C’est un énième séisme qui secoue le paddock du Championship Tour (CT). Après une collaboration iconique de 15 ans, la double championne du monde australienne Tyler Wright et le géant du surf Rip Curl ne renouvelleront pas leur contrat. Une annonce qui intervient alors que la surfeuse prépare son grand retour à la compétition après sept mois d’absence forcée.
Un retrait stratégique pour Rip Curl ?
Le départ de Tyler Wright n’est pas un cas isolé. Il intervient dans un contexte économique tendu pour la maison mère de Rip Curl, le groupe néo-zélandais KMD Brands (Kathmandu), qui traverse une zone de fortes turbulences financières. Après s’être séparé de Gabriel Medina fin 2025, la marque au « Search » semble réduire la voilure de son équipe d’élite.
Un retour à l’eau sous le signe du changement
Après sept mois de rééducation intense pour soigner des douleurs chroniques au dos et à la hanche (articulation sacro-iliaque), Tyler a enfin reçu le feu vert médical. Elle a repris ses premières sessions sur la Gold Coast, mais ce retour s’accompagne d’un défi physique inédit.
« C’est un long chemin avant le début de la saison, mais ça fait un bien fou de retrouver l’eau », a-t-elle confié sur ses réseaux.
Un nouveau quiver pour une nouvelle Tyler
Fait rare et courageux dans le milieu du surf professionnel, l’Australienne a partagé en vidéo les ajustements nécessaires à sa reprise. Ayant pris du poids durant sa convalescence — un choix assumé pour gagner en force — elle doit totalement repenser son quiver. Ses planches seront désormais plus épaisses pour compenser ce changement de morphologie, prouvant une fois de plus sa résilience face aux standards du circuit.
Sans sponsor principal sur le nez de sa planche, Tyler Wright entame une nouvelle phase de sa carrière, plus indépendante que jamais.
Le paysage du surf business vient de frôler un séisme majeur. Paul Naudé, l’emblématique fondateur de Stokehouse (Vissla, Sisstr, Amuse Society), a officiellement déposé une offre pour racheter Rip Curl. Une tentative de « reprise de pouvoir » par les surfeurs, alors que les grands groupes semblent perdre pied.
Un rachat stratégique pour contrer la crise
La nouvelle, révélée par l’Australian Financial Review, confirme l’ambition de Naudé : réunir des marques authentiques sous une même bannière pour redonner une direction claire à une industrie qu’il juge « à la dérive » depuis une décennie.
Selon Naudé, le secteur souffre d’un manque de leadership de la part de décideurs qui comprennent réellement la culture surf. Avec la chute vertigineuse de l’action de KMD Brands (maison mère de Rip Curl, Kathmandu et Oboz), qui a perdu près de 50 % de sa valeur, l’opportunité semblait parfaite pour une offensive de charme.
« Une industrie à la dérive » : le constat amer de Paul Naudé
L’analyse du patron de Vissla est sans appel : « Depuis 10 ou 12 ans, l’industrie du surf est quelque peu à la dérive, avec de nombreuses grandes marques contrôlées par des gens extérieurs au milieu ». Pour lui, le salut passera par des marques crédibles et une échelle de production suffisante pour peser face aux géants de la distribution.
Pourtant, malgré une situation financière tendue, le groupe néo-zélandais KMD Brands a balayé l’offre de revers de la main. David Kirk, président de KMD, estime que le projet de Naudé ne génère pas assez de valeur pour les actionnaires et doute de la pertinence de faire cohabiter des marques concurrentes au sein d’un même catalogue.
Pourquoi Rip Curl est intouchable (pour l’instant)
Si KMD Brands résiste, c’est que Rip Curl reste la poule aux œufs d’or du groupe. Avec un chiffre d’affaires annuel de 322,8 millions de dollars (au 31 juillet 2025), la marque « The Search » porte littéralement le reste du conglomérat sur ses épaules.
Vendre le joyau de la couronne maintenant reviendrait pour KMD à abandonner son principal levier de croissance. Le groupe préfère miser sur sa stratégie « Next Level » et a même engagé Goldman Sachs pour restructurer ses dettes plutôt que de céder aux sirènes de Stokehouse.
Ce bras de fer illustre parfaitement la tension actuelle dans notre sport : d’un côté, des passionnés qui veulent ramener le surf à ses racines ; de l’autre, des logiques de marché qui luttent pour leur survie. Le feuilleton ne fait sans doute que commencer.
Chaque automne, Hossegor devient le centre du monde du surf. Les pros y chassent les tubes parfaits sur nos bancs de sable, les passionnés s’y retrouvent pour un dernier baroud avant l’hiver… et cette année, la relève mondiale y fera ses armes : le Rip Curl International GromSearch 2025 posera ses valises sur les plages landaises du 4 au 8 novembre. Un retour symbolique pour un événement qui a vu éclore quelques-uns des plus grands talents du surf moderne.
L’Australie s’impose à Hossegor : Ocean Lancaster et Eliza Richardson triomphent
Le rideau est tombé sur le Rip Curl International GromSearch 2025, et c’est une double victoire australienne qui a clôturé une semaine d’exception sur le spot du Santocha à Capbreton. Les vagues ont répondu présentes, avec un mètre cinquante propre et creux, portées par un vent offshore et un public venu nombreux encourager la nouvelle génération du surf mondial.
Chez les garçons, Ocean Lancaster (16 ans) a livré une démonstration de précision et de sang-froid. En finale, il a dominé le jeune prodige brésilien Arthur Vilar (14 ans), pourtant auteur du meilleur score du contest (9,33) sur un Kerrupt Flip magistral lors de la demi-finale. “C’est irréel, tout s’est passé si vite. C’est le plus beau jour de ma vie de surfeur”, a confié Lancaster, encore tremblant d’émotion après sa victoire (16 pts contre 12,83).
Côté féminin, la performance d’Eliza Richardson (15 ans) restera dans les mémoires. Blessée l’an dernier, elle signe un retour éclatant en s’imposant face à la Sud-Africaine Emily Jenkinson (16 ans). Grâce à une approche stratégique et des turns puissants dans les secxtions critiques, la surfeuse de Lennox Head s’est assurée un premier sacre international (12,57 pts contre 7,4). “Je n’y crois pas encore. J’ai surfé libérée, sans penser au résultat. C’est magique !”, a-t-elle déclaré en larmes sur le podium.
Entre les séries, le public a eu droit à un show XXL : Molly Picklum, Crosby Colapinto, Tom Curren, Tya Zebrowski, Lukas Skinner, Kyllian Guerin et Justin Becret ont offert une démonstration de haut vol, dans une ambiance digne d’un mini Quik Pro. Le tout rythmé par les commentaires enjoués de Paul Evans.
En 2025, le GromSearch confirme son rôle de tremplin planétaire : la majorité des surfeurs actuels du Championship Tour sont passés par cette compétition. Et à voir le niveau affiché cette semaine à Hossegor, la relève est prête à reprendre le flambeau.
Après Bali en 2024, la finale internationale du GromSearch, présentée par Sun Bum, prend la direction d’Hossegor. Une destination naturelle pour la marque australienne, tant la région incarne sa philosophie : vagues puissantes, ambiance roots et jeunesse dorée du surf européen.
“Nous sommes très enthousiastes à l’idée de ramener les meilleurs groms du monde dans un lieu aussi mythique que Hossegor”, a déclaré James Taylor, General Manager Marketing de Rip Curl. “C’est un endroit où les beach breaks peuvent offrir de vraies vagues de compétition, parfaites pour révéler les futurs champions.”
Le programme s’annonce dense : 16 surfeurs et surfeuses venus d’Australie, du Brésil, d’Argentine, des États-Unis, d’Indonésie, d’Afrique du Sud et d’Europe, auxquels s’ajouteront deux wildcards issues de la compétition digitale #GromSearchOnline, qui était ouverte jusqu’au 1er octobre.
Les futurs Gabriel Medina et Molly Picklum en action
Le GromSearch n’est pas un simple contest junior : c’est une usine à champions. Depuis 26 ans, cette série déniche les talents qui domineront le surf mondial. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 60 % des surfeurs actuels du Championship Tour sont passés par ce circuit. Cinq des six médaillés olympiques en surf ont un jour arboré un lycra GromSearch. Et les 18 derniers titres mondiaux féminins ont tous été remportés par d’anciennes participantes !
Gabriel Medina, Caroline Marks, Caitlin Simmers, Tatiana Weston-Webb, Leonardo Fioravanti, Samuel Pupo, Brisa Hennessy… la liste ressemble à un panthéon du surf contemporain. Pour les jeunes engagés à Hossegor, ce n’est pas qu’une compétition : c’est une porte d’entrée vers l’élite mondiale.
Les jeunes Français dans la bataille
Avant la grande finale internationale, deux rendez-vous français viendront pimenter le mois d’octobre :
Lacanau (18-20 octobre) : étape reprogrammée du circuit français.
Hossegor (22-23 octobre) : Finale européenne, qui désignera les représentants du Vieux Continent pour la finale mondiale.
On y attend une génération française prometteuse, façonnée par les beach breaks exigeants de la côte Atlantique.
À l’heure où la France cherche ses futurs représentants pour les Jeux de Los Angeles 2028, le GromSearch s’impose comme un laboratoire du surf de demain.
Hossegor, le spot parfait pour forger des champions
Début novembre, Hossegor retrouve souvent ses plus belles conditions : houles consistantes, sable bien sculpté, offshore matinal et tubes parfaits. Un terrain de jeu idéal pour ces surfeurs en devenir, qui devront allier puissance et stratégie face à la volatilité du beach break.
Entre La Nord, Les Culs Nus et La Gravière, les vagues changent sans prévenir, récompensant l’instinct plus que la force brute. C’est justement ce que recherche Rip Curl : déceler ceux qui savent lire l’océan, pas seulement le dompter.
Et cette année, deux figures du CT seront là pour inspirer la nouvelle génération :
Molly Picklum, championne du monde 2025, symbole de persévérance et de style sans compromis.
Crosby Colapinto, surfeur californien au flow impeccable, grand frère de la scène grom internationale.
Leur présence promet d’électriser les jeunes compétiteurs — et de créer de beaux moments de partage sur la plage.
Le digital au cœur du dispositif
En 2025, impossible d’imaginer un événement sans sa part d’innovation digitale. Le GromSearch le prouve avec son concours #GromSearchOnline, qui permet à des jeunes du monde entier d’envoyer leurs vidéos pour décrocher une wildcard. Un format qui colle à la nouvelle génération : connectée, créative, spontanée.
Les finales seront retransmises en direct sur ripcurl.com et les réseaux sociaux de la marque, avec des résumés quotidiens et des contenus immersifs. Une belle vitrine pour ces jeunes surfeurs dont les premiers tubes pourraient déjà faire le tour du monde avant même d’être jugés.
Un tremplin plus qu’une compétition
Au-delà des podiums et des scores, le Rip Curl GromSearch incarne un état d’esprit : celui de la découverte, de la camaraderie et du surf dans sa forme la plus pure. Chaque édition révèle non seulement des champions, mais aussi des histoires humaines. Celle du kid brésilien qui découvre l’Europe, de la surfeuse basque qui affronte pour la première fois des vagues landaises, du jeune Indo qui surfe pieds nus sur le sable froid d’Hossegor.
Cette rencontre des cultures et des styles fait du GromSearch bien plus qu’un simple “event” : c’est une école du surf mondial.