Auteur/autrice : Kelly Slater

  • MEO Rip Curl Pro Portugal : Colapinto et Picklum domptent les tubes de Supertubos

    MEO Rip Curl Pro Portugal : Colapinto et Picklum domptent les tubes de Supertubos

    L’Américain Griffin Colapinto et l’Australienne Molly Picklum ont remporté l’édition 2026 du MEO Rip Curl Pro Portugal dans des conditions exceptionnelles d’après WSL, moyennes pour notre part. Sur le célèbre beach break de Supertubos, les deux athlètes se sont imposés au terme de finales intenses, bouleversant la course au titre mondial de la World Surf League (WSL).

    Griffin Colapinto, maître incontesté de Peniche

    Surnommé le « Pipeline portugais », le spot de Supertubos a tenu toutes ses promesses en offrant des tubes uniquement pour les finales. Le duel tant attendu opposait le triple champion du monde brésilien Gabriel Medina à l’Américain Griffin Colapinto, vice-champion du monde en titre.

    Le Brésilien a rapidement pris les commandes de la série. Connu pour son aisance dans ce type de conditions, Medina a scoré coup sur coup d’excellentes vagues, affichant un 8.57 et un 8.20. Dos au mur et relégué dans une situation critique, Colapinto a fait preuve d’un sang-froid impressionnant. L’Américain a trouvé l’ouverture sur une bombe absolue, disparaissant profondément dans la section avant de ressortir avec le souffle de la vague.

    Les juges ont récompensé cet exploit par un 9.43, qui, ajouté à son précédent 8.17, lui a permis de sceller sa victoire. Avec ce nouveau sacre, Griffin Colapinto reste invaincu en finale sur le sol portugais, portant son ratio à trois victoires pour trois finales disputées.

    Des demi-finales sous haute tension

    Avant d’atteindre ce duel au sommet, la journée des phases finales a été marquée par des affrontements de très haut niveau. Gabriel Medina avait d’abord stoppé net son compatriote Italo Ferreira (8.17) dans un choc entre champions du monde. De son côté, Colapinto s’était défait du tenant du titre de l’épreuve, le Brésilien Yago Dora, prouvant sa suprématie actuelle sur le spot lusitanien.

    Molly Picklum s’empare du maillot jaune

    Chez les femmes, la finale a mis en lumière la nouvelle rivalité au sommet du surf mondial. L’Australienne Molly Picklum a affronté la championne du monde 2024, l’Américaine Caity Simmers. Les deux surfeuses ont dû composer avec un océan puissant et sélectif.

    Molly Picklum a pris l’ascendant en s’engageant sous la lèvre d’une gauche très creuse, récompensée par un 7.83. Simmers n’a pas abdiqué, trouvant une dernière opportunité notée 6.67, ce qui réduisait son besoin à un 7.17 pour reprendre la tête.

    Dans les derniers instants, Picklum, bien qu’ayant laissé filer une vague sous priorité, a vu l’océan se calmer. L’absence de nouvelle série a figé le score, validant la victoire de l’Australienne. Ce succès lui permet de quitter l’Europe avec le statut de leader du classement général et d’enfiler le prestigieux maillot jaune.

    Prochaine étape : les barrels de Cloud 9

    Après cette étape européenne riche en rebondissements, l’élite mondiale du surf quitte l’Atlantique pour prendre la direction de l’Asie. Le Championship Tour se donne rendez-vous pour le Philippines Pro, qui se déroulera sur la redoutable vague de Cloud 9 du 31 octobre au 10 novembre. Un nouveau test majeur dans des vagues tubulaires, où la lutte pour les places aux WSL Finals s’annonce déjà décisive.

  • Mort de Dave Stanfield : le surf professionnel perd sa voix légendaire

    Mort de Dave Stanfield : le surf professionnel perd sa voix légendaire

    Le monde du surf est en deuil. Dave Stanfield, commentateur historique et véritable bande-son du circuit professionnel, s’est éteint le jeudi 15 octobre 2026 à l’âge de 65 ans des suites d’un cancer du foie. De ses premières piges télévisées aux directs mondiaux de la World Surf League (WSL), il a révolutionné la façon dont la discipline est retransmise.

    L’ascension simultanée d’un homme et d’un sport

    L’histoire d’amour entre Dave Stanfield et l’océan débute très tôt, sur les vagues de Seal Beach en Californie. Mais c’est derrière un microphone qu’il va marquer l’histoire. En 1983, il rejoint l’Association of Surfing Professionals (ASP) et se voit confier les commentaires de l’OP Pro Surfing Championships à Huntington Beach pour la chaîne ABC.

    À l’époque, les compétitions de surf sont diffusées en différé, souvent à des heures de faible audience. Stanfield s’impose immédiatement par son professionnalisme. Contrairement aux clichés de l’époque, il arrive sur les plages avec d’épais classeurs remplis de statistiques sur chaque athlète, préparant méticuleusement ses interventions pour donner du crédit et de l’authenticité à la discipline.

    Pionnier de l’ère numérique et des webcasts

    L’un des faits d’armes majeurs de la carrière de Stanfield coïncide avec la transition technologique du surf. En 1997, il est au micro lors de la toute première diffusion en direct d’une compétition sur Internet, rendue possible par le déploiement de plusieurs kilomètres de câbles sur la plage de Praia Grande. Si l’audience de l’époque se limitait à environ 200 spectateurs, cet événement a jeté les bases des retransmissions modernes qui touchent aujourd’hui des millions de fans à travers le monde.

    Ses règles d’or étaient simples mais redoutablement efficaces : commenter l’action, meubler les temps morts avec des anecdotes précises, et savoir que, lors des moments de tension extrême, le silence est parfois la meilleure des narrations.

    Un héritage au-delà de l’océan

    Son enthousiasme débordant n’était pas réservé qu’à l’élite du Championship Tour ou à la prestigieuse Vans Triple Crown hawaiienne. Stanfield mettait la même énergie à commenter les compétitions de jeunes sur le circuit NSSA que les épreuves reines. Sa voix a également résonné bien au-delà des plages, puisqu’il a officié sur des événements de motocross, de ski, et même de courses de tondeuses à gazon.

    Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages affluent. La World Surf League, ainsi que de nombreux médias internationaux et collègues de longue date, comme le producteur Patrick Wallace, saluent la mémoire de celui qui a « défini les standards du commentateur télévisé sportif ». Les prochaines compétitions du circuit mondial rendront sans nul doute un hommage appuyé à celui qui a su, pendant plus de quarante ans, faire vibrer les fans depuis leur salon.

  • Localisme surf en Bretagne : le verdict est tombé pour le surfeur de 43 ans

    Localisme surf en Bretagne : le verdict est tombé pour le surfeur de 43 ans

    Vous avez sûrement déjà ressenti cette tension palpable au pic quand la série se fait attendre. Un regard noir, une priorité grillée, quelques mots d’oiseaux… C’est le côté sombre de notre sport. Mais ce qui s’est passé sur la Côte d’Émeraude a franchi la ligne rouge de la simple « taxe » entre locaux et touristes.

    Souvenez-vous de cette affaire qui avait secoué la communauté surf bretonne : un homme accusé d’avoir volontairement maintenu deux autres surfeurs sous l’eau, assortissant son geste de menaces de mort.

    Ce mardi 20 octobre 2026, le tribunal de proximité de Dinan a finalement rendu son délibéré. La justice a décidé de frapper fort pour l’exemple.

    Le surfeur de 43 ans a écopé de deux ans de prison avec sursis. Mais c’est la sanction complémentaire qui fera sans doute le plus réfléchir les amateurs de « justice du pic » : le tribunal a prononcé une interdiction stricte de paraître sur trois spots de surf de la région pendant trois longues années.

    Une décision rare qui envoie un message clair à toute la communauté : l’océan n’est pas une zone de non-droit. Le localisme toxique, quand il se transforme en agression physique, se règle désormais devant les tribunaux, et non plus sur le parking en retirant sa combi. À bon entendeur pour les prochaines sessions hivernales.

  • La France sacrée Championne du Monde ISA de Longboard 2026 au Salvador

    La France sacrée Championne du Monde ISA de Longboard 2026 au Salvador

    Le Salvador a une nouvelle fois vibré au rythme des vagues parfaites d’El Sunzal. Les championnats du monde de longboard de l’International Surfing Association (ISA) 2026 viennent de s’achever ce 22 octobre, couronnant la domination sans partage de l’équipe de France. Avec cette nouvelle victoire par équipe, les Bleus assoient leur suprématie sur la scène mondiale.

    La suprématie tricolore sur la droite d’El Sunzal

    Dans les conditions spectaculaires qu’offre régulièrement cette mythique vague centraméricaine, la délégation française a su dicter son rythme et sa technique tout au long de la semaine de compétition. L’équipe tricolore s’est solidement appuyée sur l’expérience et la virtuosité de ses cadres historiques pour faire la différence.

    Alice Lemoigne, déjà double championne du monde, a été l’une des figures de proue de cette campagne salvadorienne, multipliant les excellents scores pour tirer le groupe vers le haut. Chez les hommes, Édouard Delpero, arrivé avec le statut de champion du monde individuel après sa victoire retentissante sur ces mêmes vagues en 2025, a assumé son rôle de pilier avec brio. Alice Lemoigne finit champion du monde ISA 2026 et Edouard Delpero est médiallé de bronze après un beau parcours. Le duo de vétérans a été parfaitement secondé par la solidité et l’engagement des nouveaux venus sur le circuit mondial, Louis Marchiset (pas loin de la finale)et Canelle Lebreton (blessé au début de la compétition).

    Un niveau global en pleine expansion

    Au-delà du sacre français, cette édition 2026 a souligné la croissance continue de la discipline à l’échelle internationale. Le championnat a rassemblé pas moins de 126 athlètes issus de 37 pays, marquant notamment les débuts historiques de la Finlande sur le circuit longboard.

    Avec cette nouvelle médaille d’or par équipe, la France conforte indiscutablement son statut de nation de référence du longboard mondial. De son côté, le Salvador confirme, année après année, sa place de destination incontournable pour l’accueil des événements majeurs du surf international.

  • « C’est le karma ! » : quand la légende Chloe Calmón dérape aux Mondiaux de Longboard

    « C’est le karma ! » : quand la légende Chloe Calmón dérape aux Mondiaux de Longboard

    Une fracture fait mal, mais parfois, l’attitude blesse bien davantage. C’est la dure leçon qu’a apprise l’Italienne Ginger Caimi lors de la quatrième journée des championnats du monde de longboard ISA 2026. Alors qu’elle affrontait l’une des figures les plus respectées de la discipline, la Brésilienne Chloe Calmón, la série a basculé dans une polémique qui enflamme aujourd’hui le monde du surf.

    Une interférence lourde de conséquences

    Le scénario de la troisième manche semblait pourtant classique. L’Italienne possède la priorité et s’élance. Contre toute attente, Chloe Calmón part, se dresse et provoque une collision inévitable. L’impact est violent : la planche de la Brésilienne vient percuter de plein fouet le bras droit de Caimi.

    Le diagnostic du staff médical de l’ISA tombe très vite, évoquant une possible fracture. Incapable de ramer ou de se redresser, l’Italienne doit abandonner ses espoirs de qualification, finissant quatrième de sa série tandis que la Brésilienne, malgré la pénalité des juges pour interférence, parvient à se hisser en demi-finale.

    Le coup de grâce psychologique

    Mais ce qui fait aujourd’hui les gros titres, ce n’est pas le choc physique ou l’interférence, ça fait partie de la compétition. Dans un long message publié sur Instagram, vidéo à l’appui, Ginger Caimi a révélé la scène surréaliste qui s’est déroulée à la fin du heat. Alors que l’Italienne se tordait de douleur dans l’eau, Chloe Calmón s’est approchée d’elle avec le sourire pour lui glisser : « Tu vois ? C’est le karma ! »

    Une provocation qui a laissé la jeune surfeuse profondément amère. « Cela fait plus mal que n’importe quel coup physique, surtout venant d’une légende » a-t-elle expliqué, rappelant que le fair-play devrait primer sur un championnat du monde. Si la Brésilienne a échappé à la disqualification, elle a en revanche perdu le soutien d’une grande partie du tour, la championne Honolua Blomfield n’hésitant pas à ironiser publiquement sur le choix de vague hasardeux de Chloe Calmón. Le surf professionnel sait décidément se montrer impitoyable.

  • Résultats des quarts de finale du MEO Rip Curl Pro Portugal 2026 : un Supertubos capricieux

    Résultats des quarts de finale du MEO Rip Curl Pro Portugal 2026 : un Supertubos capricieux

    Les quarts de finale du MEO Rip Curl Pro Portugal se sont disputés ce mardi 20 octobre 2026 à Praia de Supertubos (Peniche). Dans des conditions de vagues bien en deçà des attentes, Gabriel Medina, Italo Ferreira ou encore Caitlin Simmers ont réussi à tirer leur épingle du jeu pour valider leur ticket pour les demi-finales de cette 10e étape du Championship Tour de la WSL.

    Des conditions de surf loin des promesses initiales

    L’attente était forte du côté de Peniche. Les récentes déclarations de Miguel Pupo laissaient espérer des bancs de sable parfaits et un spot de Supertubos de classe mondiale pour cette compétition.

    La réalité s’est avérée bien différente lors du lancement par la World Surf League (WSL). Le swell espéré n’a pas véritablement répondu présent, offrant des vagues de 3 à 4 pieds très fermantes. Ces conditions décevantes ont rendu la lecture du spot particulièrement complexe pour les surfeurs, avec des scores globaux qui s’en sont ressentis, notamment lors des séries féminines.

    Tableau féminin : Simmers et Picklum assurent, les locales éliminées

    Les surfeuses ont été les premières à affronter ce Supertubos ingrat. Dans la première série, la jeune Hawaïenne Bettylou Sakura Johnson s’est imposée sur le fil (7.43) face à la Portugaise Francisca Veselko (7.34) au terme d’un heat très pauvre en opportunités.

    La confrontation la plus attendue opposait Caitlin Simmers à la quintuple championne du monde Carissa Moore. C’est finalement Simmers qui a trouvé les meilleures ouvertures pour s’imposer avec un total de 11.50 contre 8.93 pour son aînée.

    Dans la seconde moitié du tableau, l’Américaine Lakey Peterson (10.00) a mis fin au parcours de la dernière représentante portugaise, Teresa Bonvalot (5.10). Enfin, la championne du monde en titre Molly Picklum a dominé la Canadienne Erin Brooks avec un score solide de 11.33.

    Tableau masculin : Les Brésiliens en force, Yago Dora s’envole

    Chez les hommes, le niveau d’intensité est monté d’un cran malgré des vagues toujours aléatoires. Le triple champion du monde Gabriel Medina a fait parler son expérience pour écarter de justesse l’Australien Morgan Cibilic (10.60 contre 10.00). Morgan qui s’est malheureusement blessé lors de la confrontation, espérons que cela ne soit pas trop grave.

    Dans la deuxième série, Italo Ferreira a brisé les espoirs du public local en éliminant le Portugais Guilherme Ribeiro avec un score confortable de 12.83.

    La performance de la journée est à mettre au crédit du tenant du titre, Yago Dora. Le Brésilien a su déjouer les pièges de Supertubos pour afficher un impressionnant total de 15.84, laissant Ethan Ewing « combo » avec un maigre 3.00. Dans le dernier quart de finale, l’Américain Griffin Colapinto s’est imposé d’une très courte tête (14.50) face au Hawaïen Seth Moniz (14.17).

    Les affiches des demi-finales

    La suite, on espère une fin pour demain avec des meilleures conditions, des vagues plus consistantes et un vent side shore qui pourrait donner des opportunités aux surfeurs encore en liste. Prochain call demain en milieu de journée…

  • Scandale sexuel et rumeurs : la face cachée du surf professionnel à l’épreuve

    Scandale sexuel et rumeurs : la face cachée du surf professionnel à l’épreuve

    La rumeur a d’abord enflé sur les spots, avant de se transformer en un communiqué laconique de la World Surf League, suivi de près par l’International Surfing Association (ISA). Un surfeur suspendu de toute compétition pour des « allégations de nature profondément grave ». Le nom n’a pas tardé à fuiter, jeté en pâture sur les réseaux sociaux avant même que les instances ne le confirment : Alan Cleland, le prodige mexicain, qualifié pour les Jeux Olympiques de Paris 2024.

    Depuis, c’est l’emballement. D’un côté, une quête de vérité légitime. De l’autre, une justice sociale expéditive, nourrie par les « on-dit » et les menaces en ligne. Mais quand on gratte le vernis des posts Instagram et des déclarations choc, que reste-t-il vraiment sur le plan matériel ? En tant que caméraman ayant passé 16 ans sur le circuit pro, j’ai vu ce monde évoluer, se lisser, se professionnaliser. J’ai vu ses ombres et ses lumières. Et aujourd’hui, face à ce qui ressemble aux prémices d’un #MeToo du surf, j’ai eu envie de poser la caméra pour prendre la plume. Sans filtre, mais avec le recul de celui qui a passé sa vie en backstage.

    L’affaire de Tahiti : un bourbier juridique hallucinant

    Commençons par les faits, ou du moins le peu dont nous disposons concrètement. L’incident aurait eu lieu en août dernier, lors d’une soirée privée organisée après le jour de clôture du Outerknown Tahiti Pro. Les récits varient de manière inquiétante : on parle d’une victime australienne mineure (14 ou 16 ans selon les sources qui s’écharpent en ligne) et de l’implication de trois autres hommes, dont deux photographes et un surfeur junior. (en plus d’Alan Cleland)

    Ce qui me laisse perplexe, pour ne pas dire en colère, c’est la lenteur vertigineuse des autorités. Deux mois après une agression présumée sur une mineure, nous assistons à une partie de ping-pong juridico-administrative surréaliste. Les forces de l’ordre de la Nouvelle-Galles du Sud (Australie), où la plainte aurait été déposée, affirment que l’affaire relève de la juridiction de la Polynésie française. De l’autre côté du globe, la police tahitienne commence à rassembler des preuves mais attendrait toujours une demande formelle d’information de la part des Australiens pour avancer. Le 12 octobre dernier, le bureau du procureur local affirmait même qu’aucune enquête officielle n’était ouverte.

    Comment peut-on laisser une affaire d’une telle gravité s’enliser dans des problèmes de paperasse internationale ? Attention, je ne dis pas que les accusés sont coupables ou innocents. Je n’en sais strictement rien et je refuse de participer au tribunal populaire du web. C’est à la justice de trancher. Mais cette paralysie institutionnelle est le terreau idéal pour les pires rumeurs.

    L’onde de choc Noah Klapp et le grand déballage

    L’affaire a pris une toute autre dimension avec l’intervention de Noah Klapp, l’ancienne petite amie d’Alan Cleland et ancienne championne junior de l’ISA pour l’Allemagne. Son témoignage est accablant, l’accusant d’abus physiques et sexuels. La Fédération mexicaine de surf a d’ailleurs suivi avec un communiqué condamnant fermement toute forme de violence, sans toutefois nommer explicitement leur star.

    Mais Noah Klapp est allée plus loin. Elle affirme recevoir aujourd’hui de nombreux témoignages d’agressions sexuelles dans le milieu du surf, pointant du doigt une culture toxique qui tolérerait ces comportements. Ce constat a mis le feu aux poudres. Des vendettas numériques s’organisent contre les hommes et leur soi-disant comportement macho intrinsèque.

    Le surf a-t-il un problème spécifique avec les femmes ? Honnêtement, je ne vois pas comment notre sport pourrait être imperméable aux dérives de la société. Il y a des cons, des violents et des comportements nocifs au line-up, exactement comme il y en a dans des bureaux d’entreprise ou dans la rue. Mais de là à affirmer que le surfeur est fondamentalement plus macho que le reste de la population, je n’ai aucune preuve pour le soutenir. Si l’on écoute les pionnières des premières générations de surfeuses, il est d’ailleurs frappant de constater qu’elles décrivent souvent les hommes de l’eau comme des figures protectrices, plutôt que comme des prédateurs.

    Mes 16 ans sur le circuit : la réalité derrière le vernis

    J’ai traîné mes caméras et mes trépieds sur presque toutes les étapes du Tour pendant 16 ans. J’ai partagé les soirées, les temps d’attente interminables pendant les lay days, les tensions post-séries. Si l’on me demande si le circuit est un repaire de prédateurs sexuels, ma réponse, basée sur mon vécu, est non.

    En 16 ans, j’ai été témoin direct ou indirect de deux faits graves. Le premier : un geste déplacé envers une femme, qui a été immédiatement et vertement réprimandé par la victime. La petite ironie de l’histoire (qui en dit long sur la complexité humaine), c’est que j’ai vu cette personne coupable publier un commentaire de soutien sous le témoignage récent de Noah Klapp. (Tout le monde peut changer)

    Le second fait est plus sombre. J’ai assisté à une dispute conjugale d’une violence extrême entre une femme et un homme qui travaillait pour l’organisation d’une compétition. Le malaise a été total. La personne en tort a été sanctionnée, mais de manière bien trop légère. La preuve : deux ans plus tard, elle était de retour sur le circuit. Nos chemins se sont croisés, sur fond de menaces et de tentatives d’intimidations à mon égard parce que je savais ce qui s’était passé. J’ai tenu bon, ses pressions n’ont pas fonctionné, et cette personne a fini par disparaître définitivement du Tour. Et croyez-moi, le surf ne s’en porte que mieux.

    Ce que les gens oublient, c’est que l’industrie a passé ces vingt dernières années à polisser l’image du surf pour le vendre au grand public. On nous vend du yoga au lever du soleil et des jus d’açaï. C’est faux. Le surf reste un sport de rebelles. C’est une passion dévorante, viscérale, qui attire des profils à la recherche de sensations fortes, parfois jusqu’à l’excès. Les bagarres, l’alcool, la drogue n’ont jamais totalement quitté le paysage. J’aime profondément le surf, mais comme beaucoup de passionnés qui travaillent dans l’ombre, je n’aime pas toujours les surfeurs.

    Le talent face à l’industrie : l’hypocrisie des apparences

    Dans ce milieu, la place de la femme a longtemps été un sujet de tension, souvent réduit à une question d’esthétique. L’image de la femme est systématiquement associée à celle du mannequin. J’estime personnellement que les égéries des grandes marques de glisse ne devraient être que des athlètes pros, reconnues pour leur engagement à l’eau, et non des filles castées uniquement pour leur plastique.

    J’écoutais récemment une interview de Johanne Defay. Elle y racontait sans détour comment elle s’était fait virer de son sponsor majeur à ses débuts, tout simplement parce qu’elle n’avait pas « le physique à l’image de la surfeuse » que la marque voulait vendre. C’est une réalité brutale.

    Pourtant, le respect dans l’eau ne s’achète pas avec un shooting photo. J’ai un respect immense pour les surfeuses qui s’y collent vraiment. Les Justine Dupont qui repoussent les limites du surf de gros, les Johanne Defay qui fracassent le Tour mondial avec une puissance incroyable, ou même cette gamine anonyme que j’ai vue hier à l’eau, s’élancer sur un late drop critique, la peur au ventre mais la détermination dans les yeux.

    Je repense souvent à une session l’hiver dernier. Un week-end glacial, sous une pluie battante, avec des vagues massives et un vent on-shore pourri à vous dégoûter d’enfiler une combinaison humide. À l’eau, il y avait deux chargeuses : Maud Le Car et Jade Magnien, accompagnées du chargeur basque Andony Abaigar. Elles sont parties à la rame dans ce chantier monumental. Je suis resté sur la plage, transi de froid, la caméra fixée uniquement sur elles. J’ai filmé leurs vagues, leur engagement. Désolé Andony, mais ce jour-là, ce sont les filles qui ont crevé l’écran par leur courage. C’est ça, la vraie place de la femme dans le surf.

    Ceci dit, je tiens à rassurer (ou à désespérer) tout le monde : le diktat de l’image ne frappe pas que les femmes. La machine marketing broie aussi les hommes. Les contrats masculins sont loin d’être uniquement indexés sur le pur talent ou les résultats en compétition. Je me souviens très bien d’une phrase d’un team manager de chez Quiksilver qui affirmait, le plus sérieusement du monde, que « l’attitude était plus importante que le talent ». Qu’est-ce que « l’attitude » dans un bureau marketing ? Mystère. Mais cela a coûté cher à des mecs comme Maxime Huscenot. Alors qu’il était au sommet absolu de son art et méritait amplement un soutien financier pour casser la baraque sur le circuit QS et CT, son contrat n’a pas été renouvelé. Il n’entrait plus dans la « case ».

    Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

    Le monde va mal, les actualités sont lourdes, et ce scandale tahitien vient entacher un milieu qui me tient à cœur. Mais j’ai envie de rester positif. S’il faut faire le ménage, faisons-le, proprement, devant les tribunaux et pas seulement sur Twitter ou TikTok.

    Il ne faut pas oublier les avancées colossales de notre sport. Le surf a ses défauts, ses démons et ses zones d’ombre, mais il a aussi été l’un des tout premiers sports majeurs au monde à imposer et généraliser l’égalité parfaite des prize money entre les hommes et les femmes sur le circuit professionnel. C’est un acte fondateur fort qui prouve que l’évolution est possible.

    Aujourd’hui, pour que cette évolution continue, il faut que la justice tahitienne et australienne se réveille. Les victimes méritent d’être entendues. Les accusés méritent un procès équitable. Et notre sport, lui, mérite qu’on arrête de fermer les yeux pour ne garder que le reflet doré du soleil sur la houle.

  • Surf QS 2000 : Doublé espagnol au Edommo Surf Pro Razo avec Dominguez et Ochoa

    Surf QS 2000 : Doublé espagnol au Edommo Surf Pro Razo avec Dominguez et Ochoa

    Ce dimanche 18 octobre 2026, les surfeurs espagnols Yago Dominguez et Ariane Ochoa ont remporté le Edommo Surf Pro Razo (QS 2000). Disputée en Galice sur la plage de Razo, la compétition a offert des conditions rudes qui ont véritablement mis à l’épreuve les prétendants européens à la qualification.

    Yago Dominguez domine les éléments face à Thomas Debierre

    Face à des vagues techniques de 3 à 4 pieds (1 à 1,2 mètre), balayées par un vent onshore et de forts courants. Yago Dominguez s’est illustré en finale contre le Français Thomas Debierre. L’Espagnol a rapidement pris l’ascendant en replaquant un bon air reverse en frontside, gratifié d’un excellent 8,67. Malgré une bonne vague noté 7,67 en fin de série, Thomas Debierre n’a pas réussi à combler son retard.

    Selon le communiqué officiel de la World Surf League (WSL), l’athlète de 24 ans signe ici sa toute première victoire sur le circuit des Qualifying Series. « C’est un endroit vraiment spécial pour moi, j’adore venir ici », a déclaré Yago Dominguez, ravi de concrétiser sa progression après de bonnes performances au Brésil et au Portugal.

    L’ascension d’Ariane Ochoa face à Etxabarri

    Chez les femmes, la finale a pris des airs de duel fratricide en opposant deux surfeuses basques régulières des Challenger Series : Ariane Ochoa et Janire Gonzalez Etxabarri. Si Janire a pris le meilleur départ avec une vague à 6,17, Ariane Ochoa a su faire preuve de patience. Elle a finalement trouvé une belle opportunité, enchaînant deux manœuvres critiques sur son surf backside pour obtenir un 7,00 et sceller sa victoire in extremis.

    Lukas Skinner prend les commandes du classement européen

    Cette étape galicienne bouscule la hiérarchie continentale. Le jeune prodige britannique Lukas Skinner, 18 ans, s’empare de la première place du classement QS européen masculin suite à l’élimination prématurée du Portugais Francisco Ordonhas. Du côté féminin, la Portugaise Maria Salgado conserve son statut de leader devant le duo espagnol Etxabarri et Ochoa.

    La saison européenne se poursuit à un rythme effréné, et les athlètes ont désormais les yeux rivés sur les prochaines étapes hivernales, décisives pour valider leurs précieux tickets d’entrée pour les Challenger Series 2027.

  • MEO Rip Curl Pro Portugal 2026 : Le jour 2 stoppé prématurément, Simmers brille en quarts

    MEO Rip Curl Pro Portugal 2026 : Le jour 2 stoppé prématurément, Simmers brille en quarts

    Ce samedi 17 octobre 2026, la dixième étape du Championship Tour, le MEO Rip Curl Pro Portugal, a vu sa deuxième journée interrompue sur le spot de Supertubos à Peniche. Faute de vagues suffisantes, seules deux séries des quarts de finale féminins ont pu se tenir. La Californienne Caitlin Simmers en a profité pour éliminer la quintuple championne du monde Carissa Moore au terme d’un duel très attendu.

    Un démarrage poussif à Supertubos

    Après une bonne première journée offerte par les meilleurs surfeurs mondiaux, l’océan a décidé de faire une pause ce samedi matin. Les célèbres vagues tubulaires de Praia de Supertubos, sur la côte portugaise, ont manqué à l’appel, forçant l’organisation de la World Surf League (WSL) à stopper la compétition après avoir bouclé seulement les deux premiers affrontements du tableau féminin.

    Le choc des championnes tourne à l’avantage de Simmers

    L’affiche principale de cette matinée raccourcie opposait l’Américaine Caitlin Simmers à l’Hawaïenne Carissa Moore, actuelle détentrice du maillot jaune. Dans des conditions techniques rendues difficiles par un fort courant et des gauches fermantes, la jeune Californienne de 20 ans a su faire la différence sur son surf backside.

    Grâce à des manœuvres radicales sur les sections les plus critiques, la lauréate de l’édition 2023 s’est imposée avec un score cumulé de 11.50 contre 8.93 pour Moore. « Cette série m’a rappelé la maison à Oceanside », a confié Simmers au micro de la WSL. « C’était un vrai défi, mais je me suis bien amusée et j’ai eu de bonnes gauches. » Malgré cette élimination en quarts de finale, Carissa Moore conservera sa place de leader mondial lors de la prochaine étape du CT prévue aux Philippines.

    Sakura Johnson brise les espoirs locaux

    Dans le premier quart de finale, l’Hawaïenne Bettylou Sakura Johnson a dû puiser dans ses ressources pour venir à bout de la wildcard portugaise, Francisca Veselko. Menée à seulement cinq minutes de la sirène finale, Sakura Johnson a su dénicher une droite massive pour y placer un gros turn sur la section finale, lui rapportant la note nécessaire pour reprendre la tête (7.43 contre 7.34).

    Des erreurs de priorité ont rendu la fin de la série particulièrement sous tension, mais la surfeuse locale n’a pas trouvé de dernière opportunité pour inverser la tendance. « J’ai dû m’accrocher. Kika a eu de bons scores au début, donc je suis ravie d’avoir trouvé une plus grosse section pour faire la différence », a souligné l’Hawaïenne à sa sortie de l’eau.

    Un dimanche sous tension à Peniche

    Le prochain call de l’organisation est fixé au dimanche 18 octobre à 9h00 (heure locale) pour un éventuel redémarrage à 9h35, soit 10h35 en France. Le public attend avec impatience la suite du tableau féminin, notamment le duel entre la Portugaise Teresa Bonvalot et Lakey Peterson. Du côté du tableau masculin, le spectacle s’annonce total avec les quarts de finale impliquant Gabriel Medina, Italo Ferreira ou encore l’Américain Griffin Colapinto.

  • Les assassins des trois surfeurs en Basse-Californie condamnés à 158 ans de réclusion

    Les assassins des trois surfeurs en Basse-Californie condamnés à 158 ans de réclusion

    Un juge mexicain a prononcé vendredi des peines de plus de 158 ans de prison à l’encontre des trois hommes responsables du meurtre de deux frères australiens et de leur ami américain. Les surfeurs avaient été abattus en avril 2024 dans l’État de Basse-Californie, lors d’une tentative de vol de leur véhicule qui a viré au drame.

    Une peine maximale pour un crime prémédité

    Plus de deux ans après les faits, la justice mexicaine a rendu son verdict final. Le juge Raul Hernandez a condamné Jesus Gerardo, Irineo Francisco et Angel Jesus à 158 ans et neuf mois de prison chacun pour l’assassinat de Jake Robinson (30 ans), Callum Robinson (33 ans) et Carter Rhoad (30 ans). Le tribunal a retenu la préméditation pour ce triple meurtre survenu à la fin du mois d’avril 2024, alors que les victimes campaient sur une plage isolée au sud d’Ensenada.

    Le parquet avait initialement réclamé plus de 100 000 dollars de dommages et intérêts. Le juge a toutefois rejeté cette demande, précisant que toute indemnisation financière devra faire l’objet d’une procédure civile distincte.

    Un mobile d’une futilité extrême

    Les détails de l’enquête, dirigés par la procureure générale de l’État, María Elena Andrade Ramírez, ont confirmé que les touristes n’étaient pas visés pour leur nationalité. Les agresseurs, menés par Jesus Gerardo (alias « el Kekas ») qui possédait déjà un casier judiciaire, ont ciblé le groupe uniquement pour voler les pneus et les pièces de leur pick-up.

    L’ex-petite amie du principal accusé, Ary Gisell Silva, avait avoué avoir incité ce dernier à commettre le vol. Condamnée à 20 ans de prison en novembre dernier, elle a témoigné que Jesus Gerardo s’était moqué des victimes implorant pour leur vie, avant de se vanter de son butin. L’attaque, menée avec des pistolets de calibres 9mm et .45, s’est soldée par l’exécution des trois amis d’une balle dans la tête.

    Dissimulation des preuves et réaction des familles

    Après les meurtres, les coupables ont tenté d’effacer leurs traces en incendiant les tentes et le véhicule. Les corps ont été transportés à environ six kilomètres de la scène de crime pour être jetés dans un puits situé au sommet d’une falaise. Recouvert de planches, le site était extrêmement difficile d’accès, nécessitant deux heures d’efforts aux secouristes pour extraire les dépouilles le 3 mai 2024. Fait troublant, un quatrième corps plus ancien y a été découvert, un homicide antérieur pour lequel les trois condamnés n’ont pas encore été inculpés.

    Les parents des frères Robinson, présents au Mexique pendant le mois qu’a duré le procès, ont quitté le pays après l’annonce de la sentence. De son côté, Page Rhoad, la mère du surfeur américain, a réagi publiquement : « Il n’y aura jamais de justice pour la perte d’un fils, mais nous sommes reconnaissants de savoir que ces hommes ne feront plus de mal à personne. »

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    Balise Title : Ils ont tué 3 surfeurs pour des pneus : voici leur sentence URL : /meurtre-surfeurs-mexique-peine-prison-pneus Meta description : Vous souvenez-vous de ces trois surfeurs abattus au Mexique en 2024 ? Le verdict vient de tomber, et la sentence est à la hauteur de l’horreur du crime.

    Ce road trip s’est terminé au fond d’un puits : le verdict final est tombé pour les tueurs

    C’est l’histoire qui a glacé le sang de tous ceux qui ont un jour rêvé de charger des planches dans un pick-up pour explorer les côtes mexicaines. En avril 2024, Jake et Callum Robinson, accompagnés de leur ami Carter Rhoad, pensaient vivre le voyage de leur vie en Basse-Californie. Sept jours plus tard, leurs corps étaient retrouvés au fond d’un puits inaccessible, chacun abattu d’une balle dans la tête.

    Aujourd’hui, la justice mexicaine a enfin scellé le sort de leurs bourreaux. Et les chiffres donnent le vertige.

    158 ans de prison pour quatre pneus

    Ce vendredi, le juge Raul Hernandez a condamné les trois meurtriers — Jesus Gerardo, Irineo Francisco et Angel Jesus — à 158 ans et neuf mois de réclusion chacun. La fin d’un procès éprouvant pour les familles, qui ont dû écouter mois après mois les détails d’une exécution purement gratuite.

    Car c’est bien le mobile du crime qui rend cette affaire si difficile à digérer. Ces trois jeunes hommes d’une trentaine d’années n’ont pas été ciblés parce qu’ils étaient étrangers. Ils sont morts parce que leurs agresseurs voulaient récupérer les pneus et quelques pièces de leur Chevrolet.

    Le récit de la petite amie du tireur principal (elle-même condamnée à 20 ans de prison) est accablant. Elle a raconté comment son compagnon, « el Kekas », est revenu se vanter de son butin, riant ouvertement des surfeurs qui l’avaient supplié de les épargner.

    Un crime prémédité et une dissimulation glaçante

    Pour tenter d’effacer ce carnage, les meurtriers avaient brûlé le campement et conduit les corps à six kilomètres de là, pour les jeter dans un puits recouvert de planches au bord d’une falaise. Un endroit si reculé qu’il a fallu deux heures aux secours pour les remonter. Les enquêteurs y ont d’ailleurs trouvé les restes d’une quatrième victime, assassinée bien avant les trois surfeurs.

    Si le procureur réclamait 100 000 dollars de dommages — une requête rejetée qui devra passer par le civil —, l’essentiel est ailleurs pour les proches. Comme l’a résumé la mère de Carter Rhoad à l’annonce du verdict : la justice ne ramènera jamais son fils, mais ces 158 ans de prison garantissent que ces hommes ne détruiront plus jamais la vie d’autres voyageurs venus simplement chercher de belles vagues.

  • Hécatombe dans les rangs français lors de la première journée à Supertubos

    Hécatombe dans les rangs français lors de la première journée à Supertubos

    Ce vendredi 16 octobre 2026, la dixième étape du Championship Tour de la WSL, le MEO Rip Curl Pro Portugal, a débuté dans des conditions tubulaires, mais fermantes à Peniche. La délégation française a connu une journée noire, voyant tous ses représentants éliminés avant les quarts de finale.

    Des conditions épiques sur la côte portugaise

    Le spot de Praia de Supertubos a tenu ses promesses pour le lancement de cette dixième manche mondiale. Les organisateurs de la World Surf League (WSL) ont pu profiter de vagues massives de 1,20 à 1,80 mètre (4-6 pieds), sculptées tout au long de la journée par un vent offshore idéal. Dans ce festival de tubes, le format des séries simultanées (overlapping heats) a offert un spectacle de très haut niveau.

    Cependant, sur ce spot exigeant où la sélection de vague est primordiale pour obtenir des bons scores, les surfeurs tricolores n’ont pas réussi à tirer leur épingle du jeu face à la crème de la crème.

    Kauli Vaast tombe avec les honneurs face à un Colapinto intouchable

    S’il s’agit bien d’une journée terrible pour le clan français, il faut tout de même souligner que nos athlètes se mesuraient aux meilleurs surfeurs encore en liste. Le médaillé d’or olympique Kauli Vaast a d’ailleurs sauvé l’honneur en passant le premier tour avec brio.

    Son parcours s’est malheureusement heurté à un mur lors du deuxième tour (Round 2). Le Tahitien est tombé sur le crack du jour : l’Américain Griffin Colapinto. Double vainqueur de l’épreuve par le passé et véritable prétendant au titre mondial, le Californien a été impitoyable. Exploitant chaque opportunité, Colapinto a posté deux vagues magistrales notées 9.17 et 8.00. Avec un total excellent de 17.17 sur 20, l’Américain n’a laissé aucune chance au Français, confirmant ainsi son statut de favori dans la course au titre mondial après les éliminations de Leonardo Fioravanti et Miguel Pupo.

    Les wildcards portugaises volent la vedette

    Si les Français ont souffert, les surfeurs locaux ont en revanche vécu un véritable conte de fées devant leur public. Boosté par la ferveur nationale, le jeune prodige de Caparica, Guilherme Ribeiro (24 ans), s’est offert le luxe d’éliminer l’Australien George Pittar puis l’expérimenté Kanoa Igarashi (numéro 8 mondial) grâce à une technique irréprochable dans les tubes.

    Chez les femmes, la sensation est venue de Teresa Bonvalot. La Portugaise a littéralement démantelé la numéro 1 mondiale, l’Hawaïenne Gabriela Bryan, au terme d’une série sous haute tension. Une performance qui relance totalement la course au maillot jaune.

    Cap sur les Philippines pour les Bleus

    Les quarts de finale masculins et féminins sont désormais bouclés à Peniche. Le prochain appel est fixé par la WSL au samedi 17 octobre à 8h30 (heure locale) pour couronner les vainqueurs de cette étape européenne.

    Pour les surfeurs français, prématurément écartés des phases finales de ce MEO Rip Curl Pro, il va falloir rapidement digérer cette désillusion. Leur prochain rendez-vous majeur est d’ores et déjà fixé du côté des Philippines, où ils devront rebondir pour espérer briller à nouveau sur le circuit mondial.

  • MEO Rip Curl Pro Portugal : Début imminent à Peniche dans de bonnes conditions

    MEO Rip Curl Pro Portugal : Début imminent à Peniche dans de bonnes conditions

    La dixième étape du Championship Tour (CT) de la World Surf League (WSL), le MEO Rip Curl Pro Portugal, s’ouvre ce vendredi 16 octobre 2026 sur le mythique spot de Supertubos à Peniche. Dans un format resserré post-cut de mi-saison, les surfeurs de l’élite mondiale s’apprêtent à en découdre alors qu’une houle prometteuse est attendue, avec des enjeux majeurs pour les représentants français.

    Une houle idéale pour enflammer Supertubos

    Les voyants sont au vert pour lancer la compétition dès l’ouverture de la waiting period (période d’attente). Selon les dernières prévisions météorologiques, un premier swell solide touchera les côtes portugaises dès vendredi, offrant des conditions largement suffisantes pour démarrer les premières séries.

    Le véritable spectacle est toutefois espéré pour jeudi prochain. Une seconde houle, plus conséquente et accompagnée de vents favorables, devrait réveiller les célèbres tubes de Peniche. Les freesurfs de ces derniers jours, bien que disputés dans des vagues de taille modeste, ont déjà permis d’observer la qualité des bancs de sable cette année. Le Brésilien Miguel Pupo a d’ailleurs souligné : « Le sable est incroyable ici à Supertubos. Il est vraiment près du bord cette année. On va voir des tubes et des manœuvres aériennes de la part de tout le monde. »

    Johanne Defay et Marco Mignot : les espoirs tricolores

    Le clan français aura fort à faire dans ce tableau très relevé. Johanne Defay, vainqueur de l’édition 2024 face à l’Australienne Tyler Wright, fait son grand retour à Peniche en tant que bénéficiaire de la wildcard de l’événement. Désormais jeune maman, la Réunionnaise voyage avec sa famille tout en maintenant un niveau d’exigence maximal sur le circuit mondial. Son expérience de la vague de Supertubos sera un atout précieux pour bousculer la hiérarchie mondiale. Elle sera opposée au round 1 à Gabriela Bryan.

    Chez les hommes, Marco Mignot et Kauli Vaast sont toujours présent après le cut. Kauli Vaast continue son apprentissage rapide du tour. En bonne position, pour finir Rookie ( comme Marco Mignot l’année dernière) est un excellent tube rider, aucun sur le fait que la vague lui convient bien si les conditions sont là. Il sera opposé à Jake Marshall au round 1. Marco Mignot sera lui opposé à Morgan Cibilic, un candidat sérieux mais à la portée du surfeur français.

    Une délégation portugaise historique

    Outre les têtes d’affiche mondiales comme Yago Dora (Brésil) et Gabriela Bryan (Hawaï), actuels leaders du classement mondial et porteurs du prestigieux maillot jaune, l’événement sera marqué par une présence locale inédite. Pour la première fois de l’histoire du CT, cinq surfeurs portugais seront en lice à Peniche.

    Yolanda Hopkins, qualifiée pour la seconde moitié de saison, sera épaulée par Francisca Veselko (wildcard) et Teresa Bonvalot (remplaçante médicale). Du côté masculin, Frederico Morais et le jeune Guilherme Ribeiro (wildcard) défendront les couleurs lusitaniennes face à un public qui s’annonce incandescent.

    Vers un sprint final sous haute tension

    Avec un plateau réduit aux meilleurs mondiaux, chaque point récolté au Portugal pèsera lourd dans la course au titre mondial. Les séries s’annoncent d’une rare intensité sur un spot de Supertubos reconnu pour son côté aléatoire. Le premier call est fixé à demain matin pour évaluer les conditions et lancer potentiellement les hostilités de cette étape charnière de la saison WSL.

  • Landes : un surfeur allemand perd la vie sur la plage de Labenne

    Landes : un surfeur allemand perd la vie sur la plage de Labenne

    Un surfeur de nationalité allemande a trouvé la mort par noyade ce mercredi 14 octobre 2026 en début d’après-midi sur la plage de Labenne, dans le sud des Landes. L’homme, âgé d’une trentaine d’années, a été sorti de l’océan en arrêt cardiorespiratoire. Malgré la prise en charge immédiate par les sauveteurs et les sapeurs-pompiers, la victime n’a pas pu être ramenée à la vie.

    Une alerte déclenchée par des témoins sur la plage Océane

    Le drame s’est noué peu après 14 heures au nord de la plage Océane, sur la commune de Labenne. Selon les premiers éléments communiqués par les forces de l’ordre et le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS 40), c’est un passant qui a donné l’alerte après avoir repéré une planche de surf dérivant seule à la surface de l’eau.

    Le pratiquant se trouvait inconscient dans les vagues à proximité de son matériel. Des témoins présents sur le rivage sont rapidement intervenus pour ramener son corps sur le sable, avant l’arrivée des maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) et des secours spécialisés vers 14 h 30.

    Une réanimation impossible malgré l’intervention des secours

    À l’arrivée des pompiers et des équipes médicales, le surfeur se trouvait en arrêt cardiorespiratoire complet. De longues manœuvres de réanimation cardio-pulmonaire ont été entreprises directement sur l’estran, sous le regard des secours dépêchés sur place. Le médecin coordinateur du SAMU a finalement constaté le décès du trentenaire sur les lieux du drame.

    Selon les déclarations de la gendarmerie, la victime séjournait sur le littoral aquitain pour des vacances en famille, mais était partie à l’eau seule au moment de l’accident.

    Les conditions d’automne appellent à la plus grande vigilance

    Ce nouvel accident mortel rappelle vertains principes de précaution comme le fait de ne pas aller à l’eau seul, de bien observer les conditions de surf avant de se mettre à l’eau. Après un été sans vague, depuis le début de Septembre, les houles se succèdent. Les confitions n’étaient pas forcément solides aujourd’hui, mais un accident peut vite arriver.

    Une enquête de gendarmerie a été ouverte pour préciser les circonstances exactes de l’accident et déterminer si un traumatisme ou un malaise préalable a pu provoquer la perte de connaissance du sportif.

  • Surf : Alan Cleland visé par des accusations d’agressions sexuelles par Noah Klapp

    Surf : Alan Cleland visé par des accusations d’agressions sexuelles par Noah Klapp

    Le milieu du surf professionnel est secoué par de graves révélations. La surfeuse allemande Noah Klapp, ancienne championne du monde junior ISA, a publiquement accusé le surfeur mexicain Alan Cleland de violences sexuelles répétées. Ce témoignage intervient quelques jours seulement après la suspension de l’athlète par la World Surf League (WSL) pour d’autres allégations en Polynésie française.

    L’industrie du surf fait face à une crise majeure. Sur son compte Instagram, la surfeuse allemande Noah Klapp, sacrée championne du monde des moins de 16 ans en 2019 à Huntington Beach, a publié un long message détaillant les abus physiques et sexuels qu’elle aurait subis de la part du surfeur olympique mexicain Alan Cleland.

    Les faits remontent à environ six ans. Selon la jeune femme, aujourd’hui âgée de 23 ans, les abus se sont produits au cours d’une relation d’un an avec l’athlète mexicain, alors qu’elle n’avait que 17 ans.

    Un témoignage détaillé sur les réseaux sociaux

    Dans sa déclaration publique, Noah Klapp décrit une dynamique de violences conjugales et d’agressions répétées. Elle affirme que le surfeur l’immobilisait régulièrement sur le lit, la maintenant par les poignets, pour la forcer à avoir des relations sexuelles. Elle évoque également des violences psychologiques, des insultes dégradantes et une privation de liberté, expliquant qu’il verrouillait la porte de leur chambre pour l’empêcher de fuir.

    « Il s’agit d’une période douloureuse de ma vie qui m’a consumée et complètement détruite », écrit la surfeuse allemande, qualifiant publiquement son ancien compagnon de « violeur » et de « bourreau ». Elle précise avoir longtemps gardé le silence par crainte de ne pas être crue, un traumatisme dont elle tente encore de guérir aujourd’hui.

    La suspension de la WSL comme élément déclencheur

    La prise de parole de Noah Klapp n’est pas le fruit du hasard. Elle a décidé de briser le silence en découvrant, le jour de ses 23 ans, la diffusion d’une autre affaire impliquant Alan Cleland.

    Récemment, la World Surf League a en effet publié un communiqué annonçant la suspension immédiate d’un surfeur suite à des « accusations extrêmement graves ». Ces faits se seraient déroulés lors d’une soirée à Tahiti, en marge de l’étape du Championship Tour (CT). Si la WSL n’a pas nommé l’athlète dans son communiqué officiel, les médias spécialisés Stab et Surfing World ont rapidement confirmé qu’il s’agissait d’Alan Cleland.

    Selon les informations circulant dans la presse internationale, ces nouvelles allégations concerneraient une agression sur mineure. C’est cette récidive présumée qui a poussé Noah Klapp à réagir : « Je veux m’assurer que ce soit la fin de tout cela, car on lui a déjà donné une seconde chance qu’il ne méritait pas. »

    L’industrie du surf pointée du doigt

    Au-delà des accusations visant directement le surfeur mexicain, l’athlète allemande dénonce le silence et l’hypocrisie qui règnent parfois au sein de l’industrie de la glisse. Elle pointe du doigt un écosystème qui idéalise les sportifs sans tenir compte de leur comportement dans la sphère privée, évoquant des groupes de surfeurs toxiques qui valident et encouragent ce type de dérives.

    Pour l’heure, Alan Cleland, sollicité par plusieurs médias internationaux, n’a fait aucun commentaire sur ces accusations. Suite à la publication de Noah Klapp, de nombreux acteurs de l’élite mondiale du surf lui ont témoigné leur soutien dans l’espace des commentaires, saluant son courage.

    La suite de cette affaire dépendra désormais des conclusions de l’enquête menée en interne par la WSL, ainsi que des éventuelles suites judiciaires qui pourraient être données aux récents événements survenus à Tahiti.

  • EDP Ericeira Pro : Becret et Fierro portent la France, Quivront en danger

    EDP Ericeira Pro : Becret et Fierro portent la France, Quivront en danger

    L’Américain Crosby Colapinto et la Costaricienne Brisa Hennessy ont remporté l’EDP Ericeira Pro ce lundi 12 octobre 2026 au Portugal. Si les vagues de Ribeira d’Ilhas ont une nouvelle fois manqué de consistance, les Français Justin Becret et Vahine Fierro ont sauvé l’honneur tricolore en se hissant jusqu’en finale. Pour le reste du clan bleu, la course à la qualification pour le CT se complique sérieusement.

    Justin Becret : un engagement total jusqu’aux rochers

    Pour sa première compétition de l’année sur les Challenger Series, Justin Becret a frappé un grand coup. Le Landais s’est hissé à la troisième place de la finale masculine (10.20 points). L’image marquante de son parcours restera sans conteste cette vague terminée au beau milieu des rochers pour valider un dernier turn radical. Une preuve éclatante de sa motivation retrouvée, qui a enflammé la plage. Face à lui, le Californien Crosby Colapinto (14.10) a dominé les débats avec d’énormes turns frontside, remontant à la troisième place du classement général et validant presque son retour sur le Championship Tour.

    @icones_surf Justin Becret finit dans les rochers lors de la final edu challenger series au Portugal 2026 @justinbecret #surf #surfing #surfer #surfeur ♬ original sound – Icônes Surf, le média surf

    Vahine Fierro solide backside, mais le temps presse

    Dans la finale féminine, Vahine Fierro a dû se contenter de la quatrième place (8.83) face à une Brisa Hennessy intouchable (13.17). La Tahitienne a pu exprimer tout son talent en surf backside sur les longues droites portugaises. Cependant, cette belle performance pourrait s’avérer insuffisante. Mathématiquement, la qualification pour le CT 2027 reste possible, mais Fierro n’aura plus le droit à l’erreur. Elle devra enchaîner une victoire ou de très grosses places sur le prochain WQS 6000 international et clôturer la saison au sommet lors de l’ultime Challenger Series. À noter l’exploit de l’Australienne Sierra Kerr (3e), qui décroche officiellement son ticket pour le CT 2027 à seulement 19 ans.

    Bilan morose pour Quivront, Goold et Vaast

    De manière générale, le circuit manque cruellement de vagues de grande qualité cette saison et cette étape portugaise n’a pas dérogé à la règle. Ces conditions moyennes ont coûté cher aux leaders français. Charly Quivront, solide 8e mondial avant cette épreuve, dégringole à la 15e place du classement après une élimination prématurée. La qualification reste possible, mais il devra frapper fort au prochain event.

    Le constat est plus rude pour Kiara Goold et Aelan Vaast. Leurs défaites dans les premiers tours à Ericeira ont lourdement compromis leurs chances de qualification. Si l’espoir mathématique subsiste au classement de la World Surf League, la mission s’annonce désormais extrêmement compliquée pour les deux surfeuses.

    La suite : une longue pause avant l’ultime bataille

    Le clan français bénéficie maintenant d’un long break pour se vider la tête et affûter ses armes. Le cinquième et dernier arrêt des Challenger Series, le Newcastle Surfest, se tiendra du 1er au 7 mars 2027. Ce sera l’épreuve de la dernière chance pour nos tricolores.

  • Affaire Alan Cleland : la WSL suspend le surfeur mexicain après de graves allégations à Tahiti

    Affaire Alan Cleland : la WSL suspend le surfeur mexicain après de graves allégations à Tahiti

    Rappel, toute personne est présumée innocente jusqu’à son accusation par la justice.

    Le circuit professionnel est secoué par un séisme judiciaire et disciplinaire en ce mois d’octobre 2026. La World Surf League (WSL) a prononcé la suspension provisoire du surfeur mexicain Alan Cleland Jr., visé par des accusations d’agression sexuelle sur une compétitrice australienne mineure. Les faits présumés se seraient produits en marge de l’étape tahitienne du Championship Tour.

    Une enquête ouverte après des faits présumés à Teahupo’o

    Les événements remonteraient au mois d’août dernier, dans la foulée de la clôture de l’Outerknown Tahiti Pro 2026. Selon les révélations initiales publiées par le média australien Surfing World sous la plume du journaliste Nick Carroll, l’agression se serait déroulée lors d’une fête privée non organisée par la ligue. Alan Cleland et au moins trois autres individus y seraient directement impliqués.

    La police australienne a été saisie du dossier et a pris contact avec les instances internationales du surf. À ce stade, le parquet local en Polynésie française n’a pas confirmé l’ouverture officielle de poursuites sur le territoire.

    La présomption d’innocence du surfeur mexicain

    À vrai dire, on ne connaît pas grand chose de l’histoire, et certains témoignages diffèrent. À l’heure actuelle, la seule certitude est que le surfeur mexicain a été mis à pied par la WSL. Le surfeur australien Harry Bryant a notamment accusé Surfing World (la source de l’histoire) de faire du journalisme à sensation « « Coupable par association d’après ce que j’ai entendu. Ne l’accablez pas avant d’avoir tiré l’histoire au clair. C’est de la merde digne du Daily Mail ! ». Pour être sincère, je n’ai pas compris ce que signifiait « coupable par accusation », mais je suis d’accord pour dire que la présomption d’innocence est importante dans notre pays.

    Sanction disciplinaire et silence des sponsors

    Dans un communiqué officiel, la WSL a confirmé la mise à l’écart conservatoire d’un pensionnaire du Championship Tour masculin pour « des allégations d’une extrême gravité ». La ligue rappelle que l’ensemble des athlètes demeure soumis au code de conduite officiel, même en dehors des séries officielles.

    En coulisse, les répercussions sont immédiates. Bien qu’aucune annonce de rupture de contrat n’ait été officialisée, Alan Cleland a disparu de la page officielle du team Quiksilver, tandis que son compte Instagram a basculé en mode privé.

    Actuellement 24ᵉ mondial, le surfeur de 24 ans devait s’aligner sur le Pipe Masters en décembre. Sa participation est désormais gelée sine die dans l’attente des conclusions des enquêtes en cours.

  • Larry Bertlemann nous a quittés : l’homme qui a tout changé dans le surf moderne

    Larry Bertlemann nous a quittés : l’homme qui a tout changé dans le surf moderne

    Le monde de la glisse perd l’une de ses légendes. Larry Bertlemann s’est éteint le samedi 10 octobre 2026 à l’âge de 71 ans à l’hôpital The Queen’s Medical Center d’Honolulu, après des complications consécutives à une crise cardiaque. L’annonce, confirmée par sa famille auprès des médias locaux, laisse un vide immense chez les passionnés de surf et de skate à travers la planète. Surnommé le « Rubberman » pour son élasticité phénoménale, le surfeur hawaiien a brisé les codes rigides des années 1970 pour inventer, à lui seul, le surf moderne.

    Une posture féline et une rupture totale avec la tradition

    Né à Hilo en 1955 avant de grandir sur les vagues de Waikiki, Bertlemann débarque sur les spots à une époque où le shortboard balbutie encore. La plupart des surfeurs adoptent alors des trajectoires rigides, droites et calculées. Larry choisit l’exact opposé.

    Genoux écartés et centre de gravité ultra-bas : il compresse son corps avant d’exploser dans des courbes impossibles pour l’époque. Sa signature visuelle reste gravée dans l’histoire : une main traînant dans la paroi de la vague pour pivoter sur place et enchaîner des turns parfaits là où les juges attendaient des lignes plus sages. Associé au shaper de légende Ben Aipa et à ses fameuses planches « Sting », le jeune Hawaiien redéfinit ce qu’il est physiquement possible de réaliser sur une section critique.

    L’étincelle qui a allumé le skate des Dogtown et le surf aérien

    L’impact de Larry Bertlemann dépasse largement l’océan Pacifique. En Californie, les jeunes skateurs de Dogtown – Tony Alva et Jay Adams en tête – dévorent ses photos de magazines et tentent de reproduire ses appuis sur l’asphalte et dans les piscines vides. C’est la naissance du « Bert slide », une manœuvre mythique où la main frotte le sol pendant que la board dérape.

    Mais l’échange ne s’arrête pas là. Bertlemann fait le chemin inverse : inspiré par le skate, il commence dès la fin des seventies à décoller au-dessus de la lèvre. Il baptise ses tentatives les « Larryials », posant les toutes premières bases du surf aérien bien avant l’avènement de la « New School » des années 1990.

    L’électron libre qui a inventé le sponsoring moderne

    En compétition, son palmarès compte des faits d’armes majeurs, comme une victoire aux championnats américains en 1973 et des finales au prestigieux Pipe Masters. Pourtant, les podiums n’ont jamais suffi à mesurer son aura. Rebelle, flamboyant et fier, il comprend avant tout le monde la valeur de l’image de marque. À une époque où le milieu rejette le commerce, il appose sans complexe d’immenses autocollants Pepsi ou United Airlines sur ses planches, inventant le statut d’athlète professionnel salarié.

    Après une existence intense jalonnée de blessures sévères au dos et d’épreuves personnelles, Larry Bertlemann laisse derrière lui trois enfants, de nombreux petits-enfants et un héritage vivant. Chaque surfeur qui plante un rail agressif ou s’envole aujourd’hui sur une vague lui doit une part de sa trajectoire.

  • Pourquoi l’obsession de la compétition détruit le style : la théorie implacable de Tim Boal

    Pourquoi l’obsession de la compétition détruit le style : la théorie implacable de Tim Boal

    Hier, j’ai écouté le dernier podcast de Daz (très bon podcast d’ailleurs). Son invité n’était autre que Tim Boal. L’ancien pensionnaire du prestigieux World Tour (WCT) est un homme discret, rare dans les médias. Mais quand il parle de surf, son analyse tranche avec les discours formatés que l’on entend au bord des vagues. Aujourd’hui installé aux Canaries où il coache, il a glissé une phrase qui m’a immédiatement interpellé : son rôle n’est pas d’apprendre aux jeunes à gagner, mais de leur apprendre à tomber.

    En tant qu’ancien membre de l’élite mondiale, Tim Boal sait exactement de quoi il parle. Il dénonce cette urgence de la performance chez les jeunes surfeurs. Dès le plus jeune âge, on les obsède avec les résultats et les notes. On leur dicte un surf stéréotypé, pensé uniquement pour grappiller des points. Savoir caler un air reverse propre en fin de vague devient l’objectif ultime pour assurer un heat. À court terme, ça marche. À long terme, cela fabrique des surfeurs au style identique, sans âme ni créativité.

    Ce constat dressé par Boal valide totalement une intuition que j’ai eue il y a près de vingt ans, sur un spot improbable.

    L’Écosse, un gamin de 16 ans et des chutes à répétition

    À l’époque, j’étais caméraman pour O’Neill. J’avais été envoyé sur le O’Neill Coldwater en Écosse, une compétition glaciale dont l’atmosphère mériterait à elle seule un article. Sur ce trip, un certain John John Florence était présent avec sa famille. Il devait avoir 16 ans. Toute l’industrie le vendait déjà comme le futur maître absolu du surf mondial.

    Je le suivais caméra au poing lors de ses sessions de free surf. Et honnêtement, pour un futur champion du monde, je le trouvais extrêmement brouillon. Contrairement aux jeunes espoirs européens présents sur place qui surfaient avec une propreté clinique, lui tombait sans arrêt.

    Apprendre à tomber pour dominer le monde

    Dans des vagues d’eau froide, ce gamin s’envolait dans tous les sens, tentait des rotations impossibles et ne replaquait quasiment rien. S’il était déjà un monstre dans les tubes, son surf me laissait perplexe. Il surfait les bras ballants, le long du corps, à mille lieues de la posture académique « compétition » qu’on nous vendait. Je me souviens m’être dit derrière mon objectif : « Il fait n’importe quoi, il n’y arrivera jamais face aux machines à points. »

    Deux ans plus tard, je l’ai recroisé à l’eau. Il replaquait absolument tout. Ses bras le long du corps étaient devenus la signature de son relâchement légendaire. Le style « John John » était né.

    Aujourd’hui, l’analyse de Tim Boal résonne parfaitement avec cette anecdote écossaise. Si John John Florence est devenu le surfeur qu’il est, c’est justement parce qu’il n’a pas été formaté par et pour la compétition. Pendant que les autres assuraient leurs manœuvres pour passer des tours, lui apprenait à tomber. Et c’est exactement ce que l’ancien pro du WCT tente aujourd’hui de transmettre à la nouvelle génération. Et je trouve ça bien, les jeunes surfeurs font trop de compétitions et pas assez de trips surf. Avant 16 ans, les compétitions ne devraient pas être un objectif….

  • EDP Ericeira Pro : coup d’arrêt pour Charly Quivront, éclaircie pour le clan tricolore féminin

    EDP Ericeira Pro : coup d’arrêt pour Charly Quivront, éclaircie pour le clan tricolore féminin

    RIBEIRA D’ILHAS, Portugal — La reprise de la compétition ce jeudi 8 octobre 2026 à l’EDP Ericeira Pro a réservé son lot de contrastes pour le surf tricolore. Sur la droite rocheuse de Ribeira d’Ilhas, quatrième étape des Challenger Series de la WSL, Charly Quivront a trébuché prématurément dans le tableau masculin, tandis qu’Aelan Vaast et Sarah Leiceaga ont sécurisé leur place pour le tour suivant chez les femmes.

    La mauvaise opération de Charly Quivront dans la course au CT

    C’est le coup dur de cette journée portugaise. Présent dans la cinquième série du Round of 64, Charly Quivront n’a pas trouvé les ouvertures nécessaires face à l’Australien Joel Vaughan (11,13 pts) et au Brésilien Edgard Groggia (10,73 pts). Avec un total modeste de 9,13 points, le Français termine quatrième de sa série, derrière l’Américain Taro Watanabe.

    Cette élimination prématurée pèse lourd au classement général des Challenger Series, où Charly Quivront visait une accession directe au Championship Tour (CT). Il devra désormais compter sur les contre-performances de ses rivaux directs tout au long de la semaine pour limiter la casse comptable. Côté masculin toujours, Justin Becret avait auparavant validé son billet au Round of 80 en remportant sa série (11,00 pts).

    Les Françaises au rendez-vous, Kiara Goold stoppée

    Le Round of 48 féminin a offert un duel fratricide dans le Heat 1, qui s’est finalement conclu par une issue favorable pour les deux surfeuses de l’Hexagone. La Tahitienne Aelan Vaast s’est imposée avec 10,63 points, juste devant la Basque Sarah Leiceaga (10,20 points). Toutes deux se hissent au Round of 32 en écartant la Basque espagnole Janire Gonzalez Etxabarri.

    Le bilan reste toutefois mitigé pour le contingent féminin. Kiara Goold quitte l’épreuve après une quatrième place dans le Heat 8 (5,63 pts), dominé par la Sud-Africaine Louise Lepront. Tessa Thyssen (7,50 pts) et Naïa Monte (5,50 pts) ont elles aussi été éliminées d’entrée.

    Des favoris internationaux au rendez-vous

    Dans des vagues d’un mètre à moins d’un mètre cinquante (3 à 5 pieds), plusieurs têtes d’affiche ont marqué les esprits. Le Péruvien Alonso Correa a signé une belle prestation pour poursuivre son rêve d’accession au CT, tandis que le Japonais Kanoa Igarashi a décroché le meilleur score de la journée avec une vague notée 8,00 points et un total de 15,60. Chez les dames, Sophia Medina a signé la meilleure performance du round (13,50 pts).

    Le prochain call est fixé au vendredi 9 octobre à 7h15 (heure locale), soit 8H15 heure française pour un lancement potentiel à 8h35.

    Tableaux des séries à venir

    Round of 64 Hommes (Séries restantes)

    • Heat 9 : Jake Marshall (USA) vs. Mihimana Braye (PYF) vs. Jordan Lawler (AUS)
    • Heat 10 : Yago Dominguez (ESP) vs. Crosby Colapinto (USA) vs. Eli Hanneman (HAW)
    • Heat 11 : Ian Gentil (HAW) vs. Winter Vincent (AUS) vs. Jett Schilling (USA)
    • Heat 12 : Ian Gouveia (BRA) vs. Douglas Silva (BRA) vs. Caleb Tancred (AUS)
    • Heat 13 : Lucca Mesinas (PER) vs. Jorgann Couzinet (FRA) vs. Owen Moss (USA)
    • Heat 14 : Alister Reginato (AUS) vs. Jacob Willcox (AUS) vs. Imaikalani deVault (HAW)
    • Heat 15 : Kade Matson (USA) vs. Oscar Berry (AUS) vs. Beyrick De Vries (NLD)
    • Heat 16 : Ryan Kainalo (BRA) vs. Luke Tema (HAW) vs. Dimitri Poulos (USA)

    Round of 32 Femmes

    • Heat 1 : Sierra Kerr (AUS) vs. Charli Hately (AUS) vs. Aelan Vaast (PYF) vs. Laura Raupp (BRA)
    • Heat 2 : Sophie McCulloch (AUS) vs. Ariane Ochoa (ESP) vs. Sophia Medina (BRA) vs. Sarah Leiceaga (FRA)
    • Heat 3 : Sol Aguirre (PER) vs. Bella Kenworthy (USA) vs. Kana Nakashio (JPN) vs. Sarah Baum (RSA)
    • Heat 4 : Eden Walla (USA) vs. Brisa Hennessy (CRC) vs. Amuro Tsuzuki (JPN) vs. Talia Swindal (USA)
    • Heat 5 : Francisca Veselko (POR) vs. Vahine Fierro (FRA) vs. Kirra Pinkerton (USA) vs. Anon Matsuoka (JPN)
    • Heat 6 : Alyssa Spencer (USA) vs. Sally Fitzgibbons (AUS) vs. Alys Barton (GBR) vs. Isla Huppatz (AUS)
    • Heat 7 : Ellie Harrison (AUS) vs. Anat Lelior (ISR) vs. India Robinson (AUS) vs. Bailey Turner (USA)
    • Heat 8 : Teresa Bonvalot (POR) vs. Johanne Defay (FRA) vs. Louise Lepront (RSA) vs. Lucy Darragh (AUS)
  • Tya Zebrowski renonce à Ericeira : le CT 2027 s’éloigne, mais l’essentiel est ailleurs

    Tya Zebrowski renonce à Ericeira : le CT 2027 s’éloigne, mais l’essentiel est ailleurs

    Tenante du titre à Ribeira d’Ilhas, Tya Zebrowski ne défendra pas sa couronne à l’EDP Ericeira Pro 2026, avant-dernière étape des Challenger Series. Un forfait de dernière minute, sans explication officielle, qui rend sa requalification pour le Championship Tour 2027 presque impossible. À 15 ans, la plus jeune surfeuse de l’histoire du CT vient pourtant de vivre une saison très contrastée.

    Un forfait de dernière minute, sans explication

    Le nom de Tya Zebrowski figurait bien dans le tableau initial de l’EDP Ericeira Pro, programmé du 6 au 12 octobre 2026. Comme Vahine Fierro, Anat Lelior, Brisa Hennessy ou Sally Fitzgibbons, elle faisait partie des surfeuses du CT venues chercher sur le circuit Challenger Series un ticket pour 2027.

    Quelques heures avant le lancement, son nom a disparu du tableau. Ni la WSL ni son entourage n’ont donné de raison à ce retrait. Blessure, fatigue, besoin de souffler ? Personne ne le sait, et il serait malvenu de spéculer sur la santé d’une athlète de 15 ans.

    Le symbole reste fort. Il y a un an presque jour pour jour, c’est ici qu’elle devenait, à 14 ans, la plus jeune surfeuse et la première Française à remporter une étape des Challenger Series, face à l’Australienne India Robinson en finale (13,53 contre 11,93).

    Maresias, le coup d’arrêt

    Ce forfait intervient une semaine après une élimination douloureuse au Brésil. Au Banco do Brasil São Sebastião Pro, à Maresias, Tya Zebrowski est tombée dès le Round of 32 dans une série très relevée. Anat Lelior (11,30) et la Tahitienne Kiara Goold (11,00) sont passées, la Française terminant troisième avec 10,83 points, devant l’Hawaïenne Moana Jones Wong (5,70).

    Il lui a manqué moins de deux dixièmes de point. Dans des conditions capricieuses, ce genre de série se joue sur une vague ou une priorité. Mais pour une surfeuse habituée à gagner très tôt, la sortie fait forcément mal.

    Les comptes : pourquoi la porte du CT 2027 se referme presque

    Pour retrouver le CT en 2027, Tya Zebrowski disposait de deux voies. Les deux sont désormais très étroites.

    Les Challenger Series. Le circuit 2026 compte cinq étapes, et seules les six premières du classement féminin décrochent leur place pour 2027. Après Maresias, l’Australienne Sierra Kerr menait avec 24 065 points, devant les Portugaises Francisca Veselko (20 345) et Teresa Bonvalot (18 335). Avec un seul résultat au compteur et sans Ericeira, il ne reste à la Française qu’une étape pour marquer. Même une victoire ne suffirait très probablement pas, d’autant que ses rivales vont encore engranger des points au Portugal.

    Le Championship Tour. Sortie du Top 16 qui dispute les étapes 10 et 11 du CT, Tya Zebrowski retrouvera l’élite au Lexus Pipe Masters, en décembre à Hawaï, où tout le plateau revient se battre pour le titre et la requalification. Cette finale vaut 1,5 fois les points d’une étape classique : 15 000 points pour la gagnante, contre 10 000 ailleurs. Mathématiquement, rien n’est fermé. Mais il lui faudrait un résultat énorme à Pipeline, couplé à de mauvais résultats de ses concurrentes directes. Pas impossible, donc, mais presque. Il faudrait rentrer dans des calculs et des probabilités….

    Une première saison déjà historique

    Résumer la saison de Tya Zebrowski à ce forfait serait passer à côté de l’essentiel. Née le 9 mars 2011 à Bayonne, licenciée au Hossegor Surf Club et entraînée par Joan Duru, elle a bâti en dix-huit mois un palmarès vertigineux.

    En octobre 2025, elle devient à 14 ans la plus jeune surfeuse de l’histoire, hommes et femmes confondus, à se qualifier pour le Championship Tour. En mars 2026, au lendemain de ses 15 ans, elle remporte le classement général des Challenger Series 2025-2026, là encore la plus jeune de l’histoire.

    Puis, pour sa première saison dans l’élite, elle se hisse en finale du Vivo Rio Pro, à Saquarema, où seule l’Américaine Sawyer Lindblad l’empêche de s’imposer (7,67 contre 6,10). Une deuxième place sur le CT, à 15 ans, pour sa première année : très peu de surfeuses peuvent en dire autant.

    Le temps joue pour elle

    Le surf a déjà connu des trajectoires précoces qui ont pris le temps de respirer. En 2022, Caity Simmers, alors âgée de 16 ans, avait refusé sa qualification pour le CT pour profiter encore un peu de son adolescence. Deux ans plus tard, elle était sacrée championne du monde.

    Tya Zebrowski n’a rien à prouver dans l’immédiat. Elle a déjà battu les meilleures du monde sur leur terrain. Une saison de plus sur les Challenger Series, ou quelques invitations ponctuelles sur le CT, ne changeraient rien à son potentiel. Elle le disait elle-même au sujet des Jeux olympiques : « Je veux y aller quand je serai prête. » La même sagesse vaut pour le Tour.

    Le mot de la rédaction : Tya, profite

    On ne sait pas si Tya est blessée, fatiguée ou simplement saturée. Ce qu’on sait, c’est qu’à 15 ans, elle a déjà accompli ce que la plupart des surfeurs professionnels poursuivent toute une carrière. Elle mérite d’être plus indulgente avec elle-même que ne le sont les classements.

    Le vrai risque aujourd’hui n’est pas de rater le CT 2027. C’est de se cramer. Le circuit a déjà vu passer des prodiges épuisés avant 20 ans.

    Alors si par hasard tu lis ces lignes, Tya : pars en trip, surfe pour le plaisir, sans juges ni chrono, retrouve la joie qui t’a fait gagner partout. Le Tour sera toujours là. Tu te requalifieras, on n’en doute pas une seconde, et tu brilleras sur le CT. Profite, amuse-toi : tu seras bientôt la reine.

  • Surfez une 5 pieds dans des vagues tubulaires

    Surfez une 5 pieds dans des vagues tubulaires

    Après ses vidéos tournées au Mexique, Charly Quivront publie un nouvel épisode de sa série YouTube, tourné cette fois plus près de chez nous, sur une île reculée dont il garde le nom secret. Dès le départ, la compagnie aérienne égare toutes ses planches. Sur le ferry, il vient en aide à un passager malade et sympathise avec sa famille, venue faire du kitesurf. Celle-ci lui prête la planche de son fils d’une dizaine d’années : un 5’0″. Charly en tire le meilleur, seul à l’eau, sans croiser un autre surfeur. Ses planches arriveront… après la houle.

    Le timing est idéal. Dans sa 11e saison sur les QS et sponsorisé par Volcom depuis près de vingt ans, le Français pointe au 8e rang du Challenger Series. Il est dans le top 10 qualificatif pour le CT, à deux étapes de la fin, selon Stab.

  • WSL : la révolution silencieuse des Challenger Series qui bouleverse la qualification

    WSL : la révolution silencieuse des Challenger Series qui bouleverse la qualification

    En réduisant le calendrier des Challenger Series (CS) de sept à cinq étapes (je pense pour des raisons financières), la World Surf League (WSL) a fait bien plus qu’un simple ajustement. Ce nouveau format, où sont conservés seulement 4 des meilleurs résultats, redessine totalement la stratégie de qualification pour le Championship Tour (CT). Une réforme discrète qui transforme la course à l’élite en un véritable parcours sans faute, pénalisant lourdement les pensionnaires du CT victimes du couperet de mi-saison.

    Un joker : 5 épreuves, 4 résultats conservés

    Jusqu’à présent, le circuit d’accession au CT offrait une marge d’erreur. Sur les sept épreuves au calendrier, les surfeurs ne conservaient que leurs cinq meilleurs résultats. Ce système permettait d’effacer deux contre-performances, qu’il s’agisse d’une blessure, de mauvaises conditions de houle ou d’une simple erreur tactique au premier tour.

    Aujourd’hui, l’équation mathématique est plus brutale. Avec seulement cinq étapes programmées, la WSL impose de comptabiliser 4 des meilleurs résultats. Pour espérer accrocher le top 10 masculin ou le top 6 féminin, la régularité absolue n’est plus une option, c’est une obligation. Une seule élimination prématurée, et c’est toute la campagne de qualification qui se retrouve compromise.

    Le QS 6000 international : un joker de substitution méconnu

    C’est l’un des mécanismes les plus stratégiques et pourtant les moins visibles de la refonte : l’intégration d’un résultat obtenu sur le circuit QS 6000 international.

    Le règlement n’additionne pas ce résultat en bonus brut, mais l’utilise comme une soupape de sécurité. Les pensionnaires des Challenger Series sont autorisés à importer leur meilleure performance issue d’un événement INTL QS 6000 pour remplacer leur plus mauvais score comptabilisé sur les CS. Cette option tactique offre une seconde chance inattendue aux surfeurs ayant connu un début de campagne difficile ou contraints de faire l’impasse sur un déplacement lointain.

    Le piège fatal pour les recalés du Mid-Season Cut

    Cette mécanique prend tout son sens pour les compétiteurs relégués du Championship Tour après le couperet de mi-saison (Mid-Season Cut). Débarquant sur les Challenger Series avec seulement trois étapes à disputer sur cinq, ces athlètes semblaient mathématiquement hors course, contraints de composer avec un score vierge.

    C’est précisément là que le QS 6000 international change la donne. En complétant leurs trois manches de CS par un résultat fort sur un QS 6000, ces surfeurs peuvent afficher un total complet de quatre lignes de points, le quota exact requis par le système de comptage. La passerelle de repêchage vers l’élite reste ouverte, mais plus difficile que dans le passé.

  • Crystal Express : la leçon magistrale de John John Florence aux YouTubeurs

    Crystal Express : la leçon magistrale de John John Florence aux YouTubeurs

    La plupart des créateurs de contenu paniquent si vous ne restez pas accroché dès les trois premières secondes. Ils hurlent, multiplient les effets visuels frénétiques et les musiques saturées pour retenir l’attention (nous les premiers, mais on ne s’appelle JJF). Puis, il y a John John Florence.

    Dans son tout dernier projet intitulé Crystal Express, l’Hawaïen prend exactement le chemin inverse. Et c’est justement pour ça qu’on ne peut pas décrocher les yeux de l’écran.

    L’art de la lenteur assumée

    Aux côtés de son frère Nathan, John John nous embarque vers une destination lointaine et tenue secrète. Mais au lieu de démarrer sur les chapeaux de roues, le film prend son temps. Des plans larges, une lumière soignée, une bande-son atmosphérique… L’équipe de production privilégie l’esthétisme pur. La vidéo s’installe minute après minute, avec une vraie lenteur narrative qui crée une attente quasi magnétique.

    Ce rythme lent et contemplatif n’a pas été choisi au hasard : il sert à amplifier le choc de ce qui suit.

    Le contraste parfait : un récif à sec

    Car l’ambiance zen du montage se heurte violemment à la réalité du spot. Au bout du voyage, les deux frères dénichent une droite mutante d’une clarté absolue. Un slab qui casse sur une dalle tellement peu profonde que chaque vague ressemble à un coup de roulette russe.

    Les prises de vue aquatiques dévoilent une marge d’erreur totalement inexistante. Pourtant, John John s’y engage avec une fluidité déconcertante, disparaissant sous le niveau de la mer avant de se faire recracher dans un souffle de spray.

    C’est là que réside toute la puissance de Crystal Express. En refusant les codes hystériques d’internet pour laisser parler la beauté de l’image, John John Florence sublime la brutalité de l’océan. Une masterclass visuelle de 17 minutes.

  • EDP Ericeira Pro 2026 : Un premier jour au compte-gouttes, Tiago Carrique d’ores et déjà hors course

    EDP Ericeira Pro 2026 : Un premier jour au compte-gouttes, Tiago Carrique d’ores et déjà hors course

    L’avant-dernière épreuve des Challenger Series de la World Surf League (WSL) a débuté ce mardi 6 octobre à Ericeira. Si les vagues portugaises se sont montrées capricieuses avec seulement deux séries, cette courte fenêtre a suffi pour voir les frères Walters briller et sceller l’élimination expéditive du Français Tiago Carrique.

    Une houle timide met la compétition en pause

    Le spot de Ribeira d’Ilhas s’est réveillé sous un grand soleil, mais avec une énergie limitée. Les vagues propres, oscillant entre 60 centimètres et 1 mètre (2 à 3 pieds), manquaient cruellement de consistance. Face à la lenteur de l’océan et à une marée montante défavorable, les organisateurs de la WSL ont pris la décision logique de stopper l’événement après seulement deux séries du Round of 80 masculin. La suite de la compétition est suspendue à l’entrée d’une nouvelle houle prévue pour les prochains jours.

    Coup dur immédiat pour Tiago Carrique

    L’attention du public français était rivée sur le tout premier heat de la journée, où figurait Tiago Carrique. Malheureusement, le surfeur tricolore n’a jamais réussi à trouver le bon rythme dans ce line-up endormi. Avec un total modeste de 5.56 points, il termine à la quatrième place de sa série et quitte prématurément le Portugal, perdant de précieux points au classement général.

    Ce premier heat a en revanche souri à la fratrie australienne Walters. Dakoda s’est imposé avec brio (11.10 points), combinant des snaps incisifs à un air reverse parfaitement replaqué sur le replat. Son frère Harley, qui dispute sa première saison sur le circuit CS, s’empare de la deuxième place qualificative avec 9.00 points. « Passer avec mon frère, c’est le scénario parfait », a confié Dakoda au micro de la WSL, soulagé de retrouver son niveau de performance après une année 2025 tronquée par les blessures.

    Reef Heazlewood propulsé par son nouveau statut

    Dans la seconde et dernière série disputée ce mardi, l’Australien Reef Heazlewood a su tirer son épingle du jeu grâce à son surf backside. En exploitant l’une des rares vagues connectant jusqu’au bord, il a décroché un 6.50, soit la meilleure note de ce début d’épreuve. Heazlewood remporte le heat avec un total de 10.73, devant l’Américain Luke Guinaldo (8.40). L’Hawaïen Rylan Beavers et le vétéran costaricien Carlos Munoz sont éliminés.

    Désormais jeune papa, Heazlewood a expliqué puiser une motivation inédite dans sa vie de famille. « Savoir qu’ils m’attendent sur la plage, qu’on gagne ou qu’on perde, ça change tout. On surfe un peu moins pour aider à la maison, mais quand on met le lycra, on a encore plus faim », a-t-il déclaré à sa sortie de l’eau.

    Cap sur la qualification avant la finale australienne

    L’enjeu de cet EDP Ericeira Pro présenté par Xacobeo est primordial. En tant qu’avant-dernière étape du calendrier avant l’ultime rendez-vous prévu à Newcastle (Australie), chaque série passée au Portugal pèse lourd dans la course à la qualification pour le Championship Tour (CT) 2027. Pour la grande majorité du plateau, il n’y a plus aucun droit à l’erreur.

    Le prochain call est fixé au mercredi 7 octobre à 7h30 (heure locale), soit 8H30 en France, pour un éventuel redémarrage des hostilités à 9h05.

  • Après avoir frôlé la mort au Prévent, le surfeur accidenté raconte son sauvetage et sa rééducation

    Après avoir frôlé la mort au Prévent, le surfeur accidenté raconte son sauvetage et sa rééducation

    Le 28 août 2026, à Capbreton, un surfeur de 57 ans heurtait violemment la digue du Prévent, terminant en arrêt cardio-respiratoire. Plus d’un mois après ce drame qui a marqué la communauté landaise, la victime, désormais en pleine rééducation, a souhaité prendre la parole pour rassurer sur son état de santé et rappeler l’imprévisibilité de l’océan.

    Fin août, l’image avait glacé le sang des témoins présents sur la plage. Un surfeur percutait de plein fouet l’épi rocheux séparant le Santocha du Prévent. Récupéré in extremis, son pronostic vital était alors engagé. Un peu plus d’un mois après ce traumatisme, Sébastien a choisi de s’exprimer en nous contactant. Sorti d’affaire, il revient sur ce concours de circonstances tragique et donne des nouvelles encourageantes sur sa convalescence.

    Un sauvetage décisif et un lourd bilan médical

    La violence du choc frontal contre l’enrochement n’a laissé aucune chance au surfeur, provoquant un scalp complet, une perte de connaissance immédiate, puis un arrêt cardiaque caractéristique d’une noyade de stade 4. C’est la lucidité et l’intervention providentielle d’Isham, un bodyboarder présent sur le spot qui a aperçu un bras dépasser des rochers, qui a permis de déclencher l’alerte.

    Sorti de l’eau avec l’aide des secouristes et autres témoins, Sébastien a bénéficié d’un massage cardiaque prodigué par Benji et Amandine, les nageurs-sauveteurs du poste local. « En moins de quatre minutes, ils m’ont permis de revenir à la vie », confie le quinquagénaire, profondément reconnaissant. Évacué vers le centre hospitalier de Bayonne par les pompiers, le bilan clinique est lourd : de multiples fractures aux vertèbres, aux côtes, au sternum et au bassin, accompagnées de 54 points de suture sur le crâne. Plongé dans un coma artificiel pendant cinq jours et intubé durant dix jours, le surfeur a entamé un véritable parcours du combattant. Transféré fin septembre au centre de rééducation, lors de son dernier mail la semaine dernière, il effectuait ses premiers pas.

    Quand la houle déjoue toute expérience

    Si le drapeau rouge hissé ce vendredi 28 août avait suscité quelques commentaires expéditifs sur l’imprudence supposée du surfeur dans certains médias. Sébastien est loin d’être un novice. Avec quarante années de surf à son actif, dont quatorze passées à affronter les vagues exigeantes des passes de Tahiti, comme l’intimidante gauche de Vairao, l’homme possède une solide lecture de l’océan.

    L’accident résulte de circonstances aussi rares que brutales. Alors qu’il surfait une droite et sortait de la vague afin d’éviter la digue, un phénomène de double vague l’a projeté sur la digue sans lui laisser une chance. Vous voyez le phénomène dont je parle, une vague finit par rattraper celle sur laquelle il évoluait (un doublon, il sort de la première sans voir la deuxième juste derrière), le projetant avec fracas contre les blocs de pierre. Un scénario imprévisible, transformant une session de tous les jours en urgence absolue.

    L’expérience face aux conditions engagées

    Cet événement rappelle crûment que le surf reste un sport brut, soumis aux caprices des éléments. Nous ne reviendrons pas sur cette fausse polémique des drapeaux (les drapeaux c’est pour les baigneurs encore une fois, et en plus il n’était pas rouge au Prévent mais au Santocha).

    Malgré la violence de l’impact et la gravité de ses blessures, la passion de Sébastien reste intacte. Il se projette déjà vers l’avenir, avec la ferme volonté de retrouver le line-up en douceur, entouré de ses amis, sur une planche longue et stable. Bon courage Sébastien, on est de tout coeur avec toi…Cet article a pour but de faire de la prévention mais également de rassurer des témoins de la scène qui nous ont contacté pour avoir des nouvelles.

  • Kelly Slater boude le Quiksilver Festival pour une session glaçante au pays du golf

    Kelly Slater boude le Quiksilver Festival pour une session glaçante au pays du golf

    Les fans français ont scruté l’horizon landais en vain. Alors que le Quiksilver Festival 2026 battait son plein avec le gratin du surf mondial, le plus grand surfeur de tous les temps avait d’autres plans. À quelques jours près, Kelly Slater était bien en Europe, mais à des centaines de kilomètres des beachbreaks parfaits de Capbreton-Hossegor-Seignosse.

    Le King a préféré troquer son lycra contre des clubs de golf pour disputer son classique de l’automne : l’Alfred Dunhill Links Championship, en Écosse. Mais chassez le naturel, il revient au galop.

    L’obsession de la mer du Nord

    Cela faisait des années que l’Américain participait à cette compétition en lorgnant les vagues balayées par le vent glacial de la côte écossaise. Cette fois, les conditions se sont enfin alignées. Slater a délaissé les greens le temps d’un coucher de soleil pour se mettre à l’eau sur le spot de St Andrews East Sands.

    Une apparition surprise qui a totalement sidéré les locaux. L’organisation du tournoi s’en est même amusée sur ses réseaux : « Il y a un GOAT dans l’eau… ». Une session de chauffe atypique qui prouve que la légende a toujours l’œil pour dénicher l’es vagues, même dans une mer fermée, pas vraiment réputée pour ses vagues. Honnêtement, avec un tel timing, il aurait quand même pu faire un petit crochet par le Sud-Ouest pour nous régaler sur quelques vagues, non ?

  • Résultats du São Sebastião Pro 2026 : Victoires de Kainalo et Hately, solide performance de Charly Quivront

    Résultats du São Sebastião Pro 2026 : Victoires de Kainalo et Hately, solide performance de Charly Quivront

    L’ Australienne Charli Hately et le Brésilien Ryan Kainalo ont remporté le Banco do Brasil São Sebastião Pro, troisième étape des Challenger Series (sur 5 CS) de la World Surf League. Disputée dans des conditions capricieuses à Praia de Maresias, la compétition a été marquée par le quarts de finale du Français Charly Quivront et de la surfeuse tahitienne Kiara Goold.

    Ryan Kainalo s’envole et prend la tête du classement

    Devant un public brésilien acquis à sa cause, Ryan Kainalo a réalisé une journée finale parfaite. Le surfeur de 20 ans a d’abord éliminé l’actuel pensionnaire du CT, l’Australien Oscar Berry (tombeur de Charly Quivront), lors des demi-finales en posant un impressionnant air full-rotation noté 8.50 – la meilleure vague masculine de la journée.

    En finale, face à l’Australien Alister Reginato, Kainalo a continué son festival aérien combiné à un surf sur le rail puissant. Avec un total de 14.50 contre 5.83 pour son adversaire, le Brésilien s’adjuge les 10 000 points de la victoire. Selon les communiqués de la WSL, ce premier succès en Challenger Series propulse directement Kainalo à la première place du classement mondial, faisant de lui un candidat très sérieux pour une qualification sur le Championship Tour (CT) en 2027.

    Charli Hately dicte sa loi

    Chez les femmes, Charli Hately s’est montrée intraitable lors de son ultime série face à la Portugaise Francisca Veselko. Patiente, l’Australienne a su attendre les meilleures vagues pour déployer son puissant surf backside sur les droites de Maresias.

    Ses scores de 7.83 et 6.50 lui ont offert un total confortable de 14.33. Veselko, pourtant auteure de la meilleure vague en demi-finale (8.83), n’a pas trouvé de réponse. Grâce à cette performance, Hately fait un bond spectaculaire au classement en s’emparant de la 10e place, tandis que Veselko se hisse au 2e rang, juste derrière Sierra Kerr.

    Bilan francophone : Quivront et Goold marquent de précieux points

    Du côté des athlètes tricolores, l’événement brésilien apporte son lot de satisfactions. Le Français Charly Quivront a vu son parcours s’arrêter en quart de finale face à Oscar Berry (13.50 à 9.67). Si l’on aurait aimé le voir aller plus loin dans ce tableau, un mauvais choix de vague lors des moments décisifs de sa série l’a malheureusement empêché de combler son retard. Ce résultat reste cependant une excellente opération comptable : Quivront occupe aujourd’hui la 8e place du classement Challenger Series, le plaçant virtuellement dans la zone de qualification pour l’élite.

    La Tahitienne Kiara Goold a également brillé sur les vagues de São Paulo. Son accession aux quarts de finale, où elle a fini par céder face à l’Israélienne Anat Lelior (10.50 à 8.17), lui permet de faire un bond significatif au classement. Elle pointe désormais à la 27e place du circuit CS.

    Avec les classements chamboulés à l’issue de cette étape sud-américaine, la pression monte d’un cran. Les surfeurs n’ont plus que deux épreuves pour sécuriser leur place (on peut également ajouter un WQS 6000 international) parmi les 10 hommes et 6 femmes qui décrocheront leur ticket pour le CT 2027.

  • Le Royal Barrique 2026 prêt à lancer sa vingtième édition dans les vagues landaises

    Le Royal Barrique 2026 prêt à lancer sa vingtième édition dans les vagues landaises

    La quête du plus beau tube de l’année est officiellement lancée dans les Landes. Du 1er au 31 octobre 2026, l’association Estim organise la 20e édition du Royal Barrique sur les bancs de sable réputés d’Hossegor et de Capbreton. Avec une alerte orange déjà activée pour le vendredi 2 et le samedi 3 octobre, les dix équipes invitées se préparent à entrer à l’eau de façon imminente.

    Journal de calls

    Samedi 3 octobre 2026

    Ce matin, rendez-vous à 7H30, il fait nuit et difficile de se faire une idée, il y a encore des gros sets, car des vagues cassent au large sur cette marée montante. Le call a été long, très long mais peut-être pas suffisamment. Après 1H30, les surfeurs ont voté qu’ils ne voulaient pas lancer la compétition. Malheureusement, quelques minutes plus tard, les conditions se sont améliorées et la Gravière a distillé quelques bombes. c’est dommage, avec un peu plus de patience, il y avait une belle fenêtre. Prochain call dans quelques jours, ce n’est que le troisième jour de la waiting period…..

    Un format unique taillé pour le freesurf

    Véritable institution locale, le Royal Barrique se distingue par son approche à contre-courant des compétitions classiques de la World Surf League (WSL) ou de la Fédération Française de Surf (FFS). Ici, pas de séries chronométrées ni de tableau d’élimination, mais un format freesurf pur.

    Le règlement impose une fenêtre de quatre heures de surf tubulaire. Les dix équipes engagées, composées chacune de six surfeurs reconnaissables à leur « panuelo » (foulard) de couleur, gèrent leurs rotations en toute autonomie. La stratégie est de mise : seuls deux surfeurs d’une même équipe peuvent être à l’eau simultanément, et au moins quatre membres doivent prendre des vagues durant la session. L’objectif reste inchangé : trouver et sortir du meilleur tube possible.

    Le casting de la 20e édition : légendes et nouvelle génération

    Pour célébrer ce vingtième anniversaire, le plateau réunit des figures incontournables du surf français et les espoirs locaux les plus affûtés. À ce jour, seuls Joan Duru et Vincent Duvignac ont réussi l’exploit de remporter le titre à deux reprises, confirmant l’exigence technique de l’événement.

    Voici les 10 équipes qui s’affronteront cette année :

    • Les Copains d’Abord (Panuelo bleu ciel) : L’équipe est dirigée par le capitaine Mathias Maallem. Elle compte dans ses rangs Joan Duru, Pierre-Valentin Laborde, Marc Lacomare, Thomas Maallem et Guillaume Mangiarotti.
    • Béret Noir (Panuelo blanc) : Cette formation réunit Baptiste Dargelos, Nolan Poirier, Mathieu Agnès, Thomas Tribout, François Guilhemsang et Arnaud Darrigade.
    • Krabing (Panuelo rouge) : Sous le capitanat de Kyllian Guerin, on retrouve la jeune garde avec Noa Dupouy, Sam Piter, Aaron Bacon, Selyann Zouhir et Jules Zancanaro.
    • Le Surfing (Panuelo fuchsia) : Paul-Lou Laborde est le capitaine de cette équipe expérimentée. Elle est composée de Miky Picon, Benjamin Sanchis, Axel Dominguez, Jérémy Florès et Arsène Vellard.
    • Les Fair-Play (Panuelo vert) : Le capitaine Pierre Cambon emmènera Frédéric Robin, Jorgann Couzinet, Patrick Beven, Arnaud Binard et Léo Bernatas.
    • Team Acapulco (Panuelo turquoise) : Menée par Charly Quivront, l’équipe regroupe Nelson Cloarec, Tom Cloarec, Paul Bayle, Aldric God et Paul-César Distinguin.
    • Truites d’Or (Panuelo jaune) : Didier Piter encadre cette formation composée de Pierre Picat, William Aliotti, Hugo Grossert, Pierre-Antoine Poncet et Thomas Esquillot.
    • Young Guns (Panuelo vert d’eau) : L’équipe du capitaine Paul Boniface intègre Roc Marquez, Tim Ehrhard, Antoine Habashi, Hugo Prins et Fantin Habashi.
    • Maman j’ai raté le tube (Panuelo rose pâle) : Autour du capitaine Justin Becret s’aligneront Nanook Ballerin, Naum Ildefonse, Maxime Huscenot, Marley Benesenes Masse et Thomas Baché.
    • Oxbow (Panuelo orange) : Sous la direction de François Liets, cette équipe s’appuie sur Vincent Duvignac, Maud Le Car, Nicolas Paulet, Pierre Rollet et Erwan Blouin.

    Des conditions optimales en approche

    L’attente pourrait être de très courte durée. Les prévisions sont au vert, avec une alerte orange lancée par l’organisation pour les journées du vendredi 2 et du samedi 3 octobre. Plusieurs bancs de sable landais montrent actuellement un excellent potentiel pour offrir les conditions creuses exigées par l’épreuve.

    En tant que partenaire média de l’événement, Icones surf sera sur place pour documenter l’action. Il ne reste plus qu’à observer l’évolution de la houle dans les prochaines heures pour savoir si le feu vert définitif sera donné pour lancer cette vingtième bataille épique dans le tube.

  • « Tu n’as pas le bon physique » : la révélation de Johanne Defay sur le sponsoring dans le surf pro

    « Tu n’as pas le bon physique » : la révélation de Johanne Defay sur le sponsoring dans le surf pro

    Vous pensez que le monde du surf professionnel est une méritocratie absolue où seules la radicalité des manœuvres et l’audace dans les tubes dictent les salaires ? Réveillez-vous. Derrière l’image idyllique des plages de sable blanc et de la glisse pure se cache une industrie aux critères parfois discutables. L’une de nos meilleures représentantes mondiales, Johanne Defay, médaillée de bronze aux derniers Jeux Olympiques et vainqueur d’étapes mythiques sur le World Tour, en a fait les frais au début de sa carrière. Et la raison va vous mettre en rogne.

    Dans un récent podcast intime, la surfeuse réunionnaise a lâché une bombe passée presque inaperçue sur la fin de son contrat historique avec Roxy, la marque qui la suivait depuis ses 12 ans.

    Lâchée à 19 ans pour un délit de « non-standard »

    Imaginez la scène. Vous avez 18 ans. Vous enchaînez les résultats sur le circuit Pro Junior, vous prouvez que vous avez votre place parmi l’élite. Et pourtant, à l’aube de votre 19ème anniversaire, votre sponsor principal vous coupe les vivres.

    Pourquoi ? Parce que Johanne Defay ne correspondait pas aux « standards » de la marque. Concrètement, l’industrie lui a fait comprendre qu’elle n’avait pas la plastique de la surfeuse californienne ou australienne stéréotypée. Pas assez blonde, pas assez filiforme pour vendre des bikinis sur papier glacé.

    « Ils essayaient de me faire prendre des standards d’autres surfeuses… la surfeuse californienne », confie-t-elle. Le verdict tombe : pas la bonne image. Johanne se retrouve alors seule, sans sponsor majeur surf, alors même qu’elle accède au sommet mondial et gagne des étapes du CT (Championship Tour) face à des légendes comme Carissa Moore. Pendant près de trois ans, elle va devoir puiser dans ses prize money pour financer elle-même ses saisons sur le tour mondial, des déplacements qui chiffrent entre 100 000 et 120 000 euros par an.

    L’ère toxique des surfeuses-influenceuses

    Cette injustice met le doigt sur le mal profond de notre culture surf actuelle. Aujourd’hui, on déroule le tapis rouge financier à des influenceurs/influenceuses incapables de plaquer un vrai carve sur le rail, sous prétexte qu’elles/ils cumulent des centaines de milliers d’abonnés en posant en maillot échancré sur le sable, ou en se mettant en scène.

    Ces « surfeurs/surfeuses » d’Instagram vampirisent les budgets marketing des grandes marques, pendant que des athlètes surdouées, qui s’engagent sur des vagues mortelles à Teahupo’o ou Pipeline, galèrent à boucler leur budget annuel. Est-ce vraiment cette image que nous voulons transmettre aux prochaines générations au line-up ? Un sport où le nombre de followers et le tour de taille comptent plus que l’engagement critique dans une section creuse ?

    La revanche éclatante du talent pur

    Fort heureusement, le talent ne se noie pas si facilement. Sans le soutien des mastodontes de l’industrie textile à cette époque charnière, Johanne a serré les dents. Elle a construit son propre système, s’est appuyée sur des partenaires axés sur la véritable performance sportive, et a gravi les échelons à la seule force de son surf radical et de son mental en acier.

    Le résultat ? Des victoires historiques, une carrière d’une longévité exceptionnelle dans le Top 10 mondial, et cette médaille olympique arrachée avec le crâne ouvert (littéralement, avec quatre points de suture après un violent « wipeout » sur le récif tahitien).

    Aujourd’hui, Johanne Defay ouvre un nouveau chapitre. Devenue maman, elle vient de bénéficier de la toute première « Wildcard maternité » de l’histoire pour revenir sur le tour. Elle trace la voie, loin des diktats physiques d’une industrie qui a failli passer à côté de l’un de ses plus grands talents.

    Il est temps de nettoyer notre line-up visuel et de redonner le pouvoir à l’eau salée. Boycottons le surf-paillette, et soutenons les vrais athlètes. Car au final, quand la houle rentre à 3 mètres sur un fond de corail acéré, ce n’est ni votre compte Instagram, ni la coupe de votre bikini qui vous sauvera la vie. C’est votre niveau de surf. Point final.

  • CS Maresias : Quivront et Goold en 8e, Zebrowsky, Fierro et braye éliminés

    CS Maresias : Quivront et Goold en 8e, Zebrowsky, Fierro et braye éliminés

    Ce mercredi 30 septembre 2026, la 3e étape des Challenger Series (WSL) à Maresias (Brésil) a livré son verdict pour le Round of 32. Dans des conditions très piégeuses, le clan tricolore a connu une journée contrastée : si Charly Quivront et Kiara Goold se qualifient pour le round avant les quarts de finale, Vahine Fierro, Tya Zebrowski et Mihimana Braye quittent prématurément la compétition.

    Des vagues inconsistantes qui ne pardonnent pas

    Le Banco do Brasil São Sebastião Pro a mis les nerfs des compétiteurs à rude épreuve pour cette nouvelle journée de compétition sur le littoral de São Paulo. Les conditions n’étaient pas évidentes : le spot de Maresias a offert des vagues inconsistantes, visuellement jolies mais finalement assez molles.

    Dans ce contexte, le choix des vagues s’est avéré crucial. Les séries de vagues étaient rares, instaurant une pression tactique intense où chaque erreur ou mauvaise priorité se payait cash. « Le début de ma série a été très lent, sans vagues, et j’ai dû rester actif pour prendre chaque vague possible et construire mon score, » a d’ailleurs confirmé le Brésilien Ryan Kainalo aux officiels de la World Surf League (WSL).

    Hécatombe chez les favorites, Goold surnage

    Pour les surfeuses françaises et tahitiennes, le couperet est tombé. Attendue au tournant, Vahine Fierro n’a pas réussi à trouver lka victoire dans le Heat 3. Avec un total de 12.10, elle s’incline de justesse face à l’Australienne Charli Hately (12.77) et la Péruvienne Sol Aguirre (12.24).

    Même désillusion pour la jeune prodige Tya Zebrowski dans le Heat 2. Son total de 10.83 s’est avéré insuffisant. C’est en revanche la Tahitienne Kiara Goold qui tire son épingle du jeu dans cette même série : avec 11.00 points, elle s’empare de la deuxième place qualificative derrière l’Israélienne Anat Lelior (11.30).

    Quivront solide, Vaughan crève l’écran

    Chez les hommes, Charly Quivront a su déjouer les pièges du spot brésilien. Dans le premier heat du Round of 32, le Français a fait preuve d’une grande solidité stratégique. Il obtient un solide 12.77 pour sécuriser sa deuxième place derrière l’Américain Kade Matson (13.06). Une qualification précieuse pour la suite de sa campagne (il rentre top 10 dans le classement provisoire Challenger Series). De son côté, Mihimana Braye n’a jamais trouvé d’opportunités dans le Heat 6, terminant à la quatrième place (5.73).

    À l’international, l’Australien Joel Vaughan a illuminé la journée en exploitant parfaitement les droites de Maresias. Il signe la meilleure vague de la journée (8.33) grâce à une combinaison de turns puissants et de manœuvres aériennes, pour s’offrir le meilleur total de l’événement (15.26). Dommage pour nous, il affrontera Charly Quivront au prochain tour. Chez les femmes, la Japonaise Kana Nakashio a également fait forte impression avec un total de 14.40.

    Le prochain call est fixé à jeudi matin (7h30 heure locale) pour lancer des 8es de finale qui s’annoncent explosifs pour nos deux derniers représentants.

    Résultats officiels et prochaines séries (Round of 16)

    Les résultats des Français (Round of 32) :

    • Heat 1 (H) : Kade Matson (USA) 13.06, Charly Quivront (FRA) 12.77, Reef Heazlewood (AUS) 12.26, Douglas Silva (BRA) 12.17
    • Heat 6 (H) : Kei Kobayashi (JPN) 12.83, Beyrick De Vries (NLD) 9.80, Connor Slijpen (RSA) 9.03, Mihimana Braye (PYF) 5.73
    • Heat 2 (F) : Anat Lelior (ISR) 11.30, Kiara Goold (PYF) 11.00, Tya Zebrowski (FRA) 10.83, Moana Jones Wong (HAW) 5.70
    • Heat 3 (F) : Charli Hately (AUS) 12.77, Sol Aguirre (PER) 12.24, Vahine Fierro (FRA) 12.10, Talia Swindal (USA) 10.33

    À venir : Round of 16 (H/F)

    • Femmes – Heat 1 : Sierra Kerr (AUS) vs. Kiara Goold (PYF)
    • Femmes – Heat 2 : Anat Lelior (ISR) vs. Amuro Tsuzuki (JPN)
    • Femmes – Heat 3 : Charli Hately (AUS) vs. Anon Matsuoka (JPN)
    • Femmes – Heat 4 : Eweleiula Wong (HAW) vs. Sol Aguirre (PER)
    • Femmes – Heat 5 : Francisca Veselko (POR) vs. Ziggy Aloha Mackenzie (AUS)
    • Femmes – Heat 6 : Teresa Bonvalot (POR) vs. India Robinson (AUS)
    • Femmes – Heat 7 : Sally Fitzgibbons (AUS) vs. Sanoa Dempfle-Olin (CAN)
    • Femmes – Heat 8 : Kana Nakashio (JPN) vs. Sophia Medina (BRA)
    • Hommes – Heat 1 : Kade Matson (USA) vs. Oscar Berry (AUS)
    • Hommes – Heat 2 : Joel Vaughan (AUS) vs. Charly Quivront (FRA)
    • Hommes – Heat 3 : Jackson Bunch (HAW) vs. Lucca Mesinas (PER)
    • Hommes – Heat 4 : Ryan Kainalo (BRA) vs. Yago Dominguez (ESP)
    • Hommes – Heat 5 : Alonso Correa (PER) vs. Beyrick De Vries (NLD)
    • Hommes – Heat 6 : Kei Kobayashi (JPN) vs. Jett Schilling (USA)
    • Hommes – Heat 7 : Alister Reginato (AUS) vs. Crosby Colapinto (USA)
    • Hommes – Heat 8 : Ian Gentil (HAW) vs. Owen Moss (USA)