Lost in the Waves : l’art de vivre les galères en souriant

24 novembre 2025

Impossible de passer à côté : dès que l’équipe de Lost in the Waves (à mi-chemin entre Lost in the Swell et leurs délires habituels) sort une nouvelle aventure, c’est un petit événement sur Icônes Surf. Leur dernière vidéo en est la preuve : un mélange de mer déchaînée, de bricolage marin, de surf épique, de galères XXL… et surtout de cette bonne humeur contagieuse qui fait leur marque de fabrique.
Et rien qu’en lisant ces quelques lignes, on comprend pourquoi le teaser avait cartonné.

L’idée simple (et folle) : louer un voilier 38 jours et partir… là où le vent décide

Au départ, rien ne semble simple. Louer un bateau ? Pas si évident que ça, mais l’équipe déniche finalement un petit RM 890 — un “van des mers”, parfait pour l’été, mais pas vraiment construit pour traverser l’Europe du Nord en hiver.
Peu importe : les trois compères partent quand même, avec leur énergie habituelle, quelques tonnes de matériel (dont une quantité absolument indécente de wings, foils et boards), et ce sourire de “bon, ça va être tendu… mais on y va tout de même”.

Et pour que la mise à jour des compétences soit carrée, ils embarquent rien de moins que Samantha Davies, héroïne du Vendée Globe et navigatrice hors pair, pour un petit “réglage technique” depuis La Trinité jusqu’à Camaret (blague bien évidemment). Une sorte de stage commando, version marine, où Sam les briefe sur tout : les quarts de nuit, les règles de sécurité, les manœuvres, les risques… et les limites de leurs petits gilets.

Premières nuits : 30 nœuds, du stress, de la brume… et un cargo fantôme dans le noir

Rapidement, l’ambiance glisse du “petit trip sympa” à “bienvenue dans le Mordor”.
Entre la brume épaisse, les cargos silencieux qui surgissent de nulle part et les tours de garde nocturnes qui ressemblent à des veillées funèbres, le doute s’installe souvent.
L’un des moments les plus marquants ? Cette communication radio paniquée en plein milieu du rail d’Ouessant, alors qu’un cargo invisible fond droit sur eux dans la nuit la plus totale.
“Go faster if you can”… leur lâche le capitaine du mastodonte avec un calme surréaliste.

C’est le quotidien : froid mordant, rafales à 30 nœuds, bateaux qui couinent, lignes qui claquent, et ce mélange délicieux d’adrénaline et d’angoisse.

Quand le surf prend le relais : sessions mutantes, mystère… et secret spot en mode floutage absolu

Puis il y a le surf. Celui qui justifie tout. Même les nuits blanches, les vomis dans les chaussures et les ancrages douteux.

Leur chasse aux vagues ressemble à un film : une côte mystérieuse, un slab mutant où un seul bodyboarder ose se jeter, un reef qui punit toute erreur, et une ambiance qui alterne entre adrénaline pure et respect total de l’océan.

L’équipe score des sessions d’anthologie :

  • des gauches interminables,
  • des droites ultra creuses,
  • des lignes parfaites pendant une semaine entière,

Ils finiront par révéler le secret : ils sont en Corse. (bien sûr qu'on rigole)
Mais comme toujours, dans le respect total des locaux… tout (littéralement tout) est flouté.
Même les châteaux, les montagnes, les bateaux, les plaques, les phares… tout y passe, jusqu’à transformer l’editing en travail de fourmi sur plusieurs semaines.

L’envers du décor : la fatigue, le froid, les galères… mais toujours le rire

Ce qui marque le plus dans cette équipe qu'on commence à connaître, c’est l’humanité. La capacité de ces trois-là à tourner chaque galère en private joke. Vent glacial ? Ils rient. Autopilote en grève ? Ils rient. Tours de garde interminables ? Ils rient. Sacs de matériel qui envahissent tout le bateau ? Ils rient encore.
Même la merde absolue du “on est dans le mauvais port, il reste 20 heures de navigation dans la tempête” devient matière à sourire.

On sent la fatigue :
l’estomac retourné, les nuits hachées menu, l’humidité permanente, la peur parfois…
Mais toujours ce fil rouge : la joie de vivre.

Cette joie rare, authentique, brute, qui fait que Lost in the Waves / Lost in the Swell n’est pas un énième vlog de surf : c’est une philosophie.

Quand l’aventure se heurte au localisme : le cas irlandais

La vidéo n’a pas seulement fait parler pour ses images marines et ses galères en série : elle s’est aussi retrouvée au cœur d’une polémique. Plusieurs surfeurs irlandais ont publiquement exprimé leur mécontentement, expliquant que l’équipe aurait surfé — et filmé — des spots tenus secrets de longue date, où la règle non écrite est simple : tu peux surfer, mais tu ne filmes pas, et encore moins tu diffuses.

Certains commentaires sont sans appel :

“Ils ont surfé des spots secrets où personne ne filme ni ne prend de photos. Ils ont été accueillis, mais on leur a demandé de ne rien filmer. Six mois plus tard, une vidéo sort. C’est un manque total de respect pour les locaux et le code des surf explorers. Ils ne sont plus les bienvenus en Irlande.”

Difficile, pour quiconque n’a pas vu la version originale, de dire si les images dévoilaient réellement le spot ou non. La version actuellement en ligne est visiblement coupée, preuve que la contestation a eu un impact réel.

Un débat aussi vieux que le surf

Cette histoire en dit long sur un sujet récurrent depuis les débuts du surf moderne :
la tension entre l’exploration, le partage, la création de contenu… et la protection farouche de certains spots locaux.
À Hawaii, en Californie, en Afrique du Sud, en Tasmanie, en Bretagne ou au Pays basque : les mêmes frictions existent depuis des décennies.

Pour les uns, filmer n’est qu’un moyen de raconter une aventure, sans volonté de dévoiler quoi que ce soit. (d'autant qu'ils ont fait de grands efforts pour protéger le spot)
Pour les autres, chaque plan, même flouté, chaque silhouette de falaise ou nuance de roche peut mener des surfeurs du monde entier sur un terrain qu’ils jugent trop fragile, trop fréquenté, trop précieux.

La vérité ?
Elle oscille souvent entre les deux :
un amour commun de l’océan… mais des visions différentes sur la manière de le partager.

Une fin à leur image : 4 jours de mer, zéro réseau, des choix météo tendus… et un retour très rock’n’roll

La dernière partie du trip ressemble à une fuite en avant.
La météo change toutes les heures. Les routages se contredisent. Les rafales montent.
Et pourtant, il faut rentrer la bateau à temps pour le propriétaire, prêt à le reprendre le lendemain matin.

Résultat :

  • départs dans l’aube noire,
  • rafales à 34 nœuds,
  • pluie glaciale,
  • paysages fantomatiques,
  • mer démontée,
  • autopilote capricieux,
  • nuits sur les nerfs…

Mais ils arrivent.
Éreintés, rincés, trempés, mais heureux, évidemment.

Parce que l’aventure, c’est ça :
une addition de moments difficiles… que l’on transforme ensemble en souvenirs inoubliables.

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