Le soleil déclinait sur la plage du Miramar, mais ce n’est pas la beauté du crépuscule qui a marqué ce mardi soir. C’est ce silence, lourd, presque palpable, que 150 surfeurs à Biarritz sont venus briser avec respect. Deux semaines après le drame qui a coûté la vie à Salomé Lasla Boireau et Louis Bel Chabauty, happés par l’effondrement d’une falaise au phare de Biarritz, la communauté a choisi l’eau pour leur dire au revoir.
La famille nous a transmis cette vidéo pour la partager, et rendre un dernier hommage à Salomé et Louis, deux amoureux de l’océan. Toutes nos condoléances….
Le « Paddle Out », un dernier lien avec l’océan
Le rituel est connu des habitués des spots, mais chaque cérémonie reste unique dans sa douleur. Ramer jusqu’au pic, planche sous le bras, n’est pas un acte sportif ici : c’est une communion. Dans le creux des vagues, les planches se sont soudées pour former un cercle. Au centre, l’absence de Salomé et Louis, comblée par la mémoire de leurs proches.
La symbolique a atteint son paroxysme lorsque la mère de Salomé, embarquée par la SNSM, a dispersé les cendres de sa fille. Dans ce geste, tout le paradoxe de notre passion a refait surface : cette mer qui nous donne tant et qui, parfois, reprend tout.
Une tristesse qui traverse les côtes
Cet hommage ne s’est pas limité au Pays basque. La veille, sur la plage Nord de Lacanau, c’est le HCL Océan Club qui s’est figé. Salomé, ancienne licenciée, y a laissé des souvenirs de bodyboard, de voyages et une joie de vivre que ses anciens camarades peinent encore à réaliser éteinte.
Plus qu’une tragédie locale, c’est l’histoire de deux amoureux de l’océan, liés par le destin jusqu’à cette troublante ressemblance avec la légende de la Chambre d’Amour. S et L. Un écho qui, pour les parents de Louis, devient une étrange source de résilience. Face à l’horizon, le cercle s’est finalement ouvert, laissant les fleurs dériver vers le grand large. Un dernier salut, en toute simplicité.
Si vous pensiez que l’adrénaline de Lewis Hamilton se limitait aux cockpits étriqués et aux pointes à 350 km/h sur l’asphalte, vous faites fausse route. Loin de l’effervescence des paddocks, le septuple champion du monde de Formule 1 nourrit une obsession bien plus brute. Une passion viscérale pour l’océan qui l’a poussé à se frotter aux vagues les plus redoutables de la planète et à s’attirer le respect des plus grands noms du surf mondial.
Une vidéo virale : un 360 old school qui enflamme le circuit
C’est sur Instagram que le pilote britannique a récemment fait trembler la sphère surf. Oubliez les monoplaces, Hamilton s’est affiché sur un wake surf, sculptant une vague artificielle dans le sillage d’un bateau de haute performance. Mais ce n’est pas tant sa présence sur l’eau qui a choqué, c’est la manœuvre qu’il a plaquée avec une déconcertante facilité.
Hamilton a posé un 360 degrés à plat sur la vague d’un bateau. Bon, pour être honnête, je n’ai pas crié d’extase, mais c’est plutôt cool de voir que Lewis Hamilton n’est pas le boss partout. Bon, bien évidemment, tout le monde l’applaudit alors que moi, personne ne m’envoie des DM. Kai Lenny a salué un moment « épique », le Brésilien Italo Ferreira a souligné qu’il « connaissait cette sensation », tandis que le compte officiel de la WSL n’a pu s’empêcher d’applaudir la performance. Il y en a qui cherche à avoir des places gratuites pour le prochain grand prix.
25 pieds à Pipeline : la fois où il a cru voir sa dernière heure
Mais l’engagement du Britannique ne se limite pas aux vagues dociles d’un lac ou aux piscines à vagues, bien qu’il soit un habitué du Surf Ranch de Lemoore. Son amour pour l’océan l’a conduit sur le North Shore d’Oahu, face à la reine des vagues : Pipeline.
Dans une interview révélatrice, Hamilton a raconté cette session d’anthologie aux côtés du GOAT en personne, Kelly Slater. Le décor ? Un Pipe fumant, annoncé à « 25 pieds » selon les dires du pilote. Slater lui aurait formellement déconseillé d’y aller, ce à quoi Hamilton a répondu avec l’entêtement d’un champion : « Kelly, j’y vais. »
La suite ressemble à un cauchemar pour n’importe quel surfeur amateur. Alors que Slater s’engouffrait dans un tunnel massif, Hamilton s’est retrouvé dans la zone d’impact. « J’ai dû m’assurer de ne pas être aspiré. J’ai plongé, s’est-il souvenu. J’ai attrapé le reef et j’ai prié. J’ai entendu la lèvre exploser derrière moi comme une bombe. Ma planche a été arrachée et coupée en deux. »
Hamilton avoue avoir vu la mort de très près ce jour-là. Entre nous, annoncer 25 pieds à Pipe relève sans doute d’une petite exagération floridienne — il barbotait fort probablement sur l’épaule d’Ehukai Beach Park pour sauver sa peau. Mais survivre à un gros set fantôme sur ce banc de sable reste une épreuve terrifiante qui force le respect.
La quête d’une connexion plus pure
Pourquoi un homme qui risque sa vie à chaque virage sur circuit cherche-t-il à s’infliger de telles frayeurs sous l’eau ? La réponse réside dans la déconnexion absolue.
Le surf est devenu son exutoire physique et émotionnel. Hamilton l’avoue lui-même : être au large, sentir la puissance de l’océan, le ramène à une humilité nécessaire. Il ne s’agit plus de dompter une machine sur-motorisée, mais d’accepter la suprématie de la nature. Il a d’ailleurs déclaré vouloir, un jour, surfer quotidiennement pour ne faire plus qu’un avec cet élément.
Une belle leçon de lâcher-prise pour celui qui passe sa vie à traquer le moindre millième de seconde.
Le réveil est particulièrement difficile pour le clan tricolore en Afrique du Sud. Alors que le Ballito Pro ouvrait la saison des Challenger Series 2026 dans des conditions initialement idylliques, le surf français vient de perdre sa toute dernière représentante féminine. Tessa Thyssen a été éliminée ce matin au Round of 32, laissant un goût amer d’inachevé sur le spot de KwaDukuza.
Le piège d’un jour sans pour Tessa Thyssen
Il y a des jours où rien ne veut sourire, et ce mardi en fait clairement partie. Engagée dans la sixième série de la matinée face à l’Australienne Ellie Harrison et la Costaricienne Leilani McGonagle, Tessa Thyssen n’a jamais réussi à trouver le bon tempo, ni surtout les vagues capables de scorer.
Dans un line-up solide de 4 à 6 pieds devenu extrêmement sélectif, la Française s’est retrouvée bloquée, sans réelles opportunités pour exprimer son surf. Elle plie bagage prématurément avec un tout petit total de 5,06 points. Cette élimination frustrante sonne la fin des espoirs bleus dans le tableau féminin.
Du grand spectacle et des exploits héroïques
Si la déception est de mise côté français, le show a pourtant été grandiose avant que le vent onshore ne vienne gâcher la fête en début d’après-midi. La performance fracassante du jour est à mettre au crédit de la Basque Ariane Ochoa. Avec un surf backside ultra-engagé sur un mur massif double overhead, elle a envoyé deux énormes turns pour décrocher un 9,00 d’anthologie, éliminant au passage la pensionnaire de l’élite Isabella Nichols.
Autre démonstration de courage : celle de la Brésilienne Laura Raupp. Blessée au pied par ses propres dérives lors d’une session d’entraînement un peu plus tôt dans la semaine, elle a surfé avec trois points de suture pour s’offrir une victoire de prestige face à Francisca Veselko, grâce à un enchaînement noté 8,10.
Des dauphins au line-up et un vent capricieux
Le moment magique de la journée est survenu lors de la série ultra-serrée de la locale Sarah Baum et de la vétérante Sally Fitzgibbons. Un immense banc de dauphins est venu jouer les invités surprises, surfant les bombes sud-africaines aux côtés des compétitrices dans un final à couper le souffle où Baum a arraché la première place sous les acclamations du public.
La compétition masculine a ensuite été interrompue par les organisateurs après seulement deux séries à cause de la dégradation du plan d’eau. Si Ryan Kainalo et Vitor Ferreira ont validé leur ticket pour les huitièmes. Par contre, élimination du marocain Teva Bouchagua. On attend désormais l’entrée en lice des Français Mihimana Braye, Charly Quivront et Jorgann Couzinet, qui auront la lourde tâche de laver l’affront tricolore dès la prochaine occasion.
Vous connaissez la stratégie. S’inscrire à une épreuve QS locale sur le même spot, juste avant le grand lancement des Challenger Series. C’est le calcul tactique que font de nombreux surfeurs pros pour prendre leurs marques dans des conditions de compétition optimales.
L’Hawaïen Finn McGill avait exactement ce plan en tête pour Ballito, en Afrique du Sud. Et tout se passait à merveille. Il s’était hissé avec brio jusqu’en finale du QS 2000, validant haut la main sa préparation.
Une manœuvre banale, des conséquences désastreuses
Ce n’est pas sur un drop monstrueux du North Shore que le chargeur hawaïen a vu sa saison basculer. Sur la toute première vague de sa série, après avoir replaqué un turn floater, McGill chute au bottom turn. Il plante sa main dans l’eau, perd le contrôle de ses appuis et heurte violemment la surface, la tête la première.
Le verdict physique est immédiat : l’épaule saute.
Mais le cauchemar ne fait que commencer. Coincé dans la zone d’impact avec une épaule luxée, l’Hawaïen se fait littéralement chahuter par les séries suivantes. Heureusement, le compétiteur sud-africain Luke Thompson intervient pour le ramener vers le rivage. Sur le sable, le corps de McGill a tellement compensé que ses muscles sont complètement tétanisés. Les secours sont incapables de lui remettre l’épaule en place sur la plage, l’obligeant à un passage forcé par l’hôpital.
Un calendrier qui ne pardonne pas
« C’est nul que ça arrive la veille du début des Challenger Series, mais c’est la vie j’imagine », a déclaré McGill sur ses réseaux, prenant le temps de remercier ceux qui l’ont sorti de l’eau.
La réalité sportive est pourtant cruelle. Commencer la saison de qualification de cette façon est un véritable désastre. Contraint de se retirer du tableau du Ballito Pro qui vient de s’ouvrir, McGill voit sa campagne CS sérieusement compromise. Quand on sait que le circuit enchaîne directement avec l’US Open de Huntington Beach dans à peine 15 jours, on peut légitimement douter de sa présence en Californie. Le délai semble bien trop court pour rééduquer une articulation aussi cruciale.
Un choix de préparation qui était brillant sur le papier, anéanti en une fraction de seconde.
Le premier stop de la Challenger Series 2026 a tenu toutes ses promesses aujourd’hui en Afrique du Sud. Dans des vagues consistantes de 1,50 m à plus de 2 mètres (4 à 6 pieds), le spot de Ballito a offert un spectacle grandiose, mais surtout un scénario de rêve pour le surf tricolore. Trois Français officiels en lice, un « médocain d’adoption » sous drapeau marocain, et au final : quatre qualifications magistrales pour le Round of 32. Retour sur une journée parfaite.
Mihimana Braye dompte les favoris
Dans la cinquième série de la journée, le Tahitien Mihimana Braye a livré une prestation de patron. Opposé notamment au solide Brésilien Ian Gouveia et surtout au tenant du titre local, Luke Thompson, Mihimana n’a pas tremblé. En trouvant des trajectoires ultra-tendues et en fracassant les sections critiques backside, il s’empare de la première place avec un total de 12,64 points. Une victoire de prestige qui élimine d’entrée le champion en titre sud-africain et lance idéalement la dynamique bleue.
Jorgann Couzinet retrouve son surf de puissance
On connaît la hargne et la puissance de Jorgann Couzinet lorsque l’océan muscle son jeu. Le Réunionnais a retrouvé son meilleur niveau dans la série 15. Face à une opposition féroce menée par l’Américain Kade Matson, Jorgann a patiemment construit sa série. Grâce à ses turns puissants et engagés sur les sections critiques, il s’impose avec un excellent total de 14,10 points. Une première place rassurante qui prouve qu’il faudra compter sur lui pour la suite des hostilités.
Charly Quivront assure l’essentiel
De son côté, le Royannais Charly Quivront a dû batailler ferme dans la série 9. Face à un Jake Marshall (USA) très en jambes (13,23 points), Charly a su rester calme et passé cette série à l’expérience. Avec un total de 11,77 points, il s’octroie une deuxième place salvatrice, éliminant au passage l’Espagnol Conor Donegan Dos Santos. Le contrat est parfaitement rempli.
Teva Bouchgua, la surprise girondine
Impossible de ne pas associer à cette fête Teva Bouchgua. S’il surfe officiellement sous les couleurs du Maroc, le surfeur réside et s’entraîne quotidiennement à Carcans, en Gironde. Dans la deuxième série du jour, Teva s’est fendu d’une superbe prestation tactique (9,00 points) pour décrocher la deuxième place qualificative derrière le Brésilien Ryan Kainalo. Sa qualification vient compléter ce tableau idyllique pour le clan de l’Hexagone.
Les cadors au tapis, les jeunes s’envolent
Au-delà de la réussite tricolore, cette journée du Round of 64 a été marquée par d’énormes surprises. Le gros coup de tonnerre est venu de l’élimination de l’Australien Jacob Willcox (ex-pensionnaire de l’élite mondiale), sorti prématurément par le « giant-slayer » brésilien Vitor Ferreira.
Du côté du spectacle pur, le champion du monde junior WSL 2025, Dane Henry (AUS), a encore enflammé le spot avec ses envolées aériennes, tandis que le jeune Winter Vincent (AUS) a décroché la note du jour : un incroyable 9,33 après avoir survécu à un turn ultra-engagé dans une section qui fermait de manière terrifiante.
La prochaine décision de la direction de course aura lieu ce mardi 14 juillet à 6h30 (GMT+2) pour un lancement potentiel à 7h05.
Résultats des séries (Round of 64)
SÉRIE 2 : Ryan Kainalo (BRA) 12.17 DEF. Teva Bouchgua (MAR) 9.00, Taro Watanabe (USA) 8.83, Dimitri Poulos (USA) 8.67
SÉRIE 5 :Mihimana Braye (PYF) 12.64 DEF. Ian Gouveia (BRA) 12.47, Keijiro Nishi (JPN) 9.10, Luke Thompson (RSA) 7.10
La tension monte d’un cran entre le line-up et la tour des juges. Et cette fois, il ne s’agit pas d’une simple frustration liée à un score trop serré sur la dernière vague d’un heat, mais d’une remise en question brutale du casting même de la World Surf League.
L’interview de Griffin Colapinto
Au micro du podcast Stab Mic cette semaine, Griffin Colapinto a jeté un véritable pavé dans la mare. L’actuel top mondial estime que l’instance dirigeante devrait faire passer un test pratique sur l’eau à ses juges avant de valider leur embauche. La raison est implacable : un surfeur classique, même doté d’un excellent sens de l’observation, ne peut pas physiquement appréhender la biomécanique et la difficulté extrême d’un carving appuyé ou d’une rotation aérienne. Pour l’Américain, évaluer la justesse et l’engagement d’une manœuvre critique demande de l’avoir soi-même exécutée au plus haut niveau.
Un constat tranché qui a immédiatement fait réagir le GOAT en personne. Kelly Slater a appuyé le propos en faisant le parallèle avec d’autres disciplines ultra-exigeantes comme la gymnastique, les arts martiaux mixtes (MMA) ou le patinage artistique. L’ex-roi du Tour a souligné que le standard de jugement nécessitait une véritable expertise du terrain, tout en admettant qu’après une carrière éreintante sur le circuit, rares sont les anciens pros qui ont envie d’enfiler le maillot ingrat du juge.
Le cas Ben Dunn : l’évidence que la WSL ignore ?
Pourtant, c’est exactement vers ce vivier que la WSL devrait se tourner massivement. Si l’on se penche sur la liste des juges (comme celle qui avait fuité en 2018), certains profils d’anciens pensionnaires du WCT cochent toutes les cases pour rétablir cette légitimité.
Prenons l’exemple concret de Ben Dunn (fils dune coach surf très respecté). Ancien surfeur professionnel respecté, compétiteur féroce et habitué du WCT, l’Australien incarne le profil parfait. Il connaît la pression écrasante de la priorité, le timing d’une lecture de vague parfaite, et surtout, il maîtrise la technique pure. Intégrer davantage d’anciens guerriers du Tour de ce calibre dans la cabine permettrait non seulement d’affiner radicalement les scores, mais surtout de restaurer une confiance devenue très fragile entre les surfeurs et l’organisation.
La saison des Challenger Series (CS) 2026 vient d’être officiellement lancée sur la côte de KwaDukuza, en Afrique du Sud. Pour cette première journée du Ballito Pro 2026, l’océan a offert des conditions optimales : un plan d’eau propre de un mètre à un mètre cinquante, balayé par un vent offshore idéal. Si le spectacle international a tenu toutes ses promesses, la situation est déjà tendue pour le contingent tricolore.
Un effectif français réduit au strict minimum
Il faut se rendre à l’évidence : la délégation française est particulièrement mince cette année. Avec seulement quatre surfeurs et deux surfeuses engagés sur ce circuit d’accès à l’élite, les chances de qualification s’annoncent serrées, même si elles sont loin d’être nulles.
Ce manque de densité s’explique par deux facteurs majeurs :
Des WQS régionaux compliqués l’an dernier, qui ont laissé plusieurs de nos habitués sur le carreau.
L’élite qui a aspiré nos leaders, avec les montées légitimes de Kauli Vaast et Tya Zebrowski directement sur le CT.
Les premiers verdicts : Thyssen passe, Carrique et Goold éliminés
Dans l’eau, les premiers affrontements ont donné des résultats contrastés pour nos troupes. Tessa Thyssen a parfaitement fait parler son expérience du circuit international. Dans une série piégeuse du Round of 48, elle s’est imposée à l’expérience avec un total de 8,97 points, validant ainsi son ticket pour le tour suivant.
Le bilan est malheureusement plus lourd pour le reste des engagés du jour. Tiago Carrique s’arrête prématurément au Round of 80, terminant quatrième de sa série malgré un score honorable de 11,93 points. Même coup d’arrêt pour la jeune et très prometteuse Kiara Goold. À seulement 15 ans, elle quitte l’épreuve au Round of 48 avec un total de 9,96 points, impuissante face au festival de l’Australienne Sierra Kerr.
Tout l’espoir repose désormais sur l’entrée en lice de nos deux derniers guerriers dans le Round of 64 : Maihimana Braye que j’avais oublié dans un premier temps, Charly Quivront, redoutable quand les vagues sont bonnes, et Jorgann Couzinet, qui court après cette qualification de rêve depuis tant d’années.
Le show international : Vaughan et Kerr affolent les compteurs
Hors de nos frontières, cette entame a été marquée par des performances stratosphériques. L’Australien Joel Vaughan a envoyé une rotation aérienne massive notée 9,00, s’offrant le meilleur ride de la journée chez les hommes.
Chez les femmes, la performance du jour revient à Sierra Kerr. De retour aux affaires après de sérieux pépins de santé, la championne du monde junior a littéralement fracassé les sections sud-africaines pour claquer un total impressionnant de 16,83 points, incluant une vague frôlant la perfection à 9,33.
Le prochain call est fixé à lundi matin, 6h30, heure locale.
La 45e édition du Caraïbos Lacanau Pro s’est achevée en apothéose sur la Grande Plage. Après un début de semaine marqué par de petites vagues capricieuses, les bancs de sable girondins se sont réveillés pour offrir des conditions inespérées le jour des phases finales. Au bout du suspense, l’Allemand Hans Odriozola (enfin espagnol à la base) et l’Américaine Victoria Duprat ont tous les deux décroché leur tout premier titre sur le circuit Qualifying Series (QS 2,000) de la WSL.
Le hold-up parfait de Victoria Duprat en vacances
C’est l’histoire insolite de ce week-end en Gironde. Championne scolaire en Californie, Victoria Duprat était simplement en vacances en France avec ses proches, sa mère shapant ses planches et son père officiant comme coach.
Inscrite pour le plaisir sur cette épreuve, la jeune Américaine a survolé les débats. Après avoir écarté la favorite Lucia Machado en demi-finale, elle a dicté son rythme face à la Portugaise Erica Maximo lors de l’ultime série (13,60 points). Portée par sa famille locale et ses amis d’enfance, Duprat s’offre une victoire aussi inattendue que mémorable sur ses terres d’adoption.
Hans Odriozola : le sacre après le duel fratricide
Chez les hommes, Hans Odriozola tient enfin sa délivrance. Souvent placé mais jamais couronné à Lacanau, l’Allemand a dû passer par un ascenseur émotionnel rare en demi-finale : affronter son propre frère, Kai.
Une fois ce duel familial particulièrement difficile à gérer mentalement digéré, Hans a profité des droites canaulaises pour exprimer son meilleur surf et dominer le Français Noe Ledee en finale. Un succès fondateur qui lance parfaitement sa saison vers son objectif majeur : la qualification pour les Challenger Series.
Le circuit européen de la WSL prend désormais la direction de l’Angleterre pour le Boardmasters (QS 4,000), prévu du 5 au 9 août prochains.
Organiser 32 séries en une seule journée n’est jamais une mince affaire. Mais quand l’océan décide de jouer avec les nerfs des compétiteurs en offrant des conditions aussi petites que capricieuses, cela se transforme vite en roulette russe. Ce vendredi, au Caraïbos Lacanau Pro, l’utilisation du double bank (nord et sud) a permis de boucler un programme dantesque, mais a surtout révélé à quel point ce spot peut devenir un véritable piège pour les favoris.
Sam Piter, la cruelle désillusion
On s’attendait à voir le tenant du titre dicter sa loi d’entrée de jeu. C’est malheureusement tout le contraire qui s’est produit. L’élimination prématurée de Sam Piter résume parfaitement cette hécatombe pour le clan français. Pénalisé par une interférence fatale dès le round of 32, le Landais n’a jamais pu combler son retard dans des vagues de petit temps qui n’offraient aucun droit à l’erreur. Dans cette série piège, c’est l’Argentin Uri Uziel (13.33) et le Français Luan Nogues qui tirent leur épingle du jeu. Ce scénario s’est répété : d’autres évidences du circuit comme Lukas Skinner ou Dylan Groen sont passées à la trappe.
L’art de l’adaptation et les surprises
Face à ces bancs de sable changeants, certains compétiteurs ont su faire parler leur créativité. L’Espagnol Ruben Vitoria a fait très forte impression en scorant un superbe 15.27, imité de près par Markel Vizcarguenaga (15.00) qui a réussi l’exploit de museler la fougue du prodige portugais Afonso Antunes.
Les Françaises résistent dans le chaos
Le tableau féminin a heureusement offert quelques bouffées d’air frais au camp tricolore. Même si la Canarienne Lucia Machado a survolé les débats avec l’une des meilleures vagues de la journée (8.33), la Française Maelys Jouault a prouvé que l’engagement total payait même dans le petit surf. Grâce à deux énormes turns pleins de puissance, elle décroche un excellent 8.50 et valide avec autorité son ticket pour les huitièmes de finale aux côtés de sa compatriote Lilou Rumiel.
Une vraie journée de survie ! Le Caraïbos Lacanau Pro s’annonce plus indécis que jamais. Prochain call ce samedi matin pour la suite des hostilités.
L’information vient de tomber et elle a de quoi réjouir les passionnés de glisse : le Quiksilver Festival by Swatch fait son grand retour sur la côte landaise. Cochez bien les dates dans votre calendrier, car du 19 au 27 septembre 2026, l’épicentre du surf européen va de nouveau vibrer au rythme des vagues et du bon son.
Comme à son habitude, l’événement prendra ses quartiers dans le célèbre triangle d’or du littoral néo-aquitain : Capbreton, Hossegor et Seignosse. La période de fin septembre est traditionnellement bénie pour la région. Les premières grosses houles d’automne commencent à balayer l’Atlantique, les bancs de sable sont souvent optimaux après la saison estivale, et l’ambiance y est unique. C’est un rendez-vous de fin d’été qui s’annonce déjà incontournable.
Un casting surf et skate XXL pour enflammer les Landes
Du côté de l’eau, les organisateurs n’ont pas fait les choses à moitié. Le line-up est tout simplement colossal, mêlant légendes vivantes et figures incontournables du tour professionnel. Le King Kelly Slater sera de la partie (attention avec Kelly, rien n’est jamais sûr), accompagné par notre champion olympique Kauli Vaast et l’inusable Jérémy Florès, qui connaît les vagues locales comme sa poche. À leurs côtés, la jeune garde et les pointures du style répondront présents avec Marco Mignot, Hughie Vaughan, Coco Ho ou encore Milla Coco Brown.
Mais le Quiksilver Festival ne se limite plus seulement à l’océan. Sur le bitume et les rampes, le plateau promet d’être explosif. On retrouvera la prodige Sky Brown et le technicien portugais du street Gustavo Ribeiro. Les amateurs de deux-roues ne seront pas en reste puisque le roi du BMX flatland Matthias Dandois et la légende du freeride VTT Sam Pilgrim viendront compléter ce vivier d’athlètes de haut vol.
Ed Banger aux commandes : l’alliance parfaite de l’art et du ride
La grande nouveauté de cette édition 2026 réside dans sa direction artistique. Quiksilver a confié les clés de son identité visuelle à So Me, l’emblématique directeur artistique du label Ed Banger Records. L’objectif ? Créer un univers graphique explosif qui fait le pont entre la culture skate, le rock, le rap et l’électro.
L’intéressé n’a d’ailleurs pas caché son enthousiasme face à ce défi de taille, expliquant vouloir concevoir un monde très coloré et débordant de liberté, à l’image de ce qu’il produit depuis des années avec le célèbre label parisien. Il promet de s’appuyer sur la solide base des éditions précédentes pour y insuffler cet ADN urbain qui matche à la perfection avec l’énergie si particulière du sud-ouest.
Des soirées mémorables signées Pedro Winter
Que serait un festival landais sans une bande-son à la hauteur ? L’implication de l’écurie Ed Banger dépasse très largement le cadre purement graphique. Pedro Winter (alias Busy P), le fondateur du label, a pris en charge la programmation musicale pour faire transpirer les différents spots de Capbreton, Hossegor et Seignosse à la nuit tombée.
Pour lui, le Quiksilver Festival est le terrain de jeu idéal, l’endroit exact où les frontières entre les disciplines et les communautés s’effacent. Côté concerts et DJ sets, attendez-vous à un mélange des genres très pointu. Le programme live s’annonce électrique avec le groupe de rock et dance-pop Alexsucks, la nouvelle étoile montante de la scène bass française Tatyana Jane, ou encore l’inclassable et toujours très festif Myd. Pedro Winter l’assure : cette programmation est une véritable invitation à la découverte, mêlant valeurs sûres de la famille Ed Banger et étoiles montantes de la scène actuelle.
Note de la rédaction : Cet article est mis à jour régulièrement. Au fil des semaines, nous rajouterons ici même le planning détaillé des compétitions, les heures de passage des concerts et les éventuelles nouvelles wildcards. Gardez cette page dans vos favoris !
On dirait bien que les dieux de l’océan ont un ego à ménager. Eux non plus n’ont manifestement pas digéré le récent changement de date du Caraïbos Lacanau Pro. Résultat ? Ils font payer le prix fort aux compétiteurs cette semaine avec des conditions qu’on qualifiera poliment de « tricky ».
Hier, sur la Plage Centrale, les vagues étaient cruellement anémiques, transformant ces séries du Qualifying Series (QS) en véritable casse-tête. La direction de course en sue à grosses gouttes, au point d’envisager de lancer des doubles podiums aujourd’hui pour sauver les meubles et expédier un maximum de heats.
Mais c’est dans ces chantiers illisibles qu’on reconnaît les magiciens des petites vagues. À ce jeu de patience, les Français s’en sont sortis avec les honneurs lors du Round of 96. Enzo Cavallini a plié le game d’entrée avec deux vagues coup sur coup pour un total solide de 14.10, tandis qu’Inigo Madina arrachait sa qualification dans les derniers instants.
Côté femmes (Round of 48), l’Espagnole Carla Morera De La Vall a donné une leçon de glisse sur les sections plates (11.83). On retient surtout le duel acharné où la Guadeloupéenne Rose Calvez a finalement pris le dessus sur la Portugaise Erica Maximo avec deux scores autour de 6.00.
Prochain call prévu ce matin à 7h30. Reste à voir si Poséidon a décidé d’envoyer quelques lignes pendant la nuit.
En 2017, une vidéo a fait exploser internet : Mick Fanning domptant une droite tubulaire interminable au milieu de nulle part, une vague vierge surnommée « The Snake ». À l’époque, toute la presse encensait la légendaire campagne « The Search » de Rip Curl. Visuellement, le contenu était une masterclass et on criait au génie.
Mais voilà, la réalité est nettement plus business, et un poil plus glauque. En recoupant les informations de la dernière enquête de Stab sur la rémunération des surfeurs, j’ai découvert les coulisses édifiantes de cette expédition. Ce n’est ni Fanning, ni l’équipe de Rip Curl qui ont trouvé cette pépite.
Le marché de l’information secrète
La vérité ? Ce sont les redoutables chargeurs Grant « Twiggy » Baker et Greg Long qui ont déniché ce joyau. À force de disparaître des radars à chaque énorme houle sans jamais publier la moindre image, ils ont éveillé les soupçons du microcosme surf. Twiggy, comprenant la valeur inestimable de ce spot pour l’industrie, s’est posé une question simple : pourquoi ne pas tout simplement commercialiser l’information ?
Sa première offre a été envoyée directement à Kelly Slater. Silence radio du King. Il a ensuite approché Mick Fanning avec des images inédites. Scotché, l’Australien l’a immédiatement mis en relation avec le management de Rip Curl pour négocier.
Le casse marketing de la décennie
Un accord commercial totalement inédit a été scellé : l’achat pur et simple de l’emplacement d’une vague. Les rumeurs évoquent un montant avoisinant les 100 000 à 200 000 dollars. Pour verrouiller le secret absolu, Twiggy Baker a tout orchestré lui-même. Fanning et l’équipe de production n’ont découvert leur destination qu’au dernier moment, lors de l’achat des billets d’avion déclenché par un swell d’anthologie sur les cartes météo.
Alors, immoral de privatiser une merveille de la nature pour créer du contenu marketing ? Au final, le plus fou dans cette histoire, c’est que toutes les parties sont gagnantes. L’investissement de Rip Curl, même à six chiffres, reste dérisoire comparé à l’impact médiatique colossal de la campagne. En termes d’acquisition et d’image de marque, c’est un retour sur investissement magistral. Quant à Baker et Long, ils ont su monétiser leurs années de repérage tout en affirmant avoir redistribué une partie de cette somme à la communauté locale.
Vendre le secret d’un spot pour rentabiliser le free surf bouscule l’âme de la discipline, mais c’est un business model redoutablement efficace.
Après une première édition couronnée de succès dans les tubes parfaits de Micronésie, le Natural Selection Surf change radicalement de décor pour 2026. Fini le spot unique, l’organisation mise cette année sur une expédition « off-the-grid » de dix jours à travers l’Afrique du Sud. L’objectif ? Couronner les freesurfeurs les plus complets, capables de s’adapter aussi bien à des beachbreaks massifs qu’à des pointbreaks interminables dans des eaux bien plus froides.
Les champions en titre, Soli Bailey et Milla « Coco » Brown, remettent leur couronne en jeu au sein d’un plateau de 12 athlètes incluant Noah Beschen, Eithan Osborne et Kirra Pinkerton. Seul absent notable : le Mexicain Alan Cleland Jr., désormais accaparé par sa récente qualification sur le Championship Tour. Sur le plan sportif, le système de jugement maison (le CREDO) reste la norme, privilégiant le style, l’engagement et la créativité pure plutôt que le comptage classique de manœuvres.
L’événement s’éloigne des formats compétitifs traditionnels pour se muer en un véritable trip vidéo. Capter l’action et construire un récit immersif sur dix jours de traque itinérante représente un défi logistique exigeant derrière la caméra, garantissant une production finale brute et authentique. Le résultat de cette aventure sera diffusé le 25 septembre sur Red Bull TV.
La saison européenne des Qualifying Series a officiellement repris ses droits à la Centrale. Si l’ouverture du Caraïbos Lacanau Pro s’est faite dans des vagues petites et particulièrement techniques, l’attention s’est très vite détournée du plan d’eau pour se concentrer sur le tableau des séries. L’attraction du jour portait un nom précis : Nommé Mignot.
Nommé Mignot, le frère de Marco Mignot
Le grand frère de Marco Mignot a créé l’événement de ce début de compétition en renfilant le lycra, lui qui avait mis la compétition entre parenthèses fin 2020. À 29 ans, l’ancien grand espoir du surf européen, toujours aussi redoutable dans les airs et létal sur les gauches, a prouvé que la magie opérait encore. Sur un spot qu’il connaît par cœur et qui lui a souvent réussi (deuxième du Lacanau Pro en 2015, troisième en 2018), le Franco-Mexicain a franchi brillamment ses deux premiers tours. Une performance marquante qui offre une belle respiration dans ce circuit ultra-compétitif.
Une compétition piège ?
Dans le reste des séries de cette journée d’ouverture réunissant 104 surfeurs, les pièges girondins ont fait des dégâts. Le Basque Markel Vizcarguenaga a affiché un surf incisif, enchaînant deux victoires consécutives pour valider son ticket pour le Round of 64. Une réussite qui a malheureusement fui le Français Gaspard Larsonneur, piégé d’entrée.
Le clan tricolore a tout de même su s’illustrer : Aaron Bacon a intelligemment construit sa série avec deux scores intermédiaires solides pour contenir le Portugais Afonso Antunes. Mael Laborde a dominé sa confrontation face à Bruno Amado, tandis que Jay Phipps et Esteban Coucoulis Lapierre se sont qualifiés ensemble lors de l’ultime heat. La stratégie de la patience a également souri à Dylan Groen (11.00 points de total) et Milo Shani, tous deux qualifiés.
La grand-messe annuelle du surf business européen a rendu son verdict sur les bancs de sable de Seignosse. Pour cette édition 2026 de l’EuroSIMA Beach Party, c’est l’équipe Quiksilver (pavillon Boardriders) qui soulève le trophée, dans des conditions… pour le moins capricieuses.
En effet, l’océan n’a pas vraiment joué le jeu. Le manque cruel de houle a contraint l’organisation à stopper les hostilités dès l’entame du deuxième tour. Le classement final a donc été scellé sur les deux meilleures vagues scorées lors du premier round. Un format express qui n’a pourtant pas tué le suspense ! Quiksilver s’adjuge la première place, talonné par l’équipe 1 de Rip Curl et la team Oxbow qui vient compléter ce podium. Billabong et Alltroc se glissent dans le top 5.
Après l’effort, la famille de la glisse s’est réunie au Jo&Joe pour la remise des prix, clôturant la journée par un cocktail devant le match des Bleus. L’esprit de communauté, véritable ADN de l’association aux 215 adhérents, était une fois de plus au rendez-vous.
Et Icones Surf dans tout ça ? Les rangs de la rédaction se limitant pour le moment à moi-même, difficile d’aligner un relais très compétitif à l’eau. Mais promis, on s’entraîne en secret pour venir bousculer la hiérarchie lors d’une prochaine édition !
Le plus vieux club de surf d’Europe s’apprête à célébrer une étape historique. Ce mercredi 8 juillet 2026, le Caraïbos Lacanau Pro lance sa 45e édition sur la Grande Plage. Au programme : une identité visuelle rétro inspirée des années 80, des contests de skate, des concerts et un village d’exposants ultra-complet. Sur le papier, la fête s’annonce belle. Dans l’eau, l’histoire est bien différente.
Pour les passionnés de surf et les habitués du circuit, une question tourne en boucle : pourquoi l’évènement est à cette date ?
Le sabordage en règle du plateau européen
Historiquement ancré au milieu du mois d’août, le Lacanau Pro a été brutalement avancé du 8 au 13 juillet. Un choix de calendrier totalement déconnecté de la réalité du circuit mondial. Le premier événement des Challenger Series (CS) débute en effet le 12 juillet en Afrique du Sud.
Conséquence directe de ce chevauchement absurde : le QS 2,000 canaulais perd instantanément ses plus grosses têtes d’affiche. Impossible pour les cadors du Vieux Continent de s’aligner en Gironde alors qu’ils doivent jouer leur qualification pour l’élite de l’autre côté du globe. Cette année, le public devra faire une croix sur des patrons du circuit comme Jorgann Couzinet ou Charly Quivront.
Un mois d’août désert, le silence de la WSL
Le plus rageant reste l’incohérence globale du calendrier estival de la World Surf League Europe. Le circuit régional prévoit un WQS en Angleterre au début du mois d’août, puis un autre en Galice à la toute fin du mois. Entre les deux ? Un immense vide de trois semaines en plein cœur de l’été.
Pourquoi ne pas avoir maintenu Lacanau à sa date historique de la mi-août, ce qui aurait permis de construire un enchaînement logique et de garantir un plateau XXL ? Nous avons directement contacté la WSL pour tenter d’obtenir des explications sur ce choix. Pas de réponse pour l’instant.
Si les jeunes talents comme Sam Piter, tenant du titre, ou Naïa Monte, tête de série numéro un chez les femmes, assureront le spectacle, cette 45e édition méritait un tout autre traitement de la part des instances du surf mondial.
Imaginez la scène : vous êtes à Ujung Bocur, face à l’une des gauches les plus longues et parfaites d’Indonésie. Dans votre housse, quatre ovnis asymétriques fraîchement shapés à Bali par le duo Ryan Lovelace et Vincent Brecqueville pour Lovemachine. C’est exactement le laboratoire qu’a choisi le freesurfeur William Aliotti pour martyriser son nouveau quiver. Et tout ne s’est pas passé comme prévu.
Dès les premières vagues, le ton est donné. La Zambal (5’5 pour seulement 23 litres) se révèle être un véritable skate. Avec ses patchs en carbone pour encaisser les appuis surpuissants d’Aliotti, elle offre une vitesse hallucinante, malgré une rame laborieuse. Pour les conditions plus solides, le Satellite Step-Up (6’0) prend le relais : un volume généreux caché sous le torse, couplé à un travail de concaves ultra-centré qui permet de surfer uniquement sur le tiers arrière. Une machine à découper le curl.
Le duo de shapers a même glissé un prototype radical, le Willycopter (5’7). Avec son tail ultra-large et son rocker prononcé, cette planche au look improbable a été pensée spécifiquement pour les slabs indonésiens qui pardonnent le moins.
Mais le véritable drame de ce trip s’est joué avec la Satellite classique (5’8). Montée en époxy sans latte centrale (stringerless), elle offrait une relance et une fluidité inégalées. Trop en confiance face à la vitesse de la board, Aliotti a fait le choix risqué de l’engager dans de gros barrels cabossés. La sanction a été immédiate : le fameux « foam ball » (la boule de mousse à l’intérieur du tube) a littéralement plié et explosé la planche en deux.
Une erreur matérielle assumée qui rappelle une règle d’or : dans les vagues lourdes, la latte reste votre meilleure assurance vie. Pour contrôler ces asymétriques avant la casse, Aliotti utilisait d’ailleurs ses propres dérives, les Bizou Twins, développées en collaboration avec True Ames. Un set qui prouve que l’asymétrie, quand elle est bien jaugée, a définitivement sa place dans les vagues de classe mondiale.
Le King n’a pas dit son dernier mot. À 54 ans, Kelly Slater s’apprête à renfiler le lycra de compétition pour l’Outerknown Tahiti Pro 2026, du 8 au 18 août prochains. L’onze fois champion du monde a reçu une wildcard officielle de la WSL pour s’aligner sur l’un des spots les plus massifs et dangereux de la planète : Teahupo’o.
Le GOAT de retour dans son jardin tahitien
Après une lourde opération de la hanche fin 2025 et une vie de famille bien remplie aux côtés de Kalani Miller (le couple attend d’ailleurs un heureux événement), beaucoup pensaient Slater définitivement retraité du circuit d’élite. Erreur. Le surfeur américain revient sans pression, mais avec l’expérience unique de ses cinq victoires au « Bout du Monde ». Le timing est parfait : la marque de vêtements écoresponsables qu’il a fondée, Outerknown, est justement le sponsor titre de cette septième étape du CT. (Comme de par hasard)
Un score parfait de 20/20 pour les locaux
Mais le retour du GOAT ne sera pas la seule attraction à l’End of the Road. Les Trials locaux viennent de s’achever dans des conditions dantesques de 2 à 2,5 mètres, révélant la puissance de la nouvelle génération tahitienne.
Chez les hommes, le redoutable local Eimeo Czermak a littéralement terrassé la concurrence. Il décroche son ticket pour le tableau principal après une série historique, scorant deux 10 parfaits pour un total intouchable de 20/20. Blessé à la cheville en finale, le jeune chargeur promet d’être rétabli à temps pour défier l’élite mondiale.
Du côté des femmes, l’exploit est tout aussi retentissant. À seulement 13 ans, Kelia Gallina remporte les Trials féminins pour la deuxième année consécutive. Son engagement dans les tubes backside de Teahupo’o s’annonce déjà comme l’un des moments forts de cet été.
Alors que les yeux du monde du surf se tournent vers la Gironde pour le retour du mythique Lacanau Pro du 8 au 13 juillet prochains, un nom sur la liste des participants crée la surprise et bouscule toutes les attentes. Au milieu des 112 compétiteurs habitués des Qualifying Series (QS 2000), un profil retient particulièrement l’attention : celui de Mohammad Shahmoradi. Encore faut-il qu’il soit présent…
Un profil atypique de 38 ans à l’assaut de la Gironde
À 38 ans, cet athlète au parcours singulier va vivre sa toute première expérience sur le circuit de la World Surf League (WSL). Originaire d’Iran, ce passionné n’est pourtant pas un total inconnu puisqu’il a déjà représenté son pays lors des Mondiales ISA. Ancien joueur de basketball et de volleyball, cet amoureux de nature et de documentaires apporte un vent d’exotisme absolu sur l’étape française.
Pas de points, mais un défi historique
Le règlement de la WSL est pourtant strict : s’agissant d’un QS européen, Mohammad ne pourra prétendre à aucun point pour le classement continental. Qu’importe. Le surfeur iranien vient chercher l’expérience, se frotter à l’élite et, pourquoi pas, créer l’exploit en s’emparant d’un prize money en cas de phase finale. Une trajectoire unique qui prouve que le surf n’a définitivement pas de frontières.
Espérons qu’il ait progressé depuis cette vidéo qui date d’il y a 10 ans.
C’est le grand retour que le monde du surf n’attendait plus. Suspendu trois ans après avoir refusé de se soumettre à un contrôle antidopage, Vasco Ribeiro s’apprête à renfiler le lycra de compétition dès ce mois de juillet 2026.
L’Association Nationale des Surfeurs Portugais a officialisé la nouvelle : le quintuple champion national retrouvera les vagues dès le 14 juillet lors du Bom Petisco Peniche Pro. Il enchaînera ensuite sur le circuit Qualifying Series (QS) de la WSL, notamment au QS4000 de Newquay en août.
À 31 ans, le champion du monde junior 2014 affirme avoir profité de cet exil forcé pour se reconstruire, loin de la pression médiatique. S’il revient, ce n’est pas pour régler ses comptes, mais par pur amour du sport.
« Je ne reviens pas pour prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Je reviens parce que je suis toujours passionné par le surf. J’ai redécouvert la joie de surfer », confie-t-il avec humilité.
Reste à savoir si l’ancien champion d’Europe Open saura retrouver son meilleur niveau et reconquérir le cœur des fans après trois ans passés loin du circuit mondial.
C’est le cauchemar de tout surfeur en session d’été en France. Vous êtes au line-up, vous attendez la série, et soudain, une douleur fulgurante, semblable à une décharge électrique ou à une brûlure au fer rouge, vous lacère le bras ou la jambe.
Dans le sud-ouest, les bancs de créatures gélatineuses s’invitent régulièrement dans le line-up sous l’effet des vents et des courants de surface. Si certaines sont inoffensives, d’autres, comme la redoutable physalie, peuvent transformer une session de rêve en urgence médicale.
Oubliez les mythes de plage et les remèdes de grand-mère qui aggravent la situation. Voici le guide ultime, scientifique et pratique, pour identifier le danger, adopter la bonne position en mer et appliquer les premiers secours validés par les professionnels de santé.
1. Physalie, méduse pélagique, vive : qui est votre ennemi du jour ?
Toutes les masses gélatineuses qui flottent sur l’eau ne se valent pas. Pour bien réagir, il faut savoir à quoi l’on se frotte. Sur notre littoral, quatre profils se détachent principalement.
La Physalie (ou Galère Portugaise) : le vrai danger public
Ce n’est pas une méduse, mais un superorganisme colonial. On la repère à son flotteur bleuté ou violacé gonflé d’air qui flotte hors de l’eau, comme une petite voile. Le vrai piège est invisible : ses filaments pêcheurs sous l’eau peuvent mesurer jusqu’à 10 ou 50 mètres de long. Ils sont extrêmement fins, presque invisibles dans l’écume, et leur venin reste actif des semaines, même si l’animal est mort ou échoué. Sa piqûre est sévère, hautement toxique, et peut provoquer des malaises.
La Méduse Pélagique (Pelagia noctiluca) : la brûleuse violette
Une vraie méduse, reconnaissable à son ombrelle rose, violette ou orange parsemée de petites verrues. Ses filaments d’un mètre sont très urticants et causent de douloureuses brûlures érythémateuses qui laissent des cicatrices tenaces.
Le Poumon de Mer et la Vélelle : les fausses alertes
Le Poumon de mer (Rhizostoma pulmo) est une méduse géante, bleutée et massive, mais ses bras épais sont très faiblement urticants (un simple picotement). La Vélelle, quant à elle, ressemble à une mini-physalie bleue de 5 cm avec une petite voile rigide, mais elle est totalement inoffensive pour la peau humaine.
Attention au sable et aux embruns : Ne confondez pas une piqûre de méduse avec celle d’une vive, ce poisson enfoui dans le sable dont l’épine dorsale inflige une douleur syncopale (qui se traite, elle, exclusivement par la chaleur). De même, la micro-algue Ostreopsis ovata peut saturer les embruns et provoquer des troubles respiratoires sans aucun contact direct.
2. Le piège du line-up : pourquoi le surfeur est en première ligne
Le surfeur réunit toutes les conditions pour croiser la route des filaments urticants. Allongé à la rame ou assis sur sa planche dans l’attente des vagues, ses mains, ses avant-bras et ses jambes baignent pile dans la couche d’eau superficielle où dérivent les méduses.
Pire encore, la zone de surf (le line-up) se situe souvent là où les courants de dérive concentrent ces organismes avant leur échouage sur l’estran. Dans la zone de déferlement, la violence des vagues fragmente les filaments des physalies. Ces micro-morceaux invisibles mais hyper-venimeux restent en suspension. Vous pouvez ainsi vous faire piquer violemment au milieu des mousses sans qu’aucune méduse ne soit visible en surface.
3. Le réflexe vital en mer : allongez-vous sur votre planche !
C’est une directive stricte de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) que trop de surfeurs ignorent. Dès que vous ressentez la piqûre en mer : ne tentez pas de nager activement et ne paniquez pas.
Allongez-vous immédiatement à plat ventre sur votre planche de surf.
Restez solidaire de votre planche de surf.
Pourquoi ? Le venin de la physalie peut provoquer des crampes musculaires violentes, des troubles cardiaques ou des malaises syncopaux en quelques minutes (envenimation de classe 2 ou 3). En restant allongé sur votre planche, vous évitez la noyade en cas de perte de connaissance et vous pouvez utiliser l’énergie des vagues pour vous laisser porter passivement vers le rivage.
4. Protocole de premiers secours : les étapes validées (et les erreurs à proscrire)
Une fois sur le sable, la prise en charge doit suivre un protocole strict élaboré par l’ARS Nouvelle-Aquitaine et le Centre Antipoison du CHU de Bordeaux. Le but : retirer les cellules venimeuses (les cnidocystes) encore collées à la peau sans les faire éclater.
Étape 1 : Le rinçage à l’eau de mer
Rincez abondamment la zone touchée à l’eau de mer claire. N’utilisez jamais d’eau douce. L’eau douce provoque un choc osmotique qui fait éclater les cellules venimeuses restantes, libérant une double dose de venin.
Étape 2 : Le piégeage des filaments
Pour décoller les filaments sans frotter (ce qui briserait les capsules), appliquez de la mousse à raser ou, si vous n’en avez pas sous la main, du sable sec.
Interdiction formelle : N’utilisez pas de sable humide. Les grains d’eau salée agissent comme un papier de verre qui écrase les cellules urticantes et aggrave la brûlure.
Étape 3 : Le raclage délicat
Laissez sécher la mousse ou le sable quelques instants. À l’aide d’un morceau de carton rigide, d’une carte de crédit ou du dos d’un couteau, raclez délicatement la croûte en allant du bas vers le haut du membre pour soulever les résidus sans les écraser.
Étape 4 : Désinfection et gestion de la douleur
Appliquez un antiseptique incolore. Pour calmer l’inflammation de la physalie, appliquez de la glace enveloppée dans un linge. Le froid va contracter les vaisseaux et engourdir la douleur.
(Note : Si le venin des méduses est théoriquement détruit par une chaleur à plus de 42°C, appliquer une source chaude sur une peau déjà gravement lésée par une physalie présente un risque majeur de brûlure secondaire. Les cliniciens privilégient donc la cryothérapie).
5. Ce qu’il ne faut JAMAIS faire (Stop aux fake news)
Ne pas uriner sur la plaie : En plus d’être une légende urbaine dégradante, l’urine a une concentration variable qui peut provoquer l’éclatement des cellules venimeuses.
Ne pas appliquer d’alcool ou de vinaigre n’importe comment : Si le vinaigre (acide acétique) est recommandé pour les physalies de l’Atlantique car il bloque leur venin, il est formellement déconseillé pour la méduse pélagique (Pelagia noctiluca) sur nos côtes, car il peut stimuler la décharge de ses harpons urticants. Dans le doute, restez-en à l’eau de mer claire.
6. Anticiper et alerter les secours
La meilleure des protections reste la prévention. Avant de vous jeter à l’eau, adoptez les bons réflexes de sécurité.
La combinaison en néoprène : votre meilleure armure
Une combinaison intégrale reste la meilleure des protections contre les filaments. En période d’alerte aux méduses, évitez absolument les sessions en shortboard, en maillot de bain ou en lycra fin : les filaments coupés s’infiltrent sous le tissu et se frottent contre votre peau. Pour le visage et les mains, il existe des écrans solaires spécifiques anti-méduses (comme Safe Sea) qui inhibent le système de harponnage des cellules urticantes tout en respectant l’écosystème marin.
Les outils numériques et la signalétique
L’application Kalilo : Développée par la Communauté d’Agglomération Pays Basque, cette application gratuite vous informe en temps réel des conditions sanitaires sur 35 plages. Une gouttelette violette signale un risque biologique (méduses ou algues).
Le drapeau violet : Sur la plage, le pavillon rectangulaire violet indique la présence d’espèces aquatiques dangereuses. S’il est associé au drapeau rouge, la baignade et le surf sont strictement interdits en raison d’invasions massives.
[Tableau récapitulatif des secours]
Type d’urgence
Intervenant / Canal
Numéro utile
Action
En mer / Au large
CROSS (Secours maritimes)
196 (ou VHF Canal 16)
Déclenchement jet-ski ou hélicoptère pour treuillage
Sur la plage (Malaise)
SAMU / Sauveteurs côtiers
112 ou 15
Prise en charge médicale urgente et transfert hospitalier
Doute toxicologique
Centre Antipoison (Bordeaux)
05 56 96 40 80
Assistance médicale continue et gestion des venins
Trois titres de champion du monde de surf en poche, et pourtant, c’est loin des lycras de compétition que John John Florence s’épanouit désormais. Depuis un an, l’Hawaïen a troqué le rythme effréné du CT contre le silence des mouillages sauvages du Pacifique Sud. Son nouveau QG ? Un Gunboat 48, un catamaran ultra-léger en fibre de carbone qu’il skippe en famille aux côtés de sa femme Lauryn et de leur jeune fils, Darwin.
Le minimalisme au milieu du Pacifique
Oubliez le luxe ostentatoire. À bord, l’espace est compté. JJF décrit d’ailleurs son quotidien comme la vie dans une « tiny house » flottante. Entre la cuisine compacte, les cabines exiguës et les systèmes de navigation, la promiscuité est totale, mais c’est précisément ce que le surfeur recherchait.
« Cela réduit votre monde à l’essentiel. Vous devez gérer votre énergie, votre nourriture, et cela vous force à être totalement ancré dans le moment présent », confie-t-il.
Propulsé par le vent 95 % du temps grâce à la légèreté de sa structure en carbone, ce navire sert de camp de base d’exploration pour dénicher des vagues vierges, hors des cartes et des prévisions classiques, de la Nouvelle-Zélande aux archipels isolés. Une reconnexion brute à l’océan.
Après une finale frustrante l’an passé et un début de saison laborieux, Axel Dominguez a choisi le meilleur moment pour signer le plus gros coup de sa jeune carrière. Chez les filles, le clan tricolore encaisse une sacrée déception alors que les cartes sont totalement rebattues sur le circuit européen.
Le hold-up parfait d’un surfeur de l’ombre
On connaissait son talent brut et son engagement lourd dans les tubes landais, mais Axel Dominguez devait encore prouver qu’il pouvait endosser le costume de pur compétiteur. C’est désormais chose faite. Arrivé à Capbreton à une modeste 26e place européenne, le surfeur de Seignosse a délivré une prestation clinique sur le spot du Santocha.
En finale, le Landais de 18 ans a rapidement plié les débats avec un enchaînement chirurgical noté 7.00 et 7.27, laissant l’Italien Leonardo Apreda et la meute portugaise courir après le score. Grâce à ce premier titre JQS en carrière, il fait un bond spectaculaire à la 7e place du classement général. Un déclic mental majeur : pour espérer voir plus haut, Axel devra transformer ce coup d’éclat en régularité méthodique lors des prochaines étapes.
Douche froide chez les filles et favoris au tapis
Si les garçons jubilent, le tableau féminin laisse un goût amer aux locales. Alors que la tenante du titre Carla Morera De La Vall s’est fait sortir dès les demi-finales, c’est la Portugaise Lua Escudeiro qui a créé la surprise en s’imposant face à la Hollandaise Tiara van der Huls.
Cette étape landaise aura agi comme un véritable rouleau compresseur pour les leaders du circuit. Le patron du classement masculin, Hans Odriozola, a lui aussi mordu la poussière en demi-finale. Prochain rendez-vous le WQS à Lacanau pour confirmer la révolte des outsiders.
C’est le paradoxe qui agite les parkings de la côte landaise et girondine ce vendredi. En regardant l’océan, les surfeurs tirent la tronche : la houle est minuscule, la période dépasse à peine les 10 secondes, et les coefficients de marée sont très moyen. Bref, c’est pas le lac, mais c’est pas Hawaii. Pourtant, la préfecture de Nouvelle-Aquitaine vient de déclencher l’alerte maximale aux courants de baïnes pour tout le week-end du 3 juillet 2026.
Alors, excès de zèle administratif ou vrai danger ? Derrière cette apparente mer d’huile se cache en réalité un piège mécanique redoutable, bien connu des services de secours.
Le piège des bancs de sable printaniers
Après un hiver et un printemps agités, les fonds marins sont littéralement sculptés. Les baïnes – ces fameuses piscines naturelles – sont extrêmement creuses et bien formées. Même si la houle actuelle est petite et courte, elle suffit à remplir ces cuvettes à marée haute.
C’est au moment où la marée commence à descendre que le mécanisme s’enclenche. Toute l’eau accumulée dans la baïne cherche à s’échapper vers le large par le chenal (la sortie de la baïne). Comme les coefficients sont faibles, l’eau manque de puissance pour lisser les bancs de sable, créant un effet de vidange localisé, ultra-rapide et totalement invisible depuis la plage.
Pourquoi vous devez vous méfier de cette eau calme
Le drame de juin – où plus de 90 personnes ont perdu la vie en France suite aux fortes chaleurs – rappelle que le grand public associe souvent « danger » à « grosses vagues ». Ce week-end, l’absence de vagues va inciter les baigneurs à s’éloigner du bord. Sans s’en rendre compte, ils entreront dans ces couloirs d’aspiration.
Le message des MNS est clair : ne vous fiez pas aux apparences. Ce week-end, le calme est trompeur. Restez dans les zones bleues.
Les trials de la septième étape du Championship Tour de la WSL viennent de livrer son verdict sur le spot le plus mythique de la planète. Après deux journées intenses de compétition dans les vagues de Teahupoo, les Trials de la Tahiti Pro 2026 ont couronné deux figures locales qui rejoignent officiellement l’élite mondiale pour le grand rendez-vous d’août prochain.
Un surfeur backside plus que doué
Chez les hommes, c’est l’histoire d’une résurrection sportive. Eimeo Czermak, 23 ans, a prouvé que ses blessures graves de 2023 ne sont plus qu’un lointain souvenir. Le surfeur tahitien a survolé les débats, s’offrant même le luxe de scorer un parfait 20/20 lors de son quart de finale. En finale, face à un Matahi Drollet pourtant impérial, Czermak a su faire la différence pour l’emporter sur le fil avec un total de 17,33 points contre 16,04. Une démonstration backside de puissance et d’engagement qui promet pour le Main Event.
Une surfeuse de 13 ans
Du côté des femmes, le phénomène Kelia Gallina continue de bousculer la hiérarchie. À seulement 13 ans, celle que l’on surnomme déjà « Miss Teahupoo » réalise l’exploit de conserver son titre. Elle s’impose pour la deuxième année consécutive lors de ces Trials, dominant Kohai Fierro en finale (8,00 à 5,03). Sa précocité et sa lecture de la vague préfigurent un avenir brillant parmi l’élite mondiale.
Grâce à ces victoires majeures à domicile, le contingent tahitien aura fière allure pour la Tahiti Pro 2026. Eimeo Czermak et Kelia Gallina s’aligneront aux côtés de Kauli Vaast, Vahine Fierro et de la jeune prodige Tya Zebrowski. Le rendez-vous est pris du 8 au 18 août pour voir ces tubes-riders locaux défier les meilleurs mondiaux sur la vague la plus dangereuse du monde.
Une silhouette translucide, des reflets bleu-violet magnifiques, mais un véritable enfer pour les surfeurs. Les physalies font leur grand retour sur la Côte Basque, notamment repérées sur le spot d’Ilbarritz à Bidart. Ne vous fiez pas à leur beauté : ces « fausses méduses » possèdent des filaments ultra-urticants capables de paralyser une session en quelques secondes.
Le vrai piège ? Même échouées et desséchées sur le sable depuis des semaines, leurs cellules venimeuses restent actives. Si votre planche ou votre pied effleure l’une d’elles, la sanction est immédiate : brûlure intense, vertiges, voire tachycardie.
Le réflexe qui sauve (et l’erreur à bannir)
Si vous vous faites intercepter entre deux vagues, oubliez immédiatement le réflexe de frotter la zone à mains nues, vous ne feriez qu’éclater les poches de venin.
À faire : Rincez abondamment à l’eau de mer.
L’astuce : Appliquez de la mousse à raser (ou du sable sec à défaut), puis raclez délicatement les tentacules avec un morceau de carton rigide (ou une vieille carte de fidélité).
En cas de malaise ou de douleur persistante, pas de zèle : filez direct au poste de secours ou composez le 15. Soyez vigilants sur le line-up !
Le coup d’envoi du Quiksilver & ROXY Junior Pro Capbreton a été donné ce vendredi 3 juillet 2026 sur le spot de Santocha. Sous un grand soleil estival et dans des vagues d’un mètre environ, les meilleurs espoirs du surf européen ont offert un spectacle intense. Si certains favoris ont tenu leur rang, cette première journée a surtout été marquée par un énorme coup de théâtre chez les filles.
L’énorme surprise : Naïa Monte prend la porte !
C’est la sensation de ce Round de 32 féminin. Attendue au tournant devant son public, la jeune star française Naïa Monte a été prématurément éliminée. Dans une série hyper serrée, la Guadeloupéenne Rose Calvez a su tirer son épingle du jeu en scorant la meilleure vague dans les dernières minutes. Elle se qualifie pour les quarts de finale en compagnie de la Basque Oihane Goñi, laissant une Naïa Monte impuissante, faute d’avoir pu améliorer son deuxième score.
À l’inverse, la tenante du titre Carla Morera De La Vall n’a pas tremblé. L’Espagnole a survolé sa série avec un total solide de 14,00 points (deux vagues à 7,00 points), dominant la wildcard locale Charlie Leguay. La Néerlandaise Tiara Van Der Huls, victorieuse en Espagne la semaine dernière, continue elle aussi sa route.
Les Bleus en progression chez les hommes
Du côté des garçons, les Rounds de 64 et de 48 ont rendu leur verdict. L’international Sun Shlomo Malka a été le grand bonhomme du jour, signant le meilleur total (13,50 points) avant d’enchaîner une seconde victoire pour rejoindre les seizièmes de finale. Le Portugais Bruno Amado s’est également montré très affûté.
La bonne nouvelle vient du clan tricolore : une solide délégation française composée de Hugo Flori, Jay Phipps, Malone Vieuge, Inigo Madina et Gabriel Abiven a brillamment validé son ticket pour la suite des hostilités. Seul bémol, l’actuel meilleur au classement junior, Alai Rodriguez Albeniz a été éliminé.
Le prochain call est fixé à ce samedi 4 juillet à 9h00 pour un potentiel lancement des séries à 9h15.
Le monde du surf professionnel est en ébullition. L’annonce surprise d’une nouvelle étape de la WSL en plein cœur de la saison a déclenché une vague de colère chez les pensionnaires du Championship Tour (CT). Parmi les voix les plus critiques, celle du triple champion du monde Gabriel Medina, qui a ouvertement qualifié la situation de « blague ». Les surfeurs pointent du doigt un changement des règles du jeu en cours de route. Mais l’organisation a-t-elle enfreint ses propres lois ? Nous avons plongé dans le Rule Book officiel 2026 de la WSL pour démêler le vrai du faux.
Ce texte secret qui protège les patrons du circuit
Si certains fans et les athlètes crient à l’injustice, la réalité juridique est implacable : la WSL s’est légalement blindée contre ce genre de contestations. Dès le préface du règlement, à la page 8 du Rule Book, tout est écrit noir sur blanc. L’organisation stipule qu’elle peut amender ou compléter son livre de règles périodiquement avec le consentement de l’Office des Tours et des Compétitions.
Mieux encore, le document mentionne l’existence d’un organe ultra-restreint appelé le Comité Spécial. C’est ce groupe très fermé qui possède les pleins pouvoirs pour valider ou rejeter les modifications majeures du CT. Parmi ses compétences directes, on retrouve :
Le nombre et l’emplacement des événements du CT (y compris les changements matériels de dates);
Le nombre d’épreuves en piscine à vagues;
Le nombre de surfeurs sur le circuit.
En clair, rajouter une compétition aux Philippines ou modifier le calendrier en cours d’année est une procédure 100 % légale et prévue par leurs propres statuts.
2 personnes décident de l’avenir du surf mondial
Derrière ce mystérieux Comité Spécial ne se cache pas une assemblée de dizaines de spécialistes, mais un duo très restreint. La définition de l’Appendix D précise que ce comité est composé de seulement deux membres:
Un représentant des surfeurs du CT (choisi parmi une liste de 3 noms approuvée par la WSL).
Un directeur de compétition nommé par la WSL (validé par les athlètes).
Ce sont ces deux uniques personnes qui, dans l’ombre, font la pluie et le beau temps sur le circuit mondial. Si Medina ou d’autres s’indignent, leurs propres représentants ont techniquement dû apposer leur signature pour que l’événement soit validé. La WSL a le pouvoir légal de modifier son calendrier quand elle le souhaite, et les surfeurs n’ont d’autre choix que d’accepter la décision de ce binôme tout-puissant.
Comme si le line-up n’était pas déjà assez saturé entre les longboards, les soft tops et les SUP, une nouvelle mutation technologique vient de franchir les portes de l’enfer aquatique. Son nom ? Le foilscoot. L’idée, née du cerveau de Benjamin Friant, double champion d’Europe de trottinette freestyle, est simple : visser un guidon sur un pump foil pour rendre la glisse accessible au premier venu.
Sur le papier, l’analogie avec les skateparks fait frémir. On redoutait la prolifération des trottinettes sur le béton, les voilà désormais prêtes à investir les vagues.
Un cauchemar logistique et sécuritaire au pic
Si la pratique est techniquement rigolote, la réalité du terrain m’inquiète au plus haut point. Le foil traditionnel génère déjà une tension au pic à cause des risques de collision majeurs. Y ajouter un guidon pour gommer la courbe d’apprentissage va inévitablement attirer des pratiquants sans aucune notion des règles de priorité et de sécurité.
Partager une vague avec un foil tranchant à deux mètres demande déjà un cœur bien accroché. Si le line-up se transforme en skatepark flottant, la cohabitation va vite tourner au vinaigre. L’innovation a du bon, mais ce « progrès » ressemble surtout à un futur casse-tête pour la sécurité de tous.
Le spot mythique du Santocha s’apprête à trembler. Du vendredi 3 au dimanche 5 juillet 2026, Capbreton accueille l’unique étape française du WSL Europe Junior Tour : le Quiksilver & ROXY Junior Pro. Durant trois jours, les meilleurs espoirs de moins de 20 ans vont s’affronter sur les vagues landaises pour ce troisième rendez-vous de la saison.
L’enjeu est colossal pour la délégation tricolore qui évoluera à domicile. Si l’Espagnol Alfonso Suarez et l’Allemand Hans Odriozola mènent le tableau masculin, le contingent français doit prendre sa revanche avec un début d’année décevant. Chez les filles, la tenante du titre espagnole Carla Morera De La Vall devra faire face à une armada bleue ultra-déterminée, menée par Naïa Monte, Clémence Schorsch et la locale du Hossegor Surf Club, Malia Dupouy, bénéficiaire d’une wildcard.
L’autre grande attraction de cette édition 2026 se passe hors de l’eau, ou plutôt sur la chaise de direction. L’ancien champion d’Europe Junior landais, Marc Lacomare, endosse pour la toute première fois le costume de directeur de compétition. Un passage de relais hautement symbolique pour celui qui a tant marqué le circuit professionnel et qui guidera désormais la nouvelle génération de surfeurs vers les sommets.