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  • L’anecdote secrète : quand Kelly Slater snobait Jack Johnson et Tom Curren pour son album

    L’anecdote secrète : quand Kelly Slater snobait Jack Johnson et Tom Curren pour son album

    Vous connaissez Jack Johnson pour ses tubes planétaires et ses films de surf culte. Vous connaissez Kelly Slater pour ses 11 titres mondiaux. Mais connaissiez-vous l’histoire du jour où le second a tout simplement évincé le premier de son projet musical ?

    Invité du dernier épisode du podcast Pinch My Salt animé par Sterling Spencer, l’enfant chéri du North Shore s’est laissé aller à quelques confidences sur les années 90, époque bénie où la culture surf bouillonnait. Au milieu des anecdotes croustillantes sur ses sessions à Pipeline et le regretté Tamayo Perry, Jack a lâché une bombe nostalgique : la véritable genèse du mythique groupe « The Surfers ».

    Au milieu des années 90, Kelly Slater achète un enregistreur 4 pistes sur les conseils de Peter King. Sur le North Shore, entre deux vagues, les sessions acoustiques s’improvisent. Jack Johnson raconte alors l’unique concert de ce qui allait devenir la toute première formation de The Surfers : « C’était pour une petite levée de fonds pour une école du coin. Rob Machado et Peter King jouaient de la guitare, Kelly chantait. Moi, je jouais de la basse. Et devinez qui était à la batterie ? Tom Curren ! »

    Une véritable dream team réunie sur une seule et même scène pour un soir. Mais le rêve s’est arrêté net.

    « Ensuite, j’ai entendu dire qu’ils faisaient un album. Ils ne m’ont jamais appelé. Ni moi, ni Curren d’ailleurs ! », s’amuse-t-il aujourd’hui au micro de Spencer.

    Une éviction en douce qui, avec le recul, prête à sourire quand on connaît l’empire musical que Johnson allait bâtir. Slater, Machado et King sortiront finalement l’album Songs from the Pipe en 1998, sans leur bassiste. Une erreur de casting historique, mais sans aucune rancune pour Jack, qui prépare d’ailleurs un nouveau film de surf et un double album très attendus pour cet été.

  • Tom Curren, 61 ans, et toujours ce surf hors du temps

    Tom Curren, 61 ans, et toujours ce surf hors du temps

    À 61 ans, Tom Curren continue de faire vaciller nos certitudes. Vieillir, ralentir, lever le pied… vraiment ? La récente vidéo tournée dans la piscine à vagues du Wavegarden en Espagne a l’effet d’un électrochoc. Quelques secondes suffisent : lignes parfaites, placements impeccables, variations subtiles. Rien de démonstratif, rien de forcé. Juste du surf, pur, lisible, intemporel.

    Et une question qui s’impose naturellement : comment est-ce encore possible de surfer à ce niveau à 61 ans ?

    Un surf qui ne dépend pas de l’âge

    Le surf de Tom Curren n’a jamais été une affaire de force brute ou de démonstration physique. Depuis ses débuts, il repose sur autre chose :

    • le timing,
    • la lecture de vague,
    • LE STYLE

    Dans une piscine à vagues ultra-technique, où chaque section est prévisible, ce style prend encore plus de relief. Là où beaucoup cherchent à “rentabiliser” chaque mètre de vague, Curren choisit, filtre, nuance. Il ne surfe pas contre le temps, il surfe avec lui.

    Vieillir en surf, une autre façon de performer

    Dans le microcosme du surf, l’âge a longtemps été vu comme une date de péremption. Pourtant, la génération dorée des années 80-90 est en train de faire mentir ce dogme.
    Mark Occhilupo approche les 60 ans, Tom Carroll les a dépassés, Kelly Slater continue à défier le calendrier… et Curren, lui, trace sa route à part.

    Son message n’est pas celui de la performance à tout prix. Il est plus subtil : oui, le corps change, mais le surf peut évoluer avec lui. Moins d’impact, plus de précision. Moins de radicalité, plus de sens.

    La piscine à vagues comme terrain d’expression

    Voir Tom Curren à la Wavegarden n’a rien d’anodin. La piscine à vagues est souvent associée à la répétition, à la performance calibrée, parfois même à une forme de standardisation du surf. Curren fait exactement l’inverse :
    il y injecte de l’imprévu, du relâchement…

    Chaque vague est la même, mais chaque ride est différent. C’est là que son surf devient presque pédagogique : le style ne vieillit pas quand il est sincère.

    Une influence toujours intacte

    L’an dernier, Stephanie Gilmore rendait hommage à Curren en reproduisant l’une de ses vagues mythiques à Jeffreys Bay. Même planche, même combinaison, même ligne. Preuve que, des décennies plus tard, son surf reste une référence esthétique absolue.

    Regarder Tom Curren aujourd’hui, ce n’est pas céder à la nostalgie. C’est constater que certaines formes de surf ne vieillissent pas, parce qu’elles ne cherchent pas à suivre une époque.

    Tom Curren, réponse vivante à une fausse question

    Alors, peut-on surfer à 61 ans ?
    Tom Curren apporte une réponse simple, presque désarmante : oui, si l’on a su construire un surf qui ne dépend pas du chrono.

    Dans cette courte vidéo, il ne choque pas par la radicalité. Il fascine par sa cohérence. Et rappelle, à tous ceux qui doutent, que le surf n’est pas une course contre le temps… mais un dialogue avec lui.