La Bretagne a ce truc en plus. Loin du surf business clinquant, c’est une terre de puristes, façonnée par les éléments. Cet hiver, l’Atlantique n’a laissé aucun répit : dépressions massives, pluie continue et tempêtes en série. Pourtant, sur cette côte ultra-découpée, le jeu consiste à traquer l’impossible. Peu importe la direction du vent, il y a toujours un pli de falaise pour s’abriter et dénicher un spot offshore bien propre.
C’est ce quotidien brut que retrace SEAFOAM, le tout dernier édit qui capture l’essence d’une saison dantesque. Au cœur du bouillon, Gaspard Larsonneur rappelle pourquoi il est l’un des surfeurs les plus stylés et respectés de l’Hexagone. Même dans le jus et le froid grisant, ses trajectoires restent fluides, engagées et d’une justesse rare.
L’homme de l’ombre derrière l’objectif
Mais une production de cette intensité ne se fait pas seule. On glorifie souvent ceux qui glissent, mais qu’en est-il de celui qui subit les bourrasques en gelant sur le rivage ? Le caméraman Robin Aussenac est la véritable cheville ouvrière de ce projet. (déformation professionnelle de mon ancienne carrière professionnelle)
Trépied ancré dans la roche glissante, les doigts engourdis par le vent glacial, il a su capter la lumière rare et l’ambiance mystique de cet hiver armoricain. Sans sa persévérance à tenir le boîtier sous les grains, cette immersion n’existerait pas.
Le salut sous le soleil marocain
Après des mois de résistance thermique et de pénombre, le besoin de rupture est devenu vital pour l’équipe. La seconde moitié de SEAFOAM opère un virage radical vers le Maroc.
Changement d’ambiance immédiat : place aux sessions sans cagoule, à la lumière dorée et aux longues droites parfaites des pointbreaks d’Afrique du Nord. Ce contraste thermique et visuel fait office de récompense ultime après une saison particulièrement éprouvante. Un édit sincère, qui transpire la passion du surf à l’état pur.
Le rideau est tombé sur le Morocco Mall Junior Pro Casablanca dans des conditions de surf optimales. Sur le spot d’Ain Diab, des vagues de 1,50 m et un vent offshore soutenu ont permis aux meilleurs espoirs européens et africains de s’exprimer. Si l’Espagnole Sol Borelli a décroché son premier titre et que le Britannique Lukas Skinner a marqué les esprits avec un 10 parfait en finale, les performances françaises méritent une analyse nuancée, loin des conclusions hâtives.
Résultats des finales :
Femmes : 1. Sol Borelli (ESP), 2. Carla Morera De La Vall (ESP), 3. Ibone Gomez (ESP), 4. Lily Hirigoyen (FRA).
Hommes : 1. Lukas Skinner (GBR), 2. Joshua Karbus (IRL), 3. Hans Odriozola (DEU), 4. Alai Rodriguez Albeniz (FRA).
Des finalistes tricolores prometteurs
Contrairement aux idées reçues, le drapeau français était bien représenté lors de l’ultime journée. Chez les hommes, le jeune Alai Rodriguez Albeniz s’est hissé jusqu’en finale, terminant à une encourageante quatrième place. Chez les femmes, Lily Hirigoyen, seulement 16 ans, a imité son compatriote en décrochant également la quatrième place d’une finale très disputée.
Ces résultats, bien que dépourvus de victoire, témoignent de la vitalité d’une nouvelle garde qui commence à peine son apprentissage sur le circuit. Parler de déclin serait prématuré ; il s’agit plutôt d’un renouvellement des cadres dans un contexte européen de plus en plus concurrentiel.
Une hiérarchie européenne bousculée
Il est indéniable que l’époque où les surfeurs français survolaient systématiquement les podiums Pro Junior semble s’estomper. La montée en puissance de nations comme la Grande-Bretagne, l’Irlande ou l’Espagne redistribue les cartes. Ce constat s’était déjà dessiné lors de la dernière saison WQS européenne, où le premier Français ne pointait qu’à la 7ème place du classement général.
Toutefois, ce manque de domination immédiate chez les garçons doit être relativisé. Le surf français traverse un cycle de transition où les nouveaux visages doivent encore gagner en maturité physique et stratégique pour s’imposer face à des profils comme Skinner.
L’arbre qui cache la forêt
L’analyse serait incomplète sans mentionner les talents précoces qui brûlent les étapes. Si le circuit Junior paraît moins « bleu » qu’auparavant, c’est aussi parce que les meilleures pépites tricolores évoluent déjà à l’échelon supérieur. Tya Zebrowski, à seulement 15 ans, fait déjà partie du tour mondial et surclasserait sans difficulté le circuit junior si elle y participait. Le potentiel de la Tahitienne Kiara Goold suit une trajectoire similaire, confirmant que le réservoir de talent est loin d’être à sec.
En conclusion, le bilan de Casablanca n’appelle pas à l’inquiétude mais à la lucidité. Entre une élite féminine déjà projetée vers les sommets mondiaux et une nouvelle génération masculine en plein rodage, le surf français apprend à composer avec une concurrence accrue. Laissons à ces jeunes le temps de faire leurs preuves.
C’est un vendredi noir pour nos tricolores hommes sur la plage d’Anza. Alors que le Pro Taghazout Bay 2026, l’épreuve la plus importante de la saison (QS 4,000), devait servir de tremplin vers les Challenger Series, elle s’est transformée en véritable cimetière pour les ambitions françaises. Dans des conditions onshore piégeuses de 80 cm à 1 mètre, le Round of 32 masculin a vu tomber les têtes de série les unes après les autres.
L’hécatombe des cadres tricolores
Le constat est glacial : alors que les points distribués ici sont cruciaux pour l’accession à l’élite mondiale, tout le contingent français présent dans le Top 10 européen a été balayé. Tiago Carrique, actuel numéro 2 continental, a subi un coup d’arrêt brutal, éliminé par le Portugais Frederico Morais et le basque Keoni Lasa.
Il n’est malheureusement pas le seul. Nicolas Paulet, Noa Dupouy et Andy Criere quittent également la compétition prématurément. Sur les dix premiers du classement général avant cette étape, seuls deux rescapés pointent encore le bout de leur nez en 8èmes de finale : Guilherme Ribeiro et l’Espagnol Sean Gunning. Pour le reste de la délégation bleue, il va falloir sortir les calculatrices, et le résultat risque de piquer. La qualification pour les Challenger Series ne tient désormais plus qu’à un fil et dépendra des faux pas de leurs concurrents directs.
Sean Gunning et Frederico Morais font le show
Si les Français ont souffert, d’autres ont trouvé la clé du spot d’Anza. Sean Gunning a électrisé la foule en sortant un énorme « grab-rail air » noté 8.00 pour s’extirper d’une situation critique. De son côté, l’ancien pensionnaire du CT, Frederico Morais, a fait parler la puissance avec un enchaînement de trois turns massifs récompensés par un 8.33.
Alys Barton survole les débats chez les femmes
Chez les dames, la sensation du jour s’appelle Alys Barton. La Galloise a donné une véritable leçon de surf backside. Sur une vague qui semblait anodine au départ, elle a déclenché trois rollers critiques dans la « pocket » pour décrocher un 9.33, soit la meilleure note de toute la compétition jusqu’à présent.
Côté Françaises, tout n’est pas noir : Nahia Milhau, Maëlys Jouault et Naïa Monte sauvent l’honneur et se qualifient pour les quarts de finale, rejoignant les redoutables Basques Janire Gonzalez Etxabarri et Ariane Ochoa.
Le prochain call est fixé à samedi, 7h30 locales. Les phases finales s’annoncent sous haute tension.
Après trois jours de « lay days » à scruter l’horizon, l’attente est terminée. Les conditions sur le spot d’Anza se sont enfin réveillées ce vendredi 27 mars, permettant à la direction de course du QS 4,000 Pro Taghazout Bay de lancer les hostilités dès 8h15.
L’enjeu est colossal : les surfeurs européens et africains chassent les derniers points précieux pour la qualification aux Challenger Series. Dans l’eau, le spectacle s’annonce bouillant avec une forte délégation française prête à en découdre. Noa Dupouy ouvre le bal dès le premier heat, tandis que Justin Becret devra batailler dans une série relevée face au leader du classement, le Portugais Guilherme Ribeiro. Chez les femmes, les regards seront tournés vers Lilou Rumiel et Nahia Milhau.
Le surf est un sport de pleine nature, fondamentalement tributaire de la météo. On peut caler une fenêtre d’attente ou « waiting period » sur la meilleure saison possible, compiler toutes les statistiques de houle, à la fin, c’est toujours Mère Nature qui a le dernier mot. Et pour cette édition 2026 du Taghazout Pro, elle a visiblement décidé de s’acharner avec une série noire qui relève de la pure loi de Murphy. (promis je vous écris un article sur la loi de murphy)
Une loi des séries désastreuse pour le surf au Maroc
Le cauchemar a commencé par un cruel manque de vagues, couplé à des prévisions météorologiques particulièrement pessimistes pour la suite de la waiting period.
Le flat et l’invasion des Blue Bottle
Comme si un océan désespérément plat ne suffisait pas, les redoutables méduses Blue Bottle (les tristement célèbres physalies) se sont invitées en masse au line-up. Résultat : les rares sessions de free surf sont devenues particulièrement risquées et douloureuses pour les athlètes.
Mais le coup de grâce a été porté par le ciel. Une tempête aux allures de mini-tornade a balayé la côte, détruisant en partie les infrastructures du site de compétition à Anza. Les images qui tournent sont apocalyptiques : on y voit notamment une tour de l’organisation s’effondrer de tout son poids sur une voiture. Un conseil pour la prochaine fois : blindez votre assurance auto avant de vous garer près d’un contest ! Avec de tels dégâts matériels, il est évident que le matériel de live vidéo, particulièrement sensible aux éléments, a dû sérieusement trinquer.
La WSL sous silence : l’épreuve peut-elle aller à son terme ?
Conséquence directe de ce chaos : nous entamons le troisième jour off consécutif. Plus inquiétant encore, l’organisation est plongée dans un mutisme absolu. Aucun communiqué de presse n’a filtré depuis 48 heures.
Alors, le Taghazout Pro 2026 va-t-il être purement et simplement annulé ? Difficile à dire sans communication officielle. Cependant, connaissant la machine WSL et la détermination légendaire des organisateurs marocains, on se doute qu’ils vont remuer ciel et terre pour réparer les dégâts et aller au bout de cette compétition. Affaire à suivre.
Le QS 4 000 marocain, rendez-vous le plus crucial de la saison européenne, a tenu toutes ses promesses pour son deuxième jour de compétition. Faute de houle suffisante sur les pointes de Taghazout, c’est le spot de repli d’Anza qui a offert des conditions « fun » et nerveuses de 80 cm à 1 mètre. Si le spectacle était au rendez-vous, le clan français a vécu une journée en dents de scie, marquée par des éclats de génie mais aussi par des éliminations qui font mal au classement.
Douche froide pour le Top 10 européen
C’est la sensation (amère) de ce Round of 64. Alors que les points sont plus que jamais précieux pour la qualification aux Challenger Series, quatre piliers du surf français ont mordu la poussière prématurément. Sam Piter, Renan Grainville, Tristan Guilbaud et Thomas Debierre (absent), tous membres du Top 10 WQS européen, quittent le Maroc avec un bilan comptable décevant. Sur un événement doté de 4 000 points, ces sorties de route pourraient peser lourd lors du décompte final.
Charly Quivront et les Bleus qui résistent
Heureusement, tout n’est pas noir dans le ciel d’Agadir. Charly Quivront a dynamité son heat en signant un 8,03 grâce à un air reverse parfaitement replaqué, s’imposant devant Ido Hagag. Justin Becret, Noa Dupouy et Nicolas Paulet ont également composté leur ticket pour la suite, tout comme Tiago Carrique. Actuel deuxième du classement européen, Carrique assure l’essentiel et garde le cap vers l’élite.
Le show Beyrick de Vries et la domination féminine
Le « move » de la journée est à mettre au crédit du Néerlandais Beyrick de Vries, impérial avec un total de 16,47 points, le plus élevé du jour. Côté femmes, la jeune garde britannique a brillé avec Alys Barton (8,33), tandis que la locale Lilias Tebbai sauve l’honneur marocain en se qualifiant pour le tour suivant.
La compétition est loin d’être terminée et le prochain call est fixé à mercredi après une journée off. Avec des têtes de série qui tombent et un niveau qui s’envole, ce Pro Taghazout 2026 s’annonce plus indécis que jamais.
Résultats de l’édition 2025 : Joan Duru impérial, Armide Soliveres et Lilia Tebbai impressionnent
La compétition qui s’est tenue le samedi 6 décembre 2025 a offert un spectacle rare à Safi. Malgré des séries parfois longues à se mettre en place et un manque de tubes pour un spot pourtant réputé pour sa perfection tubulaire, l’ambiance est restée électrique. Car surfer Le Jardin (ancien nom du spot) à quatre dans l’eau, même dans un format plus “open”, reste un privilège absolu.
Le moment le plus marquant de la journée ? Les finales disputées de nuit, sous un éclairage monumental qui a transformé Ras Lafâa en arène futuriste. Une image qui restera probablement parmi les moments forts de l’histoire récente du surf marocain.
Résultats officiels 2025 :
Surf Open 2025
🥇 Joan Duru (15.7 pts) – Un surf précis, engagé, dominant. 🥈 Adur Amatriain (9.65 pts) 🥉 Charly Quivront (8.45 pts) 4. Marc Lacomare – 7.15 pts
Bodyboard Open 2025
🥇 Armide Soliveres (14.4 pts) – Puissance et contrôle dans les sections critiques. 🥈 Badr E. Chaljri (13.35 pts) 🥉 Maxime Castillo (10.35 pts) 4. Achraf El Ghazi – 9.4 pts
Surf Filles 2025
🥇 Lilia Tebbai (11.8 pts) – La jeune Marocaine marque les esprits avec une solide prestation. 🥈 Maud Le Car (10.15 pts) 🥉 Lee-Ann Curren (4.8 pts) 4. Jade Magnien – 3.6 pts 5. Agouri Ines – 2.45 pts
Ces résultats confirment la diversité du plateau et la montée en puissance des athlètes marocains, particulièrement en surf féminin et en bodyboard.
Lancement de la compétition ce samedi 6 Décembre 2025
La compétition sur la célèbre droite de Safi au Maroc a été lancé ce samedi 06 décembre 2025. Suivez la compétition en direct sur Icônes Surf avec une session possible en nocturne. On a des belles conditions avec de nombreux surfeurs français en course pour la victoire…. Les finales auront lieu de nuit avec un check-in à 18H. Pas de décalage horaire en hiver avec le Maroc.
Le Jardin en alerte : Safi se prépare
Chaque hiver, quand la houle s’excite sur Windguru en Europe, un frisson parcourt la communauté surf mondiale, ou plutôt un œil indiscret sur les prévisions marocaines. Safi, “Le Jardin”, l’une des meilleures droites de la planète, se réveille. Une vague aussi parfaite que brutale, tube après tube, section après section, où les erreurs ne pardonnent jamais. Les accidents de Billy Kemper ou d’Édouard Delpero l’ont rappelé : s’engager ici n’a rien d’une promenade.
C’est pourtant sur ce terrain mythique que s’ouvrira, entre cet hiver, la deuxième édition du Safi Surf Invitational, événement hors du commun, sur invitation uniquement. Et cette année, on vient officiellement de passer en alerte jaune en ce début de « waiting period ».
Une compétition rare, exigeante et… précieuse
Être invité à cette compétition est un luxe que personne ne refuse. Seulement 4 athlètes à l’eau par série, une vague d’exception, une journée entière de surf entre le lever et le coucher du soleil… et même des séries nocturnes, éclairées par un dispositif unique posé sur les rochers de Ras Lafâa. Une atmosphère irréelle où les tubes prennent une dimension presque cinématographique.
L’événement est organisé par l’Association Bahri, avec la Fédération Royale Marocaine de Surf et en partenariat avec l’OCP. Ce trio porte une ambition claire : faire rayonner Safi, son patrimoine et son surf, bien au-delà des frontières marocaines.
Le cadre : Ras Lafâa, 9e meilleure vague du monde
Safi n’est pas une vague comme les autres. La longue droite de Ras Lafâa déroule avec une précision chirurgicale. Parfois ronde, parfois carrée, toujours rapide. Une vague qui récompense les techniciens du tube, met les chargeurs à l’épreuve et ne pardonne à personne.
Ce spot d’une beauté rare attire autant les surfeurs que les bodyboardeurs, et c’est ce qui fait la particularité du Safi Invitational : un événement commun aux deux disciplines, chacun trouvant sa place dans le tube majestueux de la pointe.
Un format unique : jour, nuit et intensité maximale
L’édition 2023 avait surpris tout le monde avec son format :
Call à 7h du matin,
Surf non-stop en fonction des marées,
Pause obligatoire (Ramadan, marée, lumière),
Reprise nocturne, s’il le faut.
La formule sera reconduite en 2025/2026, avec un setup lumineux encore amélioré. Ceux qui ont déjà vu des sessions de nuit à Safi – notamment celle d’Aritz Aranburu – savent à quel point le décor est magique.
L’esprit ne change pas : tout se joue en une seule journée, une immersion totale où chaque vague compte.
60 invités, 16 nationalités, et une dimension sociale forte
Si la liste complète des invités n’est pas encore connue – elle dépendra des disponibilités en fonction des swells – on sait déjà que :
60 athlètes seront sélectionnés,
16 nationalités seront représentées,
Les meilleurs Marocains auront une exposition rare face à des têtes d’affiche mondiales.
Lors de la première édition, Marc Lacomare, Justine Dupont, Lee-Ann Curren, Maxime Castillo ou Pierre-Louis Costes avaient répondu présents. Le niveau était stratosphérique, les locaux galvanisés, et les podiums avaient offert un bel équilibre entre talents marocains et internationaux.
Ce mélange, c’est précisément ce que défend l’Association Bahri : – élever les surfeurs locaux, – créer un événement fédérateur, – mettre Safi au centre d’un surf responsable, solidaire et festif.
Un village de surf et un programme qui va au-delà du sport
Le Safi Surf Invitational n’est pas qu’une compétition. C’est une célébration. Un village de surf animé accueillera :
artisans locaux,
expositions de produits de Safi,
ateliers créatifs,
street art,
concerts,
visites guidées.
L’objectif est clair : mettre en lumière le patrimoine de Safi, du surf aux traditions artisanales.
Et la dimension sociale n’est pas en reste :
nettoyage de plage,
cours de surf gratuits pour les enfants des orphelinats,
actions éducatives sur l’environnement.
Ici, le surf est un prétexte pour transmettre, partager, inspirer.
Une histoire de persévérance
Ce qui rend cet événement encore plus beau, c’est qu’il a mis près de 10 ans à voir le jour. Les routes, les autorisations, les infrastructures : rien n’était prêt en 2014. Il a fallu la ténacité de Saad Abid et de l’équipe Bahri pour qu’un rêve devienne réalité.
Et désormais, la machine est lancée. Le Safi Invitational pourrait devenir l’un des événements majeurs du calendrier surf international, une sorte de “Pipeline marocain” dont la renommée ne cessera de grandir.
Ce qui nous attend pour 2025/2026
Avec la waiting period active et les signaux au vert, il ne manque plus qu’un swell solide venu de l’Atlantique pour donner rendez-vous aux invités. Inutile de dire que le monde du surf commence à surveiller les charts…
Une chose est sûre : quand Safi s’allume, personne ne veut manquer ça.
Quand Asher Pacey et Victor Bernardo se retrouvent sur une longue droite marocaine, c’est une véritable démonstration de contraste et d’harmonie. Deux approches opposées, mais un même amour de la ligne parfaite.
Asher Pacey : la douceur et la glisse sans effort
Asher Pacey incarne un surf tout en contrôle. Léger, fluide, presque méditatif, il transforme chaque vague en sculpture mouvante. Son style reposant et minimaliste, amplifié par ses twins oversize, donne l’impression qu’il flotte plus qu’il ne surfe. Chaque manoeuvre paraît évidente, simple, naturelle.
Victor Bernardo : la précision électrique du quad
À l’opposé, Victor Bernardo apporte un surf chargé d’énergie. Accélérations soudaines, changements de rythme, prises de rails appuyées : il injecte une dose de vivacité dans chaque section. Son quad nerveux lui permet de garder de la vitesse même dans les passages les plus plats, soulignant une lecture de vague affûtée.
Deux univers qui dialoguent sur une même vague
Dans la vidéo d’Album Surfboards, les deux surfeurs dévoilent toute la richesse du point break marocain. Ce n’est pas le Maroc le plus massif de la saison, mais un Maroc élégant, rythmé, sublimé par un montage léché d’Ayoub Abouizza. Les couleurs chaudes, la lumière rasante et la longueur des rides rendent chaque séquence addictive.
Les twins et les quads apparaissent ici comme un véritable cheat code : vitesse illimitée, transitions fluides et angles variés. Une démonstration de la polyvalence des planches alternatives, parfaitement adaptées aux longues droites locales.
Le Maroc, terrain de jeu des stylistes
Après cette vidéo, impossible de ne pas penser à l’histoire surf du pays : Anchor Point, les secrets bien gardés de Safi, et ces kilomètres de lignes qui permettent d’exprimer un style unique. Asher et Victor rappellent qu’au-delà de la performance pure, le surf reste un art — un langage personnel qui se révèle pleinement sur ces vagues interminables.
Le rideau est tombé sur la saison européenne junior 2025. Dans un décor marocain baigné de soleil et de houle, le Junior Pro Taghazout Bay a livré son verdict final : Hans Odriozola (Espagne) et Maria Salgado (Portugal) s’imposent au terme d’une semaine intense à Anza. Une dernière étape décisive pour le classement européen, qui sacre Maria Salgado et Alfonso Suarez champions d’Europe juniors, tout en désignant les surfeurs qualifiés pour les World Junior Championships 2026 aux Philippines.
Hans Odriozola, première victoire et coup d’éclat à Anza
À seulement 17 ans, Hans Odriozola a décroché au Maroc le premier titre de sa jeune carrière sur le circuit Junior Qualifying Series (JQS). Parti sans pression — classé sixième avant la compétition — le surfeur basque espagnol a brillé par son surf fluide et engagé, jusqu’à créer la surprise lors d’une finale à suspense.
Opposé à Michele Scoppa (Italie), Conor Donegan Dos Santos (Espagne) et João Mendonça (Portugal), Odriozola a attendu la dernière minute pour scorer une vague notée 7,47, la meilleure du heat, et s’imposer avec un total de 12,80 points. Une victoire pleine d’émotion pour le jeune talent de Saint-Sébastien :
“Je n’avais rien à perdre, alors j’ai surfé librement. Gagner ici, c’est incroyable, surtout après une saison difficile. Le plus dur a été d’affronter mon frère Kai, c’était un moment particulier.”
Scoppa, leader jusque dans les dernières secondes, doit se contenter de la deuxième place, devant Donegan Dos Santos et Mendonça.
Maria Salgado, reine d’Europe avec une troisième victoire
Chez les filles, Maria Salgado (Portugal) a confirmé son statut de favorite. Déjà victorieuse à Ferrol (Espagne) et Bundoran (Irlande), la Portugaise a ajouté un troisième succès cette saison à Anza, synonyme de titre européen junior 2025.
Longtemps en duel avec l’Espagnole Carla Morera De La Vall, leader avant l’étape marocaine, Salgado a profité de l’élimination de sa rivale en demi-finales pour prendre l’ascendant. En finale, elle s’est imposée grâce à une vague notée 8,00, dominante face à Sol Borelli (Espagne), Clémence Schorsch (France) et Lilou Rumiel (France).
“Je n’ai pas de mots, c’est le plus beau jour de ma vie. Gagner au Maroc et décrocher le titre européen, c’est un rêve. Le niveau des filles ne cesse d’augmenter, je veux continuer à progresser et représenter l’Europe du mieux possible.”
Salgado boucle une saison exceptionnelle, avec régularité, engagement et une maturité impressionnante pour son âge.
Les qualifiés pour les Championnats du Monde Juniors 2026
Avec ces résultats, les représentants européens pour les World Junior Championships 2026 aux Philippines (janvier 2026) sont désormais connus.
Côté féminin : 🇵🇹 Maria Salgado (championne d’Europe) et 🇪🇸 Carla Morera De La Vall (vice-championne)
Côté masculin : 🇪🇸 Alfonso Suarez (champion d’Europe) et 🇪🇸 Conor Donegan Dos Santos (vice-champion)
L’Espagne confirme sa domination sur le circuit junior cette année, avec trois des quatre qualifiés issus de la péninsule ibérique. Suarez, sacré malgré une élimination précoce à Anza, a vu ses rêves se concrétiser dans l’attente fébrile du résultat final :
“C’était une saison longue et pleine d’émotions. Être le premier champion junior européen d’Asturies, c’est une fierté énorme. Maintenant, direction les Philippines !”
Un final de saison réussi pour le surf européen
Entre jeunes espoirs espagnols, portugais et français, le Junior Pro Taghazout Bay a offert un spectacle à la hauteur des attentes, dans des conditions solides et régulières sur le spot d’Anza. L’étape marocaine confirme son statut de rendez-vous incontournable du calendrier européen, mêlant surf de haut niveau et ambiance locale unique.
Les champions européens 2025 sont désormais connus, et l’avenir du surf européen semble plus prometteur que jamais. Prochaine étape : les Philippines, pour tenter d’aller chercher un titre mondial junior face à l’élite des surfeurs internationaux.
Le suspense monte d’un cran à Anza. Pour cette troisième journée du Junior Pro Taghazout Bay 2025, les séries se sont enchaînées dans des vagues d’un bon mètre, propres et puissantes sous un léger vent offshore. Les meilleurs juniors européens ont livré un véritable récital, histoire de se placer idéalement avant le Finals Day prévu demain.
Conor Donegan Dos Santos en feu 🔥
Dès les premières minutes du Round of 32, Conor Donegan Dos Santos (ESP) a mis tout le monde d’accord avec un 9.33 quasi parfait, la meilleure vague du contest jusqu’ici. En combinant avec un solide 6.70, il signe un total de 16.03, le plus haut score du jour. Classé quatrième au classement européen, il pourrait bien bouleverser la hiérarchie s’il garde ce rythme.
Derrière lui, le Basque Oxel Oregi Cortes (EUK) a confirmé sa forme éclatante avec un 15.17, tandis que le Français Coucoulis Lapierre Esteban crée la surprise en éliminant le leader du ranking Alfonso Suarez. Coup dur aussi pour le numéro 2 Dylan Donegan Dos Santos, sorti par un duo espagnol redoutable : Hans Odriozola et Mateo Vazquez.
Ces éliminations relancent totalement la course au titre européen et aux billets pour les World Junior Championships.
Carla Morera montre qui est la patronne 👑
Chez les filles, la numéro 1 Carla Morera De La Vall (ESP) a dû batailler pour trouver son rythme, avant de s’imposer avec une dernière vague à 8.33, synonyme de victoire autoritaire.
La Française Sarah Leiceaga continue sur sa lancée avec un 8.27 dans sa série, tout comme Clémence Schorsch, Naïa Monte et Maria Salgado, toujours en lice pour le titre régional. Mention spéciale à Sol Borelli (ESP), meilleure performance féminine du jour (13.67).
En revanche, déception pour les Marocaines Maria Elouedrhiri et Ranya Squalli, sorties malgré le soutien du public local.
Demain, place aux quarts et aux finales, dans ce qui s’annonce comme une journée décisive pour couronner les champions juniors d’Europe.
Résultats – Hommes (Round of 32)
Heat
Résultat
1
Conor Donegan Dos Santos (ESP) 16.03 DEF. Louis Escudeiro (BEL) 10.80, Rivan Rosskopf (CHE) 10.23, Malakai Hagley (GBR) 5.00
2
Oxel Oregi Cortes (EUK) 15.17 DEF. João Mendonça (POR) 12.83, Inigo Madina (FRA) 9.14, Gabriel Abiven (FRA) 7.80
3
Coucoulis Lapierre Esteban (FRA) 12.76 DEF. Miguel Lages (POR) 10.86, Alfonso Suarez (ESP) 10.27, Teo Basterra (EUK) 9.20
4
Salvador Vala (POR) 11.33 DEF. Eder Fuentes (EUK) 10.54, Fernando Ibarra (ESP) 10.30, Tiago Guerra (POR) 7.90
5
Hans Odriozola (ESP) 14.27 DEF. Mateo Vazquez (ESP) 8.63, Dylan Donegan Dos Santos (ESP) 8.47, Pietro Garroux (ITA) 4.37
6
Michele Scoppa (ITA) 11.67 DEF. Uri Uziel (ARG) 8.70, Alvaro De La Fuente (ESP) 8.54, Zé Champalimaud (POR) 6.40
7
Tiago Stock (POR) 11.93 DEF. João Roque Pinho (POR) 10.50, Xan Atchoarena Masterson (EUK) 10.47, Hugo Flori (FRA) 9.60
8
TBD : Antoine Habashi (CHE) vs. Oinatz Ortega (EUK) vs. António Lucas (POR) vs. Kai Odriozola (ESP)
Résultats – Femm
es (Round of 32)
Heat
Résultat
1
Carla Morera De La Vall (ESP) 12.00 DEF. Laine Fernandez Goenaga (EUK) 10.57, Kaja Millward (GBR) 3.86, Maria Elouedrhiri (MAR) 2.37
2
Sarah Leiceaga (FRA) 13.27 DEF. Sara Romeo Astiazaran (EUK) 7.07, Cristina De Llano Ozores (ESP) 6.60, Ranya Squalli (MAR) 5.60
3
Sol Borelli (ESP) 13.67 DEF. Teresa Pereira (POR) 7.47, Clara Hirigoyen (FRA) 6.64, Maria Dias (POR) 4.36
C’est au Maroc, que se joue la dernière manche du circuit européen Pro Junior 2025. À partir de demain, les meilleurs surfeurs et surfeuses de moins de 20 ans se retrouveront sur le spot d’Anza (faute de houle suffisante pour surfer la Pointe Des Ancres) pour clore une saison qui, pour une fois, aura vraiment eu de la gueule.
Un final décisif au Maroc
Le Junior Pro Taghazout Bay marque la quatrième et dernière étape du circuit WSL Europe Junior 2025. Après la France, l’Espagne et l’Irlande, la caravane junior pose ses planches sur les côtes marocaines pour une semaine qui s’annonce aussi ensoleillée que stratégique.
Certes, le suspense pour le titre européen est déjà retombé : aucun surfeur ou surfeuse français ne peut mathématiquement coiffer la couronne avant même le premier heat. Mais l’enjeu reste de taille. Cette dernière compétition déterminera qui se qualifiera pour les WSL World Junior Championships, l’équivalent d’un ticket pour le surf mondial de demain.
En tête du classement, on retrouve l’Espagnol Alfonso Suarez, impressionnant de régularité cette saison avec une victoire à Ferrol et un podium à Razo. Chez les filles, sa compatriote Carla Morera De La Vall mène la danse après deux victoires éclatantes (Razo et Capbreton), mais la Portugaise Maria Salgado n’a pas dit son dernier mot.
Anza, un spot taillé pour les jeunes talents
Si le choix du Maroc peut surprendre pour une finale européenne, il prend tout son sens. Le spot d’Anza, situé juste avant Taghazout, offre une vague assez proche de Trestles, parfaite pour les juniors. Beaucoup plus consistante que la célèbre Pointe des Ancres, la vague d’Anza déroule régulièrement et autorise de nombreux enchaînements — un terrain de jeu idéal pour juger du style et de la créativité des surfeurs.
Et pour les jours de grâce, si la houle venait à grossir, la Pointe des Ancres reste là, prête à délivrer ses longues droites tubulaires. Un combo rare sur le circuit junior, souvent habitué à des plages ventées et inconsistantes. Cette étape montre une vraie volonté de la WSL Europe d’emmener les jeunes vers des vagues dignes de ce nom, et pas seulement vers les beachbreaks moyens du Vieux Continent.
Comme le souligne un coach présent sur place :
“C’est ce genre d’expérience qui forge un vrai surfeur professionnel. Surfer au Maroc, c’est apprendre la patience, la lecture de vague, et le respect d’une culture du surf différente.”
Une belle saison pour le surf junior européen
Ce final marocain vient clôturer une saison 2025 bien plus homogène et inspirante que les précédentes. Des étapes comme Capbreton, Razo ou l’Irlande ont offert une vraie diversité de conditions, loin du format aseptisé que l’on reprochait parfois au circuit junior. On a vu des jeunes européens capables de performer dans le froid du nord comme dans la chaleur du sud, preuve que le niveau s’élève et que l’Europe sait produire des surfeurs complets.
La présence de Kai Odriozola, déjà habitué du Challenger Series, ajoute un peu de piment à cette finale. Le Basque, quart-de-finaliste du QS 3000 de Taghazout plus tôt dans l’année, fera figure de favori logique. Mais dans ces compétitions juniors, tout reste possible.
Quoi qu’il en soit, voir un Pro Junior se dérouler au Maroc à Taghazout, est une excellente nouvelle pour la scène européenne. Le royaume chérifien confirme son ancrage dans le surf international, avec des infrastructures solides, une hospitalité légendaire et surtout, des vagues qui méritent leur place sur les calendriers pros.
La compétition débutera demain mercredi 5 novembre à 8h00 (GMT+1) avec un premier call à Anza. Et cette fois, le futur champion junior surf européen pourra se vanter d’avoir gagner un vrai circuit…