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  • Surf City El Salvador Pro 2026 : Une entame électrique entre miracles et arbitrages houleux

    Surf City El Salvador Pro 2026 : Une entame électrique entre miracles et arbitrages houleux

    Le pointbreak de Punta Roca a tenu toutes ses promesses pour le lancement de la cinquième étape du Championship Tour (CT) 2026. Dans des droites solides de 2 mètres à 2 mètres 50, les meilleurs surfeurs du monde ont immédiatement été poussés dans leurs retranchements. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette première journée a déjà fait mal au clan français.

    L’exploit héroïque de Ramzi Boukhiam

    Aligné face au redoutable Sud-Africain Matthew McGillivray, le Marocain Ramzi Boukhiam a vécu un cauchemar absolu dès ses premières secondes à l’eau : sa planche fétiche s’est brisée en deux sur sa toute première vague.

    Obligé de revenir au bord en urgence pour changer de board, le goofy-footer ne s’est pas laissé démonter. Avec un sang-froid impressionnant, il est retourné au peak pour fracasser les murs de Punta Roca, scorant un 7.83 pour un total combiné de 14.50 points, s’offrant ainsi sa première victoire de série en 2026.

    Au prochain tour, un duel au sommet l’attend face au numéro 1 mondial, Italo Ferreira. Le Brésilien, vainqueur en Nouvelle-Zélande, est pourtant en sursis après avoir été percuté par un longboardeur amateur lors d’un entraînement, un accident qui lui a valu entre 8 et 10 points de suture au genou selon les versions. Ce choc de titans s’annonce d’ores et déjà bouillant, ou pas si le brésilien abandonne.

    Le clan français face à la sévérité des juges

    Si le camp marocain jubile, l’amertume domine du côté des Françaises, où les critères de notation laissent une fois de plus planer le débat.

    Vahine Fierro s’est inclinée face à l’expérimentée Sally Fitzgibbons (8.93 contre 9.87). Si la défaite se joue sur de minces détails et une sélection de vagues perfectible, la sévérité des scores attribués à la tricolore interroge légitimement les fans. Il faudrait que je regarde encore une fois la série….

    Le scénario est encore plus rageant pour la jeune prodige de 16 ans, Tya Zebrowski, opposée à la double championne du monde Tyler Wright. Tya a payé le prix fort pour une chute sur la vague qui offrait pourtant le plus gros potentiel de points de la série. Malgré un surf frontside ultra-engagé et une lecture parfaite sur une vague plus petite, elle s’incline pour seulement un dixième de point (11.90 contre 12.00). Cruel et frustrant, tant le niveau global de la jeune Française paraissait supérieur et plus dynamique que celui de l’Australienne sur ce coup-là.

    Marco Mignot solide pour la suite

    Heureusement, le tableau masculin a apporté son lot de réconfort avec la qualification autoritaire de Marco Mignot lors du Round 2. Opposé à l’Indonésien Rio Waida, le Français a parfaitement géré son timing et la construction de son score pour plier le match (12.87 contre 6.67).

    Une bouffée d’oxygène pour le clan tricolore. Marco décroche ainsi son ticket pour le Round 3 où l’attend un morceau de choix : le champion du monde en titre, Yago Dora.

  • Ramzi Boukhiam retrouve enfin l’océan après sept mois d’absence

    Ramzi Boukhiam retrouve enfin l’océan après sept mois d’absence

    La scène a ému tout le monde : Ramzi Boukhiam, le meilleur surfeur marocain de l’histoire, a remis les pieds — et surtout la planche — dans l’eau après sept mois de convalescence. Un retour symbolique, attendu, et porteur d’un immense soulagement pour celui qui avait vécu l’une des blessures les plus improbables de sa carrière en avril dernier.

    Un accident improbable à Bells Beach

    Tout a basculé lors du Rip Curl Pro Bells Beach, deuxième étape du Championship Tour 2025. Ramzi venait de terminer sa première manche lorsqu’un simple retour vers le sable a viré au cauchemar : sa jambe s’est coincée dans le récif, une vague l’a frappé par-derrière, et son genou a cédé. Une blessure inattendue, presque « bête », mais dont les conséquences ont été lourdes.

    Quelques jours plus tard, les examens révélaient la nécessité d’une intervention chirurgicale. Le Marocain expliquait alors, sur Instagram, la nature de l’opération : une chirurgie TTA (Avancement de la Tubérosité Tibiale), consistant à déplacer et fixer la proéminence osseuse à l’avant du tibia (un peu comliqué je vous l’accorde). Une prise en charge effectuée dans une clinique sportive de Mérignac, en France.

    « Après six semaines d’attente, mon genou était enfin prêt pour l’opération », écrivait-il. « Cela s’est avéré un peu plus compliqué que prévu, mais j’étais prêt. »

    Sept mois de travail, de doutes et de patience

    La suite, c’est une période longue et douloureuse, comme Ramzi lui-même le décrit aujourd’hui. Pas de surf, peu de déplacements, un quotidien centré sur la récupération et la physiothérapie. Cette blessure l’a touché profondément : « Avec tout ce que j’ai déjà traversé, ça m’a marqué », confiait-il après son retrait de Bells.

    Dans les mois qui ont suivi, il a partagé avec beaucoup de transparence les étapes de sa convalescence. Pas de surenchère, pas de grandes annonces : juste un athlète confronté à un obstacle majeur et déterminé à le surmonter étape par étape.

    Le grand moment : retour dans l’eau

    Et puis, en novembre, la bonne nouvelle tombe. Ramzi est de retour à l’eau.

    « Première fois sur une planche depuis sept mois. Ça a été long, douloureux… Je ne suis pas encore à 100 %, j’ai encore du travail, mais je n’arrivais pas à arrêter de sourire dans l’eau », explique-t-il.

    Pas besoin de plus pour imaginer le poids qui se libère. Le surf fait partie de sa vie, et retrouver l’océan, même prudemment, marque le début d’un nouveau chapitre.

    Et maintenant ?

    Côté compétition, le flou demeure. Le système des wildcards du CT reste opaque, et l’un d’eux devrait déjà être attribué à Gabriel Medina. Ramzi pourrait en bénéficier… ou non. Rien n’est tranché.

    Sportivement, son début d’année n’avait pas été le plus solide, même si sa 9e place au Surf City El Salvador Pro avait rappelé son potentiel. Une fois rétabli, il reste un compétiteur dangereux, complet, affûté, et plus mature que jamais.

    L’essentiel, pour l’instant, est ailleurs : Ramzi Boukhiam est de retour dans l’océan. Et ça, pour lui comme pour ses supporters, c’est déjà une victoire immense.