L’hiver hawaiien vient à peine de commencer que le North Shore rugit déjà comme un moteur au redémarrage. Les premiers gros swells ont frappé Oahu, réveillant Pipeline, Backdoor et Off the Wall dans leur version la plus brutale. Comme chaque année, la saison promet d’être sauvage, mais cette fois, un ingrédient mythique revient dans l’équation : le Wave of the Winter. Et c’est Liam McNamara, légende du Pipe des années 80 et 90, qui signe son grand retour.
Depuis les années 2000, le Wave of the Winter récompense une chose simple et pure : la meilleure vague de l’hiver, celle qui fait hurler toutes les team houses alignées le long de la Kamehameha Highway. Une récompense qu’un champion du monde peut partager avec un inconnu. Un prix où la hiérarchie ne tient plus que sur une seule chose : le courage et la chance.
Disparu depuis presque cinq ans, ce trophée revient grâce à une initiative indépendante menée par Liam McNamara, épaulé par Jeff Hall (Rogue TV) et Jake Howard (Surfer Mag). Sans les marques corporate, sans le bruit marketing : juste la communauté. Résultat : plus de 100 000 dollars levés auprès d’une vingtaine de petites entreprises, toutes prêtes à remettre le surf hawaïen là où il doit être — dans les mains de ceux qui risquent leur peau.
Le North Shore est souvent caricaturé, mais la vérité dépasse toujours la légende. À peine huit kilomètres de côte concentrent la violence de l’océan Pacifique, la densité de surfeurs la plus folle du monde et une atmosphère électrique où tout se joue en quelques secondes. Pipeline est au centre du cyclone : la vague la plus belle, la plus célèbre, la plus dangereuse.
Les premiers swells de la saison ont déjà montré les dents. Les locaux parlent d’un hiver potentiellement énorme. Et comme le rappelle Liam, une vague iconique peut venir de n’importe où : un carve à Haleiwa, un 720 à Rocky Point, un barrel interminable à Sunset… voire un Mason Ho sorti de nulle part en train de kickflip par-dessus un rocher.
À Hawaii, tout peut arriver.
Le nouveau Wave of the Winter est plus ambitieux que jamais. Le lauréat de l’hiver recevra 25 000 $ pour un unique ride. Chaque mois, trois surfeurs et trois cameramen seront récompensés, avec un minimum de 5 000 $ pour la Wave of the Month. Une prime spéciale de 5 000 $ distinguera même un First Responder (quelqu'un qui portera assistante à un surfeur en difficulté), ces héros du quotidien qui veillent sur les line-ups et ont, dans le cas de McNamara, sauvé la vie de son propre fils.
Les vagues prises en compétition ne compteront pas, une décision qui renforce l’esprit pur et brut du prix. Exit les heats. Exit les priorités. Ici, le jury, composé notamment de Nathan Fletcher, pourrait couronner un inconnu tout autant qu’un John John Florence.
Lorsque Nathan Florence — vainqueur du prix 2017/2018 — évoque ses favoris, il rappelle une vérité simple : le Wave of the Winter, c’est la loterie du chaos. Être au bon endroit au bon moment. Avoir l’audace d’aller sur une vague “borderline insurfable”. Et surtout, réussir à en sortir.
John John Florence et Barron Mamiya, présents toute la saison avant le lancement du tour en avril, font figure de candidats naturels. Jamie O’Brien, lui, peut prendre n’importe quelle vague, n’importe quand. Les Koa Rothman, Eli Olson et Ivan Florence sont des habitués de la hiérarchie locale, capables de se positionner pile là où il faut. Derrière eux, une armée de talents prêts à risquer la chute de leur vie pour décrocher la vague de l’hiver.
Parmi eux : Eala Stewart, Kala Grace, Shion Crawford…
Mais la vérité, c’est que tout reste ouvert.
La waiting period commence le 1ᵉʳ décembre et durera 90 jours. Et si l’on en croit les premières images, le premier swell pourrait déjà sortir une vague historique.
La saison ne fait que commencer. Le concept est relancé. Les spots sont prêts. Les caméras tournent. Les chargeurs sont affûtés.
L’hiver à Hawaii est officiellement là… et il s’annonce incandescent.