal.
Avec les line-ups toujours plus bondés, les planches plus rapides et le nombre d’accidents graves en hausse, la question de la sécurité s’impose de plus en plus dans le surf. Jusqu'ici, le casque restait un tabou esthétique : utile, mais “pas cool”. Surf Skull pourrait changer la donne.
Leur bucket hat blindé offre une alternative réaliste pour les surfeurs du quotidien, ceux qui naviguent entre beachbreaks, reefbreaks intermédiaires et sessions entre amis. S’il parvient à rendre le casque “invisible” et socialement accepté, le marché pourrait basculer. Il faut dire que le changement est encours après de nombreux accidents aux quatre coins de la planète. Je vois de plus en plus de compétiteurs, mais encore plus de jeunes surfeurs s'équiper de casque même si nos vagues françaises.
L’avenir dira si Surf Skull deviendra un standard, mais une chose est sûre : l’innovation arrive au bon moment.