On pensait avoir tout vu. Entre les JO, les piscines à vagues et le luxe qui s'invite sur les spots, le surf moderne ressemble de plus en plus à un catalogue de mode. Mais là, Mattel vient de poser le "nose" sur la planche de la pop culture : Stéphanie Gilmore, l’octuple championne du monde, a désormais son double en plastique.
À 38 ans, alors qu’elle s'apprête à revenir sur le Tour après deux ans de pause, "Queen Steph" rejoint Serena Williams et une astronaute dans la collection des modèles inspirants de la marque. C’est beau, c’est rose, et c’est surtout très... lisse.
Pour les vieux de la vieille, ceux qui ont été nourris au néoprène râpé et au punk rock dans des vans rouillés, la pilule est un peu dure à avaler. Voir l'une des surfeuses les plus stylées de l'histoire finir coincée entre une brosse à cheveux miniature et un sac à main fuchsia, ça fait un choc thermique. On est loin de l'époque où le surf était une contre-culture. Aujourd'hui, le "lifestyle" se vend en boîte de 30 cm.
Ce n'est pas la première fois que Mattel s'attaque au line-up. Teresa Bonvalot et Maya Gabeira avaient déjà eu droit à leur moulage. Mais voir Steph, l'icône de la glisse pure, devenir un "jouet" pose une question : le surf doit-il vraiment être partout ?
L'argument de Mattel est rodé : inspirer les petites filles. C'est louable. Mais on ne peut s'empêcher d'imaginer la scène : une gamine qui tente d'expliquer ce qu'est un "cutback" à une poupée qui ne peut même pas plier les genoux.
Finalement, il ne manque plus qu’une chose pour que le tableau soit complet. Après avoir tout gagné, Kelly Slater attend sans doute son heure. Entre une médaille olympique et une figurine "Ken-Slayer" avec crâne rasé et planche en mousse, on sait déjà ce qui ferait le plus jaser sur le parking de Huntington.
Le surf n'est plus un sport de rebelles, c'est un produit de consommation courante. Reste à savoir si la wax colle sur le plastique.