Le rêve de tout surfeur peut-il se transformer en un enfer médical irréversible ? C’est la question qui glace le milieu du surf britannique depuis les révélations entourant l'histoire de Reuben Santer. Ce trentenaire, qui avait tout quitté pour vivre au plus près des vagues du Devon, est aujourd'hui le visage d'un scandale environnemental sans précédent. Son crime ? Avoir surfé une houle de tempête dans une eau chargée de bactéries. C'est un témoignage que je vierns de lire dans The Guardian, et il m'a glacé le sang.
Reuben Santer n'était pas un débutant imprudent. En 2021, ce professeur de 35 ans s'installe à Exeter avec un seul objectif : être à moins de 90 minutes des meilleurs "spots" du Royaume-Uni. Comme beaucoup d'entre nous, il surveillait les prévisions de surf avant la couleur de l'eau.
« Je pensais plus à la perfection des vagues qu'aux eaux usées », confie-t-il dans le cadre du documentaire choc "Dirty Business" diffusé sur Channel 4. Pourtant, la menace était là, invisible et inodore sur certaines plages, mais tragiquement présente à Saunton Sands, là où tout a basculé pour lui en octobre 2022.
Après une pause forcée de deux mois due à une simple otite, Reuben ne résiste pas à l'appel d'une grosse houle générée par une tempête. Malgré une odeur suspecte dans l'eau, il se met à l'eau. « On pense toujours que ça n'arrive qu'aux autres », admet-il. Le lendemain soir, le verdict tombe : une attaque de vertige si violente qu'il ne peut plus tenir debout.
Ce qui semblait être une banale labyrinthite (infection de l'oreille interne) s'est transformé en un calvaire de quatre mois. Le diagnostic final est tombé comme un couperet : la maladie de Ménière. Une pathologie incurable de l'oreille interne qui provoque des vertiges invalidants, des pertes d'audition et des vomissements chroniques.
L'avis de l'expert : Bien qu'il soit difficile d'établir un lien de causalité direct à 100 % sur le plan médical, le consultant privé de Santer a été formel : la présence de bactéries issues des eaux usées lors de sa session est la cause la plus probable du déclenchement de la maladie.
Je tiens à préciser que c'est la version de Reuben. La maladie de Ménière n'est pas très connue et manque d'études scientifiques sur ses origines. Je prends donc des pincettes....
L'histoire de Reuben n'est malheureusement pas un cas isolé. Elle est le fil conducteur de Dirty Business, une série factuelle qui dénonce une décennie d'investigations sur les compagnies des eaux anglaises. Le programme met en lumière une pratique révoltante : le rejet massif d'eaux usées non traitées dans l'océan, particulièrement lors de fortes pluies. Ça vous rappelle rien, il me semble que la France, et particulièrement le Pays Basque, connaît la même problématique.
Pour Reuben, les conséquences sont dramatiques :
Le cas Santer est un signal d'alarme pour tous ceux qui, comme nous, consultent les applications de qualité de l'eau (comme celle de Surfers Against Sewage en Angleterre) avant de se jeter à l'eau. Si Reuben espère aujourd'hui que la chirurgie stabilisera son état, il a choisi de médiatiser son combat pour forcer les entreprises à moderniser des infrastructures obsolètes qui empoisonnent nos terrains de jeu.
« Je suis en colère, mais je n'ai plus l'énergie pour militer directement », avoue-t-il. Son témoignage sert désormais de preuve vivante que la pollution de l'eau n'est pas qu'une question d'écologie théorique ou d'odeur désagréable, mais un enjeu de santé publique majeur.
Et vous, seriez-vous prêt à rater la session de l'année pour protéger votre santé ? Le risque, bien que rare, est désormais tristement documenté. Personnellement, je ne m'en suis jamais préoccupé, mais c'est une grave erreur....
Note de la rédaction : Le documentaire Dirty Business est actuellement diffusé sur Channel 4. Il rappelle l'importance cruciale de soutenir les associations locales qui luttent pour la transparence sur la qualité des eaux de baignade en Europe.