Mondiaux SUP 2025 : un immense niveau pour la France, mais l’or par équipes s’envole

16 novembre 2025

Le Surf City El Salvador aura de nouveau vibré en novembre 2025 avec les ISA World SUP and Paddleboard Championships, un événement devenu incontournable pour les nations qui comptent dans la rame et le paddle moderne. Conditions propres, ambiance chaude et un niveau global qui ne cesse de monter d’année en année : tout était réuni pour un grand cru.

Et il l’a été.
Sauf que… le scénario final a laissé un goût doux-amer dans la délégation française : malgré un ensemble de performances individuelles de très haut niveau, les Bleus repartent d’El Sunzal sans l’or par équipes. Une nouvelle fois, c’est l’Espagne qui décroche la couronne mondiale — deuxième titre consécutif.

Pour la France, le bilan reste remarquable. Mais l’objectif suprême, celui qui fait briller une nation entière, ne sera pas pour cette année.

L’Espagne, reine incontestée du Mondial

Le communiqué espagnol a été clair :

« España logró segundo título consecutivo en el mundial de SUP y Paddleboard »
L’Espagne remporte son deuxième titre mondial consécutif en SUP et Paddleboard.

Et les chiffres le confirment.

Selon le classement final que tu m’as fourni, la Roja totalise 13 976 points, devant la France avec 13 552 points. Un écart réduit… mais suffisant pour empêcher les Français de rêver d’une victoire historique.

Les Espagnols ont été d’une régularité impressionnante, avec 10 podiums sur 14 catégories, dont un titre mondial en Prone Distance grâce à Judit Vergés. Ils ont surtout excellé dans ce qui fait souvent la différence dans un classement par nations : les épreuves féminines, les sprints, et la capacité à éviter les « mauvais résultats » qui plombent un total général.

Et dans cette logique mathématique impitoyable, l’Espagne a été simplement meilleure.

La France : un collectif solide, des performances éclatantes

Même privée du titre par équipes, la France peut quitter le Salvador avec le sentiment du travail bien fait. Le Mondial 2025 a montré l’émergence d’une génération polyvalente, ambitieuse et très compétitive.

Voici les points marquants du camp français :

Maël Tissier, l’une des sensations du Mondial

Véritable métronome, Maël Tissier a offert à la France des performances énormes, avec notamment une victoire en Prone Distance qui a marqué la journée. Solidité, précision, résistance : le Français a confirmé qu’il fait partie des meilleurs rameurs du monde dans sa catégorie.

Eliott Bry, le futur du SUP français

Le phénomène tricolore a livré un Mondial d’une maturité impressionnante, notamment dans les épreuves techniques. Il confirme ici ce que tout le microcosme sait déjà : la France a entre ses mains l’un des talents les plus prometteurs du paddle mondial.

Un collectif homogène

Ce qui frappe dans cette équipe de France 2025, c’est la cohérence du groupe. Peu de « trous », beaucoup de solidité, et surtout une capacité à performer dans toutes les disciplines : surf SUP, distance, technique, prone, junior.

Pour reprendre la formule souvent utilisée dans les sports olympiques :

Ce n’est pas une équipe qui a perdu l’or. C’est une autre qui a été encore plus forte.

Et c’est souvent la pire frustration.

Pourquoi l’or s’est envolé : analyse à froid

Oui, la France a excellé.
Oui, les podiums ont été nombreux.
Mais dans un Mondial par équipes, un titre se joue sur des détails.

Voici les facteurs principaux qui expliquent la défaite française :

1. L’Espagne intouchable dans certaines catégories féminines

La course longue distance femmes a été décisive. L’Espagnole Duna Gordillo a imposé un rythme surréaliste, quand la Française Anaïs Guyomarch terminait à la 5ᵉ place. Dans un système de points où chaque position compte, cela crée des écarts que l’on paie plus tard.

2. Les sprints : un secteur où l’Espagne a creusé un vrai fossé

Les épreuves de sprint, souvent explosives et imprévisibles, ont été dominées par la Roja. L’équipe française a été régulière, mais pas suffisamment haut placée pour reprendre des points.

3. Le manque de titres en SUP Surf

Les divisions de SUP Surf peuvent rapporter gros, mais le niveau international y devient féroce. Les Français y ont été solides, mais sans accrocher l’or, là où l’Espagne a placé ses athlètes très haut.

4. Une mécanique bien huilée côté espagnol

Le gros point fort de l’Espagne ?
Elle a évité toutes les contre-performances. Même dans les divisions où elle ne visait pas la victoire, elle restait dans les positions rentables pour le classement général. Et c’est exactement ce qui fait une nation championne.

Les hispanophones en force… mais la France devant

Du côté hispanophone, c’est l’année de la confirmation :

  • Argentine : 6e
  • Puerto Rico : 7e
  • Pérou : 8e
  • Chili : 11e

Cela ajoute au prestige de la performance française, qui reste la meilleure nation hispanophone + francophone de la compétition, derrière l’Espagne seule.

La France reste le n°2 mondial, et de loin.

Quel avenir pour l’équipe de France de SUP ?

Ce Mondial 2025 ouvre en réalité d’excellentes perspectives pour la France :

1. Une jeunesse prête à prendre le pouvoir

Avec des profils comme Eliott Bry, mais aussi toute une vague montante en junior et en SUP technique, la France s’assure un avenir radieux.

2. Une marge de progression bien identifiée

Les axes de travail sont clairs :

  • renforcer les sprints,
  • densifier les catégories féminines,
  • viser plus haut en SUP Surf,
  • et conserver l’excellence en prone distance.

3. Un collectif structuré qui peut viser l’or dès 2026

Le plus dur dans un Mondial, c’est d’être constant.
La France l’a montré.
Pour transformer un podium global en titre, il faudra des victoires nettes dans quelques catégories clés.

Mais l’écart avec l’Espagne (424 points) est loin d’être insurmontable.

Entre fierté et frustration, un Mondial qui inspire

La France quitte El Salvador sans l’or, mais avec un sourire teinté de frustration – signe que cette équipe vise plus haut que des podiums symboliques.

Dans les faits :

  • les Français ont été réguliers,
  • performants,
  • talentueux,
  • et ultra présents dans presque toutes les finales importantes.

Il manque encore un petit quelque chose pour décrocher le titre suprême, mais les bases sont là, solides et inspirantes.

Rendez-vous en 2026 : les Bleus seront très attendus.

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