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Vous avez sûrement déjà entendu parler du sulfureux « Biarritz Surf Gang ». Si vous avez regardé le documentaire, vous connaissez forcément ce visage marqué et ce sourire de défi. Olivier Nagouas, que tout le monde ici appelait « Kikette », s’est éteint à l’âge de 57 ans. Et croyez-moi, son parcours est le reflet brut d’une époque où le surf européen n’avait aucune limite.
L’âge d’or et le talent pur
On est au cœur des années 80. Sur les spots de la Grande Plage et de Marbella, une bande de gamins insolents bouscule l’ordre établi. Parmi Sammy, La Mouche ou Nabo, Kikette sort du lot. Il ne se contente pas d’être bon : il éclabousse l’eau de son talent. Champion d’Europe, il dispute les Mondiaux de 1986 et décroche une wild card prestigieuse pour l’Arena Surfmasters de Biarritz en 88. Face à des pointures comme Martin Potter, il prouve qu’un Français peut rivaliser avec l’élite mondiale. Avec ses potes, il voyage des mois entiers à Hawaii, Bali ou au Panama, sans un sou, avec pour seules armes des planches sous le bras et une caméra Super 8.
Le point de bascule
Mais si vous grattez un peu le vernis des mémoires locales, la face sombre de ce conte de fées refait surface. L’adrénaline des vagues ne suffisait plus. La suite s’écrit dans les nuits sans fin, les drogues dures et une longue descente aux enfers de plus de 25 ans. Il ira jusqu’à purger une peine de prison pour financer ses addictions. « Ce qui fait le plus mal, c’est de voir la mer à travers les barreaux », avouait-il sans filtre.
Pourtant, l’océan finit toujours par laver les erreurs. En 2010, 24 ans après sa première sélection, il rechaussait le leash pour les Mondiaux Masters, arrachant une 17e place. Kikette incarnait ce surf viscéral, loin des stéréotypes lisses de notre époque. Un gars de Marbella qui s’est brûlé les ailes, mais dont la trace restera indélébile sur le sable biarrot.


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