Cette journée brésilienne a soufflé le chaud et le froid sur le clan tricolore à Saquarema. Entre l’irrésistible ascension d’une prodige de 15 ans et une décision arbitrale litigieuse qui laisse un goût très amer, cette journée du VIVO Rio Pro 2026 restera gravé dans les mémoires.
Tya Zebrowski : La reine de Saquarema est Française
À seulement 15 ans, Tya Zebrowski n’en finit plus de bousculer la hiérarchie mondiale de l’élite. Opposée à l’Espagnole Nadia Erostarbe en demi-finale, la jeune rookie a livré un véritable récital de puissance, de fluidité et de timing. Sur un spot pourtant piégeux et changeant, Tya a fait parler son surf explosif sur le lip pour claquer un gros total de 14,84 points, laissant son adversaire en situation de combinaison pendant la majeure partie de la série.
Avec cette victoire éclatante, elle s’offre sa place pour une finale au sommet face à la Californienne Sawyer Lindblad (qui a éliminé Caroline Marks). Au passage, elle prend une option sur le titre mondial de Rookie of the Year.
Le coup de canif : Kauli Vaast éliminé dans la controverse
L’ambiance est devenue beaucoup plus lourde lors du quart de finale masculin opposant Kauli Vaast à Ethan Ewing. Dans un duel de pur power surfing, le Tahitien a sorti toute sa panoplie de carves appuyés et de trajectoires massives. Pourtant, c’est une note qui a mis le feu aux poudres : un 7,00 attribué à l’Australien pour un enchaînement de deux virages, jugé largement surévalué par les observateurs et les fans en feu sur les réseaux sociaux.
Malgré une réplique solide notée 6,17 et un gros air tenté dans les dernières secondes pour arracher la victoire, le champion olympique s’incline de justesse face à la glisse chirurgicale mais moins agressive d’Ewing. Une élimination frustrante tant le surfeur de Teahupo’o avait le rythme pour aller chercher le titre au Brésil.
Le spot de Saquarema a tremblé ce samedi 20 juin 2026. Alors que le public brésilien en ébullition attendait une démonstration de ses idoles locales pour cette 6e étape du Championship Tour (CT), ce sont deux surfeurs tricolores qui ont totalement volé la vedette. En éliminant des légendes absolues et des leaders mondiaux, Tya Zebrowski et Kauli Vaast ont signé une journée historique pour le surf français.
À 15 ans, Tya Zebrowski éteint la légende Carissa Moore
C’est l’image forte de ce VIVO Rio Pro. À seulement 15 ans, la plus jeune qualifiée de l’histoire du CT, Tya Zebrowski, vient de prouver qu’elle n’avait peur de personne. Après avoir écarté l’expérimentée Lakey Peterson au Round 2, la surfeuse tricolore retrouvait la quintuple championne du monde et médaillée d’or olympique, Carissa Moore, en quarts de finale.
Loin d’être intimidée par le palmarès de l’Hawaïenne, Tya a surfé avec une maturité déconcertante pour s’imposer largement (12.70 contre 7.77). Une revanche éclatante après leur dernier duel à Snapper Rocks.
« Elle m’avait battue là-bas, donc je ne voulais vraiment pas qu’elle recommence. J’ai juste essayé de rester concentrée sur mon propre surf. C’était une série incroyable et très stressante, mais je suis tellement heureuse », a confié la jeune prodige, qui se qualifie pour sa toute première demi-finale sur le CT face à l’Espagnole Nadia Erostarbe.
Kauli Vaast fait taire l’arène brésilienne en sortant le n°1 mondial
Chez les hommes, le défi qui attendait Kauli Vaast au Round 3 relevait presque de la mission impossible : affronter le champion du monde 2019 et actuel numéro 1 mondial, Italo Ferreira, devant des milliers de fans brésiliens hurlants sur la plage.
Dans la peau de l’underdog absolu, le champion olympique tahitien a fait preuve d’un sang-froid glacial. Grâce à un surf backside chirurgical et surpuissant, Vaast est parvenu à contrer la fougue de Ferreira sur ses propres terres. Un exploit retentissant qui propulse le rookie français en quarts de finale pour la troisième fois de la saison.
« C’est un super jeu mental d’essayer de rester froid, concentré, et de faire son truc. Être dans cette situation face aux meilleurs me motive énormément », a déclaré le Tahitien.
Au prochain tour, Kauli Vaast aura un autre immense morceau face à lui : l’Australien Ethan Ewing. La française Tya Zebrowski sera confrontée en demi finale à l’espagnole Nadia Erostarbe. Le rendez-vous est pris ce dimanche 21 juin pour un Finals Day qui s’annonce d’ores et déjà grandiose pour le clan français.
VIVO Rio Pro Presented by Corona Cero Women’s Round One (Heats 7-8) Results HEAT 7: Bella Kenworthy (USA) 10.10 DEF. Bettylou Sakura Johnson (HAW) 8.93 HEAT 8: Tatiana Weston-Webb (BRA) 11.00 DEF. Tyler Wright (AUS) 10.46
VIVO Rio Pro Presented by Corona Cero Women’s Quarterfinal Results HEAT 1: Tya Zebrowski (FRA) 12.70 DEF. Carissa Moore (HAW) 7.77 HEAT 2: Nadia Erostarbe (ESP) 15.83 DEF. Caitlin Simmers (USA) 12.23 HEAT 3: Caroline Marks (USA) 13.04 DEF. Gabriela Bryan (HAW) 11.90 HEAT 4: Sawyer Lindblad (USA) 12.86 DEF. Luana Silva (BRA) 12.26
VIVO Rio Pro Presented by Corona Cero Men’s Round Three Results HEAT 1: Jack Robinson (AUS) vs. Samuel Pupo (BRA) HEAT 2: Leonardo Fioravanti (ITA) vs. Liam O’Brien (AUS) HEAT 3: Morgan Cibilic (AUS) vs. Matthew McGillivray (RSA) HEAT 4: Joao Chianca (BRA) vs. George Pittar (AUS) HEAT 5: Italo Ferreira (BRA) vs. Italo Ferreira (BRA) Kauli Vaast (FRA) HEAT 6: Ethan Ewing (AUS) vs. Kanoa Igarashi (JPN) HEAT 7: Yago Dora (BRA) vs. Marco Mignot (FRA) HEAT 8: Callum Robson (AUS) def. Michael Pupo (BRA)
VIVO Rio Pro Presented by Corona Cero Women’s Semifinal Matchups HEAT 1: Tya Zebrowski (FRA) vs. Nadia Erostarbe (ESP) HEAT 2: Caroline Marks (USA) vs. Sawyer Lindblad (USA)
VIVO Rio Pro Presented by Corona Cero Men’s Quarterfinal Matchups HEAT 1: Samuel Pupo (BRA) vs. Leonardo Fioravanti (ITA) HEAT 2: Morgan Cibilic (AUS) vs. Joao Chianca (BRA) HEAT 3: Kauli Vaast (FRA) vs. Ethan Ewing (AUS) HEAT 4: Yago Dora (BRA) vs. Miguel Pupo (BRA)
Les Français ont fait le show dans les vagues puissantes de Saquarema. Lors du round 2 du Rio Pro, Kauli Vaast et Marco Mignot ont validé leur ticket pour le troisième tour, affichant chacun un surf aussi radical qu’intelligent.
Vaast comme à la maison
Opposé au Californien Crosby Colapinto, Kauli Vaast a dicté son rythme (13.73 contre 11.50). Sur les gauches brésiliennes, le Tahitien a fait parler sa puissance et son engagement, enchaînant notamment de gros laybacks. Dans des conditions solides balayées par un fort vent offshore, Vaast a déclaré se sentir presque « comme à la maison », profitant de sa meilleure session sur ce spot. De son côté, Colapinto, malgré une belle attaque backside au premier plan, s’est fait surprendre par une lèvre brésilienne fuyante et n’a pas pu combler son retard.
Mignot, le coup de maître tactique
Face à Barron Mamiya, Marco Mignot a livré une prestation de haut vol. Le Français a pris les commandes d’entrée grâce à un superbe air frontside full rotation parfaitement replaqué. En face, l’Hawaiien a misé son va-tout en cherchant des airs monstrueux, mais sans jamais trouver le replaquage.
C’est dans les cinq dernières minutes que Mignot a prouvé toute sa maturité sur le CT. Alors que Mamiya, après avoir pris une gauche sans potentiel, a fait appel au jet ski. Le but, étant de s’isoler du français en allant à l’opposer de Marco Mignot, qui a alors la priorité. Marco a entamé une énorme rame pour le marquer à la culotte. À trente secondes du buzzer, l’Hawaiien trouve l’opportunité espérée, mais Mignot, fort de sa priorité, lui coupe la route avec sang-froid. Une stratégie redoutable qui propulse le Français au tour suivant.
La folie s’empare d’El Salvador ! Le contingent tricolore fait vibrer le surf français sur cette étape du CT. Après la masterclass de Marco Mignot face à Yago Dora au tour précédent, c’est Kauli Vaast qui a dicté sa loi dans des vagues pourtant complexes.
Opposé au redoutable Brésilien Joao Chianca, le Tahitien a sorti le grand jeu pour s’imposer avec un score solide de 12,76 contre 10,76. Une victoire nette et sans bavure qui valide son billet pour le top 8.
Mais le véritable miracle du jour vient d’Italo Ferreira. Malgré une vilaine blessure et des points de suture tout frais, le champion olympique a surmonté la douleur pour éliminer Crosby Colapinto.
Le décor des quarts de finale est planté : Marco Mignot affrontera Leonardo Fioravanti, tandis que Kauli Vaast se mesurera à ce guerrier d’Italo. Le choc s’annonce légendaire !
Le souvenir d’Hossegor en 2019
La dernière fois que deux surfeurs tricolores ont atteint simultanément le Top 8 d’un événement de l’élite mondiale, c’était lors du Quiksilver Pro France 2019. À l’époque :
Jérémy Florès avait tracé sa route dans des tubes parfaits pour s’offrir une victoire historique à domicile.
Marc Lacomare, invité sur l’épreuve (wildcard), avait enflammé le public landais en se hissant lui aussi en quarts de finale (battu de justesse par Jack Freestone).
Patrick Florès, l’ancien coach des Bleus, a lâché un post acerbe sur les réseaux : « Les juges WSL ne changeront jamais ». Et il n’est pas le seul à s’étrangler devant le résultat de la série opposant Kauli Vaast à Jack Robinson sur la mythique gauche néo-zélandaise.
J’ai passé au crible ce heat. Au-delà de la frustration légitime des supporters, l’analyse technique du line-up met en lumière un traitement pour le moins douteux.
Le piège de Raglan : une opposition de styles
Nous étions exactement dans la configuration annoncée : de très petites conditions qui transforment le point break en véritable concours de rollers. Sur cette gauche au profil spécifique, les deux surfeurs exploitaient des armes différentes :
L’option backside pour Robinson : L’Australien (regular) pouvait taper verticalement directement dans la poche, la section la plus critique. C’est un paramètre que les juges survalorisent quasi-systématiquement.
L’option frontside pour Vaast : Face à la lèvre, le goofy a su apporter une vraie variation dans ses turns, en maximisant le potentiel d’une vague manquant cruellement d’épaule.
La bombe de Kauli, récompensée d’un 9 ? Une évidence. C’est la vague la plus longue, la mieux surfée avec de la variété en bonus, la meilleure vague de la série sans aucun doute.
Le poids du « rookie tax » ou « local tax »
La polémique se cache en réalité dans les autres scores de la série. Des dizièmes de point par ici, d’autres par là :
Le back-up de Kauli est sévèrement sous-évalué.
La dernière tentative de Jack bénéficie d’une notation extrêmement généreuse.
À l’arrivée, seuls 0,27 point séparent les deux hommes. Cet écart artificiel ressemble au fameux « rookie tax », ce bonus tacite accordé aux vétérans du CT avant même le coup de corne. Le meilleur score de Jack est noté uniquement de 0,83 pt de moins que Kauli
Le coup de grâce vient de la tour des juges. Avec quatre surfeurs français sur le WCT, nous n’avons aucun juge tricolore. Face à Kauli ce jour-là ? Un panel comptant trois Australiens prêts à évaluer leur compatriote. Je ne comprends pas pourquoi il y a un juge basque/espagnol, alors qu’il n’y a qu’une surfeuse sur le CT, et zéro juge français…..Tous ces détails participent aux doutes. Mais, au final, comme au rugby, il faut savoir respecter la décision des juges, même si c’est parfois difficile…
Difficile de parler de « rookie » pour un surfeur qui possède déjà une médaille d’or olympique et une finale à Teahupo’o au compteur. Pourtant, en ce mois d’avril 2026, Kauli Vaast fait officiellement ses premières armes en tant que membre permanent du Championship Tour (CT). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le baptême du feu est particulièrement piquant.
La loi du « 0,5 point »
Le Tahitien vient de publier le premier épisode de sa nouvelle série de vlogs, nous plongeant dans les coulisses de l’étape de Bells Beach. Ce qu’on y découvre, c’est la face cachée de la compétition de haut niveau : une préparation millimétrée, des heures de voyage et de sessions de « free surf » intensives, pour finalement voir tout s’écrouler en une seule série de 30 minutes.
Le constat est cruel : Kauli a entamé sa campagne 2026 avec deux éliminations consécutives, les deux fois par moins d’un demi-point d’écart. Dans ce nouveau format de la WSL où le droit à l’erreur n’existe plus (pas de tour de repêchage pour les têtes de série les plus basses), chaque micro-erreur se paie cash.
Apprendre à perdre pour mieux rebondir
« C’était un début d’année difficile, mais on apprend et on passe à la suite », confie Kauli avec une maturité désarmante. Pour un « goofy-footer » (pied droit devant), la tournée australienne et ses longues droites est un test de patience et de technique.
Si le prochain rendez-vous à Snapper Rocks s’annonce encore comme un défi stratégique, la suite de la saison devrait enfin jouer en sa faveur. Avec le retour de tubes massifs à Fidji, Tahiti et Pipeline, Kauli Vaast aura l’occasion de transformer cette frustration en performance pure. En attendant, son vlog offre une immersion rare dans le mental d’un champion qui apprend, dans la douleur, que le CT ne fait aucun cadeau, même aux rois de l’Olympe.
Après plusieurs jours de calme plat, la mythique cloche de Bells Beach a enfin résonné. Cette quatrième journée de compétition, marquée par une alternance entre le Bowl et le spot de Winkipop, a offert un scénario mitigé pour le clan tricolore. Si Marco Mignot a validé son ticket pour la suite avec brio, Kauli Vaast quitte prématurément Bells Beachavec un immense sentiment d’injustice.
Marco Mignot dompte Crosby Colapinto
Pour son entrée en lice, Marco Mignot n’a pas tremblé. Opposé à l’Américain Crosby Colapinto dans une série piégeuse sur des vagues de 1m20 à 1m50, le Français a fait preuve d’une maturité tactique. Avec un total de 11,83 points, il a su exploiter les sections les plus critiques du Bowl pour s’imposer. Mignot semble avoir trouvé le bon rythme sur ces longues droites australiennes, une victoire qui lui permet de rejoindre le Round 3 où il retrouvera le redoutable Yago Dora, champion du monde l’année précédente.
Le cauchemar de Kauli Vaast : éliminé pour 0,07 !
Le surf est parfois un sport de détails, et Kauli Vaast vient d’en faire la douloureuse expérience. Face à l’Italien Leonardo Fioravanti, le Tahitien a livré un duel de haute volée, tout en puissance et en flow. Malheureusement, le verdict des juges est tombé comme un couperet : 11,60 contre 11,67 pour Fioravanti. Pour seulement 0,07 point, le champion olympique voit son parcours s’arrêter net.
La déferlante brésilienne et les favoris au tapis
Derrière les performances françaises, la journée a été marquée par le réveil des brésiliens. Les champions du monde brésiliens ont fait la loi : Gabriel Medina, pour son grand retour sur le CT, a surclassé Alan Cleland, tandis que Filipe Toledo et Italo Ferreira ont également validé leur passage.
Cependant, Bells Beach ne pardonne pas aux imprudents. Le tenant du titre Jack Robinson a été éliminé par Samuel Pupo, suite à une interférence coûteuse. Chez les femmes, la sensation vient de l’élimination de la n°2 mondiale Caroline Marks, sortie par Alyssa Spencer (qui avait éliminé la française Tya au round 2). De son côté, la championne du monde en titre Molly Picklum a affiché ses ambitions en scorant un 16,50, le meilleur total de l’épreuve.
Prochain rendez-vous : Le « Call » est fixé à cette nuit pour la suite du Round 3, où Marco Mignot tentera de venger le clan français.
Encore une belle journée de surf à Banzai Pipeline, du genre à rappeler pourquoi cette vague reste le juge de paix ultime du surf mondial. On savait que ce serait solide, puissant, engagé. Il y avait même une petite crainte : trop gros, trop désordonné, ou gâché par un vent de shore capricieux. Finalement, rien de tout ça. Les organisateurs ont eu le nez fin : conditions exigeantes mais surfables, et surtout un spectacle XXL jusqu’au terme de la compétition masculine du Lexus Pipe Challenger Presented by Billabong.
Des tubes, des vraies prises de risque, et une intensité constante. Pipeline a parlé. Et les surfeurs ont répondu.
Les Français brillent dès les 32es de finale
C’est sans doute l’un des grands enseignements de cette journée : les trois Français engagés se qualifient avec autorité pour les quarts de finale, dans des séries loin d’être simples. Une performance collective remarquable, surtout dans des conditions où l’erreur se paie cash.
Kauli Vaast, la confirmation dans le tube
Aucune surprise ici. Kauli Vaast est reconnu comme l’un des meilleurs tube riders de sa génération, et il l’a encore prouvé à Pipeline. Lecture impeccable, engagement total, et surtout cette capacité à choisir LA bonne vague. Dans un heat ultra relevé, il sort des tubes propres, profonds, notés. Pipeline ou Backdoor lui vont bien, tout simplement.
Jorgann Couzinet, la révélation
Là, on parle clairement de la surprise française de la compétition. Son histoire avec Hawaii est compliquée : par le passé, Jorgann avait déjà laissé filer une qualification au CT à Sunset, éliminé prématurément alors qu’il était presque qualifié. Cette fois, le scénario est inversé.
Il arrive à Pipeline avec beaucoup de retard au classementChallenger Series, peu de chances mathématiques… et il surfe libéré. Résultat : des choix justes, une gestion intelligente du line-up, et surtout une vraie solidité mentale. Quoi qu’il arrive pour la qualification finale, il a clairement débloqué quelque choseici à Hawaii.
Charly Quivront, le show
En 32es, Charly Quivront régale. Un énorme tube à Pipe, engagé, propre, sans grab, parfaitement exécuté. Le genre de vague qui fait lever le public et rappelle que Charly est capable de performances spectaculaires sur les vagues de récif.
Un quart de finale 100 % haute tension… et presque 100 % bleu-blanc-rouge
Le tirage offre une série complètement folle : Kauli Vaast, Jorgann Couzinet, Charly Quivront, face au local Joey Johnston. Pipeline, des Français, un local affûté : ambiance électrique.
Couzinet impérial
Jorgann Couzinet surfe sa série comme un patron. Calme, précis, opportuniste. Il termine largement en tête, une nouvelle fois, confirmant que son parcours n’a rien d’un accident.
Le crève-cœur Vaast
Derrière, le scénario est cruel. Joey Johnston et Kauli Vaast terminent avec le même total : 12,20 points. La différence ? La meilleure vague. Johnston sort un 6,77, contre un 6,00 pour Vaast. En compétition, ce détail suffit à faire basculer une carrière.
C’est frustrant, d’autant plus que Kauli avait clairement le niveau pour aller plus loin. Cela dit, un quart de finale à Pipe, dans ces conditions, reste un très gros résultat. Kauli Vaast valide son ticket pour le CT. Une demi-finale aurait été la cerise, mais l’essentiel est là.
Charly Quivront s’arrête également à ce stade, après une série intense, sans démériter.
Demi-finale à Pipeline : Couzinet défie les pronostics
Soyons honnêtes : personne n’avait mis Jorgann Couzinet en demi-finale à Pipeline, surtout avec les prévisions de gros swell. Et pourtant. Il y est. Une performance énorme, presque irréelle sur le papier.
Est-ce suffisant pour décrocher la qualification au CT ? Rien n’est encore joué. Il reste un gap avec le Top 10, et une dernière étape en Australie. Mais attention : la vague peut lui convenir, et cette confiance nouvelle pourrait tout changer.
Quoi qu’il arrive, cette demi-finale à Pipe marquera un tournant dans sa carrière.
Robson sacré, Pipeline fidèle à sa légende
Devant, Callum Robson s’impose au terme d’une finale solide face à Morgan Cibilic, Griffin Colapinto et Eli Hanneman. Une victoire qui relance complètement Robson dans la course au CT, tandis qu’Hanneman valide officiellement sa requalification devant son public.
Pipeline, une fois encore, n’a rien donné gratuitement. Mais elle a offert une journée de surf spectaculaire, des trajectoires qui se dessinent, et une certitude : le surf français a clairement franchi un cap à Hawaii.
Une soirée presque parfaite sur le Challenger Series
Il y a des soirées de compétition que l’on regarde distraitement, et d’autres qui rappellent pourquoi on aime profondément le surf de compétition. La nuit passée sur le Banzai Pipeline fait clairement partie de la seconde catégorie.
Des vagues propres, ni trop grosses ni trop petites, un vent offshore bien calé, des lignes lisibles à Backdoor comme à Pipeline… Bref, des conditions presque idéales, plus proches de ce que l’on voit habituellement sur le Championship Tour que sur les Challenger Series. Un luxe rare, encore plus à ce stade de la saison.
Cette soirée avait aussi une saveur particulière côté tricolore. Trois Français à l’eau, trois qualifications, et surtout des performances solides, intelligentes et engagées dans une vague qui ne pardonne rien.
Kauli Vaast, sérieux candidat au CT
En lice pour une qualification sur le CT, Kauli Vaast a rappelé pourquoi il est aujourd’hui l’un des surfeurs les plus dangereux dans les vagues tubulaires. Sur une série pourtant peu fournie en opportunités, le Tahitien a su rester patient avant de trouver la droite qu’il attendait à Backdoor, puis une seconde vague décisive en fin de heat.
Un surf propre, sans précipitation, parfaitement maîtrisé, qui lui permet de signer le meilleur total de la journée et de se replacer idéalement au classement général. Après cette victoire de série, Vaast se rapproche encore un peu plus de son objectif : intégrer le CT.
Jorgann Couzinet, la surprise qui n’en est plus une
C’est peut-être la performance qui a le plus marqué la soirée. Jorgann Couzinet, au parcours atypique et longtemps privé de véritables campagnes hawaïennes, a livré une démonstration de maîtrise dans les tubes de Pipeline.
Dès sa première vague, un take-off engagé et un tube parfaitement négocié donnent le ton. Loin de subir la série, Couzinet la contrôle, éliminant au passage Samuel Pupo, pourtant deuxième du classement Challenger Series avant ce round.
Une prestation qui confirme une progression évidente et qui replace Jorgann comme un sérieux outsider pour la suite de la saison, même si la route vers le CT reste encore longue.
Charly Quivront, opportuniste et efficace
Dans cette même série, Charly Quivront n’a rien lâché. Très intelligent tactiquement, il a longtemps contenu Samuel Pupo avant d’aller chercher le tube décisif en fin de heat.
Résultat : une deuxième place méritée et une qualification de plus pour le clan français. Un sans-faute collectif qui fait du bien au moral… et au classement.
Les autres faits marquants de la journée
La journée a également été marquée par plusieurs performances de haut vol :
Mikey McDonagh a fait exploser les compteurs avec un 9,50 à Backdoor, meilleure vague de l’événement jusqu’ici.
Taro Watanabe, dos au mur, a trouvé un tube salvateur dans les dernières minutes pour renverser sa série.
Lucas Silveira a sorti le grand jeu face à Barron Mamiya, prouvant une nouvelle fois qu’il a l’étoffe d’un futur rookie du CT.
Les locaux hawaïens, à l’image de Joey Johnston et Benji Brand, ont continué à jouer les trouble-fête en éliminant plusieurs têtes de série.
Même les stars du CT, comme Griffin Colapinto ou Seth Moniz, ont dû s’employer sérieusement pour passer ce premier vrai test à Pipeline.
Une suite de compétition sous haute tension
Si cette soirée restera comme l’un des temps forts de l’événement, la suite s’annonce beaucoup plus délicate. Il reste encore 29 séries à disputer, hommes et femmes confondus, de 25 à 30 minutes.
Surtout, les prévisions météo inquiètent : houle massive, vents onshore annoncés, journées potentiellement hors de contrôle avant un possible retour de l’offshore pour le final.
Dans ce contexte, les surfeurs à l’aise dans le gros, les tubes engagés et les conditions chaotiques pourraient tirer leur épingle du jeu. Un scénario qui semble plutôt favorable à Kauli Vaast, plus incertain pour d’autres Français.
Une chose est sûre : à Pipeline, rien n’est jamais acquis.
Pipeline n’est jamais une étape comme les autres. Mais cette année, le Lexus Pipe Challenger prend une dimension particulière pour les surfeurs engagés dans la course au Championship Tour 2026. À deux compétitions de la fin du calendrier Challenger Series, chaque série compte, chaque vague peut faire basculer une carrière. Et pour Kauli Vaast, l’enjeu est clair : se rapprocher, voire verrouiller définitivement, sa place parmi l’élite mondiale.
Pipeline, juge impitoyable de la course au CT
Organiser l’avant-dernière étape des Challenger Series à Pipeline, c’est accepter une part d’imprévisible. Tubes massifs, take-offs critiques, reef ultra-shallow : la vague hawaïenne ne pardonne rien. Elle ne récompense ni les calculs ni la prudence excessive, mais l’engagement pur et la lecture instinctive. C’est une vague qui demande de l’expérience et une science du tube.
Cette étape arrive à un moment charnière de la saison. Sur les 10 places qualificatives chez les hommes et 7 chez les femmes, seules deux certitudes existent à ce stade.
Kauli Vaast, une qualification à portée de main
Actuellement 6e du classement Challenger Series, Kauli Vaast aborde Pipeline en position de force. Son surf dans les tubes à Teahupoo, sa gestion des sections critiques et son calme sous pression font de lui l’un des prétendants sérieux à la victoire. Une demi-finale à Pipeline suffirait à le qualifier mathématiquement et officiellement pour le CT 2026.
Même sans atteindre ce stade, un résultat solide permettrait au Tahitien d’aborder la dernière étape australienne avec un net avantage, et surtout sans pression excessive. Pipeline n’est donc pas une obligation absolue… mais une occasion en or.
Tya Zebrowski déjà qualifiée, objectif titre
Chez les femmes, Tya Zebrowski a déjà validé son ticket pour le Championship Tour 2026. Pour elle, l’enjeu est ailleurs : la lutte pour le titre Challenger Series, face notamment à la Portugaise Yolanda Hopkins. Pipeline est une vague difficile pour les femmes, et encore plus pour une jeune fille de 14 ans. On sait qu’elle est à l’aise dans les tubes, mais à quel point, sur une vague aussi exigeance.
Une pression maximale pour les autres Français
Derrière Kauli Vaast, la marge est beaucoup plus fine. Jorgann Couzinet, actuellement hors du Top 10, doit impérativement signer deux grosses performances consécutives s’il veut encore y croire. Pipeline, dans ce contexte, peut être soit un accélérateur… soit un couperet.
Un plateau relevé digne d’un CT
Ce qui rend cette étape encore plus délicate, c’est le niveau du plateau. Spécialistes locaux, surfeurs du CT venus se frotter aux barrels du North Shore, et prétendants des challengers affamés se retrouvent dans un même tableau. À Pipeline, le classement importe peu : seule la capacité à prendre les bonnes vagues au bon moment fait la différence.
Classement Challenger Series – focus sur les Français
Dès les premières secondes, la dernière vidéo de Kauli Vaast plonge dans une ambiance qui colle parfaitement à son surf : intense, fluide et affûtée. Direction le Portugal, sous une bande-son rap local qui donne immédiatement le ton. Kauli y enchaîne sessions glaciales mais solides, entouré d’amis et de quelques riders Quiksilver croisés dans un format vlog plutôt cool.
Des turns affûtés et un surf en pleine maturité
Dans ce clip tourné plus tôt dans l’année, Kauli apparaît dans une forme étincelante. Ses turns millimétrés — rapides, précis et parfaitement engagés — montrent à quel point le jeune Tahitien a encore élevé son surf. Chaque section semble un terrain de jeu où il peut exprimer toute son explosivité.
On retrouve également cette aisance aérienne qui fait partie de son arsenal depuis plusieurs saisons. Les airs sont propres, posés : juste l’essentiel, exécuté avec une maturité.
Supertubos en mode claque visuelle
Difficile de parler de surf au Portugal sans évoquer Supertubos, et Kauli ne s’en prive pas. Quelques séquences bien grasses montrent un Vaast lancé dans des barrels rapides et techniques, où sa lecture de vague fait merveille. Le montage, soigné et dynamique, met parfaitement en valeur les tubes de ce beachbreak mythique.
Ambiance vlog : Jérémy Florès en mode chamaille et l’équipe Quik au complet
Une partie du charme de la vidéo réside aussi dans les passages plus légers. Les scènes de vlog dévoilent une atmosphère bonne enfant, notamment quelques piques et chamaillements entre Kauli Vaast et Jérémy Florès, qui apportent une touche familière et amusante. On y aperçoit également des riders Quiksilver venus partager ces sessions.
Une vidéo simple, bien montée… et très efficace
Pas de surenchère ni de mise en scène inutile : Kauli montre ce qu’il sait faire de mieux, soutenu par un montage propre, une musique entraînante et l’énergie brute d’un trip entre amis. Résultat : une vidéo punchy, agréable à regarder, et qui donne clairement envie d’aller se geler les mains au Portugal.
Quiksilver revient fort avec Washed, un film sans narration, sans fioriture, mais avec une seule idée : montrer du surf brut, puissant et inspiré. Le ton est donné dès les premières secondes avec la voix de Peter Fonda tirée du mythique Easy Rider, sur fond de Loaded de Primal Scream. Une entrée en matière qui sent la liberté, la poussière et le sel. Mais très vite, la douceur laisse place à la fureur : Mudhoney enchaîne, et c’est Kauli Vaast qui ouvre le bal avec une vague monstrueuse à Teahupo’o. Sans exagérer, probablement la vague la plus impressionnante filmée à Tahiti. Kauli y disparaît dans un tube aussi épais qu’une grosse caverne, avant de partir avec la lèvre, si l’on peut encore appeler cela une lèvre. La suite ? Une avalanche d’images et de manœuvres insensées.
Un casting XXL, un montage frénétique
Washed réunit ce que Quiksilver fait de mieux : une armée de surfeurs de haut niveau, six compétiteurs du Championship Tour, des prodiges du free surf, et quelques électrons libres à la Kael Walsh, capable de tout casser en Irlande. Tourné par 34 cameramans différents aux quatre coins du globe, le film ressemble à un patchwork de sessions folles, sans vraie cohérence, mais avec une énergie contagieuse. Le résultat est brut, rapide, presque punk — comme un vieux fanzine de surf en VHS. Et c’est peut-être ce qui lui donne tout son charme.
Les Français en pleine lumière : Kauli Vaast et Marco Mignot
Les Français ont clairement marqué leur empreinte dans Washed. D’abord Kauli Vaast, qu’on ne présente plus. Son passage à Teahupo’o est tout simplement mythique : maîtrise, engagement et sang-froid total. Le Tahitien prouve encore une fois qu’il joue dans la cour des très grands, entre la précision d’un tube rider pro et la folie d’un gamin du reef. Puis vient Marco Mignot, en milieu de film. Et là, changement d’ambiance : un style plus aérien, plus moderne, avec des airs massifs, des turns précis et ultra-rapides, et une réelle aisance dans les barrels. Sa séquence respire la jeunesse, le fun et la liberté — tout ce qu’on aime voir chez un surfeur français. On aimerait d’ailleurs le voir plus souvent dans cet univers free surf où il semble totalement à sa place. Les deux Français, chacun dans leur registre, donnent une belle image du surf tricolore : audacieux, créatif, et libéré.
Du surf pur jus, sans filtre
Pas d’histoire, pas de voix off, pas de message marketing. Washed n’essaie pas de raconter autre chose que ce qu’il est : un défouloir visuel, une célébration du surf pur, de la vitesse et de la prise de risque. Quiksilver signe là un film qui, sans révolutionner le genre, rappelle pourquoi on aime encore regarder du surf.
Vous rêvez d’entrer dans l’élite du surf mondial ? La World Surf League a tracé une route claire vers le Championship Tour (CT). Entre Mid-Season Cut, Challenger Series et wildcards, voici un guide complet — concret et à jour — pour comprendre comment décrocher (ou garder) sa place sur le WCT.
Le cadre : une saison CT en deux temps
Le CT démarre en début d’année avec 36 hommes et 18 femmes. Après cinq étapes environ, la WSL opère un Mid-Season Cut qui réduit le tableau à 24 hommes et 12 femmes.
Les surfeurs au-dessus du cut (soit Top 22 hommes et Top 10 femmes, hors wildcards d’épreuve) poursuivent la saison et, surtout, sont automatiquement qualifiés pour le début de la saison suivante.
Les surfeurs en dessous du cut basculent sur le Challenger Series pour tenter de regagner le CT par la voie “promotion”.
À noter : en cas d’égalité pour la dernière place conservée (22e chez les hommes / 10e chez les femmes), le règlement départage d’abord au meilleur résultat comptant, puis au nombre de heats gagnés, puis à la moyenne des notes.
La voie royale d’accès : le Challenger Series (CS)
Le Challenger Series est le circuit d’accession. En fin d’année, il attribue la majorité des tickets pour le CT de la saison suivante :
Hommes : les Top 10 CS (non déjà qualifiés via le cut CT) montent sur le CT.
Femmes : les Top 7 CS (non déjà qualifiées via le cut CT) montent sur le CT.
Côté barème, la WSL ne compte que vos meilleurs résultats : par exemple, si la saison comporte 7 épreuves, seuls vos 5 meilleurs scores entrent au total. Cela limite l’aléa (blessure, mauvais call, houle capricieuse) et valorise la régularité.
Wildcards & remplacements : les exceptions qui confirment la règle
Wildcards de saison (WSL Season Wildcards) : la WSL dispose de places nominatives pour compléter le plateau (notamment en début de saison).
Wildcards d’épreuve (Event Wildcards) : des invitations ponctuelles, souvent pour des locaux ou des talents en forme. Elles n’offrent généralement pas de points CT (sauf cas précisés par la WSL).
Remplacements (Replacements) : en cas de blessure ou de retraite avant le cut, la WSL peut nommer un(e) remplaçant(e) pour des épreuves spécifiques.
Important : lorsqu’un(e) surfeur(se) est doublement qualifié(e) (ex. conserve sa place via le cut et termine dans le Top CS), la place “en trop” ne descend pas mécaniquement au suivant du CS : elle redevient wildcard WSL, que la Ligue attribue selon ses critères.
Feuille de route express pour se qualifier (hommes et femmes)
Commencer sur le QS (Qualifying Series), des étapes régionales pour accéder au Challenger Series.
Briller sur le CS : viser Top 10 (H) ou Top 7 (F) en fin d’année.
Intégrer le CT l’année suivante — et tenir le cut de mi-saison pour s’y installer durablement.
Alternative : décrocher une wildcard WSL (rare, non maîtrisable), ou profiter d’un remplacement ponctuel.
Cas concrets 2025 : Tya Zebrowski et Kauli Vaast
Tya Zebrowski (France) a éclaboussé le CS féminin par sa précocité et sa constance. Scénario de qualif : si elle termine la saison dans le Top 7 du CS (et qu’elle n’est pas déjà qualifiée via le cut CT), elle décroche son ticket pour le CT 2026. Comptablement, elle n’est pas encore qualifiée sur le CT ou Championship Tour. Mais, au vu de son avance, il faudrait un concours de circonstance improbable pour qu’elle ne soit pas qualifiée
Kauli Vaast (Tahiti/France) est dans une dynamique similaire côté masculin. Scénario de qualif : viser le Top 10 du CS en fin de saison (hors qualification automatique via cut CT). Pour Kauli Vaast, la marge est moindre, et ses chances de qualification ne sont pas du tout acquises. La prochaine étape au Brésil sera primordiale.
FAQ rapide
Faut-il gagner une épreuve CS pour monter ? Non. La constance prime : plusieurs quarts/semis peuvent suffire.
Que se passe-t-il si je rate le cut CT ? Vous redescendez sur le CS immédiatement pour rejouer votre chance.
Les wildcards donnent des points CT ? Les Event Wildcards, en règle générale, non. Les Season Wildcards relèvent d’un statut particulier défini par la WSL.
Neuf jours de vagues solides à Surf City, Salvador, une finale messieurs d’une intensité rare, et une équipe de France rajeunie, mais combative. Retour sur des Mondiaux ISA au Salvador qui ont couronné l’Australie et confirmé Kauli Vaast comme l’un des patrons du surf mondial.
Une finale hommes au sommet : Henry vs Vaast
Dimanche, le spot de La Bocana a servi une grande finale messieurs à la hauteur de la réputation du spot et de la compétition. Vagues puissantes de 2,50 m, droites rapides et exigeantes, pression maximale : tout était réuni pour offrir un duel de haut vol.
Kauli Vaast, champion olympique en titre, a livré une prestation exceptionnelle. Après un début de série en retrait, le Tahitien a claqué deux vagues magistrales notées 8,70 et 8,87, pour un total de 17,57 points. Un surf puissant, engagé, à la hauteur de son talent.
Mais en face, l’Australien Dane Henry, 19 ans seulement, a pris tous les risques. Dès les premières minutes, il envoie un air full rotation noté 8,67, puis enchaîne avec une longue droite où il varie les manœuvres, récompensée d’un 9,50 jugé généreux par certains observateurs (on est français ou on ne l’est pas). Avec 18,17 points, Henry s’impose et prive Kauli Vaast de l’or pour seulement 0,60 point.
Un verdict serré, mais révélateur : le Français confirme sa régularité dans l’élite mondiale ISA (5e en 2023, 3e en 2024, 2e en 2025). La trajectoire est tracée.
Jorgann Couzinet, solide mais frustré
Autre pilier tricolore, Jorgann Couzinet a connu une fin de parcours plus difficile. En finale du tableau principal, le Réunionnais n’a pas trouvé son rythme et s’est retrouvé en repêchages. Là encore, il avait une chance de rejoindre la grande finale, mais plusieurs chutes et mauvais choix stratégiques ont ruiné ses espoirs. Résultat : une 6e place mondiale.
Un classement qui laisse un goût amer, tant son surf des jours précédents avait impressionné. Ajoutons à cela un contexte personnel éprouvant — la perte d’un ami proche durant la compétition (cf article sur Paul Bontemps) — et l’on comprend mieux la difficulté de Jorgann à rester concentré jusqu’au bout.
Malgré tout, ce retour en équipe de France lui a fait du bien. « J’ai retrouvé une vraie cohésion, on se pousse les uns les autres, ça me donne envie de revenir plus fort », a-t-il confié. Rendez-vous est pris pour 2026.
La France, médaille de cuivre par nations
Avec la médaille d’argent de Vaast et la 6e place de Couzinet, les Bleus décrochent la 4e place au classement des nations, derrière l’Australie, le Pérou et l’Espagne. Un classement honorable, surtout au regard d’une équipe largement renouvelée.
Les jeunes filles françaises, Kiara Goold (15 ans), Clémence Schorsch (16 ans) et Aelan Vaast (20 ans), ont montré de belles promesses malgré un manque d’expérience évident. La moyenne d’âge chez les filles : 17 ans seulement. De quoi envisager l’avenir avec optimisme.
Côté garçons, Sam Piter (22 ans) a vécu une compétition compliquée, mais son potentiel reste intact. Globalement, cette équipe de France 2025 illustre un passage de témoin entre une génération dorée et de nouvelles têtes bien décidées à marquer leur époque.
L’Australie retrouve son trône mondial
Après 14 ans sans titre mondial ISA par nations, l’Australie a renoué avec l’or. La performance de Dane Henry a été complétée par le bronze de Morgan Cibilic, le bronze de Sally Fitzgibbons et les résultats solides d’Ellie Harrison et Callum Robson. Une domination collective qui rappelle la profondeur du vivier australien.
Chez les dames, c’est l’Espagnole Janire Gonzalez-Etxabarri, 20 ans, qui a marqué l’histoire. En remportant l’or, elle devient la première championne du monde ISA de l’histoire de l’Espagne. Un exploit qui propulse la Roja du surf à la 3e place du classement par nations.
Finale dames :
Janire Gonzalez-Etxabarri (ESP) 14,57 pts
Yolanda Sequeira (POR) 13,57 pts
Sally Fitzgibbons (AUS) 13,57 pts
Arena Rodriguez (PER) 8,53 pts
Un marathon appelé World Surfing Games
Les Mondiaux ISA ne ressemblent à aucune autre compétition. Neuf jours de surf intensif, un tableau principal et un système de repêchages qui peut rapidement user les organismes : c’est un véritable marathon.
Dane Henry et Kauli Vaast sont les seuls à avoir atteint la finale sans passer une seule fois par les repêchages, preuve d’une constance et d’une fraîcheur physique supérieures. Pour les autres, la fatigue cumulée joue souvent un rôle décisif.
Un staff renouvelé et ambitieux
Derrière les planches, l’encadrement français a aussi marqué des points. Pour sa 4e campagne à la tête des Bleus, Jérémy Florès a su fédérer un groupe jeune, épaulé par Joan Duru et Pauline Ado.
« On savait qu’on venait avec une équipe incomplète et jeune, mais l’ADN de la France, c’est de ne rien lâcher », a résumé Florès. Une philosophie qui colle parfaitement à l’esprit des ISA : apprendre, progresser, et préparer la suite.
Les résultats français
Kauli Vaast : 2e (argent)
Jorgann Couzinet : 6e
Kiara Goold : 17e
Clémence Schorsch : 21e
Aelan Vaast : 29e
Sam Piter : 61e
Cap sur 2026 et Los Angeles 202
Cette 4e place mondiale permet à la France de s’assurer un statut de tête de série pour les Mondiaux 2026, qui attribueront les premiers quotas olympiques. L’objectif est clair : transformer le potentiel de cette jeune équipe en médailles, avec en ligne de mire les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
« Cinq secondes… », se souvient Kauli Vaast. Depuis la tour, le speaker compte à rebours. Dans l’eau, l’Australien avait encore la priorité, mais l’océan est resté muet. Aucun set à l’horizon. À cet instant, le jeune surfeur de Tahiti réalise : il est champion olympique. Premier Français à inscrire son nom au palmarès du surf aux Jeux, et qui plus est à domicile, sur la vague mythique de Teahupo’o. Un rêve devenu réalité, mais aussi une mission accomplie. Car Kauli n’a pas seulement gagné pour lui : il a porté haut les couleurs d’une île, d’un pays, et d’une communauté.
Teahupo’o, l’école de la vie
Pour Kauli, Teahupo’o n’est pas un simple spot. C’est son terrain de jeu, son jardin, son école. Là où il a appris à se caler dans les tubes, à affronter les grosses houles et à apprivoiser la puissance brute de l’océan. « C’est la plus belle vague au monde », affirme-t-il sans détour. Mur de crâne pour les uns (signification de Teahupo’o), cathédrale liquide pour les autres, Teahupo’o est avant tout une énergie unique, une vibration que l’on ne comprend vraiment qu’en y plongeant. Kauli a grandi dans cette intensité, et c’est elle qui a forgé son surf, mais aussi son mental.
La pression de « l’enfant du pays »
Représenter la France et Tahiti, dans un spot aussi exigeant, a multiplié la pression par dix. Kauli n’était pas forcément considéré comme un favori mondial avant les Jeux. Mais les connaisseurs savaient qu’il avait le talent pour le faire. La fédération française de surf s’est bien frotté les mains en sachant que les JO auraient lieu à Tahiti, c’était le seul endroit où on pouvait gagner une médaille. Il a su transformer cette attente en force. La clé ? Une préparation mentale sans faille. Travailler à transformer le stress en énergie positive, en motivation supplémentaire. Résultat : une victoire libératrice, gravée à jamais dans l’histoire du surf français.
Un podium partagé avec les siens
Plus fort encore que la médaille elle-même, Kauli garde en mémoire le moment où il a pu partager sa victoire. Sur le podium, il aperçoit sa famille, ses proches, sa mère, venus jusqu’à Teahupo’o. Une communion rare, qui donne tout son sens à l’effort accompli. « Partager ça avec les personnes que tu aimes, il n’y a rien de mieux », confie-t-il. La médaille n’est pas qu’un trophée personnel : elle est le symbole d’une aventure collective, d’un peuple derrière son champion.
Une victoire qui dépasse le surf
Le lendemain de son exploit, Kauli découvre l’ampleur de sa victoire. À Paris, à Tahiti, en France métropolitaine, partout on le félicite, on lui sourit, on le remercie. Sa médaille résonne au-delà du surf. Elle inspire une génération. Dans l’eau, les jeunes Tahitiens l’interpellent, le reconnaissent. Certains n’étaient pas nés quand il a commencé à se faire un nom. Aujourd’hui, il est un modèle. « Pourquoi pas une deuxième médaille ? Pourquoi pas un titre mondial ? », se dit-il, déjà tourné vers l’avenir.
Le tremplin d’une carrière
Si la médaille d’or reste à ce jour son plus grand accomplissement, Kauli refuse d’en faire une fin en soi. Elle est un tremplin, un point de départ. Désormais, il vise les Championnats du monde, avec la ferme intention de prouver qu’il peut figurer durablement parmi les meilleurs. La confiance acquise à Teahupo’o lui donne une arme supplémentaire : la certitude qu’il a sa place au sommet. Et surtout, il garde une philosophie simple : ne jamais perdre le plaisir. « Il faut toujours s’amuser et profiter », résume-t-il. Car c’est bien l’amour de l’océan, intact, qui continue de guider chacun de ses pas.
Le 5 août 2025 restera dans les mémoires des surfeurs tahitiens. Ce jour-là, Teahupo’o a offert un spectacle comme elle seule sait le faire : des murs d’eau massifs, parfaitement creux, capables de faire trembler les plus aguerris. Au milieu des grands noms du line-up, un jeune de 18 ans a marqué la journée : Naiki Vaast, petit frère de Kauli, qui s’est offert la bombe du jour avec une assurance impressionnante.
Une journée historique à Teahupo’o
Annoncée comme l’une des plus grosses houles de la saison, cette journée a attiré dès l’aube une armada de jet-skis et de bateaux autour du reef. Matahi Drollet, figure emblématique du spot, a ouvert le bal avec un ride magistral. Mais l’autre vague marquante fut celle de Naiki : un monstre d’eau qui gonflait à vue d’œil, avec un volume hallucinant.
Les images parlent d’elles-mêmes : engagement total, trajectoire parfaite, sortie impeccable. Le lendemain, un article étranger le présentait comme le frère de Matahi Drollet… alors qu’il est celui de Kauli Vaast. Une confusion vite dissipée, mais qui prouve que son nom circule désormais bien au-delà de Tahiti.
Un héritage et une enfance dans le tube
L’aisance de Naiki dans un barrel de Teahupo’o ne doit rien au hasard. On se souvient de lui à seulement 12 ans, quand Kauli l’avait poussé sur une bombe à l’entrée du bowl. Casque Gath vissé sur la tête, il avait dévalé un mur d’eau presque aussi grand que lui, une image qui avait fait le tour du web.
Grandir aux côtés d’un frère triple champion d’Europe et habitué du World Tour forge forcément le caractère. Mais Naiki n’a jamais cherché à imiter Kauli. Il suit sa propre voie, loin des circuits professionnels, en cultivant deux passions : le surf et la pêche.
Un surfeur discret, passionné de pêche
Je ne vais pas vous mentir : je n’ai jamais rencontré Naiki, ni même vu surfer ailleurs qu’à Teahupo’o. Mais connaissant Kauli et Aelan Vaast, on devine le niveau du petit frère. Et le 5 août, il l’a prouvé, tout comme son frère et sa sœur qui ont eux aussi brillé ce jour-là.
Contrairement à beaucoup de jeunes surfeurs, Naiki ne court pas après les points qualificatifs de la WSL. Il participe rarement aux compétitions, hormis celles organisées à Tahiti. Pour lui, pas besoin de podiums : l’objectif est simple, prendre la meilleure vague de la journée. Et le 5 août, il a été imbattable.
Teahupo’o, son jardin et son terrain de jeu extrême
À Tahiti, surfer Teahupo’o n’est pas seulement un défi sportif : c’est une vitrine. La famille Drollet en est l’exemple, tout comme certains Hawaïens à Pipeline. Situé à la pointe sud-ouest de l’île, ce récif est aussi magnifique qu’impitoyable. La moindre erreur y est sanctionnée. Les locaux parlent d’ailleurs de « respecter la vague » avant de penser à la surfer.
Naiki connaît le spot par cœur : chaque recoin du reef, chaque mouvement de houle. Son style est fluide, précis et empreint d’une confiance rare pour son âge. Ce 5 août, il n’a pas seulement survécu à sa vague, il l’a domptée. C’est ce qui le fait entrer, à 18 ans, dans le cercle fermé des surfeurs respectés de Teahupo’o.
Un avenir prometteur, même hors du circuit pro
Pas de sponsors tapageurs, pas de tour du monde pour accumuler des points, mais une présence marquée lors des houles historiques : voilà la trajectoire de Naiki Vaast. Dans un surf de plus en plus globalisé et médiatisé, il rappelle que les exploits les plus marquants se vivent parfois loin des podiums, à domicile, face à une vague qui vous connaît autant que vous la connaissez.
Le 5 août 2025 ne fut pas seulement un jour de vagues exceptionnelles : c’est aussi la date où le nom de Naiki Vaast s’est gravé un peu plus profondément dans l’histoire de Teahupo’o. Et pour ceux qui fréquentent ce spot, c’est peut-être la plus belle des reconnaissances.