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  • « Deux surfeurs influents qui font des fringues, comment ça pourrait foirer ? » : Les coulisses financières brutales de Former

    « Deux surfeurs influents qui font des fringues, comment ça pourrait foirer ? » : Les coulisses financières brutales de Former

    Le surf mondial se cherche, et voir des pointures monter leur propre boîte semble presque logique. Kelly Slater avec la marque Outerknown, John John Florence a lancé Florence Marine X, Kolohe Andino pousse 2 Percent, et Julian Wilson suit la danse. Sur le papier, l’histoire est belle. Sauf qu’être l’icône de toute une génération sur une planche de surf n’a absolument rien à voir avec le costume d’entrepreneur. Et quand on gratte le vernis glamour des clips de free surf, la réalité des coulisses est parfois d’une violence rare.

    C’est le constat brut qu’ont partagé Dane Reynolds et Craig Anderson en revenant sur les premières années de leur marque, Former. Une aventure qui a bien failli couler avant même d’avoir un nom officiel.

    « On n’avait aucune idée de ce que gérait un business, voulait dire »

    Au milieu des années 2010, le surf business tremble. Kelly Slater claque la porte de son sponsor historique, et un vent d’exode souffle sur l’industrie. C’est lors d’un trip mémorable avec le magazine Monster Children que l’étincelle jaillit. Le regretté Dylan Rieder — l’un des skateurs les plus influents de l’histoire, alors en rémission — pousse Dane Reynolds, Craig Anderson et Austin Gillette à s’unir. L’idée ? Créer une marque indépendante, à l’esthétique brute, loin des logos néons et des plans marketing standardisés des majors de l’époque.

    « À l’époque, j’ai pensé : deux surfeurs ultra-influents qui font des fringues stylées… comment ça pourrait foirer ? », balance Craig Anderson.

    La réponse ne s’est pas fait attendre. Sans aucune notion de trésorerie, de flux de trésorerie ou de prévisions de ventes, l’équipe fonctionne à l’instinct. Ils dessinent une collection, raclent leurs fonds de tiroirs pour la produire, vendent tout en quelques jours, puis passent des mois sans le moindre produit en stock. Pire : l’équipe recrute des amis créatifs, qui embauchent d’autres amis, qui appellent eux-mêmes leurs potes.

    « Un jour, tu réalises que tu es endetté jusqu’au cou »

    Le réveil est brutal. Dix-huit mois après le lancement, un proche examine les comptes et pose des questions basiques sur la situation financière de la marque. Réponse des fondateurs : un silence total. « Mec, tu n’as pas un business là, tu as juste une idée », leur balance-t-il.

    Former est alors asphyxié par une ardoise qui grimpe rapidement à plus de 120 000 dollars. Les comptes tournent sur les cartes de crédit personnelles des surfeurs. Alors que les investisseurs initiaux s’éloignent, Dane Reynolds refuse de laisser mourir le projet. Il rapatrie les cartons de vêtements dans son propre garage. Pendant un an et demi, les deux icônes du free surf mondial triment dans l’ombre pour éponger les dettes, poussées par l’énergie de leurs proches qui gèrent de petites boutiques indépendantes en solo.

    Aujourd’hui basé à Ventura, le projet a survécu à la fameuse crise des cinq ans qui fauche la moitié des jeunes entreprises. Mais le combat reste quotidien face aux retards de livraison des fournisseurs et aux cycles de vente manqués. Dix ans après, l’esprit est resté intact, presque par miracle : pour rider chez Former, il faut encore être prêt à poser son matelas sur le béton du hangar.

  • Quand Dane Reynolds sublime le style de Craig Anderson : Le Chili version « Extended Cut »

    Quand Dane Reynolds sublime le style de Craig Anderson : Le Chili version « Extended Cut »

    Qu’obtient-on quand on confie les rushes d’un mois de session au Chili à l’un des meilleurs surfeurs de la planète ? La réponse tient en une vidéo qui vient de bousculer mon planning du jour : Defective Units Vol.1. Derrière les manettes, on retrouve Dane Reynolds, qui a pris le temps de sculpter chaque séquence pour mettre en lumière son ami de longue date, Craig Anderson, et le talent brut de Benny Howard.

    Un montage signé Reynolds : Plus qu’une simple vidéo de surf

    Ce n’est pas un secret, la patte de Dane Reynolds au montage est aussi unique que son virage backside. Pour cet édit de la marque Former, le Californien délaisse l’efficacité rapide des réseaux sociaux pour un format long qui « laisse respirer les moments ». Craig Anderson le confirme : « J’adore l’énergie que Dane apporte. Ses choix musicaux, sa vision… il ne se contente pas d’aligner des vagues, il capture l’âme d’un voyage. »

    Le chili est le pays des gauches, et cette vidéo en est la preuve. Pas une seule droite…

    Entre sessions épiques et galères réelles

    Le trip, qui s’est déroulé sur un mois entier sur la côte chilienne, a permis à l’équipe de s’immerger totalement dans la culture locale, entre barbecues improvisés et bières avec les figures du coin comme Punto (nouvelle recrue de chez Former). Mais le surf de haut niveau a son prix. Alors que les vagues commençaient enfin à pomper sérieusement, Craig Anderson s’est lourdement blessé à la cheville lors de l’avant-dernier jour. Un diagnostic sans appel : une syndesmose (déchirure entre le tibia et le péroné) qui l’a tenu éloigné des planches pendant quatre mois.

    Benny Howard : Du camion au line-up

    L’autre star de ce clip, c’est Benny Howard. L’Australien, qui passait jusque-là ses journées au volant de camions sur la Hume Highway, a posé ses valises chez Noa Deane pour se consacrer pleinement au surf. Son style puissant et ses trajectoires engagées prouvent que Dane Reynolds a eu l’œil juste en l’intégrant au projet.

    Cette vidéo n’est qu’un avant-goût. Former a déjà annoncé que le film complet, Defect, entamera sa tournée mondiale en juin prochain avant une sortie en ligne en juillet. Si vous aimez le surf qui a du style, de la texture et une vraie narration, cet édit est votre priorité de la journée.

  • Dane Reynolds, le retour du feu sacré

    Dane Reynolds, le retour du feu sacré

    Il y a des jours où l’on hésite. La combi encore humide de la veille, le vent qui pique un peu trop fort, la marée qui n’est « pas parfaite »… Et puis on tombe sur la dernière vidéo de Dane Reynolds, 83 S Palm Street, et tout s’éclaire : il suffit d’un surfeur qui s’enflamme pour rallumer la mèche chez nous tous.

    Car oui, Dane est de retour. Pas juste sur un shortboard, mais avec cette intensité qui faisait de lui une légende malgré lui. À 40 ans, le Californien semble avoir retrouvé ce qu’il avait laissé filer entre les obligations, les affaires et la vie de famille : l’envie brute de détruire des vagues.

    Pourquoi la vidéo s’appelle 83 S Palm Street, parce que c’est l’adresse du surf shop de Dane Reynolds à Ventura, et je vous avoue que je rêverai de my rendre et d’y penser un peu de temps à discuter avec le propriétaire du lieu.

    Un comeback à la Dane Reynolds

    La nouvelle production de Chapter 11, la structure qu’il a fondée à Ventura, n’a rien d’un simple « edit ». C’est un petit film de 17 minutes, un condensé de ce que le surf a de plus pur : du style, du flow, de la violence dans les turns et cette impression que Dane surfe toujours aussi bien, un style à part, reconnaissable malgré quelques kilos en trop par rapport à la grande époque. (on l’a connu plus gros dans le passé, lol)

    Son fidèle acolyte Hunter Martinez, derrière la caméra, résume tout :

    « Même ses kickouts sont agressifs. Il se lève à 6 h pour checker les vagues. C’est le Dane que j’admirais gamin. »

    Après des mois d’absence et d’énergie dispersée, Dane s’est remis à ramer à l’aube, à traquer la moindre session. C’est un peu comme si l’un des surfeurs les plus influents des années 2010 refusait soudain d’accepter le déclin. Et ça, ça fait du bien.

    Quand la passion revient frapper à la porte

    Il y a quelque chose de profondément humain dans ce retour : ce moment où un surfeur, quel qu’il soit, sent à nouveau le besoin de se confronter à l’océan.
    Parce qu’on a tous connu cette phase : on regarde les prévisions, on trouve toujours une excuse, et puis un jour, on se surprend à rouvrir la housse, à vérifier le leash, à y aller « juste pour voir ».

    Dane, c’est ça, puissance mille. Un gars qui a tout connu — les podiums, les sponsors, les enfants, la routine — et qui revient, simplement parce qu’il a besoin de sentir la planche vibrer sous ses pieds.

    La preuve qu’on ne surfe jamais vraiment pour les autres

    Dans 83 S Palm Street, on sent qu’il n’y a plus rien à prouver. Il surfe, parce qu’il aime surfer, pour le plaisir et n on la performance à tout prix.
    Et c’est exactement ce qu’on attendait.

    Dane n’a jamais été le surfeur le plus lisse. Il n’a jamais cherché à plaire. Et c’est sans doute ce qui fait qu’aujourd’hui, en 2025, il inspire encore autant. Il nous rappelle que le surf n’a rien à voir avec les scores, ni les likes, ni les vues. C’est une affaire d’instinct, de pulsion et de plaisir

    Alors si tu hésitais à aller à l’eau ce matin, si tu pensais que le vent était un peu trop side ou la marée trop haute, fais-toi une faveur : regarde 83 S Palm Street, enfile ta combi, et rame.
    Parce que si Dane Reynolds peut retrouver le feu à 40 ans, toi aussi, tu peux le rallumer aujourd’hui.