Maxime Huscenot : de la promesse à la persévérance

1 juin 2025

Il y a des vidéos qui racontent bien plus qu'un simple teaser de compétition. Celle que Maxime Huscenot vient de publier sur YouTube en fait partie. À quelques heures du début des Challenger Series 2025, ce court-métrage personnel revisite son passé, en images VHS et souvenirs d'enfance, pour mieux comprendre le chemin parcouru. Un chemin sinueux, ponctué d'injustices, de doutes, mais surtout d'une foi tenace en son surf et en son rêve.

Le gosse de La Réunion promis au sommet

Maxime Huscenot est né en 1992 sur l'île de La Réunion. En 2008, à seulement 16 ans, il devient champion du monde junior ISA. Il reste encore le seul français à avoir réussi cet exploit (enfin sauf erreur de ma part). Un titre qui fait briller son nom comme celui d'un futur crack du surf français, à l'époque encore en quête de représentants dans l'élite mondiale. Son sponsor d'alors, Quiksilver, croit en lui. Sur le papier, tout semble s'aligner : talent, attitude, sourire, travail.

Mais la vie de sportif de haut niveau réserve rarement un parcours tout tracé. Et surtout, le surf professionnel est un monde où la méritocratie ne suffit pas toujours.

Une décision injuste qui change tout

Alors qu'il est l'un des espoirs les plus sûrs du surf tricolore, Quiksilver prend une décision brutale : couper dans ses budgets et se séparer de Maxime. Un choix difficilement compréhensible pour un jeune surfeur prometteur, déjà reconnu pour son professionnalisme et sa gentillesse. Certains disent même que son image "trop gentille" n'a pas aidé. Une absurdité pour ceux qui le connaissent : Maxime Huscenot est simplement respectueux, toujours souriant, toujours un mot aimable pour chacun.

Ce premier coup dur aurait pu être fatal à sa carrière. Mais Maxime est de ceux qui encaissent en silence et tracent leur route.

Années de doute et métamorphose

Suit une longue période de flottement. Sur le QS, Maxime enchaîne les saisons sans trouver la régularité suffisante pour atteindre le CT. Il change de planches, modifie son matériel, cherche de nouvelles sensations. Il doute, mais il bosse avec son père comme coach. Le soutien de ses parents, et surtout de son père Jean-luc est exemplaire. Il observe, apprend, progresse. Pas de grand discours, pas de drama : juste du surf, encore et toujours.

Jusqu'à cette saison de la délivrance, où tout s'aligne enfin. Maxime se qualifie pour le CT en 2023, la première division du surf mondial. Une consécration pour lui, pour sa famille, pour le surf réunionnais et français.

Mais voilà le cut…

Hélas, l'histoire n'est pas finie. Ou plutôt, elle recommence. La WSL met en place le fameux cut de mi-saison. Maxime en est victime. Il doit redescendre sur le circuit des Challenger Series.

Tout aurait pu se jouer au Portugal. Une vague qui lui va bien, à lui, l'un des meilleurs tube riders français. Dans sa série face à Gabriel Medina et Callum Robson, Maxime commence fort, trouve une bonne vague. Il tient la deuxième place. Mais à cinq minutes de la fin, Robson déniche la bombe de l'épreuve. Un tube de folie, noté 10. Mérité pour l'Australien, cruel pour Huscenot.

Une nouvelle saison, un nouvel espoir

2025 commence difficilement pour Maxime. Sa qualification pour les Challenger Series ne se passe pas bien. Mais à force de persévérance, il obtient sa place. Et le revoilà, toujours prêt à se battre. Sa nouvelle vidéo est un signal fort : il n'a pas fini d'écrire son histoire.

Le surf, un sport de mérite… et d'injustice

Le surf pro est souvent cruel. Il y a les vagues, l'océan, les juges, les sponsors, les blessures. Et parfois, la chance. Maxime Huscenot incarne cette génération de surfeurs talentueux qui n'ont pas toujours reçu ce qu'ils méritaient, mais qui n'ont jamais cessé de croire en eux.

Il aurait pu devenir aigri. Il est resté humble. Il aurait pu cesser d'y croire. Il continue de se lever chaque matin pour s'entraîner, perfectionner son surf, viser l'élite.

Go Maxime, encore et toujours

Cette nouvelle saison de Challenger Series débute le 2 juin en Australie. Maxime sera présent. Pas en tête d'affiche, mais toujours prêt à créer la surprise. Le surf français a besoin de figures comme lui : humaines, accessibles, inspirantes.

Go Maxime. Pour tous les jeunes qui rêvent encore, pour ceux qui ont connu les galères, pour ceux qui savent que le mérite finit toujours par payer.

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