La scène a ému tout le monde : Ramzi Boukhiam, le meilleur surfeur marocain de l’histoire, a remis les pieds — et surtout la planche — dans l’eau après sept mois de convalescence. Un retour symbolique, attendu, et porteur d’un immense soulagement pour celui qui avait vécu l’une des blessures les plus improbables de sa carrière en avril dernier.
Tout a basculé lors du Rip Curl Pro Bells Beach, deuxième étape du Championship Tour 2025. Ramzi venait de terminer sa première manche lorsqu’un simple retour vers le sable a viré au cauchemar : sa jambe s’est coincée dans le récif, une vague l’a frappé par-derrière, et son genou a cédé. Une blessure inattendue, presque « bête », mais dont les conséquences ont été lourdes.
Quelques jours plus tard, les examens révélaient la nécessité d’une intervention chirurgicale. Le Marocain expliquait alors, sur Instagram, la nature de l’opération : une chirurgie TTA (Avancement de la Tubérosité Tibiale), consistant à déplacer et fixer la proéminence osseuse à l’avant du tibia (un peu comliqué je vous l'accorde). Une prise en charge effectuée dans une clinique sportive de Mérignac, en France.
« Après six semaines d’attente, mon genou était enfin prêt pour l’opération », écrivait-il. « Cela s’est avéré un peu plus compliqué que prévu, mais j’étais prêt. »
La suite, c’est une période longue et douloureuse, comme Ramzi lui-même le décrit aujourd’hui. Pas de surf, peu de déplacements, un quotidien centré sur la récupération et la physiothérapie. Cette blessure l’a touché profondément : « Avec tout ce que j’ai déjà traversé, ça m’a marqué », confiait-il après son retrait de Bells.
Dans les mois qui ont suivi, il a partagé avec beaucoup de transparence les étapes de sa convalescence. Pas de surenchère, pas de grandes annonces : juste un athlète confronté à un obstacle majeur et déterminé à le surmonter étape par étape.
Et puis, en novembre, la bonne nouvelle tombe. Ramzi est de retour à l’eau.
« Première fois sur une planche depuis sept mois. Ça a été long, douloureux… Je ne suis pas encore à 100 %, j’ai encore du travail, mais je n’arrivais pas à arrêter de sourire dans l’eau », explique-t-il.
Pas besoin de plus pour imaginer le poids qui se libère. Le surf fait partie de sa vie, et retrouver l’océan, même prudemment, marque le début d’un nouveau chapitre.
Côté compétition, le flou demeure. Le système des wildcards du CT reste opaque, et l’un d’eux devrait déjà être attribué à Gabriel Medina. Ramzi pourrait en bénéficier… ou non. Rien n’est tranché.
Sportivement, son début d’année n’avait pas été le plus solide, même si sa 9e place au Surf City El Salvador Pro avait rappelé son potentiel. Une fois rétabli, il reste un compétiteur dangereux, complet, affûté, et plus mature que jamais.
L’essentiel, pour l’instant, est ailleurs : Ramzi Boukhiam est de retour dans l’océan. Et ça, pour lui comme pour ses supporters, c’est déjà une victoire immense.