Le traumatisme des récentes attaques en Australie et en Nouvelle-Calédonie a relancé une course contre la montre technologique. Au cœur de la Nouvelle-Galles du Sud, une équipe de scientifiques est sur le point de transformer un simple accessoire de surf en un véritable bouclier contre les attaques de requin.
Une technologie invisible nichée dans vos dérives
Le projet, doté d’un budget colossal de 2,5 millions de dollars, est piloté par le Surf Flex Lab de l’Université de Wollongong. L’idée ? Ne plus compter sur de lourds boîtiers fixés sous la planche, mais intégrer un dispositif de répulsion directement dans les dérives de surf.
Le principe repose sur la surcharge sensorielle. Les requins possèdent des récepteurs ultra-sensibles appelés ampoules de Lorenzini. Le dispositif émet des impulsions électriques qui saturent ce système, provoquant chez le prédateur un inconfort immédiat et des spasmes musculaires, le poussant à s’éloigner sans le blesser.
« L’espace est limité, une dérive pèse environ 100 grammes. Le défi est d’y loger l’intelligence sans altérer les performances de glisse », explique le professeur Marc in het Panhuis.
« Coexister avec l’océan » : le témoignage d’un survivant
Parmi les piliers de ce projet, on retrouve Brett Connellan. Ce nom résonne fort dans la communauté surf : il y a dix ans, il survivait miraculeusement à l’attaque d’un Grand Blanc à Bombo Beach. Aujourd’hui, il travaille main dans la main avec les chercheurs.
Pour lui, il ne s’agit pas de « tuer » ou de « chasser » le squale, mais de redonner de la confiance aux pratiquants. Cette technologie est une passerelle vers une cohabitation apaisée, permettant aux surfeurs de reprendre le line-up avec une assurance nouvelle, là où le risque est omniprésent.
Bientôt dans nos shops de surf ?
Le processus suit un protocole éthique strict. Avant la commercialisation, des tests en mer sont prévus, d’abord pour valider l’hydrodynamisme des dérives, puis sous supervision scientifique en présence de la faune marine.
À terme, cette innovation ne se limitera pas au surf. Les chercheurs envisagent déjà d’équiper :
- Les embarcations légères (kayaks, paddles).
- Le matériel de plongée sous-marine.
- Les équipements de sauvetage en mer.
Alors que les autorités de Nouvelle-Galles du Sud encouragent déjà l’usage de dispositifs personnels testés scientifiquement, cette dérive « intelligente » pourrait bien devenir le nouveau standard de sécurité mondial.
