L’Américain Griffin Colapinto et l’Australienne Molly Picklum ont remporté l’édition 2026 du MEO Rip Curl Pro Portugal dans des conditions exceptionnelles d’après WSL, moyennes pour notre part. Sur le célèbre beach break de Supertubos, les deux athlètes se sont imposés au terme de finales intenses, bouleversant la course au titre mondial de la World Surf League (WSL).
Griffin Colapinto, maître incontesté de Peniche
Surnommé le « Pipeline portugais », le spot de Supertubos a tenu toutes ses promesses en offrant des tubes uniquement pour les finales. Le duel tant attendu opposait le triple champion du monde brésilien Gabriel Medina à l’Américain Griffin Colapinto, vice-champion du monde en titre.
Le Brésilien a rapidement pris les commandes de la série. Connu pour son aisance dans ce type de conditions, Medina a scoré coup sur coup d’excellentes vagues, affichant un 8.57 et un 8.20. Dos au mur et relégué dans une situation critique, Colapinto a fait preuve d’un sang-froid impressionnant. L’Américain a trouvé l’ouverture sur une bombe absolue, disparaissant profondément dans la section avant de ressortir avec le souffle de la vague.
Les juges ont récompensé cet exploit par un 9.43, qui, ajouté à son précédent 8.17, lui a permis de sceller sa victoire. Avec ce nouveau sacre, Griffin Colapinto reste invaincu en finale sur le sol portugais, portant son ratio à trois victoires pour trois finales disputées.
Des demi-finales sous haute tension
Avant d’atteindre ce duel au sommet, la journée des phases finales a été marquée par des affrontements de très haut niveau. Gabriel Medina avait d’abord stoppé net son compatriote Italo Ferreira (8.17) dans un choc entre champions du monde. De son côté, Colapinto s’était défait du tenant du titre de l’épreuve, le Brésilien Yago Dora, prouvant sa suprématie actuelle sur le spot lusitanien.
Molly Picklum s’empare du maillot jaune
Chez les femmes, la finale a mis en lumière la nouvelle rivalité au sommet du surf mondial. L’Australienne Molly Picklum a affronté la championne du monde 2024, l’Américaine Caity Simmers. Les deux surfeuses ont dû composer avec un océan puissant et sélectif.
Molly Picklum a pris l’ascendant en s’engageant sous la lèvre d’une gauche très creuse, récompensée par un 7.83. Simmers n’a pas abdiqué, trouvant une dernière opportunité notée 6.67, ce qui réduisait son besoin à un 7.17 pour reprendre la tête.
Dans les derniers instants, Picklum, bien qu’ayant laissé filer une vague sous priorité, a vu l’océan se calmer. L’absence de nouvelle série a figé le score, validant la victoire de l’Australienne. Ce succès lui permet de quitter l’Europe avec le statut de leader du classement général et d’enfiler le prestigieux maillot jaune.
Prochaine étape : les barrels de Cloud 9
Après cette étape européenne riche en rebondissements, l’élite mondiale du surf quitte l’Atlantique pour prendre la direction de l’Asie. Le Championship Tour se donne rendez-vous pour le Philippines Pro, qui se déroulera sur la redoutable vague de Cloud 9 du 31 octobre au 10 novembre. Un nouveau test majeur dans des vagues tubulaires, où la lutte pour les places aux WSL Finals s’annonce déjà décisive.
La rumeur a d’abord enflé sur les spots, avant de se transformer en un communiqué laconique de la World Surf League, suivi de près par l’International Surfing Association (ISA). Un surfeur suspendu de toute compétition pour des « allégations de nature profondément grave ». Le nom n’a pas tardé à fuiter, jeté en pâture sur les réseaux sociaux avant même que les instances ne le confirment : Alan Cleland, le prodige mexicain, qualifié pour les Jeux Olympiques de Paris 2024.
Depuis, c’est l’emballement. D’un côté, une quête de vérité légitime. De l’autre, une justice sociale expéditive, nourrie par les « on-dit » et les menaces en ligne. Mais quand on gratte le vernis des posts Instagram et des déclarations choc, que reste-t-il vraiment sur le plan matériel ? En tant que caméraman ayant passé 16 ans sur le circuit pro, j’ai vu ce monde évoluer, se lisser, se professionnaliser. J’ai vu ses ombres et ses lumières. Et aujourd’hui, face à ce qui ressemble aux prémices d’un #MeToo du surf, j’ai eu envie de poser la caméra pour prendre la plume. Sans filtre, mais avec le recul de celui qui a passé sa vie en backstage.
L’affaire de Tahiti : un bourbier juridique hallucinant
Commençons par les faits, ou du moins le peu dont nous disposons concrètement. L’incident aurait eu lieu en août dernier, lors d’une soirée privée organisée après le jour de clôture du Outerknown Tahiti Pro. Les récits varient de manière inquiétante : on parle d’une victime australienne mineure (14 ou 16 ans selon les sources qui s’écharpent en ligne) et de l’implication de trois autres hommes, dont deux photographes et un surfeur junior. (en plus d’Alan Cleland)
Ce qui me laisse perplexe, pour ne pas dire en colère, c’est la lenteur vertigineuse des autorités. Deux mois après une agression présumée sur une mineure, nous assistons à une partie de ping-pong juridico-administrative surréaliste. Les forces de l’ordre de la Nouvelle-Galles du Sud (Australie), où la plainte aurait été déposée, affirment que l’affaire relève de la juridiction de la Polynésie française. De l’autre côté du globe, la police tahitienne commence à rassembler des preuves mais attendrait toujours une demande formelle d’information de la part des Australiens pour avancer. Le 12 octobre dernier, le bureau du procureur local affirmait même qu’aucune enquête officielle n’était ouverte.
Comment peut-on laisser une affaire d’une telle gravité s’enliser dans des problèmes de paperasse internationale ? Attention, je ne dis pas que les accusés sont coupables ou innocents. Je n’en sais strictement rien et je refuse de participer au tribunal populaire du web. C’est à la justice de trancher. Mais cette paralysie institutionnelle est le terreau idéal pour les pires rumeurs.
L’onde de choc Noah Klapp et le grand déballage
L’affaire a pris une toute autre dimension avec l’intervention de Noah Klapp, l’ancienne petite amie d’Alan Cleland et ancienne championne junior de l’ISA pour l’Allemagne. Son témoignage est accablant, l’accusant d’abus physiques et sexuels. La Fédération mexicaine de surf a d’ailleurs suivi avec un communiqué condamnant fermement toute forme de violence, sans toutefois nommer explicitement leur star.
Mais Noah Klapp est allée plus loin. Elle affirme recevoir aujourd’hui de nombreux témoignages d’agressions sexuelles dans le milieu du surf, pointant du doigt une culture toxique qui tolérerait ces comportements. Ce constat a mis le feu aux poudres. Des vendettas numériques s’organisent contre les hommes et leur soi-disant comportement macho intrinsèque.
Le surf a-t-il un problème spécifique avec les femmes ? Honnêtement, je ne vois pas comment notre sport pourrait être imperméable aux dérives de la société. Il y a des cons, des violents et des comportements nocifs au line-up, exactement comme il y en a dans des bureaux d’entreprise ou dans la rue. Mais de là à affirmer que le surfeur est fondamentalement plus macho que le reste de la population, je n’ai aucune preuve pour le soutenir. Si l’on écoute les pionnières des premières générations de surfeuses, il est d’ailleurs frappant de constater qu’elles décrivent souvent les hommes de l’eau comme des figures protectrices, plutôt que comme des prédateurs.
Mes 16 ans sur le circuit : la réalité derrière le vernis
J’ai traîné mes caméras et mes trépieds sur presque toutes les étapes du Tour pendant 16 ans. J’ai partagé les soirées, les temps d’attente interminables pendant les lay days, les tensions post-séries. Si l’on me demande si le circuit est un repaire de prédateurs sexuels, ma réponse, basée sur mon vécu, est non.
En 16 ans, j’ai été témoin direct ou indirect de deux faits graves. Le premier : un geste déplacé envers une femme, qui a été immédiatement et vertement réprimandé par la victime. La petite ironie de l’histoire (qui en dit long sur la complexité humaine), c’est que j’ai vu cette personne coupable publier un commentaire de soutien sous le témoignage récent de Noah Klapp. (Tout le monde peut changer)
Le second fait est plus sombre. J’ai assisté à une dispute conjugale d’une violence extrême entre une femme et un homme qui travaillait pour l’organisation d’une compétition. Le malaise a été total. La personne en tort a été sanctionnée, mais de manière bien trop légère. La preuve : deux ans plus tard, elle était de retour sur le circuit. Nos chemins se sont croisés, sur fond de menaces et de tentatives d’intimidations à mon égard parce que je savais ce qui s’était passé. J’ai tenu bon, ses pressions n’ont pas fonctionné, et cette personne a fini par disparaître définitivement du Tour. Et croyez-moi, le surf ne s’en porte que mieux.
Ce que les gens oublient, c’est que l’industrie a passé ces vingt dernières années à polisser l’image du surf pour le vendre au grand public. On nous vend du yoga au lever du soleil et des jus d’açaï. C’est faux. Le surf reste un sport de rebelles. C’est une passion dévorante, viscérale, qui attire des profils à la recherche de sensations fortes, parfois jusqu’à l’excès. Les bagarres, l’alcool, la drogue n’ont jamais totalement quitté le paysage. J’aime profondément le surf, mais comme beaucoup de passionnés qui travaillent dans l’ombre, je n’aime pas toujours les surfeurs.
Le talent face à l’industrie : l’hypocrisie des apparences
Dans ce milieu, la place de la femme a longtemps été un sujet de tension, souvent réduit à une question d’esthétique. L’image de la femme est systématiquement associée à celle du mannequin. J’estime personnellement que les égéries des grandes marques de glisse ne devraient être que des athlètes pros, reconnues pour leur engagement à l’eau, et non des filles castées uniquement pour leur plastique.
J’écoutais récemment une interview de Johanne Defay. Elle y racontait sans détour comment elle s’était fait virer de son sponsor majeur à ses débuts, tout simplement parce qu’elle n’avait pas « le physique à l’image de la surfeuse » que la marque voulait vendre. C’est une réalité brutale.
Pourtant, le respect dans l’eau ne s’achète pas avec un shooting photo. J’ai un respect immense pour les surfeuses qui s’y collent vraiment. Les Justine Dupont qui repoussent les limites du surf de gros, les Johanne Defay qui fracassent le Tour mondial avec une puissance incroyable, ou même cette gamine anonyme que j’ai vue hier à l’eau, s’élancer sur un late drop critique, la peur au ventre mais la détermination dans les yeux.
Je repense souvent à une session l’hiver dernier. Un week-end glacial, sous une pluie battante, avec des vagues massives et un vent on-shore pourri à vous dégoûter d’enfiler une combinaison humide. À l’eau, il y avait deux chargeuses : Maud Le Car et Jade Magnien, accompagnées du chargeur basque Andony Abaigar. Elles sont parties à la rame dans ce chantier monumental. Je suis resté sur la plage, transi de froid, la caméra fixée uniquement sur elles. J’ai filmé leurs vagues, leur engagement. Désolé Andony, mais ce jour-là, ce sont les filles qui ont crevé l’écran par leur courage. C’est ça, la vraie place de la femme dans le surf.
Ceci dit, je tiens à rassurer (ou à désespérer) tout le monde : le diktat de l’image ne frappe pas que les femmes. La machine marketing broie aussi les hommes. Les contrats masculins sont loin d’être uniquement indexés sur le pur talent ou les résultats en compétition. Je me souviens très bien d’une phrase d’un team manager de chez Quiksilver qui affirmait, le plus sérieusement du monde, que « l’attitude était plus importante que le talent ». Qu’est-ce que « l’attitude » dans un bureau marketing ? Mystère. Mais cela a coûté cher à des mecs comme Maxime Huscenot. Alors qu’il était au sommet absolu de son art et méritait amplement un soutien financier pour casser la baraque sur le circuit QS et CT, son contrat n’a pas été renouvelé. Il n’entrait plus dans la « case ».
Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain
Le monde va mal, les actualités sont lourdes, et ce scandale tahitien vient entacher un milieu qui me tient à cœur. Mais j’ai envie de rester positif. S’il faut faire le ménage, faisons-le, proprement, devant les tribunaux et pas seulement sur Twitter ou TikTok.
Il ne faut pas oublier les avancées colossales de notre sport. Le surf a ses défauts, ses démons et ses zones d’ombre, mais il a aussi été l’un des tout premiers sports majeurs au monde à imposer et généraliser l’égalité parfaite des prize money entre les hommes et les femmes sur le circuit professionnel. C’est un acte fondateur fort qui prouve que l’évolution est possible.
Aujourd’hui, pour que cette évolution continue, il faut que la justice tahitienne et australienne se réveille. Les victimes méritent d’être entendues. Les accusés méritent un procès équitable. Et notre sport, lui, mérite qu’on arrête de fermer les yeux pour ne garder que le reflet doré du soleil sur la houle.
Le milieu du surf professionnel est secoué par de graves révélations. La surfeuse allemande Noah Klapp, ancienne championne du monde junior ISA, a publiquement accusé le surfeur mexicain Alan Cleland de violences sexuelles répétées. Ce témoignage intervient quelques jours seulement après la suspension de l’athlète par la World Surf League (WSL) pour d’autres allégations en Polynésie française.
L’industrie du surf fait face à une crise majeure. Sur son compte Instagram, la surfeuse allemande Noah Klapp, sacrée championne du monde des moins de 16 ans en 2019 à Huntington Beach, a publié un long message détaillant les abus physiques et sexuels qu’elle aurait subis de la part du surfeur olympique mexicain Alan Cleland.
Les faits remontent à environ six ans. Selon la jeune femme, aujourd’hui âgée de 23 ans, les abus se sont produits au cours d’une relation d’un an avec l’athlète mexicain, alors qu’elle n’avait que 17 ans.
Un témoignage détaillé sur les réseaux sociaux
Dans sa déclaration publique, Noah Klapp décrit une dynamique de violences conjugales et d’agressions répétées. Elle affirme que le surfeur l’immobilisait régulièrement sur le lit, la maintenant par les poignets, pour la forcer à avoir des relations sexuelles. Elle évoque également des violences psychologiques, des insultes dégradantes et une privation de liberté, expliquant qu’il verrouillait la porte de leur chambre pour l’empêcher de fuir.
« Il s’agit d’une période douloureuse de ma vie qui m’a consumée et complètement détruite », écrit la surfeuse allemande, qualifiant publiquement son ancien compagnon de « violeur » et de « bourreau ». Elle précise avoir longtemps gardé le silence par crainte de ne pas être crue, un traumatisme dont elle tente encore de guérir aujourd’hui.
La suspension de la WSL comme élément déclencheur
La prise de parole de Noah Klapp n’est pas le fruit du hasard. Elle a décidé de briser le silence en découvrant, le jour de ses 23 ans, la diffusion d’une autre affaire impliquant Alan Cleland.
Récemment, la World Surf League a en effet publié un communiqué annonçant la suspension immédiate d’un surfeur suite à des « accusations extrêmement graves ». Ces faits se seraient déroulés lors d’une soirée à Tahiti, en marge de l’étape du Championship Tour (CT). Si la WSL n’a pas nommé l’athlète dans son communiqué officiel, les médias spécialisés Stab et Surfing World ont rapidement confirmé qu’il s’agissait d’Alan Cleland.
Selon les informations circulant dans la presse internationale, ces nouvelles allégations concerneraient une agression sur mineure. C’est cette récidive présumée qui a poussé Noah Klapp à réagir : « Je veux m’assurer que ce soit la fin de tout cela, car on lui a déjà donné une seconde chance qu’il ne méritait pas. »
L’industrie du surf pointée du doigt
Au-delà des accusations visant directement le surfeur mexicain, l’athlète allemande dénonce le silence et l’hypocrisie qui règnent parfois au sein de l’industrie de la glisse. Elle pointe du doigt un écosystème qui idéalise les sportifs sans tenir compte de leur comportement dans la sphère privée, évoquant des groupes de surfeurs toxiques qui valident et encouragent ce type de dérives.
Pour l’heure, Alan Cleland, sollicité par plusieurs médias internationaux, n’a fait aucun commentaire sur ces accusations. Suite à la publication de Noah Klapp, de nombreux acteurs de l’élite mondiale du surf lui ont témoigné leur soutien dans l’espace des commentaires, saluant son courage.
La suite de cette affaire dépendra désormais des conclusions de l’enquête menée en interne par la WSL, ainsi que des éventuelles suites judiciaires qui pourraient être données aux récents événements survenus à Tahiti.
Le monde de la glisse perd l’une de ses légendes. Larry Bertlemann s’est éteint le samedi 10 octobre 2026 à l’âge de 71 ans à l’hôpital The Queen’s Medical Center d’Honolulu, après des complications consécutives à une crise cardiaque. L’annonce, confirmée par sa famille auprès des médias locaux, laisse un vide immense chez les passionnés de surf et de skate à travers la planète. Surnommé le « Rubberman » pour son élasticité phénoménale, le surfeur hawaiien a brisé les codes rigides des années 1970 pour inventer, à lui seul, le surf moderne.
Une posture féline et une rupture totale avec la tradition
Né à Hilo en 1955 avant de grandir sur les vagues de Waikiki, Bertlemann débarque sur les spots à une époque où le shortboard balbutie encore. La plupart des surfeurs adoptent alors des trajectoires rigides, droites et calculées. Larry choisit l’exact opposé.
Genoux écartés et centre de gravité ultra-bas : il compresse son corps avant d’exploser dans des courbes impossibles pour l’époque. Sa signature visuelle reste gravée dans l’histoire : une main traînant dans la paroi de la vague pour pivoter sur place et enchaîner des turns parfaits là où les juges attendaient des lignes plus sages. Associé au shaper de légende Ben Aipa et à ses fameuses planches « Sting », le jeune Hawaiien redéfinit ce qu’il est physiquement possible de réaliser sur une section critique.
L’étincelle qui a allumé le skate des Dogtown et le surf aérien
L’impact de Larry Bertlemann dépasse largement l’océan Pacifique. En Californie, les jeunes skateurs de Dogtown – Tony Alva et Jay Adams en tête – dévorent ses photos de magazines et tentent de reproduire ses appuis sur l’asphalte et dans les piscines vides. C’est la naissance du « Bert slide », une manœuvre mythique où la main frotte le sol pendant que la board dérape.
Mais l’échange ne s’arrête pas là. Bertlemann fait le chemin inverse : inspiré par le skate, il commence dès la fin des seventies à décoller au-dessus de la lèvre. Il baptise ses tentatives les « Larryials », posant les toutes premières bases du surf aérien bien avant l’avènement de la « New School » des années 1990.
L’électron libre qui a inventé le sponsoring moderne
En compétition, son palmarès compte des faits d’armes majeurs, comme une victoire aux championnats américains en 1973 et des finales au prestigieux Pipe Masters. Pourtant, les podiums n’ont jamais suffi à mesurer son aura. Rebelle, flamboyant et fier, il comprend avant tout le monde la valeur de l’image de marque. À une époque où le milieu rejette le commerce, il appose sans complexe d’immenses autocollants Pepsi ou United Airlines sur ses planches, inventant le statut d’athlète professionnel salarié.
Après une existence intense jalonnée de blessures sévères au dos et d’épreuves personnelles, Larry Bertlemann laisse derrière lui trois enfants, de nombreux petits-enfants et un héritage vivant. Chaque surfeur qui plante un rail agressif ou s’envole aujourd’hui sur une vague lui doit une part de sa trajectoire.
Le 28 août 2026, à Capbreton, un surfeur de 57 ans heurtait violemment la digue du Prévent, terminant en arrêt cardio-respiratoire. Plus d’un mois après ce drame qui a marqué la communauté landaise, la victime, désormais en pleine rééducation, a souhaité prendre la parole pour rassurer sur son état de santé et rappeler l’imprévisibilité de l’océan.
Fin août, l’image avait glacé le sang des témoins présents sur la plage. Un surfeur percutait de plein fouet l’épi rocheux séparant le Santocha du Prévent. Récupéré in extremis, son pronostic vital était alors engagé. Un peu plus d’un mois après ce traumatisme, Sébastien a choisi de s’exprimer en nous contactant. Sorti d’affaire, il revient sur ce concours de circonstances tragique et donne des nouvelles encourageantes sur sa convalescence.
Un sauvetage décisif et un lourd bilan médical
La violence du choc frontal contre l’enrochement n’a laissé aucune chance au surfeur, provoquant un scalp complet, une perte de connaissance immédiate, puis un arrêt cardiaque caractéristique d’une noyade de stade 4. C’est la lucidité et l’intervention providentielle d’Isham, un bodyboarder présent sur le spot qui a aperçu un bras dépasser des rochers, qui a permis de déclencher l’alerte.
Sorti de l’eau avec l’aide des secouristes et autres témoins, Sébastien a bénéficié d’un massage cardiaque prodigué par Benji et Amandine, les nageurs-sauveteurs du poste local. « En moins de quatre minutes, ils m’ont permis de revenir à la vie », confie le quinquagénaire, profondément reconnaissant. Évacué vers le centre hospitalier de Bayonne par les pompiers, le bilan clinique est lourd : de multiples fractures aux vertèbres, aux côtes, au sternum et au bassin, accompagnées de 54 points de suture sur le crâne. Plongé dans un coma artificiel pendant cinq jours et intubé durant dix jours, le surfeur a entamé un véritable parcours du combattant. Transféré fin septembre au centre de rééducation, lors de son dernier mail la semaine dernière, il effectuait ses premiers pas.
Quand la houle déjoue toute expérience
Si le drapeau rouge hissé ce vendredi 28 août avait suscité quelques commentaires expéditifs sur l’imprudence supposée du surfeur dans certains médias. Sébastien est loin d’être un novice. Avec quarante années de surf à son actif, dont quatorze passées à affronter les vagues exigeantes des passes de Tahiti, comme l’intimidante gauche de Vairao, l’homme possède une solide lecture de l’océan.
L’accident résulte de circonstances aussi rares que brutales. Alors qu’il surfait une droite et sortait de la vague afin d’éviter la digue, un phénomène de double vague l’a projeté sur la digue sans lui laisser une chance. Vous voyez le phénomène dont je parle, une vague finit par rattraper celle sur laquelle il évoluait (un doublon, il sort de la première sans voir la deuxième juste derrière), le projetant avec fracas contre les blocs de pierre. Un scénario imprévisible, transformant une session de tous les jours en urgence absolue.
L’expérience face aux conditions engagées
Cet événement rappelle crûment que le surf reste un sport brut, soumis aux caprices des éléments. Nous ne reviendrons pas sur cette fausse polémique des drapeaux (les drapeaux c’est pour les baigneurs encore une fois, et en plus il n’était pas rouge au Prévent mais au Santocha).
Malgré la violence de l’impact et la gravité de ses blessures, la passion de Sébastien reste intacte. Il se projette déjà vers l’avenir, avec la ferme volonté de retrouver le line-up en douceur, entouré de ses amis, sur une planche longue et stable. Bon courage Sébastien, on est de tout coeur avec toi…Cet article a pour but de faire de la prévention mais également de rassurer des témoins de la scène qui nous ont contacté pour avoir des nouvelles.
La quête du plus beau tube de l’année est officiellement lancée dans les Landes. Du 1er au 31 octobre 2026, l’association Estim organise la 20e édition du Royal Barrique sur les bancs de sable réputés d’Hossegor et de Capbreton. Avec une alerte orange déjà activée pour le vendredi 2 et le samedi 3 octobre, les dix équipes invitées se préparent à entrer à l’eau de façon imminente.
Journal de calls
Samedi 3 octobre 2026
Ce matin, rendez-vous à 7H30, il fait nuit et difficile de se faire une idée, il y a encore des gros sets, car des vagues cassent au large sur cette marée montante. Le call a été long, très long mais peut-être pas suffisamment. Après 1H30, les surfeurs ont voté qu’ils ne voulaient pas lancer la compétition. Malheureusement, quelques minutes plus tard, les conditions se sont améliorées et la Gravière a distillé quelques bombes. c’est dommage, avec un peu plus de patience, il y avait une belle fenêtre. Prochain call dans quelques jours, ce n’est que le troisième jour de la waiting period…..
Un format unique taillé pour le freesurf
Véritable institution locale, le Royal Barrique se distingue par son approche à contre-courant des compétitions classiques de la World Surf League (WSL) ou de la Fédération Française de Surf (FFS). Ici, pas de séries chronométrées ni de tableau d’élimination, mais un format freesurf pur.
Le règlement impose une fenêtre de quatre heures de surf tubulaire. Les dix équipes engagées, composées chacune de six surfeurs reconnaissables à leur « panuelo » (foulard) de couleur, gèrent leurs rotations en toute autonomie. La stratégie est de mise : seuls deux surfeurs d’une même équipe peuvent être à l’eau simultanément, et au moins quatre membres doivent prendre des vagues durant la session. L’objectif reste inchangé : trouver et sortir du meilleur tube possible.
Le casting de la 20e édition : légendes et nouvelle génération
Pour célébrer ce vingtième anniversaire, le plateau réunit des figures incontournables du surf français et les espoirs locaux les plus affûtés. À ce jour, seuls Joan Duru et Vincent Duvignac ont réussi l’exploit de remporter le titre à deux reprises, confirmant l’exigence technique de l’événement.
Voici les 10 équipes qui s’affronteront cette année :
Les Copains d’Abord (Panuelo bleu ciel) : L’équipe est dirigée par le capitaine Mathias Maallem. Elle compte dans ses rangs Joan Duru, Pierre-Valentin Laborde, Marc Lacomare, Thomas Maallem et Guillaume Mangiarotti.
Béret Noir (Panuelo blanc) : Cette formation réunit Baptiste Dargelos, Nolan Poirier, Mathieu Agnès, Thomas Tribout, François Guilhemsang et Arnaud Darrigade.
Krabing (Panuelo rouge) : Sous le capitanat de Kyllian Guerin, on retrouve la jeune garde avec Noa Dupouy, Sam Piter, Aaron Bacon, Selyann Zouhir et Jules Zancanaro.
Le Surfing (Panuelo fuchsia) : Paul-Lou Laborde est le capitaine de cette équipe expérimentée. Elle est composée de Miky Picon, Benjamin Sanchis, Axel Dominguez, Jérémy Florès et Arsène Vellard.
Les Fair-Play (Panuelo vert) : Le capitaine Pierre Cambon emmènera Frédéric Robin, Jorgann Couzinet, Patrick Beven, Arnaud Binard et Léo Bernatas.
Team Acapulco (Panuelo turquoise) : Menée par Charly Quivront, l’équipe regroupe Nelson Cloarec, Tom Cloarec, Paul Bayle, Aldric God et Paul-César Distinguin.
Truites d’Or (Panuelo jaune) : Didier Piter encadre cette formation composée de Pierre Picat, William Aliotti, Hugo Grossert, Pierre-Antoine Poncet et Thomas Esquillot.
Young Guns (Panuelo vert d’eau) : L’équipe du capitaine Paul Boniface intègre Roc Marquez, Tim Ehrhard, Antoine Habashi, Hugo Prins et Fantin Habashi.
Maman j’ai raté le tube (Panuelo rose pâle) : Autour du capitaine Justin Becret s’aligneront Nanook Ballerin, Naum Ildefonse, Maxime Huscenot, Marley Benesenes Masse et Thomas Baché.
Oxbow (Panuelo orange) : Sous la direction de François Liets, cette équipe s’appuie sur Vincent Duvignac, Maud Le Car, Nicolas Paulet, Pierre Rollet et Erwan Blouin.
Des conditions optimales en approche
L’attente pourrait être de très courte durée. Les prévisions sont au vert, avec une alerte orange lancée par l’organisation pour les journées du vendredi 2 et du samedi 3 octobre. Plusieurs bancs de sable landais montrent actuellement un excellent potentiel pour offrir les conditions creuses exigées par l’épreuve.
En tant que partenaire média de l’événement, Icones surf sera sur place pour documenter l’action. Il ne reste plus qu’à observer l’évolution de la houle dans les prochaines heures pour savoir si le feu vert définitif sera donné pour lancer cette vingtième bataille épique dans le tube.
Vous pensez que le monde du surf professionnel est une méritocratie absolue où seules la radicalité des manœuvres et l’audace dans les tubes dictent les salaires ? Réveillez-vous. Derrière l’image idyllique des plages de sable blanc et de la glisse pure se cache une industrie aux critères parfois discutables. L’une de nos meilleures représentantes mondiales, Johanne Defay, médaillée de bronze aux derniers Jeux Olympiques et vainqueur d’étapes mythiques sur le World Tour, en a fait les frais au début de sa carrière. Et la raison va vous mettre en rogne.
Dans un récent podcast intime, la surfeuse réunionnaise a lâché une bombe passée presque inaperçue sur la fin de son contrat historique avec Roxy, la marque qui la suivait depuis ses 12 ans.
Lâchée à 19 ans pour un délit de « non-standard »
Imaginez la scène. Vous avez 18 ans. Vous enchaînez les résultats sur le circuit Pro Junior, vous prouvez que vous avez votre place parmi l’élite. Et pourtant, à l’aube de votre 19ème anniversaire, votre sponsor principal vous coupe les vivres.
Pourquoi ? Parce que Johanne Defay ne correspondait pas aux « standards » de la marque. Concrètement, l’industrie lui a fait comprendre qu’elle n’avait pas la plastique de la surfeuse californienne ou australienne stéréotypée. Pas assez blonde, pas assez filiforme pour vendre des bikinis sur papier glacé.
« Ils essayaient de me faire prendre des standards d’autres surfeuses… la surfeuse californienne », confie-t-elle. Le verdict tombe : pas la bonne image. Johanne se retrouve alors seule, sans sponsor majeur surf, alors même qu’elle accède au sommet mondial et gagne des étapes du CT (Championship Tour) face à des légendes comme Carissa Moore. Pendant près de trois ans, elle va devoir puiser dans ses prize money pour financer elle-même ses saisons sur le tour mondial, des déplacements qui chiffrent entre 100 000 et 120 000 euros par an.
L’ère toxique des surfeuses-influenceuses
Cette injustice met le doigt sur le mal profond de notre culture surf actuelle. Aujourd’hui, on déroule le tapis rouge financier à des influenceurs/influenceuses incapables de plaquer un vrai carve sur le rail, sous prétexte qu’elles/ils cumulent des centaines de milliers d’abonnés en posant en maillot échancré sur le sable, ou en se mettant en scène.
Ces « surfeurs/surfeuses » d’Instagram vampirisent les budgets marketing des grandes marques, pendant que des athlètes surdouées, qui s’engagent sur des vagues mortelles à Teahupo’o ou Pipeline, galèrent à boucler leur budget annuel. Est-ce vraiment cette image que nous voulons transmettre aux prochaines générations au line-up ? Un sport où le nombre de followers et le tour de taille comptent plus que l’engagement critique dans une section creuse ?
La revanche éclatante du talent pur
Fort heureusement, le talent ne se noie pas si facilement. Sans le soutien des mastodontes de l’industrie textile à cette époque charnière, Johanne a serré les dents. Elle a construit son propre système, s’est appuyée sur des partenaires axés sur la véritable performance sportive, et a gravi les échelons à la seule force de son surf radical et de son mental en acier.
Le résultat ? Des victoires historiques, une carrière d’une longévité exceptionnelle dans le Top 10 mondial, et cette médaille olympique arrachée avec le crâne ouvert (littéralement, avec quatre points de suture après un violent « wipeout » sur le récif tahitien).
Aujourd’hui, Johanne Defay ouvre un nouveau chapitre. Devenue maman, elle vient de bénéficier de la toute première « Wildcard maternité » de l’histoire pour revenir sur le tour. Elle trace la voie, loin des diktats physiques d’une industrie qui a failli passer à côté de l’un de ses plus grands talents.
Il est temps de nettoyer notre line-up visuel et de redonner le pouvoir à l’eau salée. Boycottons le surf-paillette, et soutenons les vrais athlètes. Car au final, quand la houle rentre à 3 mètres sur un fond de corail acéré, ce n’est ni votre compte Instagram, ni la coupe de votre bikini qui vous sauvera la vie. C’est votre niveau de surf. Point final.
Le triple champion du monde John John Florence continue son exploration maritime loin des foules. Dans sa dernière vidéo publiée il y a quelques jours, l’Hawaïen dévoile une session incroyable sur une droite vierge, soulevant des questions sur la chronologie exacte de son expédition.
Une logistique complexe récompensée
Trouver la perfection a un prix. Pour dénicher ce reef isolé au milieu de nulle part, le surfeur a dû composer avec une préparation millimétrée. « Le processus pour trouver de bonnes vagues ici est plus compliqué que je ne l’imaginais », confie l’athlète. Entre le calcul précis des vivres, la navigation au gré d’une météo capricieuse et le risque de contracter la dengue, l’expédition relevait du défi.
L’effort a fini par payer. Après un premier repérage décevant sous un vent onshore, les conditions ont tourné. Le résultat ? Une session en solitaire sur une droite glassy et tubulaire. L’Hawaïen décrit une expérience « indescriptible », fasciné par le fait que cette vague déferle ainsi, sans personne, depuis des millénaires.
Des dates qui intriguent
Si ces nouvelles images font rêver la communauté surf, la chronologie du trip interroge. Le voilier de Florence a récemment été signalé au Panama, puis aux Galápagos, et se trouverait actuellement du côté de Tahiti. Cette droite mystère se situe probablement quelque part sur cette immense route, à moins qu’il ne s’agisse de séquences d’archives savamment distillées.
Quoi qu’il en soit, cette vidéo confirme que l’Hawaïen reste le maître absolu de la production free surf. Reste à savoir quelle sera la prochaine destination secrète dévoilée par son équipage.
Le samedi 3 octobre 2026, de 9h à 12h, la plage de Marinella à Anglet accueillera la troisième édition de l’événement de collecte « Recyclez vos combis ». Soutenue par la marque Soöruz, cette initiative écologique vise à récupérer les équipements en néoprène usagés pour leur offrir une seconde vie grâce à des filières de valorisation locales.
Une solution concrète pour le matériel usagé
L’objectif de cette matinée est simple : éviter que les combinaisons qui dorment dans nos garages ne finissent à la déchetterie. Les surfeurs, ainsi que les écoles de surf locales qui renouvellent régulièrement leur parc, sont invités à venir déposer leurs anciens équipements directement sur le stand de l’événement. Ces pièces en néoprène seront ensuite récupérées par des entreprises de la région spécialisées dans l’upcycling et le recyclage.
L’engagement d’Icônes Surf face aux déchets de la glisse
La rédaction d’Icônes Surf a décidé de s’impliquer dans cette dynamique et de soutenir ce besoin crucial de recycler notre matériel. Il y a quelques mois, lors d’une journée d’initiation et de tables rondes organisée par l’EUROSIMA, le constat de l’industrie était sans appel : nous devons impérativement mieux gérer les déchets issus de notre pratique.
Aujourd’hui, que faisons-nous de nos combinaisons trouées et de nos vieilles planches cassées ? Elles finissent encore trop généralement dans une simple poubelle. C’est pour inverser cette tendance que nous nous engageons à favoriser et relayer ce genre d’actions locales. La transition écologique du surf passera par ces initiatives, et le prochain rendez-vous est fixé sur le sable d’Anglet.
« La prochaine fois, je te finis ». Cette phrase ne sort pas d’un film d’action, mais bien d’une session de surf qui a totalement dégénéré sur la côte d’Émeraude.
On a tous déjà connu des tensions au pic. Une taxe un peu limite, un regard noir, quelques noms d’oiseaux échangés. Mais ce qui s’est passé récemment sur les spots de Saint-Lunaire et du Cap Fréhel va au-délà. Petit rappel : la personne est présumée innocente, nous n’étions pas sur les lieux et nous ne connaissons aucun protagoniste;
PS: Bien sûr l’image est fictive, on n’allait pas mettre le visage des protagonistes ou la photo de la plage où a lieu l’incident.
Quand la loi de la jungle remplace les règles de priorité
Ce mardi 15 septembre 2026, un surfeur expérimenté de 43 ans a dû s’expliquer à la barre du tribunal de proximité de Dinan, dans les Côtes-d’Armor. Les faits qui lui sont reprochés : violences et menaces de mort envers deux autres pratiquants.
Le prévenu est accusé d’avoir maintenu ses victimes sous l’eau. Un acte dangereux qui transforme un simple litige de priorité en véritable agression physique.
En Bretagne nord, les vagues de qualité se méritent. La saturation des spots pousse à un certain localisme ou du moins à des actes isolés dangereux. Attention, on parle de la Bretagne Nord, mais soyons réaliste, le phénomène tend à se développer avec un nombre de plus en plus croissant de surfeurs.
Une sanction rarissime réclamée par le procureur
Face à la gravité des faits, la justice a décidé de frapper fort. Le procureur de la République n’y est pas allé par quatre chemins et a requis de la prison avec sursis.
Mais c’est surtout la deuxième peine demandée qui risque de faire jurisprudence : une interdiction totale de paraître sur ces spots. Bannir judiciairement un surfeur de ses vagues locales est une mesure rarissime en France.
Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 20 octobre 2026. Une date que beaucoup de surfeurs de la région attendent avec impatience, car elle pourrait bien marquer un tournant dans la gestion des conflits à l’eau.
Ce samedi 19 septembre 2026, le Quiksilver Festival a ouvert ses portes dans des conditions musclées sur le célèbre spot de La Nord, à Hossegor. Poussés par un format de compétition exigeant, des surfeurs comme Parker Coffin, Jérémy Florès et le Landais Sam Piter se sont engagés sans retenue dans une houle atteignant les 3 à 4 mètres, devant un public venu en masse.
Un format radical pour une houle solide
Dès 8h ce matin, l’océan a donné le ton. La Nord offrait un plan d’eau puissant et technique, un terrain de jeu à la hauteur du plateau international réuni sur la côte landaise. Pour coller à ces conditions spectaculaires de 3 à 4 mètres, Miky Picon, Directeur de compétition, a mis en place un format intransigeant intitulé « Biggest Turn ».
La règle est simple : au cours de séries de 40 minutes, une seule vague est comptabilisée par surfeur. L’objectif n’est pas d’enchaîner des petits turns, mais bien de trouver la bombe du heat et de s’engager à 100 % sur une manœuvre majeure. Ce choix stratégique a obligé les compétiteurs à prendre l’expression « au pied de la lettre », déclenchant des prises de risque maximales et des chutes impressionnantes avec un public qui en redemande.
Parker Coffin signe le score du jour, Florès survolté
Si le Basque Aritz Aranburu et Kai Odriozola ont remporté leurs premières séries respectives, c’est l’Américain Parker Coffin qui a véritablement fait exploser les compteurs. S’élançant sur une gauche massive frôlant les 3 mètres, il a exécuté un Reentry d’une rare violence sur la section critique. Cette manœuvre lui rapporte un 8,3 points, soit la meilleure note de la journée.
Dans le camp français, Jérémy Florès était particulièrement attendu. Pour un surfeur qui s’est fait rare à l’eau et en compétition ces derniers temps, l’organisateur du festival a prouvé que son sens marin sur les bancs de sable landais était intact. Il a enflammé la foule en s’engageant à 110 % sur ses vagues, frappant fort là où l’erreur ne pardonne pas, pour s’adjuger la première place de sa série.
Sam Piter intouchable à domicile
L’autre grande démonstration de force est venue du local Sam Piter, qui a surfé avec une intensité impressionnante tout au long de sa série. Porté par sa connaissance du spot, il s’est engagé dans des sections critiques. Son turn massif, récompensé par un 8 points net, a fait lever la plage. Au vu de sa lecture de vague et de son rythme aujourd’hui, le format à une seule vague a presque sauvé ses adversaires : sur un heat classique, Sam Piter aurait très certainement mis tout le monde combo.
Classement provisoire et suite du programme
À l’issue de cette journée d’ouverture, le duo américain prend la tête, talonné par l’équipe française :
Eithan Osborne (USA) / Parker Coffin (USA)
Sam Piter / Noa Dupouy / Kyllian Guerin (FRA)
Wiggolly Dantas (BRA) / Aritz Aranburu (ESP)
La journée se clôture ce soir sur la Place des Landais avec la « Ed Banger Opening Party », un événement musical gratuit réunissant Pedro Winter (Busy P), So Me et Address Hymen. Côté compétition, la période d’attente court jusqu’au 27 septembre. L’organisation s’adaptera aux bancs de sable d’Hossegor, Capbreton ou Seignosse pour offrir les meilleures conditions possibles pour la suite de l’événement.
Laird Hamilton est aujourd’hui respecté comme un pionnier du surf de gros et du foil. Mais pendant des années, il a été l’une des figures les plus ouvertement critiquées par certains surfeurs courageux (1,91m pour 98 kg de muscle). Pourquoi une telle hostilité envers ce waterman hors norme ?
Lors de son passage sur le podcast de Sterling Spencer, sa femme Gabby Reece a livré sa propre analyse, écartant d’emblée la piste de la simple jalousie sportive.
Le piège d’Hollywood et du North Shore
Selon l’ancienne volleyeuse professionnelle, tout part d’une confusion entre fiction et réalité. En incarnant l’arrogant Lance Burkhart dans le film culte North Shore, Laird s’est enfermé dans un rôle qui a déteint sur sa réputation. Ajoutez à cela un tempérament volcanique qui l’a poussé au clash avec les légendes locales hawaïennes comme Sunny Garcia, Johnny Boy Gomes ou Shane Dorian, et le cocktail était explosif.
L’affront fait aux puristes
L’autre grande erreur de Laird aux yeux de l’industrie ? Avoir boudé le circuit compétitif classique. En refusant de se plier aux codes du « core » surf pour développer ses propres innovations, il a suscité l’incompréhension. C’est un grand innovateur: le surf tracté, le foil, le paddle…J’ai l’impression qu’il a toujours été en avance sur son temps.
Et s’il n’a jamais cherché à se défendre face aux critiques, c’est pour une raison très simple : le temps. Obsédé par ses projets de glisse, Laird a toujours estimé qu’il n’avait pas une minute à perdre pour justifier ses choix face à ses détracteurs.
Imaginez la scène. Nous sommes en 1959 à la Côte des Basques, à Biarritz. Pas de leash, aucune combinaison en néoprène, et au line-up, uniquement des garçons qui se partagent de lourds troncs en balsa. C’est là qu’une gamine de 12 ans décide qu’elle aussi a le droit de glisser. Cette jeune fille, c’était Marie-Christine Delanne. La Fédération Française de Surf vient d’annoncer sa disparition, et c’est tout un pan de notre histoire qui s’en va.
Excellente nageuse, elle s’est imposée au pic à la force des bras, bataillant avec détermination sur des planches massives qui pesaient parfois la moitié de son poids. Avec une poignée d’autres rebelles courageuses comme Catherine Tadrew, Françoise Cazayous ou Christine Lubet à Hossegor, elle a littéralement défriché la pratique du surf féminin dans l’Hexagone. À l’époque, il fallait se battre doublement pour gagner sa place à l’eau face aux locaux.
Dès l’organisation des premiers Championnats de France, elle écrase la concurrence. Entre 1964 et 1969, elle rafle cinq couronnes nationales.
La prochaine fois que vous verrez Johanne Defay fracasser le Tour mondial ou des surfeuses s’épanouir sur nos spots, souvenez-vous : c’est cette gamine de 12 ans qui a enfoncé la porte en premier. Bon voyage, championne.
C’est un rebondissement inattendu, peut-être une machination australo/américaine contre les brésiliens. Alors que le Brésilien Italo Ferreira semblait solidement accroché à la première place, l’annulation de l’étape très attendue d’Abu Dhabi vient de totalement chambouler le sommet du classement mondial. Le grand gagnant de ce retournement de situation ? L’Italien Leonardo Fioravanti.
Le jeu cruel des mathématiques
Mais comment une compétition annulée peut-elle inverser le leadership ? Sur le circuit, la règle est stricte : avec une étape en moins au calendrier, seules les sept meilleures performances de la présaison sont désormais comptabilisées pour se qualifier pour la suite de la compétition.
Ce nouveau calcul a été fatal à Italo Ferreira. Le champion brésilien a été contraint de déduire 3 320 points de son score global. En face, Leonardo Fioravanti n’a eu à écarter que 1 000 points.
Conséquence directe de cette soustraction : avec 40 015 points, l’Italien s’empare de justesse de la première place mondiale devant Ferreira (39 930 points). C’est donc Leonardo Fioravanti, et non le Brésilien, qui aura l’honneur de porter le mythique lycra jaune lors de l’épreuve de Lowers ! Le Brésilien Yago Dora vient compléter ce nouveau podium masculin.
Le statu quo chez les femmes
Si le tableau masculin a été bouleversé, l’annulation n’a en revanche pas fait trembler la hiérarchie féminine. L’icône hawaïenne Carissa Moore, impériale, conserve sereinement sa couronne de leader (39 575 points) devant sa compatriote Gabriela Bryan et la jeune prodige américaine Sawyer Lindblad.
La saison ne va pas se jouer ici, mais c’est toujours amusant ce genre d’anecdote. Leonardo Fioravanti saura-t-il résister à l’armada brésilienne (5 surfeurs dans le Top 8) lors des prochaines échéances ? Les vagues nous le diront très vite.
Un nouveau virage inattendu secoue la scène tricolore. Quelques jours à peine après l’annonce du partenariat entre Maud Le Car et la plateforme britannique, c’est au tour de Tessa Thyssen d’officialiser son arrivée sur OnlyFans.
Mais inutile de chercher le scandale : la surfeuse saint-martinoise s’engage via un contrat spécifique dédié aux sportifs de haut niveau, loin de tout contenu explicite. Au programme pour les abonnés ? Une immersion brute dans son quotidien de pro surfer, entre coulisses des compétitions, séances de préparation physique, nutrition et échanges directs par messagerie instantanée.
Un canal de sponsoring alternatif qui bouscule les codes habituels de l’industrie, tout en finançant les saisons sur le circuit pro.
On s’était posé la question il y a quelques mois : à quand une surfeuse ou un surfeur français sur OnlyFans ? Après de nombreuses signatures à travers le monde: Billy Kemper, Nathan Florence ou Lucia Martino… C’est désormais chose faite. Si le nom de la plateforme fait immédiatement penser à des contenus sulfureux, vous risquez d’être surpris. La free surfeuse tricolore Maud Le Car vient d’annoncer son arrivée sur le réseau, et elle compte bien en casser les codes.
Un Vlog et un contenu pour les fans
Oubliez les clichés. Sur son compte, dont l’accès est pour l’instant totalement gratuit, la rideuse ne proposera pas de contenu subversif, mais une immersion brute et sans filtre dans son quotidien d’athlète.
Dans une récente publication sur Instagram, Maud a dévoilé les coulisses de ce projet atypique. Son objectif ? Vous embarquer avec elle dans ce qu’elle appelle « le vrai voyage derrière les rêves ». Concrètement, ses abonnés auront droit à ses routines d’entraînement, ses expéditions dans les grosses vagues, mais aussi un accès privilégié à son univers de peintre. Elle y partagera également ses engagements pour l’océan, notamment ses actions de terrain avec l’association Save La Mermaid.
« Je partagerai le travail, les défis, les doutes, les aventures, et tous les petits moments qui accompagnent le fait d’essayer de s’améliorer chaque jour », explique-t-elle à sa communauté. Une façon de reprendre le contrôle de sa ligne éditoriale et de partager sa vie loin des algorithmes capricieux des réseaux traditionnels.
La Française ne s’aventure d’ailleurs pas en terre inconnue. Elle intègre officiellement la « Team Athlètes » de la plateforme, rejoignant ainsi d’autres grands noms de la discipline qui ont déjà franchi le pas. Des pointures comme Moana Jones Wong (l’incontestable reine de Pipeline), le chargeur hawaïen Billy Kemper ou encore le Brésilien Pedro Scooby utilisent déjà ce canal pour diffuser leurs coulisses.
Une nouvelle ère pour la création de contenu dans le surf de haut niveau commence.
Connu pour repousser les limites dans les vagues de Teahupo’o, le chargeur tahitien Matahi Drollet se lance un nouveau défi. En collaboration avec Mat Bastard, leader de Skip the Use, il vient de tourner fin août le clip de son premier single « Hava’e », véritable déclaration d’amour à la vague qui l’a vu grandir et bande originale de son futur documentaire.
Une rencontre fortuite transformée en projet musical
À l’origine, la musique ne devait être qu’un habillage sonore extérieur. Mat Bastard, producteur et co-compositeur du titre, s’était rendu en Polynésie pour travailler sur la bande originale d’un documentaire consacré au surfeur tahitien. L’objectif de ce long-métrage, réalisé par Thomas Bevilacqua : retracer la quête de Matahi Drollet sur les cinq vagues les plus dangereuses de la planète.
La donne a changé lorsque le leader de Skip the Use a découvert que le chargeur jouait de la guitare dans sa « bamboo house ». Une passion cultivée depuis l’adolescence, jusqu’ici restée dans le cadre privé. Après avoir partagé quelques riffs, le musicien lui propose de composer ensemble. Le projet s’est concrétisé à une vitesse fulgurante, propulsant le jeune Polynésien sur la scène des Francofolies de La Rochelle en juillet dernier, pour une prestation en direct devant plus de 20 000 spectateurs.
Hava’e : la personnification de la vague tahitienne
Entièrement chanté en tahitien, le titre Hava’e rend un hommage direct aux racines du sportif. Plus qu’un simple spot de glisse, la vague est ici abordée comme une entité protectrice et formatrice. Matahi Drollet la décrit comme une figure maternelle ou un guide : un élément qui forge le caractère et vers lequel on finit inéluctablement par revenir.
Ce single fera office de pilier central pour la bande-son du documentaire, dont la sortie en salles est espérée pour mai 2027. Le clip officiel, tourné le 29 août dernier, sera quant à lui dévoilé au public sur les plateformes dès le début de l’année 2027.
Surfeurs et musiciens : une tradition bien ancrée au line-up
Si la transition de Matahi Drollet vers les studios d’enregistrement peut surprendre le grand public, elle s’inscrit en réalité dans une longue tradition culturelle. L’océan a toujours influencé les musiciens passionnés de surf, et le passage du line-up à la scène est fréquent.
La légende Kelly Slater et le stylé Rob Machado ont souvent prouvé que la guitare accompagnait naturellement le quiver lors des tournées mondiales. D’autres ont poussé l’exercice jusqu’à bâtir des carrières internationales colossales, à l’image de Jack Johnson ou de Donavon Frankenreiter, passés maîtres dans l’art de troquer la wax pour les scènes de festivals. Avec Hava’e, Matahi Drollet s’ajoute à cette liste.
Ce lundi 31 août 2026, les vagues de Cloudbreak (Fidji) ont été le théâtre de surprises majeures lors de la fin du Round 2 féminin du Fiji Pro. La rookie Yolanda Hopkins a notamment éliminé la numéro 1 mondiale Gabriela Bryan, bouleversant la course au titre sur le Championship Tour de la WSL.
Une journée fatale pour les têtes de série
Dans des conditions techniques de 1 à 1,5 mètre, l’outsider portugaise Yolanda Hopkins s’est imposée de justesse (10.17 contre 9.93) face à l’Hawaiienne Gabriela Bryan. Cette défaite prématurée de la leader du classement relance totalement la fin de saison.
« Les conditions étaient changeantes, mais j’ai gardé mon rythme. J’ai vraiment consacré beaucoup de temps à m’entraîner pour ce type d’épreuve avec de gros barrels », a déclaré Hopkins via le communiqué officiel de la WSL.
Hennessy et Peterson assurent leur place
Autre coup de tonnerre, la Costaricienne Brisa Hennessy a vaincu la numéro 4 mondiale Molly Picklum, profitant de son expérience locale pour bloquer l’Australienne dans les derniers instants. Par ailleurs, Isabella Nichols et la vétérane américaine Lakey Peterson complètent le tableau des quarts de finale en éliminant respectivement les rookies Nadia Erostarbe et Francisca Veselko.
Avec l’arrivée d’une nouvelle houle, l’organisation a décrété un jour de repos ce mardi. Le prochain call est fixé au mercredi 2 septembre pour lancer les quarts de finale féminins, dont un duel très attendu entre la Française Vahine Fierro et Erin Brooks.
Vendredi dernier, le roi Harald de Norvège s’est éteint à l’âge de 89 ans, laissant le trône à son fils, Haakon VIII. Ce que le grand public ignore, c’est que le nouveau monarque européen est un avide pratiquant de surf qui visait le plus haut niveau mondial.
Un destin partagé entre la couronne et le CT
Selon des déclarations récemment relayées par Surfer Magazine, Haakon VIII n’a jamais caché son amour inconditionnel pour les vagues. S’il n’avait pas été le premier dans l’ordre de succession, son plan de carrière était tout tracé : « J’aurais été un surfeur professionnel sur le World Tour. Peut-être même un ancien pro, car j’approche la cinquantaine », avait-il confié avec humour. On confirme que c’est une blague, cf la vidéo en-dessous.
Le line-up attendra
L’heure est aujourd’hui au recueillement. Après les 35 années de règne de son père, le nouveau roi troque sa planche de surf pour les plus hautes responsabilités d’État. « Nous sommes en deuil, mais savoir que beaucoup partagent notre peine nous donne de la force », a-t-il déclaré officiellement. Si la World Surf League devra se passer de ses services en compétition, Haakon VIII reste, aux côtés du Prince Harry, l’une des très rares têtes couronnées à fréquenter régulièrement les line-ups froids de l’Europe du Nord.
Ce vendredi 28 août 2026, la Française Vahine Fierro s’est hissée en quarts de finale du Fiji Pro à Cloudbreak. Face à l’Américaine Sawyer Lindblad, la Tahitienne a décroché une victoire déterminante pour espérer conserver sa place sur le Championship Tour (CT) la saison prochaine.
Un heat décisif dans les tubes de Cloudbreak
Dans des vagues glassy mais capricieuses d’un mètre à un mètre cinquante, le duel 100 % « goofy-foot » a tourné à l’avantage de la Française. Avec un score combiné de 11,67 contre 10,43 pour l’actuelle numéro 3 mondiale, Fierro a su parfaitement lire le plan d’eau. « J’ai eu quelques virages et un petit barrel aussi », a-t-elle confié au micro de la WSL, soulignant l’importance de son long tube noté 7,00 points dans un océan ralenti par le changement de marée.
L’enjeu majeur du maintien sur le CT 2027
Cette qualification marque le meilleur résultat de Vahine Fierro cette saison. Sous pression, la surfeuse devait impérativement performer à Fidji pour ne pas perdre sa place dans l’élite du surf mondial l’an prochain. Motivée par le soutien du staff local sur l’île de Tavarua, elle a su « oublier les quarts et le classement » pour se concentrer sur son surf.
La compétition est actuellement en standby dans l’attente de la nouvelle houle annoncée. Au prochain tour, Vahine Fierro affrontera la Canadienne Erin Brooks dans un quart de finale de haut vol, avec l’objectif de valider définitivement son maintien.
Vous avez sûrement déjà entendu parler du sulfureux « Biarritz Surf Gang ». Si vous avez regardé le documentaire, vous connaissez forcément ce visage marqué et ce sourire de défi. Olivier Nagouas, que tout le monde ici appelait « Kikette », s’est éteint à l’âge de 57 ans. Et croyez-moi, son parcours est le reflet brut d’une époque où le surf européen n’avait aucune limite.
L’âge d’or et le talent pur
On est au cœur des années 80. Sur les spots de la Grande Plage et de Marbella, une bande de gamins insolents bouscule l’ordre établi. Parmi Sammy, La Mouche ou Nabo, Kikette sort du lot. Il ne se contente pas d’être bon : il éclabousse l’eau de son talent. Champion d’Europe, il dispute les Mondiaux de 1986 et décroche une wild card prestigieuse pour l’Arena Surfmasters de Biarritz en 88. Face à des pointures comme Martin Potter, il prouve qu’un Français peut rivaliser avec l’élite mondiale. Avec ses potes, il voyage des mois entiers à Hawaii, Bali ou au Panama, sans un sou, avec pour seules armes des planches sous le bras et une caméra Super 8.
Le point de bascule
Mais si vous grattez un peu le vernis des mémoires locales, la face sombre de ce conte de fées refait surface. L’adrénaline des vagues ne suffisait plus. La suite s’écrit dans les nuits sans fin, les drogues dures et une longue descente aux enfers de plus de 25 ans. Il ira jusqu’à purger une peine de prison pour financer ses addictions. « Ce qui fait le plus mal, c’est de voir la mer à travers les barreaux », avouait-il sans filtre.
Pourtant, l’océan finit toujours par laver les erreurs. En 2010, 24 ans après sa première sélection, il rechaussait le leash pour les Mondiaux Masters, arrachant une 17e place. Kikette incarnait ce surf viscéral, loin des stéréotypes lisses de notre époque. Un gars de Marbella qui s’est brûlé les ailes, mais dont la trace restera indélébile sur le sable biarrot.
Vous pensez que la pire angoisse d’un chargeur hawaiien est un violent wipeout sur la vague de Pipeline ? Détrompez-vous. Pour l’emblématique Jamie O’Brien, la descente aux enfers a commencé par une simple vision floue au réveil.
Le célèbre YouTubeur vient de subir une lourde opération à l’œil droit pour retirer un ptérygion. Plus connue sous le nom redouté d’ »œil du surfeur », cette excroissance anormale menaçait directement sa vue. Une intervention chirurgicale qu’il a repoussée pendant trop longtemps, et qu’il paie aujourd’hui au prix fort.
Le prix à payer : 6 mois d’isolement total
Confiné loin de l’océan, J.O.B traverse une période extrêmement douloureuse. « C’est horrible. Aujourd’hui, c’est le cinquième ou sixième jour et je ne peux toujours pas ouvrir mon œil », a-t-il confié.
Le verdict médical est strict : interdiction absolue de toucher l’eau douce pendant une semaine, et l’eau salée pendant au moins un mois. Mais la rééducation pourrait bien l’écarter du surf et de la pêche pour les six prochains mois. Une véritable éternité pour celui qui a passé sa vie dans les vagues, et un rappel brutal pour nous tous : protégez vos yeux à l’eau !
Tout surfeur normalement constitué a déjà contracté cette pathologie sans jamais l’assumer publiquement. Vous êtes seul sur un banc de sable correct, l’esprit tranquille. Soudain, un inconnu prend une vague à 200 mètres de là. Trente secondes plus tard, vous ramez frénétiquement dans sa direction. Les très sérieux chercheurs de l’Institut d’observation des line-ups ont enfin mis un nom sur ce fléau : le syndrome du pic d’à côté.
Le mirage de la série parfaite
Au line-up, le protocole est immuable. Le surfeur observe. Le surfeur doute. Le surfeur finit par ramer. Peu importe que la vague de l’inconnu ait lamentablement fermé ou qu’elle soit aussi molle qu’une houle d’août : l’important, c’est qu’elle a cassé ailleurs.
Selon cette étude, 94 % d’entre nous se délocalisent pour rejoindre un pic strictement identique à celui que l’on vient de fuir. Les 6 % restants sont simplement ceux qui rentrent à la voiture.
La preuve sociale aquatique
Le second symptôme de ce syndrome est encore plus dévastateur. S’il y a quarante personnes agglutinées sur un même pic, votre cerveau en déduit que c’est obligatoirement « The Place To Be« . Vous rejoignez donc la meute, bataillez pendant quarante minutes pour ne absolument rien prendre, et rentrez chez vous persuadé d’avoir ramé sur le meilleur spot de la journée.
Pendant ce temps-là, à 300 mètres de votre bouchon flottant, un grand débutant seul au monde enchaîne des séries parfaites. Personne ne le regarde. Il ne le sait même pas.
Le traitement miracle
Les scientifiques sont pourtant formels quant au remède : restez sur votre pic pourri. Statistiquement, il est prouvé qu’il redeviendra parfait à la seconde précise où vous déciderez finalement de le quitter.
Vous avez sans doute déjà admiré son style fluide et radical sur des planches alternatives. Aujourd’hui, le freesurfeur brésilien de 28 ans, Victor Bernardo, livre la bataille la plus importante de son existence.
Dimanche 16 août, en Californie du Sud, Victor et son épouse Johnni ont été pris dans un accident de la route d’une violence inouïe. Le bilan fait froid dans le dos : transporté d’urgence par hélicoptère, Victor se prépare à subir de lourdes opérations chirurgicales, tandis que sa femme a été évacuée par ambulance. C’est le réalisateur Logan Dulien qui a alerté la communauté, avouant que l’issue « aurait facilement pu être fatale ».
Le timing rend cette tragédie encore plus cruelle. Il y a quelques semaines à peine, Bernardo célébrait son invitation pour le très sélect Surfing Champions Trophy aux Maldives. Son rêve le plus cher ? Offrir à sa mère son tout premier voyage à l’international grâce à cet événement.
Du triple champion du monde Mick Fanning à Kanoa Igarashi, l’élite du surf s’est immédiatement mobilisée pour envoyer du soutien. La route vers la rééducation sera longue et extrêmement coûteuse. Toute la communauté prie désormais pour un miracle et espère de bonnes nouvelles depuis l’hôpital.
Ce dimanche 16 août, la plage de Zurriola à Saint-Sébastien a été le théâtre d’une cérémonie particulièrement émouvante. Près de deux cents passionnés ont formé un cercle au large pour honorer la mémoire d’Asier Arretxea, figure incontournable du line-up, décédé subitement à l’âge de 54 ans.
La communauté glisse du Gipuzkoa est en deuil. Mardi 11 août dernier, alors que le soleil se couchait sur le quartier de Gros, Asier Arretxea s’est éteint de causes naturelles alors qu’il pratiquait son sport de toujours sur son home spot. Quelques jours plus tard, la réponse de la communauté locale a été à la hauteur de l’empreinte laissée par le surfeur : immense.
Dimanche en fin de journée, la plage de Zurriola était noire de monde. Pas moins de deux cents personnes ont ramé vers le large pour former un immense cercle de planches, rituel traditionnel pour rendre un dernier hommage aux enfants de l’océan. Les images partagées sur les réseaux sociaux témoignent de l’impact du cinquantenaire sur la scène locale.
Surnommé affectueusement « Knuckles » par ses amis internationaux, Asier n’était pas seulement un habitué du pic. Il était considéré par beaucoup comme le véritable « ambassadeur de l’Aloha » à Saint-Sébastien. Toujours prompt à engager la conversation avec les surfeurs de passage, il incarnait cette générosité basque, associant volontiers une session à une soirée pintxos dans les rues de la vieille ville.
« Un grand frère » pour toute une génération
Les témoignages affluent pour saluer la mémoire d’un homme au caractère bien trempé, mais d’une profonde bienveillance. Le photographe et surfeur Gorka Ezkurgia a notamment pris la parole sur Instagram pour livrer un message poignant, représentatif du sentiment général.
« Te connaissant depuis mes 14 ans, tu t’es toujours comporté comme un grand frère », souligne-t-il, rappelant les discussions animées qui faisaient le charme d’Asier. « Descendre à Gros, c’était savoir qu’on allait avoir droit à tes récits incroyables sur des tubes que tu ne rentrais qu’à moitié, pendant que ton chien Pintxo nous couvrait de bave. Tu es parti dans l’océan, chez toi, en faisant ce que tu aimais le plus. »
Un rappel tragique pour les passionnés de glisse
Au-delà de la perte d’un ami généreux et authentique, la disparition soudaine d’Asier Arretxea résonne comme un avertissement pour tous les pratiquants, jeunes ou vétérans. Ses proches ont d’ailleurs profité de cet hommage pour faire passer un message de prévention essentiel : l’importance du suivi médical.
Prendre soin de soi, faire des bilans sanguins réguliers et consulter des médecins reste fondamental, même pour des surfeurs aguerris qui passent leur vie dans l’eau. L’esprit d’Asier continuera de flotter sur la gauche de la Zurriola, rappelant à chaque surfeur au pic de profiter de chaque vague comme si c’était la dernière.
Aujourd’hui, elle est incontestablement la reine de la mythique vague polynésienne. Pourtant, la première rencontre entre Vahine Fierro et Teahupo’o a viré à la paralysie. Lors d’une récente entrevue accordée au média américain The Inertia, la surfeuse du Championship Tour (CT) a dévoilé l’envers du décor d’une ascension fascinante, loin des trajectoires toutes tracées.
À seulement 16 ans, lors d’une compétition locale, Vahine se retrouve pétrifiée face à la puissance de Teahupoo. La peur est si viscérale qu’elle n’attrapera aucune vague et fuira le spot pendant deux longues années. Ce n’est pas l’ambition d’une victoire qui l’a ramenée au pic, mais la simple quête d’une sensation. En observant les surfeurs locaux irradier de bonheur en sortant des gros tubes, elle a voulu s’approprier ce sentiment. Le déclic opère à ses 19 ans, lorsqu’elle décroche le prix du meilleur tube féminin de l’année.
Mais la véritable surprise de cet entretien, c’est que la chargeuse polynésienne se considère avant tout comme une spécialiste des petites conditions. Ayant grandi sur l’île préservée de Huahine, avec des vagues parfaites ridées en petit comité familial sur les planches shapées par son père, elle avoue n’avoir appris à surfer des gauches qu’à l’âge de 13 ans, lorsqu’elle a rejoint l’île principale pour s’ouvrir à la compétition.
Ce bagage technique affûté, couplé à un entraînement acharné en amont des épreuves, explique sa maîtrise actuelle. Sa victoire historique au Tahiti Pro 2024 ne doit rien au hasard : elle est le fruit de dizaines de séries d’entraînement disputées face à Jérémy Florès et Kauli Vaast. Ce dernier reste d’ailleurs son partenaire de confiance absolu quand la houle grossit, capable de lui donner la motivation nécessaire pour s’engager sur les bombes.
Désormais équipée par Britt Merrick et naviguant dans sa deuxième année sur le CT, la Tahitienne fait face à un nouveau défi de taille : trouver le point d’équilibre parfait entre l’exigence implacable du circuit mondial et l’essence de sa passion, le freesurf.
À 54 ans, Kelly Slater vient de signer un 9.67 héroïque à Teahupo’o face à Medina. Mais sur Instagram, ce sont trois vidéos IA délirantes qui volent la vedette.
L’évasion de la maison de retraite
On y voit le King s’échapper de son Ehpad pour dompter le monstre tahitien, avant de rentrer célébrer sa session avec les autres pensionnaires ! C’est tellement bien fait que le principal intéressé a lui-même commenté d’un mythique « What the fuck » accompagné de rires. Une parodie géniale pour couronner une performance qui l’est tout autant.
Vingt-et-un ans après l’opus original de 2005 qui a profondément marqué la culture glisse, la marque à la montagne et à la vague ravive la flamme. Le nouveau film Quiksilver Young Guns 2026 est enfin disponible, et il vient secouer les standards du surf de haute performance.
Un casting XXL dans le perfectionnement indonésien
Pour faire honneur à ce monument de la vidéo de surf, l’équipe s’est engouffrée dans les tubes parfaits de l’archipel indonésien. À l’image, on retrouve logiquement la crème du surf mondial actuel. Griffin Colapinto et Kanoa Igarashi mènent la charge, solidement épaulés par des talents bruts tels qu’Al Cleland Jr., Kehu Butler, Hughie Vaughn sans oublier les trajectoires toujours électriques de Mikey Wright. Grosse section à Tahiti avec Kauli Vaast et Jérémy Florès sur un bon son de Capleton. Marco Mignot a également une grosse part.
Entre sections aériennes ultra-techniques et carves surpuissants sur le rail, ce cru 2026 célèbre le style avec un engagement total. Un pur concentré d’action qui prouve que l’héritage Young Guns ne mourra jamais. À visionner d’urgence avant votre prochaine session.
Ce dimanche 9 août 2026, la septième étape du Championship Tour (CT) de la WSL à Teahupo’o (Tahiti) a été interrompue après seulement trois séries en raison de vents défavorables. Dans des vagues de 10 à 12 pieds, l’Hawaïen Seth Moniz a signé la performance du jour, tandis que le double champion du monde Filipe Toledo et le Français Marco Mignot ont été éliminés.
Des conditions limites et une journée écourtée
La houle tant attendue a bien touché la Polynésie française la nuit dernière, offrant au lever du jour des séries massives oscillant entre 10 et 12 pieds, avec quelques bombes encore plus imposantes sur le récif. Si le vent matinal a permis de lancer le deuxième tour de l’Outerknown Tahiti Pro, un flux cross-onshore tenace s’est rapidement levé.
Après seulement trois séries, le directeur de compétition a pris la décision logique de suspendre l’événement. Le plan d’eau, balayé par ce vent latéral, rendait certaines vagues à la limite du surfable à la rame, posant un réel enjeu de sécurité pour les athlètes engagés sur ce spot réputé pour sa dangerosité.
Seth Moniz trouve la sortie face au champion en titre
La première série de la journée a offert un spectacle de haut vol malgré les éléments déchaînés. Seth Moniz (HAW) s’est particulièrement illustré face au champion du monde en titre, Yago Dora (BRA). L’Hawaïen a d’entrée de jeu trouvé un tube profond noté 8.17 sur 10, avant d’enchaîner avec un 7.80, totalisant un impressionnant 15.97.
Malgré un lourd wipeout et un score de 6.33 en guise de réponse, Dora n’a pas pu rivaliser avec la lecture de vague de son adversaire. Actuellement 31e mondial et en quête de maintien sur le CT, l’Hawaïen décroche son premier ticket de l’année pour le troisième tour.
« C’était rude là-bas », a confié Moniz aux médias de la WSL à sa sortie de l’eau. « Quand c’est gros et dangereux comme ça, l’aspect compétitif s’efface un peu au profit de la survie. Mon 8.17 est peut-être l’une des meilleures vagues de ma vie. »
Le Français Marco Mignot cède de justesse
Le deuxième duel du jour opposait l’Hawaïen Barron Mamiya au tricolore Marco Mignot. Mamiya a rapidement pris l’avantage avec un tube critique évalué à 7.17. Le surfeur français s’est battu pour recoller au score, mais Mamiya a sécurisé sa qualification (9.07 contre 7.84) grâce à un petit 1.90 glané dans les dernières minutes sur une vague intermédiaire.
Filipe Toledo éliminé : une défaite à nuancer
Le troisième et dernier heat du jour a vu l’élimination de Filipe Toledo par Connor O’Leary (JPN) dans une confrontation aux scores exceptionnellement bas (4.06 contre 1.63). Si le public et les observateurs attendaient au tournant le Brésilien dans des vagues consistantes, il est honnêtement difficile de le critiquer sur cette session.
Le vent side avait alors rendu le plan d’eau tout sauf engageant, avec des murs d’eau hachés compliquant dangereusement les drops. Après un restart de la série, O’Leary a su tirer son épingle du jeu de justesse sur des vagues plus au sud et moins exposées au vent, gagnant ainsi le droit de poursuivre l’aventure.
Prochain call à l’aube
La compétition reste en standby en attendant une accalmie du vent. Le prochain appel est fixé au lundi 10 août à 7h00 (heure de Tahiti, soit 19 h heure française), pour un éventuel redémarrage à 7h35. Le prochain duel à suivre opposera le champion du monde 2019 Italo Ferreira (BRA) au rookie sud-africain Luke Thompson.
Résultats round 2 des hommes Outerknown Tahiti Pro 2026: HEAT 1: Kauli Vaast (FRA) 13.50 DEF. Crosby Colapinto (USA) 10.16 HEAT 2: Alan Cleland (MEX) 6.00 DEF. Samuel Pupo (BRA) 5.00 HEAT 3: Seth Moniz (HAW) 15.97 DEF. Yago Dora (BRA) 14.33 HEAT 4: Barron Mamiya (HAW) 9.07 DEF. Marco Mignot (FRA) 7.84 HEAT 5: Connor O’Leary (JPN) 4.06 DEF. Filipe Toledo (BRA) 1.63
Prochaine séries du round 2: HEAT 6: Italo Ferreira (BRA) vs. Luke Thompson (RSA) HEAT 7: Liam O’Brien (AUS) vs. Jake Marshall (USA) HEAT 8: Ethan Ewing (AUS) vs. Joel Vaughan (AUS) HEAT 9: Leonardo Fioravanti (ITA) vs. Ramzi Boukhiam (MAR) HEAT 10: Morgan Cibilic (AUS) vs. Joao Chianca (BRA) HEAT 11: Kanoa Igarashi (JPN) vs. Alejo Muniz (BRA) HEAT 12: George Pittar (AUS) vs. Cole Houshmand (USA) HEAT 13: Gabriel Medina (BRA) vs. Kelly Slater (USA) HEAT 14: Jack Robinson (AUS) vs. Callum Robson (AUS) HEAT 15: Griffin Colapinto (USA) vs. Rio Waida (INA) HEAT 16: Miguel Pupo (BRA) vs. Mateus Herdy (BRA)
OuterknownSéries du premier tour féminin Tahiti Pro HEAT 1: Sally Fitzgibbons (AUS) vs. Anat Lelior (ISR) HEAT 2: Tya Zebrowski (FRA) vs. Erin Brooks (CAN) HEAT 3: Isabella Nichols (AUS) vs. Vahine Fierro (FRA) HEAT 4: Stephanie Gilmore (AUS) vs. Yolanda Hopkins (POR) HEAT 5: Alyssa Spencer (USA) vs. Bella Kenworthy (USA) HEAT 6: Bettylou Sakura Johnson (HAW) vs. Brisa Hennessy (CRC) HEAT 7: Nadia Erostarbe (ESP) vs. Francisca Veselko (POR) HEAT 8: Tyler Wright (AUS) vs. Kelia Gallina (PYF)
Ce mercredi 29 juillet 2026, la deuxième étape des Challenger Series a été secouée par l’ouragan Genevieve à Huntington Beach (Californie). Dans des vagues dépassant les deux mètres, les Françaises Vahine Fierro et Johanne Defay ont validé leur ticket pour les huitièmes de finale, confirmant leurs ambitions sur le circuit qualificatif de la World Surf League.
Des conditions dantesques pour le Round of 32 féminin
L’océan a radicalement changé de visage sur le spot de Surf City USA. L’arrivée très attendue de la houle générée par l’ouragan Genevieve a offert des murs d’eau solides, oscillant entre 1,80 et 2,50 mètres. Ces conditions physiques, couplées à un fort courant marin balayant la zone de line-up vers la célèbre jetée, ont obligé la direction de compétition de la WSL à autoriser l’assistance par jet-ski pour les athlètes.
C’est sur ce chantier que les têtes de série ont fait leur entrée. L’Australienne Sophie McCulloch a frappé un grand coup en postant le meilleur total de la journée (15,77 points). Comme elle l’a souligné à sa sortie de l’eau, l’engagement sur les sections critiques et le choix de vagues étaient les clés de la notation face aux conditions de vagues.
Vahine Fierro impériale, Johanne Defay solide pour son retour
Le clan tricolore attendait beaucoup de ce tour et les leaders ont répondu présent. Vahine Fierro a maîtrisé son sujet d’une main de maître dans la sixième série. La Polynésienne s’est imposée avec un total de 12,47 points, dominant largement l’Australienne Ziggy Aloha Mackenzie. Sa lecture du plan d’eau lui ouvre les portes du Round of 16, où elle affrontera la redoutable Hawaïenne Bettylou Sakura Johnson.
De son côté, Johanne Defay faisait son grand retour à la compétition. La Réunionnaise a assuré l’essentiel en prenant la deuxième place de son heat avec 12,26 points. Elle a su répondre avec expérience aux attaques de la jeune prodige américaine Eden Walla, victorieuse de la série avec 14,26 points. Johanne retrouvera la Costaricienne Brisa Hennessy au prochain tour, une confrontation qui s’annonce très tactique.
Moins de réussite en revanche pour la surfeuse antillaise Tessa Thyssen. Malgré un réel engagement physique, elle termine troisième de sa série (8,60 points) derrière Brisa Hennessy et Anat Lelior, et quitte prématurément la compétition californienne.
Le contingent masculin dans les starting-blocks
Le tableau masculin a également débuté son Round of 80 dans des conditions tout aussi massives. Si le héros local Luke Guinaldo a enflammé la plage avec une victoire retentissante (14,23 points), le Français Tiago Carrique n’a malheureusement pas trouvé le rythme. Avec 9,73 points, il échoue à la troisième place de sa série et voit son parcours s’arrêter net.
Tous les espoirs tricolores reposent désormais sur Jorgann Couzinet, Mihimana Braye et Charly Quivront. Les trois surfeurs feront leur entrée lors du Round of 64. Couzinet devra notamment se défaire du Péruvien Alonso Correa, auteur de la meilleure vague de la journée chez les hommes avec un excellent 8,00.
Le prochain call est programmé par les organisateurs ce jeudi 30 juillet à 7h00 (heure du Pacifique), pour un possible lancement des séries à 7h35. Soit 16H pour le call et 16H35 pour le lancement des séries.