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  • Une journée de tubes mémorable à Pipeline pour les Français

    Une journée de tubes mémorable à Pipeline pour les Français

    Encore une belle journée de surf à Banzai Pipeline, du genre à rappeler pourquoi cette vague reste le juge de paix ultime du surf mondial. On savait que ce serait solide, puissant, engagé. Il y avait même une petite crainte : trop gros, trop désordonné, ou gâché par un vent de shore capricieux. Finalement, rien de tout ça. Les organisateurs ont eu le nez fin : conditions exigeantes mais surfables, et surtout un spectacle XXL jusqu’au terme de la compétition masculine du Lexus Pipe Challenger Presented by Billabong.

    Des tubes, des vraies prises de risque, et une intensité constante. Pipeline a parlé. Et les surfeurs ont répondu.

    Les Français brillent dès les 32es de finale

    C’est sans doute l’un des grands enseignements de cette journée : les trois Français engagés se qualifient avec autorité pour les quarts de finale, dans des séries loin d’être simples. Une performance collective remarquable, surtout dans des conditions où l’erreur se paie cash.

    Kauli Vaast, la confirmation dans le tube

    Aucune surprise ici. Kauli Vaast est reconnu comme l’un des meilleurs tube riders de sa génération, et il l’a encore prouvé à Pipeline. Lecture impeccable, engagement total, et surtout cette capacité à choisir LA bonne vague. Dans un heat ultra relevé, il sort des tubes propres, profonds, notés. Pipeline ou Backdoor lui vont bien, tout simplement.

    Jorgann Couzinet, la révélation

    Là, on parle clairement de la surprise française de la compétition. Son histoire avec Hawaii est compliquée : par le passé, Jorgann avait déjà laissé filer une qualification au CT à Sunset, éliminé prématurément alors qu’il était presque qualifié. Cette fois, le scénario est inversé.

    Il arrive à Pipeline avec beaucoup de retard au classement Challenger Series, peu de chances mathématiques… et il surfe libéré. Résultat : des choix justes, une gestion intelligente du line-up, et surtout une vraie solidité mentale. Quoi qu’il arrive pour la qualification finale, il a clairement débloqué quelque chose ici à Hawaii.

    Charly Quivront, le show

    En 32es, Charly Quivront régale. Un énorme tube à Pipe, engagé, propre, sans grab, parfaitement exécuté. Le genre de vague qui fait lever le public et rappelle que Charly est capable de performances spectaculaires sur les vagues de récif.

    Un quart de finale 100 % haute tension… et presque 100 % bleu-blanc-rouge

    Le tirage offre une série complètement folle : Kauli Vaast, Jorgann Couzinet, Charly Quivront, face au local Joey Johnston. Pipeline, des Français, un local affûté : ambiance électrique.

    Couzinet impérial

    Jorgann Couzinet surfe sa série comme un patron. Calme, précis, opportuniste. Il termine largement en tête, une nouvelle fois, confirmant que son parcours n’a rien d’un accident.

    Le crève-cœur Vaast

    Derrière, le scénario est cruel. Joey Johnston et Kauli Vaast terminent avec le même total : 12,20 points. La différence ? La meilleure vague. Johnston sort un 6,77, contre un 6,00 pour Vaast. En compétition, ce détail suffit à faire basculer une carrière.

    C’est frustrant, d’autant plus que Kauli avait clairement le niveau pour aller plus loin. Cela dit, un quart de finale à Pipe, dans ces conditions, reste un très gros résultat. Kauli Vaast valide son ticket pour le CT. Une demi-finale aurait été la cerise, mais l’essentiel est là.

    Charly Quivront s’arrête également à ce stade, après une série intense, sans démériter.

    Demi-finale à Pipeline : Couzinet défie les pronostics

    Soyons honnêtes : personne n’avait mis Jorgann Couzinet en demi-finale à Pipeline, surtout avec les prévisions de gros swell. Et pourtant. Il y est. Une performance énorme, presque irréelle sur le papier.

    Est-ce suffisant pour décrocher la qualification au CT ? Rien n’est encore joué. Il reste un gap avec le Top 10, et une dernière étape en Australie. Mais attention : la vague peut lui convenir, et cette confiance nouvelle pourrait tout changer.

    Quoi qu’il arrive, cette demi-finale à Pipe marquera un tournant dans sa carrière.

    Robson sacré, Pipeline fidèle à sa légende

    Devant, Callum Robson s’impose au terme d’une finale solide face à Morgan Cibilic, Griffin Colapinto et Eli Hanneman. Une victoire qui relance complètement Robson dans la course au CT, tandis qu’Hanneman valide officiellement sa requalification devant son public.

    Pipeline, une fois encore, n’a rien donné gratuitement. Mais elle a offert une journée de surf spectaculaire, des trajectoires qui se dessinent, et une certitude : le surf français a clairement franchi un cap à Hawaii.

  • Pipeline comme on l’aime : une soirée de surf rare et un carton français

    Pipeline comme on l’aime : une soirée de surf rare et un carton français

    Une soirée presque parfaite sur le Challenger Series

    Il y a des soirées de compétition que l’on regarde distraitement, et d’autres qui rappellent pourquoi on aime profondément le surf de compétition.
    La nuit passée sur le Banzai Pipeline fait clairement partie de la seconde catégorie.

    Des vagues propres, ni trop grosses ni trop petites, un vent offshore bien calé, des lignes lisibles à Backdoor comme à Pipeline… Bref, des conditions presque idéales, plus proches de ce que l’on voit habituellement sur le Championship Tour que sur les Challenger Series.
    Un luxe rare, encore plus à ce stade de la saison.

    Et quand le décor est parfait, le surf suit.

    @icones_surf pipeline lexus pro jour 3 #surfing #surfer #waves #surfers #surf #wsl ♬ son original – Icônes Surf, le média en ligne

    Une démonstration française à Pipeline

    Cette soirée avait aussi une saveur particulière côté tricolore.
    Trois Français à l’eau, trois qualifications, et surtout des performances solides, intelligentes et engagées dans une vague qui ne pardonne rien.

    Kauli Vaast, sérieux candidat au CT

    En lice pour une qualification sur le CT, Kauli Vaast a rappelé pourquoi il est aujourd’hui l’un des surfeurs les plus dangereux dans les vagues tubulaires.
    Sur une série pourtant peu fournie en opportunités, le Tahitien a su rester patient avant de trouver la droite qu’il attendait à Backdoor, puis une seconde vague décisive en fin de heat.

    Un surf propre, sans précipitation, parfaitement maîtrisé, qui lui permet de signer le meilleur total de la journée et de se replacer idéalement au classement général.
    Après cette victoire de série, Vaast se rapproche encore un peu plus de son objectif : intégrer le CT.

    Jorgann Couzinet, la surprise qui n’en est plus une

    C’est peut-être la performance qui a le plus marqué la soirée.
    Jorgann Couzinet, au parcours atypique et longtemps privé de véritables campagnes hawaïennes, a livré une démonstration de maîtrise dans les tubes de Pipeline.

    Dès sa première vague, un take-off engagé et un tube parfaitement négocié donnent le ton.
    Loin de subir la série, Couzinet la contrôle, éliminant au passage Samuel Pupo, pourtant deuxième du classement Challenger Series avant ce round.

    Une prestation qui confirme une progression évidente et qui replace Jorgann comme un sérieux outsider pour la suite de la saison, même si la route vers le CT reste encore longue.

    Charly Quivront, opportuniste et efficace

    Dans cette même série, Charly Quivront n’a rien lâché.
    Très intelligent tactiquement, il a longtemps contenu Samuel Pupo avant d’aller chercher le tube décisif en fin de heat.

    Résultat : une deuxième place méritée et une qualification de plus pour le clan français.
    Un sans-faute collectif qui fait du bien au moral… et au classement.

    Les autres faits marquants de la journée

    La journée a également été marquée par plusieurs performances de haut vol :

    • Mikey McDonagh a fait exploser les compteurs avec un 9,50 à Backdoor, meilleure vague de l’événement jusqu’ici.
    • Taro Watanabe, dos au mur, a trouvé un tube salvateur dans les dernières minutes pour renverser sa série.
    • Lucas Silveira a sorti le grand jeu face à Barron Mamiya, prouvant une nouvelle fois qu’il a l’étoffe d’un futur rookie du CT.
    • Les locaux hawaïens, à l’image de Joey Johnston et Benji Brand, ont continué à jouer les trouble-fête en éliminant plusieurs têtes de série.

    Même les stars du CT, comme Griffin Colapinto ou Seth Moniz, ont dû s’employer sérieusement pour passer ce premier vrai test à Pipeline.

    Une suite de compétition sous haute tension

    Si cette soirée restera comme l’un des temps forts de l’événement, la suite s’annonce beaucoup plus délicate.
    Il reste encore 29 séries à disputer, hommes et femmes confondus, de 25 à 30 minutes.

    Surtout, les prévisions météo inquiètent :
    houle massive, vents onshore annoncés, journées potentiellement hors de contrôle avant un possible retour de l’offshore pour le final.

    Dans ce contexte, les surfeurs à l’aise dans le gros, les tubes engagés et les conditions chaotiques pourraient tirer leur épingle du jeu.
    Un scénario qui semble plutôt favorable à Kauli Vaast, plus incertain pour d’autres Français.

    Une chose est sûre : à Pipeline, rien n’est jamais acquis.

  • Challenger Series à Pipeline : le moment de vérité pour Kauli Vaast

    Challenger Series à Pipeline : le moment de vérité pour Kauli Vaast

    Pipeline n’est jamais une étape comme les autres. Mais cette année, le Lexus Pipe Challenger prend une dimension particulière pour les surfeurs engagés dans la course au Championship Tour 2026. À deux compétitions de la fin du calendrier Challenger Series, chaque série compte, chaque vague peut faire basculer une carrière. Et pour Kauli Vaast, l’enjeu est clair : se rapprocher, voire verrouiller définitivement, sa place parmi l’élite mondiale.

    Pipeline, juge impitoyable de la course au CT

    Organiser l’avant-dernière étape des Challenger Series à Pipeline, c’est accepter une part d’imprévisible. Tubes massifs, take-offs critiques, reef ultra-shallow : la vague hawaïenne ne pardonne rien. Elle ne récompense ni les calculs ni la prudence excessive, mais l’engagement pur et la lecture instinctive. C’est une vague qui demande de l’expérience et une science du tube.

    Cette étape arrive à un moment charnière de la saison. Sur les 10 places qualificatives chez les hommes et 7 chez les femmes, seules deux certitudes existent à ce stade.

    Kauli Vaast, une qualification à portée de main

    Actuellement 6e du classement Challenger Series, Kauli Vaast aborde Pipeline en position de force. Son surf dans les tubes à Teahupoo, sa gestion des sections critiques et son calme sous pression font de lui l’un des prétendants sérieux à la victoire. Une demi-finale à Pipeline suffirait à le qualifier mathématiquement et officiellement pour le CT 2026.

    Même sans atteindre ce stade, un résultat solide permettrait au Tahitien d’aborder la dernière étape australienne avec un net avantage, et surtout sans pression excessive. Pipeline n’est donc pas une obligation absolue… mais une occasion en or.

    Tya Zebrowski déjà qualifiée, objectif titre

    Chez les femmes, Tya Zebrowski a déjà validé son ticket pour le Championship Tour 2026. Pour elle, l’enjeu est ailleurs : la lutte pour le titre Challenger Series, face notamment à la Portugaise Yolanda Hopkins. Pipeline est une vague difficile pour les femmes, et encore plus pour une jeune fille de 14 ans. On sait qu’elle est à l’aise dans les tubes, mais à quel point, sur une vague aussi exigeance.

    Une pression maximale pour les autres Français

    Derrière Kauli Vaast, la marge est beaucoup plus fine. Jorgann Couzinet, actuellement hors du Top 10, doit impérativement signer deux grosses performances consécutives s’il veut encore y croire. Pipeline, dans ce contexte, peut être soit un accélérateur… soit un couperet.

    Un plateau relevé digne d’un CT

    Ce qui rend cette étape encore plus délicate, c’est le niveau du plateau. Spécialistes locaux, surfeurs du CT venus se frotter aux barrels du North Shore, et prétendants des challengers affamés se retrouvent dans un même tableau. À Pipeline, le classement importe peu : seule la capacité à prendre les bonnes vagues au bon moment fait la différence.

    Classement Challenger Series – focus sur les Français

    Messieurs

    • 6. Kauli Vaast (France) – 19 800 pts
    • 20. Jorgann Couzinet (France) – 10 785 pts
    • 48. Charly Quivront (France) – 5 500 pts
    • 53. Maxime Huscenot (France) – 4 600 pts
    • 65. Justin Becret (France) – 3 100 pts
    • 95. Renan Grainville (France) – 250 pts

    Dames

    • 2. Tya Zebrowski (France) – 33 375 pts (Q)
    • 26. Tessa Thyssen (France) – 8 900 pts
    • 29. Kiara Goold (France) – 8 445 pts
    • 42. Vahine Fierro (France) – 4 745 pts (Q)
  • John John Florence signe un retour magistral en compétition à Pipeline

    John John Florence signe un retour magistral en compétition à Pipeline

    La nuit dernière, à Hawaï, le surf mondial a assisté à une scène aussi symbolique que spectaculaire : John John Florence de retour en compétition, chez lui, à Pipeline et Backdoor, sur la vague qui a façonné sa légende. À l’occasion du Florence Pipe Pro Presented by HTA, un QS 2000 sponsorisé par sa propre marque, le triple champion du monde a rappelé à tout le monde pourquoi son nom reste indissociable de Banzai Pipeline.

    Dans des conditions propres, avec des vagues de quatre à six pieds et un vent parfait pour ouvrir les tubes, Florence a livré un véritable récital dès son entrée en lice en Round of 64.

    John John Florence, un retour au sommet et sans retenue

    Aligné en Heat 16, John John Florence n’a pas perdu de temps. Très rapidement, il s’engouffre profond dans un tube de Backdoor, ressort avec vitesse et contrôle, puis tente presque de conclure la vague par un énorme air. Note : 9,33. Le message est clair.

    Il enchaîne avec un second tube massif, parfaitement négocié, noté 8,77, pour un total de 18,10, l’un des meilleurs scores de la compétition. À Pipeline, ce genre de performance ne trompe personne : Florence est chez lui, en confiance, et visiblement heureux d’être de retour avec un jersey.

    Au-delà du résultat brut, c’est surtout l’attitude qui marque. Détendu, souriant, fluide, John John surfe comme quelqu’un qui n’a rien à prouver, mais beaucoup à partager. Sponsoriser l’événement avec ses frères Ivan et Nathan, tout en y participant, ajoute une dimension presque irréelle à ce comeback.

    Pipeline n’était pas qu’un terrain de jeu cette nuit-là : c’était le théâtre d’un retour chargé de sens.

    Les Français et Tahitiens bien présents dans le tableau

    Si Florence a capté tous les regards, les surfeurs français/tahitiens ont eux aussi marqué cette journée sur une vague où l’engagement est non négociable.

    Kauli Vaast a parfaitement tenu son rang. Le champion olympique en titre a remporté son heat avec autorité, démontrant une lecture très juste de Backdoor et une aisance de plus en plus évidente dans les tubes hawaiiens. Une performance solide qui confirme qu’il a de plus en plus d’expérience sur une vague plus capricieuse que Teahupoo.

    Sa petite soeur, Aelan Vaast s’est illustrée de belle manière chez les femmes, en remportant son quart de finale et en décrochant sa place pour les demi-finales. Une performance importante sur un spot aussi exigeant que Pipeline, où l’expérience et la précision font toute la différence. Après sa performance sur la vague de Sunset, on attend beaucoup d’elle.

    Toujours côté Polynésie française, Kéo Tamatoa Chabrier et Tereva David ont livré des prestations engagées face à une concurrence relevée, dans un tableau masculin particulièrement dense. Les Tahitiens aiment les vagues tubulaires et puissantes et ils sont en train de le démontrer lors de cette édition.

    Un événement à part dans le calendrier WSL

    Le Florence Pipe Pro n’est pas un QS comme les autres. Entre Pipeline, Backdoor, des conditions propres, un plateau relevé mêlant anciens CT, espoirs locaux et internationaux, et la présence de figures majeures comme John John Florence ou Carissa Moore, l’événement dégage une atmosphère unique.

    La suite de la compétition s’annonce tout aussi passionnante, avec un tableau désormais verrouillé et une possible Finals Day en ligne de mire. Une chose est sûre : le retour de John John Florence n’est pas symbolique, il est compétitif.

    Et à Pipeline, cela suffit à faire vibrer toute la planète surf.

  • L’hiver débarque à Hawaii : Liam McNamara relance le Wave of the Winter pour un North Shore déjà en feu

    L’hiver débarque à Hawaii : Liam McNamara relance le Wave of the Winter pour un North Shore déjà en feu

    L’hiver hawaiien vient à peine de commencer que le North Shore rugit déjà comme un moteur au redémarrage. Les premiers gros swells ont frappé Oahu, réveillant Pipeline, Backdoor et Off the Wall dans leur version la plus brutale. Comme chaque année, la saison promet d’être sauvage, mais cette fois, un ingrédient mythique revient dans l’équation : le Wave of the Winter. Et c’est Liam McNamara, légende du Pipe des années 80 et 90, qui signe son grand retour.

    Le prix le plus démocratique du surf refait surface

    Depuis les années 2000, le Wave of the Winter récompense une chose simple et pure : la meilleure vague de l’hiver, celle qui fait hurler toutes les team houses alignées le long de la Kamehameha Highway. Une récompense qu’un champion du monde peut partager avec un inconnu. Un prix où la hiérarchie ne tient plus que sur une seule chose : le courage et la chance.

    Disparu depuis presque cinq ans, ce trophée revient grâce à une initiative indépendante menée par Liam McNamara, épaulé par Jeff Hall (Rogue TV) et Jake Howard (Surfer Mag). Sans les marques corporate, sans le bruit marketing : juste la communauté. Résultat : plus de 100 000 dollars levés auprès d’une vingtaine de petites entreprises, toutes prêtes à remettre le surf hawaïen là où il doit être — dans les mains de ceux qui risquent leur peau.

    Pipeline, Backdoor, Off the Wall : les arènes sont prêtes

    Le North Shore est souvent caricaturé, mais la vérité dépasse toujours la légende. À peine huit kilomètres de côte concentrent la violence de l’océan Pacifique, la densité de surfeurs la plus folle du monde et une atmosphère électrique où tout se joue en quelques secondes. Pipeline est au centre du cyclone : la vague la plus belle, la plus célèbre, la plus dangereuse.

    Les premiers swells de la saison ont déjà montré les dents. Les locaux parlent d’un hiver potentiellement énorme. Et comme le rappelle Liam, une vague iconique peut venir de n’importe où : un carve à Haleiwa, un 720 à Rocky Point, un barrel interminable à Sunset… voire un Mason Ho sorti de nulle part en train de kickflip par-dessus un rocher.
    À Hawaii, tout peut arriver.

    Une récompense pensée pour les surfeurs, par les surfeurs

    Le nouveau Wave of the Winter est plus ambitieux que jamais. Le lauréat de l’hiver recevra 25 000 $ pour un unique ride. Chaque mois, trois surfeurs et trois cameramen seront récompensés, avec un minimum de 5 000 $ pour la Wave of the Month. Une prime spéciale de 5 000 $ distinguera même un First Responder (quelqu’un qui portera assistante à un surfeur en difficulté), ces héros du quotidien qui veillent sur les line-ups et ont, dans le cas de McNamara, sauvé la vie de son propre fils.

    Les vagues prises en compétition ne compteront pas, une décision qui renforce l’esprit pur et brut du prix. Exit les heats. Exit les priorités. Ici, le jury, composé notamment de Nathan Fletcher, pourrait couronner un inconnu tout autant qu’un John John Florence.

    Les favoris ? Le hasard reste roi

    Lorsque Nathan Florence — vainqueur du prix 2017/2018 — évoque ses favoris, il rappelle une vérité simple : le Wave of the Winter, c’est la loterie du chaos. Être au bon endroit au bon moment. Avoir l’audace d’aller sur une vague “borderline insurfable”. Et surtout, réussir à en sortir.

    John John Florence et Barron Mamiya, présents toute la saison avant le lancement du tour en avril, font figure de candidats naturels. Jamie O’Brien, lui, peut prendre n’importe quelle vague, n’importe quand. Les Koa Rothman, Eli Olson et Ivan Florence sont des habitués de la hiérarchie locale, capables de se positionner pile là où il faut. Derrière eux, une armée de talents prêts à risquer la chute de leur vie pour décrocher la vague de l’hiver.
    Parmi eux : Eala Stewart, Kala Grace, Shion Crawford…

    Mais la vérité, c’est que tout reste ouvert.

    L’hiver 2025/2026 s’annonce incandescent

    La waiting period commence le 1ᵉʳ décembre et durera 90 jours. Et si l’on en croit les premières images, le premier swell pourrait déjà sortir une vague historique.

    La saison ne fait que commencer. Le concept est relancé. Les spots sont prêts. Les caméras tournent. Les chargeurs sont affûtés.
    L’hiver à Hawaii est officiellement là… et il s’annonce incandescent.

  • L’hiver hawaiien, l’objectif braqué sur le North Shore

    L’hiver hawaiien, l’objectif braqué sur le North Shore

    Quand l’hiver hawaiien démarre, tous les regards se braquent vers Oahu. C’est la saison où il faut briller, même quand les line-ups débordent d’énervés prêts à se jeter sur n’importe quel set. Et au centre du cyclone médiatique, il y a le North Shore, cette bande mythique où les spots s’enchaînent comme les perles d’un collier. De Waimea à Sunset, il n’y a même pas 5 kilomètres : un minuscule village étiré le long de la Kamehameha Highway, où tout le monde se croise, où tout le monde se connaît… et où tout se joue.

    Seule exception : Haleiwa, le centre humain du North Shore, un peu excentré mais indispensable, véritable cœur battant de cette côte qui fascine le monde entier.

    C’est ici que le réalisateur Connor Trimble a posé sa caméra pour son nouveau film Hometown Hype 2025. Un pari difficile : raconter un lieu déjà filmé, photographié et mythifié sous tous les angles.

    Un microcosme unique : la campagne agitée du surf mondial

    La magie du North Shore, c’est sa contradiction permanente. Sur le papier, c’est presque la campagne :

    • des coqs et des poules qui traversent la route en toute impunité,
    • une végétation luxuriante,
    • des maisons modestes noyées dans le vert,
    • ce leitmotiv local : “Keep the North Shore green”.

    Mais cette tranquillité n’existe que dans les cartes postales. Car la réalité du quotidien, c’est un mélange improbable :
    la Kamehameha Highway saturée de voitures,
    des parkings minuscules débordant de surfeurs,
    des foules sur le sable dès la moindre alerte de swell,
    et ce fameux Foodland, point de convergence absolu – on y croise autant de pros que de groms, tous en train de faire leurs courses entre deux sessions.

    Le tout, dominé par une caserne de pompiers qui veille sur l’un des écosystèmes marins les plus dangereux et exigeants du monde.

    Un regard neuf : filmer les gens plutôt que les vagues

    Trimble l’explique clairement : « Le North Shore est la Mecque du surf, mais sa vraie richesse dépasse largement les vagues. Ce sont les gens qui rendent cet endroit unique. »

    Loin des clichés surf porn ou des tubes héroïques déjà vus mille fois, il choisit de raconter la vie qui se joue entre les sets :

    • des locaux qui se connaissent tous,
    • des familles implantées depuis des générations,
    • des surfeurs qui partagent la même route, les mêmes supermarchés, les mêmes horaires de marée,
    • et une communauté soudée malgré l’effervescence permanente.

    Haleiwa, le pivot entre mythe et quotidien

    Le film nous ramène aussi à Haleiwa, cette petite ville attachante où tout converge. C’est ici que Trimble retrouve les visages familiers :

    • Mason Ho, l’âme solaire du North Shore,
    • Jamie O’Brien, quasi résident de Pipeline,
    • Brian Bielmann, œil et photographe légendaire,
    • Jon Pyzel, artisan des planches les plus convoitées,
    • Moona Whyte, incarnation parfaite du souffle hawaiien…

    À travers eux, Trimble montre ce que les touristes ne voient jamais : une culture, une intimité, une identité profondément vivante, qui perdure même lorsque les vagues s’endorment.

    Un hommage à une communauté qui vit dans le surf, mais pas que pour le surf

    Au final, ce film réussit là où tant d’autres échouent : il capte l’âme du North Shore.
    Oui, c’est le terrain d’essai le plus rude et le plus médiatisé du monde.
    Oui, tout y est serré, cher, bruyant, parfois épuisant.
    Mais ce qui fait vibrer cet endroit, c’est la communauté qui, malgré les coqs, le chaos de la route, les foules sur le sable et les swells monstres, continue de répéter :
    “Keep the North Shore green.”

    Un film qui rappelle que derrière les vagues, il y a avant tout une manière de vivre.

  • Deux prodiges tahitiennes brillent à Sunset Beach : Kiara Goold triomphe, Aelan Vaast confirme

    Deux prodiges tahitiennes brillent à Sunset Beach : Kiara Goold triomphe, Aelan Vaast confirme

    Il y a des moments où le surf féminin bascule dans une nouvelle ère. Ce week-end à Sunset Beach, deux jeunes talents tahitiens ont offert au monde une démonstration aussi éclatante que prometteuse. Kiara Goold, 15 ans à peine, a remporté le HTA Sunset Pro avec une maturité qui dépasse largement son âge, tandis que Aelan Vaast a signé un superbe parcours jusqu’en finale, confirmant son statut de surfeuse capable du meilleur… lorsqu’elle parvient à trouver la régularité qui lui manque encore parfois.

    En une seule journée, ces deux jeunes femmes ont rappelé que la Polynésie française n’est pas seulement une terre de vagues, mais un vivier inépuisable de talents.

    Kiara Goold : 15 ans, un tube à Sunset et une victoire historique

    La victoire de Kiara Goold n’est pas qu’un résultat brillant : c’est un signal envoyé à toute la planète surf. Sunset est une vague mythique, puissante, imprévisible, capable d’humilier n’importe quel surfeur adulte. Y gagner à 15 ans relève presque de l’incompréhensible. Pourtant, c’est exactement ce qu’a fait Kiara… et avec panache.

    Dès les premières minutes de la finale, la Tahitienne a donné le ton : un turn engagé, un placement impeccable… puis un vrai barrel à Sunset, parfaitement géré, récompensé par un 8,67, l’une des meilleures notes du contest. À 15 ans, elle a surfé Sunset comme si elle y était née.

    Ce n’est pourtant pas un miracle. Kiara est une prodige, déjà connue des initiés depuis deux ans :

    • À 13 ans, elle remportait le Stab High, la compétition d’airs la plus relevée au monde.
    • En 2024, elle atteignait déjà la finale du Sunset Pro.
    • En 2025, elle décroche une wildcard pour le Challenger Series.
    • À Sunset, elle affiche la meilleure totale de la compétition : 16,34.

    Aerials, tubes, turns engagés… Kiara possède une palette que peu de surfeuses de son âge — voire de son époque — maîtrisent. On parle beaucoup de Tya Zebrowski, qui rejoint le CT l’an prochain, mais Kiara pourrait bien être la prochaine bombe polynésienne à exploser sur la scène mondiale. Elle a la technique, le style, l’audace… et surtout un sang-froid déconcertant.

    Une vague technique qui ne pardonne pas : et pourtant, elle charge

    Ce qui impressionne le plus, ce n’est pas la note. Ni même la victoire. C’est la façon dont elle a surfé Sunset Point, une vague exigeante, irrégulière, qui demande autant de puissance que de lecture. Les plus grands champions le disent : la vague de Sunset ne se surfe pas, elle se comprend.

    Kiara ne s’est pas contentée de prendre la bonne vague : elle a chargé. Elle a lu les sections comme une surfeuse qui aurait vingt ans d’expérience. Elle a attaqué les murs avec agressivité, sans aucune hésitation. À cet âge-là, c’est absolument exceptionnel.

    Aelan Vaast : un parcours solide et une finale méritée

    Dans l’euphorie collective autour de la victoire de Kiara, il serait injuste de ne pas saluer la performance d’Aelan Vaast, finaliste et véritable pilier de cette génération tahitienne.

    Aelan a réalisé un parcours remarquable, notamment avec une demi-finale de haut niveau où elle domine Kiara. Oui, domine. Son total de 14,16 en demi-finale montre à quel point elle peut être explosive lorsqu’elle est connectée à la vague. Sa technique est fluide, son surf engagé, et elle possède une vraie élégance dans les transitions, héritée d’un style polynésien qui mélange puissance et grâce.

    Si Aelan n’a pas encore la régularité qui lui permettrait de franchir un palier supplémentaire, elle reste une surfeuse à très fort potentiel. Elle peut battre n’importe qui sur un bon jour, et ce résultat en finale à Sunset est là pour le rappeler.

    Pourquoi cette génération tahitienne est exceptionnelle

    L’explosion simultanée de Kiara Goold, Aelan Vaast et Tya Zebrowski n’est pas un hasard. La Polynésie française vit un âge d’or du surf :

    • Des vagues d’entraînement parmi les meilleures au monde.
    • Une culture du surf profondément ancrée dans la société.
    • Un niveau général extrêmement élevé dès le plus jeune âge.
    • Une aisance dans les tubes rarement égalée.

    Et surtout, une génération sans complexes, qui surfe contre les meilleures sans trembler. Les Tahitiennes sont en train d’imposer un nouveau standard : maturité précoce, technique moderne, aérial game, lecture des vagues puissantes, gestion des conditions lourdes. Kiara en est la preuve vivante.

    Sunset Beach : une rampe de lancement vers Haleʻiwa

    Le HTA Sunset Pro n’est que le début de la tournée hawaïenne (la fameuse Triple Crown). Kiara et Aelan seront de nouveau en lice à Haleʻiwa, une autre vague mythique, qui demande moins d’expérience que la vague de Sunset. Les surfeuses du CT seront présentes cette fois-ci. Et Kiara l’a dit elle-même : « Je suis super excitée de les affronter. »

    On la croit volontiers. Car si Sunset a révélé une championne, Haleʻiwa pourrait bien confirmer une future star.

  • Incident spectaculaire à Waikiki : un bateau échoué dans les vagues

    Incident spectaculaire à Waikiki : un bateau échoué dans les vagues

    Un swell XXL traverse le Pacifique

    Début août 2025, la planète surf a eu droit à un spectacle hors norme. Un swell massif, le même qui a frappé Teahupo’o juste avant la compétition WSL, a parcouru des milliers de kilomètres à travers le Pacifique. Ces trains de houle, générés par de puissantes dépressions au large, se propagent comme des vagues de fond, venant s’écraser des jours plus tard sur des rivages parfois très éloignés.
    À Hawaï, ce fut le cas sur la côte sud d’Oahu, notamment à Waikiki et Kewalos, spot réputé pour ses vagues accessibles… mais qui s’est transformé, le temps d’une journée, en un véritable champ de mines.

    Le chaos à Kewalos : un bateau en plein line-up

    Alors que les surfeurs se jetaient dans l’eau pour profiter des conditions XXL, une scène improbable s’est déroulée sous leurs yeux. Un bateau de 75 pieds, appartenant à la compagnie Atlantis Cruises, a tenté de franchir la passe du port de Kewalos.
    Malheureusement à cause de la forte houle, l’embarcation s’est retrouvée embarquer par une grosse vague… jusqu’à littéralement traverser le line-up. Certains témoins affirment qu’à un moment donné, le bateau a presque “posé un floater”, comme un surfeur sur une planche d’acier. Une image surréaliste, qui aurait pu tourner au drame si des surfeurs s’étaient trouvés sur sa trajectoire.

    Un échouage sans blessés, mais inquiétant

    Finalement, le bateau a fini sa course en s’échouant sur le récif de Kewalos.
    Heureusement, aucun passager ne se trouvait à bord : seuls deux membres d’équipage expérimentés, indemnes, tentaient de manœuvrer le navire. Atlantis Adventures a précisé qu’aucune fuite de carburant ni de pollution n’avait été constatée, et qu’ils travaillaient avec les autorités pour retirer le bateau sans endommager davantage le récif.
    Mais au-delà de la peur rétrospective, l’incident soulève la question de la fragilité de ces zones coralliennes. Déjà mises à mal par la fréquentation humaine et le réchauffement climatique, elles se retrouvent ici menacées par un accident évitable.

    Quand la règle du surf s’applique aussi aux bateaux

    Les surfeurs connaissent l’adage : “When in doubt, don’t go out” – si tu doutes, n’y va pas. Une maxime qui s’est révélée universelle : elle vaut aussi pour les capitaines de bateaux.
    Dans ce cas précis, la décision de tenter de franchir la passe malgré la houle s’est soldée par un échouage spectaculaire, heureusement sans conséquences humaines.
    Mais l’incident rappelle une évidence : face à la puissance de l’océan, la prudence n’est jamais de trop. Le swell qui relie Tahiti à Hawaï nous rappelle que la houle n’a pas de frontières, et qu’en mer comme au line-up, il vaut mieux parfois attendre que le calme revienne.