Quand un surfeur disparaît en mer, on pense aux grosses vagues, aux récifs, parfois aux requins. Mais au Brésil, un autre danger tue en silence depuis des décennies : les filets de pêche dérivants. Invisibles sous l’eau, impossibles à éviter à pleine vitesse, ils ont déjà coûté la vie à des dizaines de surfeurs.
Sur les côtes du sud du Brésil, notamment dans l’État du Rio Grande do Sul, les filets de pêche ne sont pas seulement un outil de travail pour les pêcheurs artisanaux. Lorsqu’ils sont coupés, arrachés ou laissés à la dérive, ils deviennent de véritables pièges mortels pour tous ceux qui pratiquent l’océan.
Selon la Fédération Gaucha de Surf, au moins 49 surfeurs ont perdu la vie depuis 1986, pris au piège dans des filets ou des câbles de pêche sur le littoral local. Un chiffre glaçant, d’autant plus marquant que le dernier décès officiellement recensé remonte à 2010, preuve que ce danger persiste dans le temps, même lorsqu’il disparaît des radars médiatiques.
L’affaire la plus récente s’est produite sur plusieurs plages du nord de l’État, notamment à Imbé, Tramandaí et Xangri-Lá. Des dizaines de câbles de filets de pêche ont été volontairement sectionnés le long du littoral.
Résultat :
Les pêcheurs locaux ont rapidement tiré la sonnette d’alarme, signalant la présence de plusieurs zones où les filets restaient accrochés au fond ou flottaient entre deux eaux.
Armi Ronnau, pêcheur local depuis près de 30 ans, n’avait jamais vu une situation de cette ampleur. Selon lui, une dizaine de filets se retrouvaient à la dérive, suffisamment pour piéger une planche, un leash, ou pire : un surfeur lui-même.
Le scénario est souvent le même.
Le surfeur rame, prend une vague, chute ou passe sous l’eau… et se retrouve enchevêtré en quelques secondes. Sous la pression, avec le stress, le courant et parfois la houle, se dégager devient presque impossible, même pour un pratiquant expérimenté.
Contrairement à un rocher ou à un récif, un filet ne se voit pas. Il peut être :
Une fois pris dedans, le surfeur doit gérer en même temps :
Dans ces conditions, chaque seconde compte.
La Colônia de Pescadores Z40 a rappelé que la pêche au filet est une activité légale, autorisée entre le 15 mars et le 15 décembre, à condition que les pêcheurs soient déclarés et enregistrés.
Le problème ne vient donc pas de la pêche en elle-même, mais :
Lorsque ces filets ne sont pas retirés immédiatement, ils deviennent une menace pour toute la communauté nautique.
Les fédérations de surf locales insistent sur plusieurs points essentiels :
Parce qu’un filet à la dérive n’est pas un simple déchet marin. C’est un piège mortel, silencieux, qui ne laisse aucune seconde chance.