Vous connaissez Jack Johnson pour ses tubes planétaires et ses films de surf culte. Vous connaissez Kelly Slater pour ses 11 titres mondiaux. Mais connaissiez-vous l’histoire du jour où le second a tout simplement évincé le premier de son projet musical ?
Invité du dernier épisode du podcast Pinch My Salt animé par Sterling Spencer, l’enfant chéri du North Shore s’est laissé aller à quelques confidences sur les années 90, époque bénie où la culture surf bouillonnait. Au milieu des anecdotes croustillantes sur ses sessions à Pipeline et le regretté Tamayo Perry, Jack a lâché une bombe nostalgique : la véritable genèse du mythique groupe « The Surfers ».
Au milieu des années 90, Kelly Slater achète un enregistreur 4 pistes sur les conseils de Peter King. Sur le North Shore, entre deux vagues, les sessions acoustiques s’improvisent. Jack Johnson raconte alors l’unique concert de ce qui allait devenir la toute première formation de The Surfers : « C’était pour une petite levée de fonds pour une école du coin. Rob Machado et Peter King jouaient de la guitare, Kelly chantait. Moi, je jouais de la basse. Et devinez qui était à la batterie ? Tom Curren ! »
Une véritable dream team réunie sur une seule et même scène pour un soir. Mais le rêve s’est arrêté net.
« Ensuite, j’ai entendu dire qu’ils faisaient un album. Ils ne m’ont jamais appelé. Ni moi, ni Curren d’ailleurs ! », s’amuse-t-il aujourd’hui au micro de Spencer.
Une éviction en douce qui, avec le recul, prête à sourire quand on connaît l’empire musical que Johnson allait bâtir. Slater, Machado et King sortiront finalement l’album Songs from the Pipe en 1998, sans leur bassiste. Une erreur de casting historique, mais sans aucune rancune pour Jack, qui prépare d’ailleurs un nouveau film de surf et un double album très attendus pour cet été.
Dans la dernière vidéo de Stab In The Dark, Kelly Slater lâche une information aussi discrète que bouleversante : il a demandé à Al Merrick de façonner une ultime planche de surf. Pas pour lui. Mais pour son fils, Tao.
Une phrase presque lancée à la volée, au détour d’une discussion entre deux légendes, alors que Slater et Merrick regardaient ensemble de vieilles planches, chargées d’histoire. Kelly explique avoir fait la demande un mois avant le tournage. Une dernière planche. La dernière de la vie d’Al Merrick.
Al Merrick, le shaper de toute une carrière
Al Merrick n’est pas un shaper comme les autres dans l’histoire du surf. Il est le shaper de Kelly Slater. Onze titres mondiaux, une révolution du surf de haute performance, des modèles devenus mythiques… Leur collaboration est considérée comme la plus fructueuse jamais vue entre un surfeur et un artisan.
Mais Al Merrick a pris sa retraite il y a plusieurs années, laissant Channel Islands à son fils Britt. Depuis, il s’est éloigné du monde médiatique, vivant une vie discrète, presque mystique. D’où la portée immense de cette demande.
Une planche comme passage de relais
Kelly raconte que Al Merrick a esquivé la question. Sans dire non. Sans dire oui. Et c’est peut-être là que réside la beauté de l’histoire.
Cette planche n’est pas un simple objet. Elle symbolise une transmission. Celle d’un savoir, d’une relation, et d’un pan entier de l’histoire du surf moderne. Une planche façonnée par l’homme qui a construit la carrière du père, pour accompagner les premiers pas du fils.
Plus qu’une planche, un héritage
À l’heure où le surf s’industrialise, où les planches sortent d’usines à la chaîne, cette anecdote rappelle que le surf reste avant tout une histoire humaine. De liens, de respect, et de transmission.
Qu’Al Merrick accepte ou non, la demande de Kelly Slater restera comme l’un des moments les plus forts et les plus symboliques révélés dans Stab In The Dark. Une dernière planche. Peut-être. Mais surtout, une dernière histoire à raconter.
Depuis qu’il a annoncé mettre un terme à sa carrière de compétiteur, Kelly Slater n’a pas seulement tiré sa révérence sportive. Il a aussi ouvert un nouveau chapitre de sa vie, où l’humain prend le pas sur l’athlète. Ces derniers jours, l’Américain a partagé avec ses fans un examen médical révélant l’ampleur de sa scoliose, une pathologie dont il souffre depuis de nombreuses années.
Un body scan révélateur
Kelly Slater a profité de sa nouvelle vie loin du circuit pour passer un bilan de santé complet dans une clinique spécialisée. Sur Instagram, il a expliqué :
« J’ai fait récemment un body scan afin d’avoir un aperçu de tous les problèmes de santé que je connais déjà, mais aussi de ceux dont je n’avais pas conscience. Maintenant que je suis hors du Tour et que j’ai un peu de temps, c’était le bon moment pour m’y pencher. J’ai eu quelques résultats mineurs et modérés à surveiller, mais je n’entrerai pas dans les détails. Évidemment, ma scoliose, dont j’ai souvent parlé, est un vrai problème. »
La star de 53 ans n’en est pas à sa première confidence sur son dos fragile, mais voir la courbure de sa colonne vertébrale en noir et blanc a marqué ses fans.
Ce mal de dos, Kelly le connaît depuis longtemps. Dès 2016, il confiait :
« Je traîne un problème de dos assez sérieux depuis plusieurs années. Je ne sais pas si j’ai été dans le déni ou si je faisais semblant que ce n’était pas si grave, mais il y a beaucoup de jours où je ne surfe pas parce que j’ai trop mal. C’est surtout le bas du dos. J’ai une scoliose assez sévère, avec un déséquilibre : je suis plus court d’un côté que de l’autre. Et au milieu du dos, ça part dans l’autre sens, ce qui forme une sorte de S. »
Un handicap qui n’a pas empêché le Floridien de continuer à rivaliser avec l’élite mondiale, décrochant encore des victoires après 40 ans. Mais à force, les douleurs et les limites physiques se sont imposées.
La force de partager sa vulnérabilité
Publier ses radios n’était pas une démarche évidente pour Slater. Pourtant, il a choisi de le faire pour transmettre un message universel :
« Montrer ma colonne est très personnel, car c’est impressionnant de voir cette courbure avec laquelle je vis depuis tant d’années. Mais je pense qu’il est important que les gens sachent que nous avons tous des problèmes physiques, et que nous pouvons trouver des moyens de réduire leurs impacts, voire d’inverser certains effets. »
Un témoignage qui résonne bien au-delà du surf. Slater rappelle aussi l’importance des bilans de santé réguliers, surtout passé la cinquantaine :
« Ces examens sont particulièrement importants pour les personnes de plus de 50 ans. Je suis très reconnaissant d’avoir pu trouver une place dans leur clinique malgré mon emploi du temps serré. »
Un geste sincère… ou une opération marketing ?
Si la transparence de Kelly Slater force le respect, son post interroge aussi. Car au-delà du message de prévention, impossible d’ignorer que l’examen a été réalisé chez Prenuvo, une start-up canadienne qui s’est fait connaître grâce aux célébrités. Kim Kardashian, Paris Hilton ou encore Cindy Crawford en ont déjà fait la promotion, décrivant leur IRM comme une « machine qui sauve des vies ». Problème : ce dépistage intégral du corps est facturé près de 2.500 dollars et suscite de vives critiques du corps médical. En France, plusieurs spécialistes rappellent qu’aucune étude ne prouve l’efficacité préventive de ce type d’examen, qui relève davantage du produit de luxe anxiogène que d’une véritable médecine. Dans ce contexte, on peut se demander si Slater ne s’est pas fait, volontairement ou non, le relais publicitaire d’une entreprise controversée. Après tout, il aurait pu partager ses radios et parler de son combat contre la scoliose sans citer le nom de la clinique.
La légende reste inspirante
Même s’il ne portera plus de lycra sur le Tour, Kelly Slater continue d’inspirer. Par sa longévité hors normes, par son palmarès (11 titres mondiaux), mais aussi aujourd’hui par son authenticité. Sa scoliose, visible et assumée, rappelle que même les plus grands champions ne sont pas invincibles.
Cette transparence transforme sa fin de carrière en un passage de relais symbolique : aux jeunes générations de briller, et à Slater de montrer que vieillir peut aussi être une leçon de courage et de lucidité.
Quand on parle de surf, un nom s’impose naturellement : Kelly Slater. Plus qu’un simple champion, il incarne une légende vivante, un athlète hors normes, une icône planétaire qui a transcendé les vagues et les générations. À 50 ans passés, il continue d’alimenter l’imaginaire collectif, porté par une longévité exceptionnelle et une quête perpétuelle de perfection.
De Cocoa Beach à Teahupo’o, des planches de compétition au Surf Ranch high-tech, Kelly Slater a tout vu, tout gagné, tout bousculé. Voici l’histoire d’un homme qui a réécrit les règles du surf moderne.
Les origines d’un phénomène
Une enfance sur la côte Est
Né le 11 février 1972 à Cocoa Beach, en Floride, Robert Kelly Slater grandit dans une ambiance familiale contrastée. Son père, pêcheur, quitte le foyer lorsqu’il est encore enfant. Sa mère, d’origine irlandaise, élève seule Kelly et ses deux frères, Sean et Stephen. Le quotidien est modeste, parfois chaotique, mais les vagues locales offrent au jeune Kelly une échappatoire.
Il découvre le surf très tôt, encouragé par ses frères, et se fait rapidement remarquer sur les plages floridiennes. À l’âge où d’autres s’intéressent aux jeux vidéo, lui affine déjà son style dans les shorebreaks turbulents de la côte Est.
Le surf comme refuge et discipline
Ce n’est pas seulement le plaisir qui attire Kelly à l’eau : c’est aussi une forme de thérapie. La glisse devient son langage, sa structure, son terrain de maîtrise. Il apprend vite, très vite. Son équilibre est naturel, sa lecture des vagues presque instinctive. À 10 ans, il remporte déjà des compétitions junior et attire l’œil des sponsors.
Ce mélange de talent, de détermination et de résilience va devenir sa marque de fabrique.
L’ascension fulgurante
Champion du monde à 20 ans
En 1992, Kelly Slater marque l’histoire du surf en devenant le plus jeune champion du monde de tous les temps à 20 ans. Ce n’est pas un coup d’éclat isolé, mais le début d’un règne implacable.
De 1994 à 1998, il enchaîne cinq titres mondiaux consécutifs. Jamais le surf professionnel n’avait connu une telle domination. Son style, fluide et aérien, s’impose sur tous les spots : Pipeline, Bells Beach, J-Bay, Teahupo’o… Slater n’a pas d’équivalent.
Une retraite… et un retour triomphal
En 1999, il se retire une première fois, las du rythme effréné du tour. Il explore d’autres passions, notamment la musique, et fait des apparitions à Hollywood. Mais le surf coule trop profondément dans ses veines.
En 2003, il revient sur le circuit. Deux ans plus tard, il décroche son septième titre mondial, puis un huitième, un neuvième… Jusqu’à porter son total à onze titres – un record inégalé à ce jour.
Un palmarès stratosphérique
11 titres de champion du monde
1992, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 2005, 2006, 2008, 2010, 2011 : les années défilent, mais Kelly reste en tête. Ce n’est pas seulement son nombre de victoires qui impressionne, c’est leur régularité. Il gagne à 20 ans. Il gagne à 39. Il gagne encore à 50.
Plus de 50 victoires sur le WCT
Au fil de sa carrière, Slater accumule 56 victoires sur le Championship Tour, et plus de 60 en comptant les épreuves hors-tour. Personne n’a jamais atteint un tel total.
Pipeline, son jardin
S’il fallait associer un spot à sa légende, ce serait le Banzai Pipeline, à Hawaï. Il y a remporté 8 fois le Pipe Masters, dont sa dernière victoire en 2022, à 50 ans. Une performance qui restera comme l’un des plus grands moments du surf professionnel.
L’art de la glisse selon Slater
Une lecture des vagues inégalée
Kelly n’est pas le plus costaud, ni le plus puissant, mais sa compréhension de l’océan est quasi mystique. Il anticipe, il improvise, il s’adapte. Il surfe comme un danseur de jazz jouerait un solo : libre mais précis.
Des figures signature
Backside fluide, floaters surhumains, airs millimétrés, switchfoots maîtrisés… Slater a repoussé les limites de la performance sans jamais sacrifier l’esthétique.
Inspiré par les maîtres
Il cite souvent Tom Curren comme mentor. « Le surf est une ligne, une courbe, une danse », disait Curren. Kelly l’a pris au mot et l’a réinventé.
Une vie sous les projecteurs
L’histoire avec Pamela Anderson
Dans les années 90, sa relation avec Pamela Anderson le propulse au rang de célébrité mondiale. L’icône de Baywatch et le surfeur prodige forment un couple aussi médiatisé qu’éphémère. Pour le meilleur et pour le glamour.
Apparitions au cinéma et à la télévision
Kelly apparaît dans Alerte à Malibu, joue son propre rôle dans des documentaires, et double un personnage dans Les Rois de la glisse. Il flirte avec Hollywood sans jamais s’y perdre.
Le Surf Ranch : la vague parfaite
Une vision technologique du surf
En 2015, Kelly dévoile le Surf Ranch, une piscine à vagues révolutionnaire située à Lemoore, en Californie. Une vague de compétition, constante, creuse, longue et tubulaire. Le Graal pour les surfeurs.
Un outil d’entraînement… mais aussi une vision controversée
Certains puristes crient à la trahison, d’autres saluent l’innovation. Pour Slater, c’est une extension logique de son obsession de la perfection.
Engagements et projets
Outerknown et la mode éthique
En 2014, il quitte Quiksilver et lance sa propre marque : Outerknown, en collaboration avec le designer John Moore. Une marque tournée vers la durabilité et l’éthique, pionnière dans l’upcycling et le respect des chaînes de production.
Écologie et sensibilisation
Kelly est également impliqué dans des projets environnementaux, notamment la préservation des récifs coralliens avec Reef Check. Son discours est souvent tourné vers la responsabilité écologique.
Vie privée et transmission
Une vie discrète… et une nouvelle paternité ?
Père d’une fille, Taylor, née en 1996, Kelly partage aujourd’hui sa vie avec Kalani Miller, créatrice de la marque Mikoh. Le couple attend un enfant pour l’été 2024, une nouvelle étape pour le surfeur quinquagénaire.
Le rôle de mentor
Slater inspire des générations entières. Il échange souvent avec les jeunes surfeurs, comme John John Florence ou Italo Ferreira. Son approche reste humble et tournée vers le partage.
Kelly Slater en 2025 : toujours sur la vague ?
En 2023, il termine 23e du classement mondial. En 2024, il ne se qualifie pas pour la deuxième moitié du CT. Pourtant, aucune annonce de retraite officielle.
Il continue de s’entraîner, de surfer, d’apparaître dans les compétitions majeures. La WSL pourrait lui offrir un wildcard pour les épreuves mythiques comme Pipeline ou Teahupo’o. Après tout, le GOAT n’a jamais dit son dernier mot.
FAQ – Questions fréquentes sur Kelly Slater
Quel est l’âge de Kelly Slater ?
Il est né le 11 février 1972. En 2025, il a 53 ans.
Combien de titres a-t-il remportés ?
Kelly Slater a remporté 11 titres de champion du monde, un record absolu.
Est-il encore en activité ?
Oui, même s’il ne participe plus à l’intégralité du CT, il reste actif et peut recevoir des wildcards. Il a déclaré en 2025 souffrir de la hanche et d’anciennes blessures qui l’empêchent de réaliser toutes les manœuvres qu’il souhaite.
Quelle est sa marque de vêtements ?
Il a fondé Outerknown, une marque éthique et responsable.
Où se trouve le Surf Ranch ?
À Lemoore, en Californie, à plusieurs heures de la côte.
Qui est Kalani Miller ?
Sa compagne actuelle, entrepreneuse dans la mode et cofondatrice de Mikoh.
Slater est-il engagé pour l’environnement ?
Oui, il soutient plusieurs initiatives, notamment la protection des océans.
Quelle est sa plus meilleure vague ?
Il a marqué l’histoire à Pipeline, Teahupo’o, et même dans son Surf Ranch. Son tube de 2022 à Pipeline est mythique. Dans une interview dans le passé, il avait déclaré que l’une de ses vagues préférées était G Land en indonésie.
Pourquoi est-il considéré comme le GOAT ?
Pour son palmarès unique, sa longévité, son style et son influence culturelle et technique.
Quels sont ses projets actuels ?
Outre Outerknown, il est le papa d’un jeune enfant avec sa compagne Kalani Miller.
Ils n’ont cessé de le répéter : « Kelly Slater a 53 ans ! ». À croire que son âge suffisait à justifier sa présence sur le Tour. Mais à force d’encenser la légende, les commentateurs ont fini par dévoiler l’absurdité de la situation : le surf professionnel s’accroche à son passé pendant que le présent se vide de sens.
Un héros fatigué, des scores en berne
Sur le spot de Trestles, Kelly Slater s’est fait balayer par Italo Ferreira (15.17 contre 7.53), avant de s’incliner face à Barron Mamiya dans le repêchage. Son analyse ? Des nuits hachées depuis la naissance de son fils Tao, une hanche douloureuse et un corps trop abîmé pour rivaliser. « Je n’étais pas vraiment dans ma tête », a-t-il avoué après sa défaite.
L’obsession du mythe… et l’aveu d’échec
Pendant les lives, les commentateurs n’ont cessé de rappeler qu’il avait 53 ans, comme s’il s’agissait d’un exploit en soi. Mais justement : quand tout ce qu’on a à dire d’un compétiteur, c’est qu’il est encore là, c’est que le problème est profond. C’est un peu comme applaudir un boxeur KO qui se relève encore : impressionnant, mais gênant.
Le Tour pro en quête de sens
Dans le même temps, Gabriel Medina est forfait, John John Florence préfère faire de la voile, et la relève peine à briller dans des vagues trop molles, sur un circuit aseptisé. Le rêve s’effrite. L’image glamour du CT s’étiole, et Kelly Slater devient malgré lui le symbole d’un système à bout de souffle.
Pipeline, la dernière danse ?
Il reste une wildcard à Pipeline, son jardin. Ce sera peut-être la dernière fois qu’on verra Kelly en lycra sur le CT. Un hommage mérité ? Sans aucun doute. Mais aussi un besoin pressant pour la WSL de passer à autre chose, d’écrire un nouveau chapitre. Et vite.