Nazaré, aspiré par la vague : la chute glaçante de Lucas Chianca
Être aspiré par la lèvre d’une vague fait partie des pires cauchemars d’un surfeur. À Nazaré, ce scénario prend une dimension presque irréelle. Quand l’océan dresse des murs d’eau de 15 mètres et plus, chaque erreur peut se transformer en lutte pour la survie.
Nazaré, une vague imprévisible et sans pardon
Praia do Norte n’est pas une vague comme les autres. Alimentée par un canyon sous-marin unique au monde, Nazaré concentre une énergie brute, lourde, incontrôlable. Le moindre changement de vent, d’angle de houle ou de marée peut transformer une vague apparemment « propre » en piège mortel.
Malgré une zone de surf relativement contenue, Nazaré conserve l’ADN d’un beach break, avec des sections qui ferment brutalement et des retours de backwash violents près du phare et des rochers.
Le premier avertissement : une chute près des rochers
Le 12 décembre 2025, Lucas « Chumbo » Chianca s’élance sur une gauche qui semble jouable. Le take off est rapide, engagé, mais au bas de la vague, il est rattrapé une masse de mousse chaotique. Le Brésilien reste sous l’eau près de trente secondes avant d’être récupéré in extremis par un jet-ski, à quelques mètres seulement des rochers. « C’était un moment très difficile, une des chutes les plus violentes de ma vie », confiera-t-il après coup.
Aspiré over the falls : l’image qui glace le sang
Plus tard, Chianca retourne à l’eau. Sur une nouvelle vague, il adopte une ligne haute, anticipant un close-out. Comprenant qu’il n’existe aucune sortie possible, il tente de passer à travers la vague. Mais, la vague est trop épaisse, trop puissante. Il est violemment tiré en arrière et aspiré par la vague.
L’image est saisissante, presque irréelle. Elle incarne à elle seule la force brute de Nazaré et rappelle une vérité essentielle : ici, même les meilleurs ne contrôlent pas tout. À Nazaré, survivre reste parfois la seule victoire.
Hans Odriozola change de drapeau et représentera l’Allemagne
Le champion du monde junior ISA 2023 quitte l’Espagne pour viser plus haut
Le monde du surf européen a été pris de court ces derniers jours. Hans Odriozola, champion du monde junior ISA 2023 sous les couleurs espagnoles, a officiellement annoncé qu’il représenterait désormais l’Allemagne dans les compétitions internationales. Une décision inattendue, qui a rapidement fait naître des doutes sur les réseaux sociaux. Poisson d’avril en avance ? Pas du tout.
C’est via un message sobre publié sur Instagram que le jeune surfeur basque a confirmé l’information, après près de six mois de démarches administratives. Un choix mûrement réfléchi, loin du coup de tête, et qui s’inscrit clairement dans une stratégie sportive à long terme.
Une annonce officielle après six mois de bureaucratie
« Après avoir lutté avec la bureaucratie pendant presque six mois, je suis heureux d’annoncer qu’à partir de maintenant, je représenterai l’Allemagne », explique Hans Odriozola. Le surfeur se dit enthousiaste à l’idée d’ouvrir « un nouveau chapitre » et de travailler avec la fédération allemande, le Wellenreitverband.
La possibilité de ce changement repose sur un élément clé : la mère de Hans est allemande. Un détail juridique déterminant qui lui permet de changer de nationalité sportive sans enfreindre les règlements internationaux.
Un timing cruel : pas de dernier Mondial Junior ISA
Conséquence directe de ce changement de drapeau, Hans Odriozola ne pourra pas participer à son dernier Championnat du monde junior ISA. Une décision frustrante pour le surfeur, qui précise manquer le délai réglementaire « de seulement quelques jours ». Une situation amère, mais assumée : « C’est comme ça. Je me concentre désormais sur la suite. »
Ce renoncement symbolise bien le tournant pris par le jeune talent, prêt à sacrifier un dernier rendez-vous junior pour se projeter pleinement vers le très haut niveau.
Pourquoi l’Allemagne ? Une question d’opportunités
Derrière ce choix, il serait naïf de ne voir qu’un simple changement administratif. Selon El Diario Vasco, cette décision est aussi étroitement liée aux perspectives olympiques. La concurrence au sein de l’équipe espagnole est rude, avec un vivier dense et des places extrêmement chères pour les grandes échéances internationales.
À l’inverse, l’Allemagne offre un cadre bien différent. Les athlètes, en particulier ceux engagés dans un projet olympique, bénéficient d’un soutien économique et structurel solide, bien supérieur à ce que proposent certaines fédérations du sud de l’Europe. Un argument de poids pour un surfeur en phase de transition entre carrière junior et circuit élite.
Un choix stratégique, pas une trahison
Ce changement de nationalité sportive ne remet en rien en cause le parcours de Hans Odriozola sous le drapeau espagnol. Champion du monde junior, figure montante du surf européen, il reste profondément attaché à ses racines basques.
Mais dans un surf moderne de plus en plus professionnalisé, ces décisions font désormais partie du jeu. À seulement quelques années des Jeux Olympiques, Hans Odriozola fait un pari audacieux : celui de se donner toutes les chances d’atteindre le sommet.
Nazaré a tremblé : une journée d’anthologie au TUDOR Big Wave Challenge
Le 13 décembre 2025 restera gravé dans l’histoire du surf de grosses vagues. À Praia do Norte, Nazaré a offert un spectacle d’une rare intensité lors du TUDOR Nazaré Big Wave Challenge, disputé dans des conditions extrêmes avec des vagues estimées entre 45 et 60 pieds. Des falaises noires de monde, une houle massive, du brouillard au lever du jour… tous les ingrédients étaient réunis pour une journée hors norme.
Une victoire collective pour von Rupp et Roseyro
Dans ce chaos parfaitement orchestré par l’océan, Nic von Rupp et Clément Roseyro ont livré une performance d’une justesse impressionnante. Déjà vainqueurs lors de l’édition précédente, les deux hommes conservent leur Best Team Performance Award, preuve de leur parfaite lecture du spot et de leur synchronisation dans l’action.
Roseyro a notamment tracté von Rupp sur l’une des bombes du jour, une vague monumentale parfaitement négociée par le Portugais, récompensée par un score exceptionnel de 16,66/20. Plus qu’une démonstration de puissance, c’est l’intelligence de placement et le timing qui ont fait la différence.
Lucas Chianca, l’engagement total
S’il ne fallait retenir qu’un mot pour décrire la journée de Lucas “Chumbo” Chianca, ce serait : engagement. Le Brésilien a tout donné, au prix de deux des plus violents wipeouts du contest. Relevé une première fois après être passé par-dessus les chutes, Chianca est reparti immédiatement à l’attaque… pour encaisser un second impact monumental.
Malgré tout, sa détermination et la taille des vagues surfées lui valent logiquement le Men’s Best Performance Award. Un trophée mérité, mais surtout une journée où la solidarité entre surfeurs a une nouvelle fois été déterminante, notamment grâce à l’intervention salvatrice de Sebastian Steudtner.
Justine Dupont, impériale et inspirante
Déjà victorieuse lors de l’édition précédente, Justine Dupont signe un back-to-back historique en remportant une nouvelle fois la Women’s Best Performance. Installée à Nazaré avec sa famille, la Française a démontré une maîtrise impressionnante dans des conditions parmi les plus exigeantes jamais vues sur l’épreuve.
Tractée par Éric Rebière, Dupont a su gérer la taille, la vitesse et la pression, sortant proprement de vagues massives pour rejoindre l’épaule en toute sécurité. Une performance fluide, engagée et pleine de sang-froid.
Une fin de compétition sous contrainte
La compétition n’a toutefois pas pu aller à son terme. Entre brouillard matinal, panne de courant sur le headland et lumière déclinante, la WSL a pris la décision de stopper l’épreuve après le Round 1, afin de garantir la sécurité des athlètes. Un choix responsable, salué par l’ensemble des compétiteurs.
Au final, au-delà des trophées, cette journée restera comme l’une des plus intenses jamais vécues à Nazaré. Un rappel brutal et fascinant de ce que représente réellement le surf de grosses vagues : engagement, humilité et respect absolu de l’océan.
Nazaré passe en mode compétition de gros XXL
C’est désormais officiel : le TUDOR Nazaré Big Wave Challenge est appelé ON. La World Surf League a déclenché ce vendredi 12 décembre l’alerte verte, confirmant un run day potentiel dès samedi 13 décembre, avec un premier call prévu à 9h00 GMT, soit 10 heure française.
Les équipes disposent de 24 heures pour finaliser leur stratégie, ajuster le matériel et se préparer mentalement à affronter Praia do Norte dans ce qu’elle sait offrir de plus brutal. Les conditions observées ces dernières semaines ont permis aux riders de s’entraîner longuement sur place, un facteur clé quand les vagues annoncées flirtent avec les 50 à 70 pieds pendant la nuit, avant de se stabiliser autour de 40 à 60 pieds en journée.
Le vent, attendu NE modéré le matin, pourrait évoluer vers un léger cross-offshore dans l’après-midi, laissant espérer des murs massifs mais exploitables pour les équipes les plus précises.
Tableau des séries – TUDOR Nazaré Big Wave Challenge 2025
Les neuf équipes engagées sont réparties en trois groupes de trois, chacune disputant deux heats de 45 minutes en tow-in.
Série 1
Équipe
Surfeurs
Team 1
Nic von Rupp (POR) / Clément Roseyro (FRA)
Team 2
Lucas “Chumbo” Chianca (BRA) / Pedro “Scooby” Vianna (BRA)
Team 3
Andrew Cotton (GBR) / James Carew (AUS)
Série 2
Équipe
Surfeurs
Team 4
Rodrigo Koxa (BRA) / Vitor Faria (BRA)
Team 5
Rafael Tapia (CHL) / Pierre Rollet (FRA)
Team 6
Benjamin Sanchis (FRA) / Jérôme Sahyoun (MAR)
Série 3
Équipe
Surfeurs
Team 7
Justine Dupont (FRA) / Éric Rebière (FRA)
Team 8
Michelle des Bouillons (BRA) / Ian Cosenza (BRA)
Team 9
Laura Crane (GBR) / Antonio Laureano (POR)
Des favoris déjà bien identifiés
Tenant du titre masculin, Clément Roseyro, associé à Nic von Rupp, arrive avec le plein de confiance. Chez les femmes, Justine Dupont, lauréate de la précédente édition, retrouve Nazaré avec une équipe parfaitement rodée. Mais l’expérience cumulée de Chumbo & Scooby, tout comme la science de la trajectoire de Koxa, pourrait redistribuer les cartes si les séries deviennent longues et irrégulières.
Un samedi potentiellement historique
Depuis ce mercredi 10 décembre, la World Surf League a déclenché une alerte jaune pour le TUDOR Nazaré Big Wave Challenge. La compétition pourrait être lancée dès samedi 13 décembre, si les conditions restent alignées avec les prévisions. Et cette fois, tout semble converger vers un run day épique.
Un système dépressionnaire massif remonte l’Atlantique, envoyant vers le Portugal un swell NW puissant, attendu dès vendredi après-midi. Le pic — prévu dans la nuit — annonce un réveil brutal de Nazaré, avec des estimations oscillant entre 40 et 60 pieds au petit matin. Vent offshore au lever du jour, orientation propre, énergie longue période : la mécanique des grandes journées semble se mettre en place.
L’ambiance sur place : effervescence totale
D’après les premiers retours, de nombreux rideurs et équipes sont déjà sur le terrain. Les parkings se remplissent, les housses de tow-in s’ouvrent, les repérages s’enchaînent. Nazaré vit dans ce curieux mélange d’attente électrique et de concentration glacée, propre aux grandes sessions où tout peut arriver.
Chaque coureur sait que la fenêtre est atypique : gros pic nocturne, baisse progressive en journée, mais suffisamment d’amplitude pour offrir des murs massifs et rideables. L’élan dépendra surtout de la fréquence et de la régularité des bombes. C’est là que se jouera l’alerte verte.
La prochaine annonce officielle est prévue vendredi 12 décembre à 8h30 GMT.
Le format : tow-in, précision et sang-froid
Comme chaque année, l’épreuve se déroulera en tow-in, format conçu pour révéler le meilleur des équipes pilote/surfeur dans la machine instable qu’est Praia do Norte.
Neuf équipes, réparties en trois groupes, disputeront deux heats de 45 minutes, alternant rôle de rider et driver. Le classement se fera sur les deux meilleures vagues de chaque athlète — avec un bonus double pour la meilleure. Score maximum : 30 points.
Les distinctions décernées en fin d’événement :
Best Men’s Performance
Best Women’s Performance
Best Team Performance
Et la liste des invités donne déjà des frissons :
Chumbo & Scooby
Nic von Rupp & Clément Roseyro
Andrew Cotton & Ben Larg
Rodrigo Koxa & Vitor Faria
Rafael Tapia & Pierre Rollet
Benjamin Sanchis & Jerome Sayhoun
Justine Dupont & Eric Rebière
Michelle des Bouillons & Ian Cosenza
Laura Crane & Antonio Laureano
Un casting de spécialistes rompus aux lignes de vie et aux zones d’impact de Nazaré.
Jour 1 lancé au Florence Pipe Pro : Pipeline délivre déjà
Le Florence Pipe Pro 2025 a officiellement démarré ce mercredi à Pipeline, et l’ouverture est à la hauteur de l’événement : 8 à 12 pieds, du verre, du nerf, et un plateau 100 % hawaiien prêt à en découdre. La WSL a donné le coup d’envoi à 8h00 HST pour la Round of 128, avant d’enchaîner avec le début de la Round of 96. La compétition féminine, elle, reste en stand-by.
Pipeline rugit dès l’aube
Les premières images du jour donnent le ton : un couloir turquoise à travers l’objectif de John John Florence, une lumière parfaite, et un récif qui n’accorde aucune erreur. On le savait, ce QS 2000 a beau être un événement régional, il attire toutes les légendes du North Shore. Au programme : un mélange explosif de jeunes prodiges, de free-surfers iconiques et de vétérans intraitables.
Les premiers heats : place aux locaux affamés
Le Round of 128 ouvre avec un heat chargé :
Dusty Payne, ex-surfeur CT au surf puissant
Love Hodel, talent en plein essor
Idren Sardinha et Noah Abril, jeunes du North Shore en quête de performances marquantes.
Les séries qui suivent annoncent la couleur : Pipeline sera juge, jury et bourreau aujourd’hui.
Les têtes d’affiche entrent en scène
Le premier tour inclut une liste hallucinante de noms que l’on associe instinctivement au reef de Banzai :
Nathan Florence, maître du spot dans les conditions lourdes
Ivan Florence, style chirurgical et danger permanent
Jamie O’Brien, l’inévitable
Mason Ho, créatif comme personne
Torrey Meister, Koa Smith, Koa Rothman, Michael O’Shaughnessy, Sheldon Paishon… la liste est interminable.
Chaque heat ressemble presque à une finale.
Tous les match-ups du Round of 128
L’article inclut ici la liste complète donnée dans le communiqué WSL, parfaite pour l’UX et le référencement. Les lecteurs passionnés y trouveront les heats de leurs surfeurs préférés (et Pipeline, on le sait, a beaucoup de favoris locaux).
Suivre la compétition en direct
Le Florence Pipe Pro reste en période d’attente jusqu’au 20 décembre, ce qui laisse espérer une succession de journées épiques. ➡️ Live disponible sur WorldSurfLeague.com et l’application WSL. L’événement est soutenu par Florence, la Hawaii Tourism Authority, Salt + Air et H2O Audio.
El Quemao Class 2025 : l’événement surf le plus redouté des Canaries
La côte sauvage de Lanzarote retient son souffle. Comme chaque année, El Quemao Class plonge la communauté surf internationale dans un mélange d’impatience et de fascination. Perchée au bord du petit village de La Santa, dans la commune de Tinajo, cette vague mythique n’accepte qu’une seule chose : la perfection. Pas de date fixe, pas de programme établi… seulement un période de waiting period qui s’étend jusqu’en avril 2026, et un système d’alertes qui rythme l’espoir des athlètes.
Pour cette 9ᵉ édition, 64 invités triés sur le volet — 32 surfeurs et 32 bodyboardeurs — se tiennent prêts à foncer sur l’une des vagues les plus dangereuses et spectaculaires au monde. Une gauche volcanique, courte, ultra-creuse, qui explose directement sur un reef noir acéré. Chaque vague peut devenir historique… ou cauchemardesque.
Le temple du surf engagé
Le Quemao n’est pas une vague comme les autres. C’est une vague capricieuse qui nécessite la présence d’une houle précise, d’un vent bien orienté, d’une marée parfaitement alignée. Quand les planètes sont alignées, alors seulement, la compétition peut se lancer. C’est la raison pour laquelle l’événement fonctionne avec un code couleur :
Orange : période d’attente (état actuel).
Jaune : tentative de lancement, conditions potentiellement bonnes.
Vert : validation officielle des dates, show imminent.
Cette mécanique nourrit le mythe. L’événement peut être annoncé 48 heures avant seulement, transformant Lanzarote en place forte du surf de haut niveau dès la première ondulation de houle.
Les champions reviennent défendre leur couronne
L’édition précédente a marqué les esprits :
Joan Duru, impérial, s’est offert la victoire en surf.
Amaury Lavernhe, double champion du monde de bodyboard, a confirmé sa suprématie dans cette arène de lave et de tubes fracassants.
Les deux hommes seront de retour cette année, prêts à remettre leur titre en jeu. Duru, maître du rail puissant et des tubes, connaît le spot comme peu de surfers européens. Lavernhe, lui, entretient avec El Quemao une relation presque intime : technique chirurgicale, lecture millimétrée et courage.
Une scène volcanique unique au monde
Au-delà de la compétition, le Quemao Class est un hommage à Lanzarote elle-même. Sa géologie, son architecture naturelle, ses couleurs sombres et brûlées, tout renforce la dramaturgie de la vague. Les spectateurs se massent sur les roches volcaniques pour assister à ce ballet brutal entre mer et basalte.
La question n’est donc pas si la compétition aura lieu. La vraie question, c’est : quand El Quemao offrira-t-il son moment de grâce ? Et quand cela arrivera, le monde du surf aura les yeux rivés sur Lanzarote.
Punta Galea Big Wave Challenge 2025 : Clément Roseyro et Justine Dupont vainqueurs
Un dénouement spectaculaire pour cette édition 2025
Au-delà des conditions changeantes et du suspense propre à Punta Galea, cette édition 2025 restera surtout dans les mémoires pour un final des plus performants lors des phases finales. La montée en puissance de la houle, combinée à un vent enfin favorable, a offert un terrain de jeu idéal aux spécialistes du surf de gros. Et lorsque la lumière s’est améliorée, laissant apparaître ces murs d’eau caractéristiques de Getxo, les meilleurs ont su se démarquer.
Chez les hommes, la finale a rapidement pris des allures de duel entre l’expérience locale et la fraîcheur venue de France. Natxo González, poussé par son public et fort de sa connaissance intime de la vague, a longtemps semblé tenir la clé de la victoire. Mais c’était sans compter sur Clément Roseyro, encore porté par son récent triomphe à Nazaré. Invité de dernière minute, il a parfaitement saisi sa chance : deux take offs critiques, maîtrisées du début à la fin, lui ont permis de s’imposer en patron sur une vague qu’il découvrait quasiment en conditions XXL.
Du côté des femmes, l’histoire s’est écrite en lettres capitales : première finale féminine de l’événement et première démonstration collective à Punta Galea. Malgré une série particulièrement lourde qui a balayé les trois compétitrices, elles sont toutes revenues au pic avec détermination. Laura Coviella, pionnière du jour, a lancé le mouvement. Domi Charrier, jeune chargeuse chilienne, a impressionné par son engagement pour une première dans ces conditions. Mais la reine du jour s’appelait Justine Dupont, dominatrice, précise et imperturbable.
Classement masculin – Punta Galea Challenge 2025
Clément Roseyro
Natxo González
Aritz Aranburu
Xabi López
Eder Fuentes
Pierre Rollet
Classement féminin – Punta Galea Challenge 2025
Justine Dupont
Laura Coviella
Domi Charrier
Une édition qui signe le renouveau de l’épreuve, et peut-être le début d’une nouvelle ère pour Punta Galea.
Le call du samedi 6 Décembre 2025
Alors que l’hiver frappe enfin la façade atlantique, le Pays Basque s’apprête peut-être à vivre l’un des moments les plus spectaculaires de la saison : le déclenchement du Punta Galea Big Wave Challenge, la compétition de surf de grosses vagues la plus ancienne d’Europe. La nouvelle est tombée ce matin : la compétition sera officiellement lancée samedi 6 décembre 2025. Si les prévisions se confirment, la luz verde — le feu vert — sera donnée jeudi, soit 48 heures avant l’épreuve… pour un possible lancement ce samedi.
Une semaine décisive commence, et l’excitation est déjà palpable sur toute la côte basque espagnole.
Une tempête solide arrive sur la côte basque
Les prévisionnistes annoncent ce que les big riders espèrent depuis des jours : une houle puissante, consistante et propre, portée par une dépression qui remonte depuis l’Atlantique Nord. Les modèles convergent vers des vagues de 5 mètres, peut-être davantage sur les plus gros sets, avec une période solide — le cocktail parfait pour réveiller la falaise mythique de Punta Galea.
Un autre paramètre crucial est scruté de près : le vent. Les premiers bulletins annoncent une brise soutenue vendredi, puis un affaiblissement notable samedi, laissant espérer des conditions propres et surfables, idéales pour des drops vertigineux sous les applaudissements d’un public toujours massif.
L’événement est officiellement lancé ce samedi 6 décembre 2025 : Punta Galea va rugir
C’est désormais officiel : le Punta Galea Big Wave Challenge 2025 se tiendra ce samedi. Après plusieurs jours d’attente sous alerte jaune, les prévisions se sont confirmées et l’organisation a donné la luz verde. Une solide houle d’ouest, des vagues avoisinant les six mètres, une période longue et un vent beaucoup plus faible qu’annoncé en début de semaine composent le scénario parfait pour déclencher une des plus emblématiques compétitions de grosses vagues d’Europe. Le Pays Basque se prépare donc à vivre une journée historique : dès les premières heures du matin, les falaises de Getxo se transformeront en amphithéâtre naturel, prêtes à accueillir des milliers de spectateurs venus voir les meilleurs big riders du monde affronter une mer en furie. L’attente est terminée : samedi, La Galea rugira, et le spectacle s’annonce colossal.
Punta Galea, un amphithéâtre naturel pour le surf XXL
Situé à Getxo (Ville qui touche Bilbao), au cœur de la côte biscayenne, Punta Galea est un spot absolument unique. Ici, aucun bateau, aucun jet-ski ne vient perturber le cadre : les vagues cassent au pied d’un acantilado de 60 mètres, une falaise qui forme un véritable amphithéâtre naturel. Les spectateurs, parfois des milliers, se massent sur le rebord pour assister à huit heures de show, surplombant les rideurs comme dans une arène antique dédiée à la puissance de l’océan.
Cette configuration en fait un événement à la fois spectaculaire et incroyablement accessible, d’où sa popularité croissante au fil des éditions.
Un plateau exceptionnel : les meilleurs big riders du monde réunis
Pour cette édition, 30 surfeurs sont conviés, dont une liste absolument impressionnante de talents internationaux. Et grande nouveauté : une finale 100% féminine viendra écrire un chapitre historique pour l’événement.
Voici quelques-uns des noms qui feront vibrer la falaise :
Les superstars mondiales
Grant "Twiggy" Baker : triple champion du monde, vainqueur ici en 2014. Une référence absolue.
Laura Enever : détentrice du record Guinness de la plus grosse vague surfée par une femme (13 m à Hawaii).
Francisco Porcella : figure incontournable de Jaws et Nazaré, habitué à La Galea.
Mason Barnes : auteur d’une vague monstrueuse de 30 m à Nazaré, big rider ultra-régulier.
Tom Lowe : le Britannique au mental d’acier, héros de Mullaghmore et de Jaws.
Les talents internationaux en feu
Russell Bierke, le génie australien nourri aux slabs de Nouvelle-Galles du Sud.
Tony Laureano, prodige de Nazaré, big rider depuis… ses 13 ans.
Lucas “Chumbo” Chianca, star brésilienne, champion du monde XXL, auteur d’un 10/10 ici en 2019.
Ramón Navarro, légende chilienne et défenseur de Punta de Lobos.
Les locaux et représentants européens
Natxo González, champion en titre, héros local, prêt à défendre son trône.
Nadia Erostarbe, olympienne, championne du Ballito Pro 2024, première Basque à participer.
Justine Dupont, reine européenne, multi-championne du monde, enfin présente pour une finale féminine historique.
Pierre Rollet, le Français d’Hossegor, champion ici en 2018, toujours très aimé du public.
Axi Muniain, vainqueur de la première édition en 2005, figure reference.
Indar Unanue, vétéran basque, multiple finaliste, dont la connaissance des vagues XXL n’est plus à prouver.
Miguel Blanco, freesurfer portugais engagé et activiste environnemental.
Xabi López, spécialiste du sauvetage et habitué des spots extrêmes comme Roca Puta.
Avec un tel plateau, le spectacle est garanti — et potentiellement l’une des éditions les plus relevées de l’histoire.
Un événement populaire, organisé au millimètre
Pour accueillir la foule attendue, la mairie de Getxo prévoit des navettes gratuites depuis la station de métro de Bidezabal. Une initiative essentielle pour fluidifier l’accès à la falaise et éviter l’engorgement habituel sur les petites routes côtières.
En clair : la fête des grosses vagues.
Liste officielle des 30 participants (2025)
Surfeurs Hommes
Nic Lamb (USA) Mason Hyce Barnes (USA) Tony Laureano (PRT) Xabi López (EUK) Conor Maguire (IRL) Yago Domínguez (EUK) Pierre Rollet (FRA) Manuel Lezcano (ESP – Canarias) Axi Muniain (EUK) Aritz Aranburu (EUK) Indar Unanue (EUK) Miguel Blanco (PRT) Lucas “Chumbo” Chianca (BRA) Ramón Navarro (CHL) Grant “Twiggy” Baker (ZAF) Natxo González (EUK) Russell Bierke (AUS) Francisco Porcella (ITA) Tom Lowe (GBR) Ibon López (EUK) Kosme Fernández (EUK) Zuku (EUK) Endika Ruiz (EUK) Txaber Garmendia (EUK)
Surfeuses Femmes
Laura Coviella (ESP – Canarias) Justine Dupont (FRA) Nadia Erostarbe (EUK) Laura Enever (AUS) Dominique Charrier (CHL) Felicity Palmateer (AUS)
Safi Invitational 2025/2026 : une édition nocturne et la victoire de Joan Duru
Résultats de l’édition 2025 : Joan Duru impérial, Armide Soliveres et Lilia Tebbai impressionnent
La compétition qui s’est tenue le samedi 6 décembre 2025 a offert un spectacle rare à Safi. Malgré des séries parfois longues à se mettre en place et un manque de tubes pour un spot pourtant réputé pour sa perfection tubulaire, l’ambiance est restée électrique. Car surfer Le Jardin (ancien nom du spot) à quatre dans l’eau, même dans un format plus “open”, reste un privilège absolu.
Le moment le plus marquant de la journée ? Les finales disputées de nuit, sous un éclairage monumental qui a transformé Ras Lafâa en arène futuriste. Une image qui restera probablement parmi les moments forts de l’histoire récente du surf marocain.
Résultats officiels 2025 :
Surf Open 2025
🥇 Joan Duru (15.7 pts) – Un surf précis, engagé, dominant. 🥈 Adur Amatriain (9.65 pts) 🥉 Charly Quivront (8.45 pts) 4. Marc Lacomare – 7.15 pts
Bodyboard Open 2025
🥇 Armide Soliveres (14.4 pts) – Puissance et contrôle dans les sections critiques. 🥈 Badr E. Chaljri (13.35 pts) 🥉 Maxime Castillo (10.35 pts) 4. Achraf El Ghazi – 9.4 pts
Surf Filles 2025
🥇 Lilia Tebbai (11.8 pts) – La jeune Marocaine marque les esprits avec une solide prestation. 🥈 Maud Le Car (10.15 pts) 🥉 Lee-Ann Curren (4.8 pts) 4. Jade Magnien – 3.6 pts 5. Agouri Ines – 2.45 pts
Ces résultats confirment la diversité du plateau et la montée en puissance des athlètes marocains, particulièrement en surf féminin et en bodyboard.
Lancement de la compétition ce samedi 6 Décembre 2025
La compétition sur la célèbre droite de Safi au Maroc a été lancé ce samedi 06 décembre 2025. Suivez la compétition en direct sur Icônes Surf avec une session possible en nocturne. On a des belles conditions avec de nombreux surfeurs français en course pour la victoire.... Les finales auront lieu de nuit avec un check-in à 18H. Pas de décalage horaire en hiver avec le Maroc.
Le Jardin en alerte : Safi se prépare
Chaque hiver, quand la houle s'excite sur Windguru en Europe, un frisson parcourt la communauté surf mondiale, ou plutôt un œil indiscret sur les prévisions marocaines. Safi, “Le Jardin”, l’une des meilleures droites de la planète, se réveille. Une vague aussi parfaite que brutale, tube après tube, section après section, où les erreurs ne pardonnent jamais. Les accidents de Billy Kemper ou d’Édouard Delpero l’ont rappelé : s’engager ici n’a rien d’une promenade.
C’est pourtant sur ce terrain mythique que s’ouvrira, entre cet hiver, la deuxième édition du Safi Surf Invitational, événement hors du commun, sur invitation uniquement. Et cette année, on vient officiellement de passer en alerte jaune en ce début de "waiting period".
Une compétition rare, exigeante et… précieuse
Être invité à cette compétition est un luxe que personne ne refuse. Seulement 4 athlètes à l’eau par série, une vague d’exception, une journée entière de surf entre le lever et le coucher du soleil… et même des séries nocturnes, éclairées par un dispositif unique posé sur les rochers de Ras Lafâa. Une atmosphère irréelle où les tubes prennent une dimension presque cinématographique.
L'événement est organisé par l’Association Bahri, avec la Fédération Royale Marocaine de Surf et en partenariat avec l’OCP. Ce trio porte une ambition claire : faire rayonner Safi, son patrimoine et son surf, bien au-delà des frontières marocaines.
Le cadre : Ras Lafâa, 9e meilleure vague du monde
Safi n’est pas une vague comme les autres. La longue droite de Ras Lafâa déroule avec une précision chirurgicale. Parfois ronde, parfois carrée, toujours rapide. Une vague qui récompense les techniciens du tube, met les chargeurs à l'épreuve et ne pardonne à personne.
Ce spot d’une beauté rare attire autant les surfeurs que les bodyboardeurs, et c’est ce qui fait la particularité du Safi Invitational : un événement commun aux deux disciplines, chacun trouvant sa place dans le tube majestueux de la pointe.
Un format unique : jour, nuit et intensité maximale
L’édition 2023 avait surpris tout le monde avec son format :
Call à 7h du matin,
Surf non-stop en fonction des marées,
Pause obligatoire (Ramadan, marée, lumière),
Reprise nocturne, s'il le faut.
La formule sera reconduite en 2025/2026, avec un setup lumineux encore amélioré. Ceux qui ont déjà vu des sessions de nuit à Safi – notamment celle d’Aritz Aranburu – savent à quel point le décor est magique.
L’esprit ne change pas : tout se joue en une seule journée, une immersion totale où chaque vague compte.
60 invités, 16 nationalités, et une dimension sociale forte
Si la liste complète des invités n’est pas encore connue – elle dépendra des disponibilités en fonction des swells – on sait déjà que :
60 athlètes seront sélectionnés,
16 nationalités seront représentées,
Les meilleurs Marocains auront une exposition rare face à des têtes d’affiche mondiales.
Lors de la première édition, Marc Lacomare, Justine Dupont, Lee-Ann Curren, Maxime Castillo ou Pierre-Louis Costes avaient répondu présents. Le niveau était stratosphérique, les locaux galvanisés, et les podiums avaient offert un bel équilibre entre talents marocains et internationaux.
Ce mélange, c’est précisément ce que défend l’Association Bahri : - élever les surfeurs locaux, - créer un événement fédérateur, - mettre Safi au centre d’un surf responsable, solidaire et festif.
Un village de surf et un programme qui va au-delà du sport
Le Safi Surf Invitational n’est pas qu’une compétition. C’est une célébration. Un village de surf animé accueillera :
artisans locaux,
expositions de produits de Safi,
ateliers créatifs,
street art,
concerts,
visites guidées.
L’objectif est clair : mettre en lumière le patrimoine de Safi, du surf aux traditions artisanales.
Et la dimension sociale n’est pas en reste :
nettoyage de plage,
cours de surf gratuits pour les enfants des orphelinats,
actions éducatives sur l’environnement.
Ici, le surf est un prétexte pour transmettre, partager, inspirer.
Une histoire de persévérance
Ce qui rend cet événement encore plus beau, c’est qu’il a mis près de 10 ans à voir le jour. Les routes, les autorisations, les infrastructures : rien n’était prêt en 2014. Il a fallu la ténacité de Saad Abid et de l’équipe Bahri pour qu’un rêve devienne réalité.
Et désormais, la machine est lancée. Le Safi Invitational pourrait devenir l’un des événements majeurs du calendrier surf international, une sorte de “Pipeline marocain” dont la renommée ne cessera de grandir.
Ce qui nous attend pour 2025/2026
Avec la waiting period active et les signaux au vert, il ne manque plus qu’un swell solide venu de l’Atlantique pour donner rendez-vous aux invités. Inutile de dire que le monde du surf commence à surveiller les charts…
Une chose est sûre : quand Safi s’allume, personne ne veut manquer ça.
L’hiver débarque à Hawaii : Liam McNamara relance le Wave of the Winter pour un North Shore déjà en feu
L’hiver hawaiien vient à peine de commencer que le North Shore rugit déjà comme un moteur au redémarrage. Les premiers gros swells ont frappé Oahu, réveillant Pipeline, Backdoor et Off the Wall dans leur version la plus brutale. Comme chaque année, la saison promet d’être sauvage, mais cette fois, un ingrédient mythique revient dans l’équation : le Wave of the Winter. Et c’est Liam McNamara, légende du Pipe des années 80 et 90, qui signe son grand retour.
Le prix le plus démocratique du surf refait surface
Depuis les années 2000, le Wave of the Winter récompense une chose simple et pure : la meilleure vague de l’hiver, celle qui fait hurler toutes les team houses alignées le long de la Kamehameha Highway. Une récompense qu’un champion du monde peut partager avec un inconnu. Un prix où la hiérarchie ne tient plus que sur une seule chose : le courage et la chance.
Disparu depuis presque cinq ans, ce trophée revient grâce à une initiative indépendante menée par Liam McNamara, épaulé par Jeff Hall (Rogue TV) et Jake Howard (Surfer Mag). Sans les marques corporate, sans le bruit marketing : juste la communauté. Résultat : plus de 100 000 dollars levés auprès d’une vingtaine de petites entreprises, toutes prêtes à remettre le surf hawaïen là où il doit être — dans les mains de ceux qui risquent leur peau.
Pipeline, Backdoor, Off the Wall : les arènes sont prêtes
Le North Shore est souvent caricaturé, mais la vérité dépasse toujours la légende. À peine huit kilomètres de côte concentrent la violence de l’océan Pacifique, la densité de surfeurs la plus folle du monde et une atmosphère électrique où tout se joue en quelques secondes. Pipeline est au centre du cyclone : la vague la plus belle, la plus célèbre, la plus dangereuse.
Les premiers swells de la saison ont déjà montré les dents. Les locaux parlent d’un hiver potentiellement énorme. Et comme le rappelle Liam, une vague iconique peut venir de n’importe où : un carve à Haleiwa, un 720 à Rocky Point, un barrel interminable à Sunset… voire un Mason Ho sorti de nulle part en train de kickflip par-dessus un rocher. À Hawaii, tout peut arriver.
Une récompense pensée pour les surfeurs, par les surfeurs
Le nouveau Wave of the Winter est plus ambitieux que jamais. Le lauréat de l’hiver recevra 25 000 $ pour un unique ride. Chaque mois, trois surfeurs et trois cameramen seront récompensés, avec un minimum de 5 000 $ pour la Wave of the Month. Une prime spéciale de 5 000 $ distinguera même un First Responder (quelqu'un qui portera assistante à un surfeur en difficulté), ces héros du quotidien qui veillent sur les line-ups et ont, dans le cas de McNamara, sauvé la vie de son propre fils.
Les vagues prises en compétition ne compteront pas, une décision qui renforce l’esprit pur et brut du prix. Exit les heats. Exit les priorités. Ici, le jury, composé notamment de Nathan Fletcher, pourrait couronner un inconnu tout autant qu’un John John Florence.
Les favoris ? Le hasard reste roi
Lorsque Nathan Florence — vainqueur du prix 2017/2018 — évoque ses favoris, il rappelle une vérité simple : le Wave of the Winter, c’est la loterie du chaos. Être au bon endroit au bon moment. Avoir l’audace d’aller sur une vague “borderline insurfable”. Et surtout, réussir à en sortir.
John John Florence et Barron Mamiya, présents toute la saison avant le lancement du tour en avril, font figure de candidats naturels. Jamie O’Brien, lui, peut prendre n’importe quelle vague, n’importe quand. Les Koa Rothman, Eli Olson et Ivan Florence sont des habitués de la hiérarchie locale, capables de se positionner pile là où il faut. Derrière eux, une armée de talents prêts à risquer la chute de leur vie pour décrocher la vague de l’hiver. Parmi eux : Eala Stewart, Kala Grace, Shion Crawford…
Mais la vérité, c’est que tout reste ouvert.
L’hiver 2025/2026 s’annonce incandescent
La waiting period commence le 1ᵉʳ décembre et durera 90 jours. Et si l’on en croit les premières images, le premier swell pourrait déjà sortir une vague historique.
La saison ne fait que commencer. Le concept est relancé. Les spots sont prêts. Les caméras tournent. Les chargeurs sont affûtés. L’hiver à Hawaii est officiellement là… et il s’annonce incandescent.
CT 2026 : le retour des superstars… dans le format le plus brutal de l’histoire du surf moderne
Le surf professionnel adore les revirements. Mais celui que vit la World Surf League en 2026 a quelque chose d’unique : alors qu’elle durcissait comme jamais son système de compétition, les plus grandes stars de la discipline ont décidé… de revenir. Carissa Moore, Stephanie Gilmore, John John Florence, Gabriel Medina : quatre icônes, quatre générations, quatre visions du surf, un même choix.
Mais là où l’histoire devient fascinante, c’est que ce retour massif survient au moment précis où la WSL adopte son format le plus impitoyable, le plus sélectif de toute son histoire. Le CT 2026 est une révolution silencieuse : un mélange de nostalgie assumée et de modernité brutale qui redéfinit entièrement la manière de devenir champion du monde.
Le retour du championnat cumulatif : la décision que voulaient les champions
Finies les WSL Finals façon “champion du monde en une journée”. Terminé le format winner-takes-all sur un spot unique. La WSL a remis la couronne là où elle a toujours eu le plus de légitimité : sur la durée d’une saison complète.
Ce retour à un titre construit étape après étape, performance après performance, a eu l’effet d’un électrochoc dans le monde du surf.
John John Florence l’avait dit : “Un titre doit se jouer sur une saison entière, pas en un seul jour.” Carissa Moore a souffert de deux titres perdus malgré une saison parfaite. Steph Gilmore a toujours défendu l’idée que le champion doit être celui qui brille toute l’année. Medina, enfin, a toujours favorisé les systèmes exigeants et réguliers.
En bref, les anciens champions du monde ont eu ce qu'ils voulaient. Simple, net, efficace.
Sur le plan marketing, la WSL est gagnante : quatre méga-stars de retour, des millions d’abonnés qui réintègrent l’écosystème CT, et un engouement médiatique retrouvé.
Mais sportivement ? L’histoire est beaucoup moins simple.
Le format 2026 : une montée en puissance… dans un champ de mines
Pendant que les superstars reprennent place dans le Tour, la WSL annonce des règles plus dures : - plus de rounds non-éliminatoires - plus aucune seconde chance - chaque heat fait avancer ou sortir
Le CT 2026 devient un système de survie permanente. Même les surfeurs les plus expérimentés n’ont plus le droit à un seul faux pas. C'est la fin du round 2, le round "Joker". Le problème n’est pas seulement la sévérité des éliminations directes. Le cœur du débat se trouve déplacer ailleurs : dans le système de seeds et dans la manière dont les tableaux sont construits.
Les wildcards : les vraies sacrifiées du nouveau système
Contrairement aux rumeurs, aucune superstar ne revient en 2026 via une wildcard saisonnière. En revanche, ce sont bien les wildcards classiques — locales ou event wildcards — qui héritent d’un rôle quasi sacrificiel.
Leur situation est extrêmement compliquée :
elles commencent obligatoirement en Round 1,
elles affrontent des surfers classés 29 à 34,
puis, si elles gagnent, elles tombent directement sur les seeds 1 à 4 (hommes) ou 1 à 8 (femmes),
le tout dans un format éliminatoire sans aucun repêchage.
Le bracket 2026 ressemble plus à une colline verticale qu’à un escalier logique. Les wildcards, elles, commencent tout en bas… les pieds attachés.
Ce n’est pas un hasard : le système est pensé pour “protéger” les têtes de série. Mais dans un format où la moindre erreur coûte toute une étape, cette protection devient un avantage énorme — quasi insurmontable.
Et les superstars dans tout ça ?
Ironiquement, les champions historiques — Moore, Gilmore, Florence, Medina — qui reviennent en 2026 ne subissent aucune pénalité structurelle.
Ils ont :
un seed réel (au bout de la première épreuve, j'imagine),
une entrée dans le tableau équilibrée,
une progression logique,
la possibilité d’accumuler des points durablement,
et la saison pour construire leur titre.
En clair : Ils reviennent dans le format le plus dur, mais aussi dans les conditions les plus favorables.
Ce qui crée une situation paradoxale — presque théâtrale :
les légendes reviennent grâce à un format qu’ils ont toujours voulu,
ce format devient plus brutal que jamais,
mais ce sont les wildcards et les rookies… qui en paient le prix fort.
Un CT 2026 plein de promesses et de dommages collatéraux
Le surf professionnel vit une mutation rarissime. D’un côté, le retour d’un système plus crédible et respecté par les champions. De l’autre, une intensité compétitive qui n’a jamais été aussi élevée.
Le CT 2026 sera un mélange explosif avec le retour des superstars, la brutalité du tableau en élimination directe pourrait bien créer autant de héros que de victimes.
Une chose est sûre : la saison 2026 ne sera pas seulement un retour aux sources — ce sera un stress-test permanent.
Deux prodiges tahitiennes brillent à Sunset Beach : Kiara Goold triomphe, Aelan Vaast confirme
Il y a des moments où le surf féminin bascule dans une nouvelle ère. Ce week-end à Sunset Beach, deux jeunes talents tahitiens ont offert au monde une démonstration aussi éclatante que prometteuse. Kiara Goold, 15 ans à peine, a remporté le HTA Sunset Pro avec une maturité qui dépasse largement son âge, tandis que Aelan Vaast a signé un superbe parcours jusqu’en finale, confirmant son statut de surfeuse capable du meilleur… lorsqu’elle parvient à trouver la régularité qui lui manque encore parfois.
En une seule journée, ces deux jeunes femmes ont rappelé que la Polynésie française n’est pas seulement une terre de vagues, mais un vivier inépuisable de talents.
Kiara Goold : 15 ans, un tube à Sunset et une victoire historique
La victoire de Kiara Goold n’est pas qu’un résultat brillant : c’est un signal envoyé à toute la planète surf. Sunset est une vague mythique, puissante, imprévisible, capable d’humilier n’importe quel surfeur adulte. Y gagner à 15 ans relève presque de l’incompréhensible. Pourtant, c’est exactement ce qu’a fait Kiara… et avec panache.
Dès les premières minutes de la finale, la Tahitienne a donné le ton : un turn engagé, un placement impeccable… puis un vrai barrel à Sunset, parfaitement géré, récompensé par un 8,67, l’une des meilleures notes du contest. À 15 ans, elle a surfé Sunset comme si elle y était née.
Ce n’est pourtant pas un miracle. Kiara est une prodige, déjà connue des initiés depuis deux ans :
À 13 ans, elle remportait le Stab High, la compétition d’airs la plus relevée au monde.
En 2024, elle atteignait déjà la finale du Sunset Pro.
En 2025, elle décroche une wildcard pour le Challenger Series.
À Sunset, elle affiche la meilleure totale de la compétition : 16,34.
Aerials, tubes, turns engagés… Kiara possède une palette que peu de surfeuses de son âge — voire de son époque — maîtrisent. On parle beaucoup de Tya Zebrowski, qui rejoint le CT l’an prochain, mais Kiara pourrait bien être la prochaine bombe polynésienne à exploser sur la scène mondiale. Elle a la technique, le style, l’audace… et surtout un sang-froid déconcertant.
Une vague technique qui ne pardonne pas : et pourtant, elle charge
Ce qui impressionne le plus, ce n’est pas la note. Ni même la victoire. C’est la façon dont elle a surfé Sunset Point, une vague exigeante, irrégulière, qui demande autant de puissance que de lecture. Les plus grands champions le disent : la vague de Sunset ne se surfe pas, elle se comprend.
Kiara ne s’est pas contentée de prendre la bonne vague : elle a chargé. Elle a lu les sections comme une surfeuse qui aurait vingt ans d’expérience. Elle a attaqué les murs avec agressivité, sans aucune hésitation. À cet âge-là, c’est absolument exceptionnel.
Aelan Vaast : un parcours solide et une finale méritée
Dans l’euphorie collective autour de la victoire de Kiara, il serait injuste de ne pas saluer la performance d’Aelan Vaast, finaliste et véritable pilier de cette génération tahitienne.
Aelan a réalisé un parcours remarquable, notamment avec une demi-finale de haut niveau où elle domine Kiara. Oui, domine. Son total de 14,16 en demi-finale montre à quel point elle peut être explosive lorsqu’elle est connectée à la vague. Sa technique est fluide, son surf engagé, et elle possède une vraie élégance dans les transitions, héritée d’un style polynésien qui mélange puissance et grâce.
Si Aelan n’a pas encore la régularité qui lui permettrait de franchir un palier supplémentaire, elle reste une surfeuse à très fort potentiel. Elle peut battre n’importe qui sur un bon jour, et ce résultat en finale à Sunset est là pour le rappeler.
Pourquoi cette génération tahitienne est exceptionnelle
L’explosion simultanée de Kiara Goold, Aelan Vaast et Tya Zebrowski n’est pas un hasard. La Polynésie française vit un âge d’or du surf :
Des vagues d’entraînement parmi les meilleures au monde.
Une culture du surf profondément ancrée dans la société.
Un niveau général extrêmement élevé dès le plus jeune âge.
Une aisance dans les tubes rarement égalée.
Et surtout, une génération sans complexes, qui surfe contre les meilleures sans trembler. Les Tahitiennes sont en train d’imposer un nouveau standard : maturité précoce, technique moderne, aérial game, lecture des vagues puissantes, gestion des conditions lourdes. Kiara en est la preuve vivante.
Sunset Beach : une rampe de lancement vers Haleʻiwa
Le HTA Sunset Pro n’est que le début de la tournée hawaïenne (la fameuse Triple Crown). Kiara et Aelan seront de nouveau en lice à Haleʻiwa, une autre vague mythique, qui demande moins d'expérience que la vague de Sunset. Les surfeuses du CT seront présentes cette fois-ci. Et Kiara l’a dit elle-même : « Je suis super excitée de les affronter. »
On la croit volontiers. Car si Sunset a révélé une championne, Haleʻiwa pourrait bien confirmer une future star.
L’affaire Ian Battrick : la vérité éclate enfin après des semaines de calvaire
C’est une histoire qui aurait pu briser une vie. Une histoire née d’un post officiel, relayée sans vérification, amplifiée par un “digital mob” mondial… avant de s'effondrer, faute de preuves. Aujourd’hui, après des semaines de rumeurs destructrices, Ian Battrick est officiellement blanchi, et la Channel Islands Surfing Federation présente ses excuses. Retour sur une affaire qui interroge profondément la culture surf, la responsabilité des institutions et la mécanique impitoyable des accusations virales.
Un post officiel… et la machine s’emballe
Tout commence lors des GB Surfing Finals à Thurso (Écosse). Un incident éclate sur la plage, impliquant une trentaine de personnes. Dans la confusion, un post est publié depuis le compte officiel de la Channel Islands Surfing Federation (CISF). On y accuse Ian Battrick de comportements graves : abus verbaux envers des compétitrices, menace d'un cameraman, voire maintien d’une surfeuse sous l’eau.
Ces accusations, présentées comme factuelles, partent alors en orbite numérique. En 30 minutes, elles sont partagées des centaines de fois. En 24 heures, elles deviennent virales. En 3 semaines, plusieurs millions d'interactions s’accumulent sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux.
La machine est lancée. Et rien ne semble pouvoir l’arrêter.
Aucune preuve, aucune charge, malgré deux livestreams et 300 témoins
Très vite pourtant, un détail majeur apparaît : aucune preuve n’existe.
Alors que :
deux livestreams couvraient l’événement,
environ 300 personnes assistaient depuis le spot,
de multiples caméras filmaient les heats…
…aucune image ne montre Ian commettre ce dont il a été accusé.
La police écossaise confirme également :
qu’elle a extrait Ian d’une foule hostile,
qu’elle a visionné des images bodycam,
qu’elle a ouvert une enquête sur des actes de vandalisme et de désordre,
mais n’a retenu aucune charge contre lui.
Une réalité limpide : les faits reprochés n'ont jamais existé.
L’excuse officielle : la CISF reconnaît des accusations “fausses, diffamatoires et fabriquées”
Face aux évidences, l’auteur du post initial a fini par reconnaître :
que les accusations étaient fausses,
que Ian n’a agressé personne,
qu’il n’a pas interféré avec la compétition,
que l’histoire de la surfeuse retenue sous l’eau était inventée,
que les messages publiés étaient diffamatoires.
La CISF a donc présenté une excuse officielle, aujourd’hui publiée publiquement. Un geste essentiel, mais tardif.
Ian Battrick : “L’une des périodes les plus traumatisantes de ma vie”
Ian explique avoir vécu un véritable tsunami émotionnel :
“Être présenté au monde comme quelqu’un qui ferait du mal à d’autres surfeurs a été dévastateur — pour moi, pour ma famille et pour Lunasurf. La douleur est indescriptible.”
Car le plus dur n’a pas seulement été l’accusation en elle-même. C’est la violence collective qui a suivi :
insultes, menaces, harcèlement,
détournements de photos,
attaques ciblant sa famille,
publications haineuses à l’international.
À l’ère des réseaux sociaux, un mensonge répété mille fois devient une réalité… pour ceux qui ne verront jamais la correction.
Lunasurf également ciblée et fragilisée
En tant que cofondateur de Lunasurf, Ian Battrick a vu son entreprise subir de plein fouet la tempête numérique. Des attaques et dénigrements ont visé la marque, pourtant reconnue pour sa culture du respect et sa contribution positive au surf européen.
Aujourd’hui, avec les excuses officielles, il était indispensable que la vérité soit dite clairement : ni Ian Battrick ni Lunasurf n’ont commis le moindre acte fautif.
Une foule hostile, mais pas à cause de lui
Lors de l’incident initial, la police a dû intervenir non pas pour arrêter Ian, mais pour le protéger d’une foule :
qui le bousculait,
l’insultait,
le filmait agressivement,
l’empêchait de quitter la zone.
Deux véhicules ont également été vandalisés par des compétiteurs — des faits confirmés par des témoins et consignés par la police. À ce jour, aucune action disciplinaire de GB Surfing n’a été engagée contre ces auteurs.
Un constat qui interroge profondément la gouvernance du surf britannique.
“Cela pourrait arriver à n’importe qui”
Pour Ian, cette affaire dépasse désormais son cas personnel :
“Une seule fausse accusation, postée depuis un compte officiel, peut déclencher un lynchage numérique mondial. Et une fois le feu lancé, plus rien ne l’arrête.”
Il appelle aujourd’hui à une réforme profonde :
contrôle strict des publications officielles,
vérification des faits avant toute communication,
responsabilisation des médias,
protection accrue contre le cyberharcèlement,
sanctions effectives contre les comportements violents… même quand ils viennent de compétiteurs.
Cette affaire met en lumière un problème incontournable : le surf moderne n’est pas immunisé contre les dérives des réseaux sociaux. Un monde qui se veut communauté peut, en quelques minutes, devenir un tribunal sans preuve.
L’excuse officielle marque une victoire pour la vérité. Mais elle rappelle surtout que la réputation d’un surfeur — et d’une marque comme Lunasurf — peut être détruite en heures, et qu'il est urgent que tout l’écosystème prenne ses responsabilités.
Pour rappel, au moment où les accusations ont explosé en ligne, Icônes Surf avait publié un article mettant en garde contre :
l’absence totale de preuves malgré deux livestreams,
deux versions radicalement opposées circulant sur les réseaux,
l’emballement médiatique en cours,
la nécessité d’attendre des éléments tangibles avant de condamner un surfeur publiquement.
Cette mise en garde — rare dans un contexte où la majorité relayait l’affaire sans nuance — prend aujourd’hui tout son sens, puisque la CISF admet que les accusations étaient fictives et diffamatoires.
Voici l'article lors de l'incident : https://www.icones-surf.fr/incident-gb-surfing-cup-thurso/
Gabriel Medina revient sur le Tour en 2026 : une saison qui rassemble les légendes
L’annonce n’a surpris personne, mais elle fait plaisir à tout le monde : Gabriel Medina sera bien de retour sur le Championship Tour en 2026, porté par une wildcard Season et par une récupération enfin complète de sa blessure à l’épaule. C’était attendu, presque écrit d’avance… Pourtant, derrière cette décision logique se cache un phénomène bien plus intéressant : l’an 2026 marque le grand retour massif des champions du monde, un alignement rare de générations dorées prêt à remettre les pendules à l’heure au moment où le format historique du circuit est rétabli.
Un retour annoncé, mais un symbole fort
Gabriel Medina n’avait pas disparu, il s’était mis en retrait. Blessure à l’épaule en janvier 2025, besoin de reset mental et personnel… Un schéma presque cyclique pour la star brésilienne, qui jongle depuis quelques années entre quête de performance pure et nécessité de retrouver un équilibre de vie. Après plusieurs mois hors du CT, il a repris ses marques dans des wave pools brésiliennes où l’on a déjà revu son explosivité, son timing clinique et cette capacité unique à aligner des airs et des turns puissants. Gabriel Medina est sûrement, l'un des surfeurs les plus complets de sa génération, le tout accompagné d'une rame exceptionnelle....
Le communiqué du jour officialise ce que tout le monde savait : Medina revient, en bonne santé, prêt à jouer la gagne, et la WSL lui donne une place pour toute la saison 2026 grâce à une wildcard logique pour un triple champion du monde.
À 32 ans, il n’a rien perdu de ce qui fait de lui l’un des surfeurs les plus complets de l’histoire : 18 victoires sur le CT, trois titres mondiaux (2014, 2018, 2021), plus de dix ans dans la top 5, et un rôle absolument central dans l’avènement de la Brazilian Storm.
2026, l’année où les champions reviennent tous
Mais l’information la plus intéressante n’est peut-être pas son retour… Ce qui frappe, c’est à quel point 2026 attire les champions, presque comme si quelque chose les rappelait au front.
Stephanie Gilmore ? De retour. John John Florence ? De retour. Carissa Moore ? De retour. Medina ? De retour. Et ce n’est pas tout : d’autres champions plus discrets ou en pause pourraient encore annoncer leur comeback.
Coïncidence ? Pas vraiment.
2026 marque le retour à un championship pur, où le titre se gagne sur l’ensemble de la saison, sans playoff final, sans format couperet. Un CT « old school », fondé sur la régularité, la stratégie, la gestion d’une année complète et la capacité à briller dans toutes les conditions.
Ce format, c’est celui qui a sacré les plus grands noms de l’histoire. C’est aussi celui où les champions déjà établis excellent le plus naturellement.
Et si les légendes voulaient reprendre leur place dans leur format ?
Les playoffs ont créé de la tension, du spectacle, mais aussi de la frustration. Perdre un titre sur une seule journée à Trestles a laissé des traces : Medina en 2021, Filipe Toledo en 2023, Carissa Moore à plusieurs reprises…
Revenir à une course annuelle remet au centre la science du Tour : lire les conditions, performer de Pipe à J-Bay, gérer les coups de mou, dominer sur la durée. Ce terrain-là, c’est celui des légendes, des surfeurs complets, de ceux qui savent remporter un world title… pas celui où une seule journée suffit.
On a donc peut-être affaire à un retour motivé autant par le cœur que par le contexte compétitif.
Medina, symbole d’une nouvelle ère ?
Ce retour groupé pourrait marquer un tournant. On a longtemps parlé de « changement de génération », avec Jack Robinson, Ethan Ewing, Molly Picklum, Joao Chianca, ou encore Caitlin Simmers prêts à prendre le pouvoir. 2026 est en train de rebattre les cartes.
Les jeunes arrivent en force.
Les champions reviennent en meute.
Le format évolue.
Le Tour 2026 ressemble déjà à une saison mythique : un mix parfait entre la puissance des icônes et l’insolence des nouveaux talents.
Medina, au milieu de tout ça, pourrait devenir le point d’équilibre : assez mature pour aborder un comeback avec lucidité, mais toujours affamé, toujours capable de sortir les moves les plus décisifs dans les moments clés.
Un calendrier taillé pour le spectacle
Avec un retour qui débutera à Bells Beach avant de passer par Margaret River, Teahupoʻo, Saquarema, J-Bay, Tahiti, El Salvador, Trestles… et un Pipe Masters final en décembre, la saison coche toutes les cases pour offrir un duel épique entre générations.
Medina a déjà remporté dans presque toutes ces destinations. Et Teahupoʻo ou Saquarema en pleine forme ? C’est presque son terrain de jeu.
2026 sera l’année où toute une génération de champions revient défendre son héritage, face à une jeunesse impatiente de renverser la table.
Et Medina le sait : 2026 pourrait être l’une des saisons les plus importantes de sa carrière.
Le retour tant attendu de John John Florence sur le CT en 2026
L’annonce n’a surpris personne, mais elle a enthousiasmé tout le monde : John John Florence sera de retour sur le Championship Tour dès 2026, grâce au Season Wildcard qui lui a été attribué par la WSL. Le triple champion du monde, absent cette année pour voguer à travers le Pacifique avec sa famille, retrouve donc la compétition pour la saison qui marquera les 50 ans du CT. Et c’est peu dire que ce retour promet de rehausser le niveau… et le spectacle.
Un come-back attendu, un champion reposé
« J’apprécie vraiment que la WSL m’offre cette wildcard », confie Florence dans le communiqué officiel. Après avoir mis entre parenthèses le Tour début 2025 — alors qu’il était tout simplement le champion du monde en titre — l’Hawaïen a vécu une parenthèse unique : navigation, exploration des îles les plus reculées du Pacifique, sessions de rêve hors des radars… tout en profitant pleinement de sa femme Lauryn et de leur jeune fils.
Cette pause n’était pas un retrait, mais un souffle. Un moyen de repartir avec l’envie, l’énergie et surtout la liberté retrouvée d’un surfeur qui, depuis 2011, vit sous la pression permanente du très haut niveau.
Un palmarès hors norme, un style inimitable
Florence, c’est d’abord un palmarès de légende :
Trois titres de champion du monde (2016, 2017, 2024)
Neuf victoires en CT
Cinq Triple Crown
Deux participations olympiques
Un exploit unique : gagner l’Eddie Aikau et le World Title la même année
Mais au-delà des trophées, c’est son surf qui parle : puissant, aérien, fluide, explosif. Il a redéfini ce qu’il est possible de faire dans des vagues comme Margaret River ou Pipeline, où il possède certains des Perfect 10 les plus mythiques de l’histoire récente.
Son dernier titre mondial, acquis en 2024 lors de sa première participation aux WSL Finals, a consacré un surfeur au sommet de son art.
2026 : une saison symbolique et pleine de promesses
La prochaine saison semble taillée sur mesure pour lui :
Ouverture à Bells Beach, où il s’est déjà imposé.
Clôture à Pipe, chez lui, dans l’arène où il a grandi entouré de Nathan et Ivan.
Entre les deux, un Tour revisité pour les 50 ans de la WSL, avec une densité de talents impressionnante — de Medina à Robinson, en passant par les nouvelles révélations. Autant dire que le retour de JJF ajoute une dimension narrative parfaite : celle du champion revenu pour reconquérir son trône.
Et pour les fans ? C’est simple : le meilleur surfeur de sa génération reprend le jersey. L’assurance d’un spectacle XXL.
Le grand retour de Stephanie Gilmore sur le CT en 2026 : une nouvelle bataille générationnelle
Après deux ans hors du circuit et une vie bien remplie entre voyages, projets et collaborations, Stephanie Gilmore, huit fois championne du monde et icône du surf moderne, revient officiellement sur le Championship Tour en 2026. La World Surf League a confirmé qu’elle bénéficierait du season wildcard, lui offrant un ticket direct pour l’intégralité de la saison… et une place de choix dans un affrontement qui s’annonce historique : Carissa Moore et Stephanie Gilmore d’un côté, Caitlin Simmers et Molly Picklum de l’autre.
Le retour tant attendu d’une championne hors norme
Le 18 novembre 2025, la WSL a annoncé ce que beaucoup espéraient : Gilmore fera son retour plein temps sur le Tour, qui fêtera cette année-là ses 50 ans. Après son huitième titre mondial en 2022, l’Australienne avait marqué une pause, laissant derrière elle une carrière déjà légendaire : – 34 victoires en CT (seul Slater fait mieux) – Une domination technique basée sur le flow, les rails puissants et une élégance rare – Un style devenu une référence pour toute une génération
Dans le communiqué, Gilmore confie :
« Je suis très excitée d’accepter la wildcard pour 2026. J’ai profité de ces années pour explorer d’autres projets, mais j’ai très envie de revenir affronter les jeunes talents du Tour. »
Une phrase simple, mais lourde de sens : Stephanie revient pour gagner, pas pour faire de la figuration.
Un parcours unique, une influence immense
Arrivée sur la scène mondiale en 2005, elle remporte sa première épreuve du CT… en tant que wildcard, à 17 ans, à Snapper Rocks. Deux ans plus tard, elle décroche le titre mondial dès sa saison rookie, une première dans l’histoire du surf.
Son règne s’étendra sur près de quinze ans, avec des titres en 2007, 2008, 2009, 2010, 2012, 2014, 2018 et enfin 2022. Son style, mélange de grâce absolue et d’autorité sur le rail, a élevé le niveau du surf féminin. Et sa victoire « impossible » en 2022 — remontant de la 5e place pour battre successivement les quatre meilleures mondiales à Trestles — reste un moment fondateur du surf moderne.
Une pause… mais une vie très loin d’être calme
Pendant son break, Gilmore n’a pas simplement « pris des vacances ». Elle a voyagé à travers le monde pour The Search avec Rip Curl, surfé avec Tom Curren ou Mason Ho, développé plusieurs collections, lancé une marque de tequila (Cinca) et même monté sur scène avec le groupe Spiderbait.
« C’était fun, mais finalement plus chargé que ce que j’imaginais. Revenir sur le Tour me donnera presque un peu de routine ! », dit-elle.
Une routine qui commencera le 1er avril 2026, au Rip Curl Pro Bells Beach, qu’elle a déjà remporté quatre fois.
2026 : l’année du choc des générations
Le retour de Gilmore intervient seulement quelques jours après une autre bombe : Carissa Moore revient elle aussi sur le CT en 2026. Deux légendes vivantes. Deux surfeuses qui ont redéfini leur sport. Deux recordswomen. Et probablement leurs dernières années à leur apogée.
Face à elles, une génération qui n’a plus peur de rien :
Caitlin Simmers, 18 ans, spectaculaire, imprévisible, explosive.
Molly Picklum, championne du monde en titre et autorité montante en vagues puissantes.
Bettylou Sakura Johnson, ultra régulière.
Erin Brooks, phénomène aérien qui pousse déjà les limites techniques.
2026 pourrait bien être l’une des saisons les plus excitantes de l’histoire du surf féminin, entre héritage, rivalités et affrontements de styles.
La quête ultime : Pipeline, Tahiti, Fiji
Gilmore le dit elle-même : certaines étapes lui échappent encore.
« Pipeline, Tahiti, Fiji… ce sont des endroits où je veux vraiment mieux faire. J’ai envie d’y performer dans de belles vagues. »
Autrement dit : elle revient pour combler les derniers chapitres manquants d’un palmarès déjà monumental.
Mondiaux SUP 2025 : un immense niveau pour la France, mais l’or par équipes s’envole
Le Surf City El Salvador aura de nouveau vibré en novembre 2025 avec les ISA World SUP and Paddleboard Championships, un événement devenu incontournable pour les nations qui comptent dans la rame et le paddle moderne. Conditions propres, ambiance chaude et un niveau global qui ne cesse de monter d’année en année : tout était réuni pour un grand cru.
Et il l’a été. Sauf que… le scénario final a laissé un goût doux-amer dans la délégation française : malgré un ensemble de performances individuelles de très haut niveau, les Bleus repartent d’El Sunzal sans l’or par équipes. Une nouvelle fois, c’est l’Espagne qui décroche la couronne mondiale — deuxième titre consécutif.
Pour la France, le bilan reste remarquable. Mais l’objectif suprême, celui qui fait briller une nation entière, ne sera pas pour cette année.
L’Espagne, reine incontestée du Mondial
Le communiqué espagnol a été clair :
« España logró segundo título consecutivo en el mundial de SUP y Paddleboard » L’Espagne remporte son deuxième titre mondial consécutif en SUP et Paddleboard.
Et les chiffres le confirment.
Selon le classement final que tu m’as fourni, la Roja totalise 13 976 points, devant la France avec 13 552 points. Un écart réduit… mais suffisant pour empêcher les Français de rêver d’une victoire historique.
Les Espagnols ont été d’une régularité impressionnante, avec 10 podiums sur 14 catégories, dont un titre mondial en Prone Distance grâce à Judit Vergés. Ils ont surtout excellé dans ce qui fait souvent la différence dans un classement par nations : les épreuves féminines, les sprints, et la capacité à éviter les « mauvais résultats » qui plombent un total général.
Et dans cette logique mathématique impitoyable, l’Espagne a été simplement meilleure.
La France : un collectif solide, des performances éclatantes
Même privée du titre par équipes, la France peut quitter le Salvador avec le sentiment du travail bien fait. Le Mondial 2025 a montré l’émergence d’une génération polyvalente, ambitieuse et très compétitive.
Voici les points marquants du camp français :
Maël Tissier, l’une des sensations du Mondial
Véritable métronome, Maël Tissier a offert à la France des performances énormes, avec notamment une victoire en Prone Distance qui a marqué la journée. Solidité, précision, résistance : le Français a confirmé qu’il fait partie des meilleurs rameurs du monde dans sa catégorie.
Eliott Bry, le futur du SUP français
Le phénomène tricolore a livré un Mondial d’une maturité impressionnante, notamment dans les épreuves techniques. Il confirme ici ce que tout le microcosme sait déjà : la France a entre ses mains l’un des talents les plus prometteurs du paddle mondial.
Un collectif homogène
Ce qui frappe dans cette équipe de France 2025, c’est la cohérence du groupe. Peu de « trous », beaucoup de solidité, et surtout une capacité à performer dans toutes les disciplines : surf SUP, distance, technique, prone, junior.
Pour reprendre la formule souvent utilisée dans les sports olympiques :
Ce n’est pas une équipe qui a perdu l’or. C’est une autre qui a été encore plus forte.
Et c’est souvent la pire frustration.
Pourquoi l’or s’est envolé : analyse à froid
Oui, la France a excellé. Oui, les podiums ont été nombreux. Mais dans un Mondial par équipes, un titre se joue sur des détails.
Voici les facteurs principaux qui expliquent la défaite française :
1. L’Espagne intouchable dans certaines catégories féminines
La course longue distance femmes a été décisive. L’Espagnole Duna Gordillo a imposé un rythme surréaliste, quand la Française Anaïs Guyomarch terminait à la 5ᵉ place. Dans un système de points où chaque position compte, cela crée des écarts que l’on paie plus tard.
2. Les sprints : un secteur où l’Espagne a creusé un vrai fossé
Les épreuves de sprint, souvent explosives et imprévisibles, ont été dominées par la Roja. L’équipe française a été régulière, mais pas suffisamment haut placée pour reprendre des points.
3. Le manque de titres en SUP Surf
Les divisions de SUP Surf peuvent rapporter gros, mais le niveau international y devient féroce. Les Français y ont été solides, mais sans accrocher l’or, là où l’Espagne a placé ses athlètes très haut.
4. Une mécanique bien huilée côté espagnol
Le gros point fort de l’Espagne ? Elle a évité toutes les contre-performances. Même dans les divisions où elle ne visait pas la victoire, elle restait dans les positions rentables pour le classement général. Et c’est exactement ce qui fait une nation championne.
Les hispanophones en force… mais la France devant
Du côté hispanophone, c’est l’année de la confirmation :
Argentine : 6e
Puerto Rico : 7e
Pérou : 8e
Chili : 11e
Cela ajoute au prestige de la performance française, qui reste la meilleure nation hispanophone + francophone de la compétition, derrière l’Espagne seule.
La France reste le n°2 mondial, et de loin.
Quel avenir pour l’équipe de France de SUP ?
Ce Mondial 2025 ouvre en réalité d’excellentes perspectives pour la France :
1. Une jeunesse prête à prendre le pouvoir
Avec des profils comme Eliott Bry, mais aussi toute une vague montante en junior et en SUP technique, la France s’assure un avenir radieux.
2. Une marge de progression bien identifiée
Les axes de travail sont clairs :
renforcer les sprints,
densifier les catégories féminines,
viser plus haut en SUP Surf,
et conserver l’excellence en prone distance.
3. Un collectif structuré qui peut viser l’or dès 2026
Le plus dur dans un Mondial, c’est d’être constant. La France l’a montré. Pour transformer un podium global en titre, il faudra des victoires nettes dans quelques catégories clés.
Mais l’écart avec l’Espagne (424 points) est loin d’être insurmontable.
Entre fierté et frustration, un Mondial qui inspire
La France quitte El Salvador sans l’or, mais avec un sourire teinté de frustration – signe que cette équipe vise plus haut que des podiums symboliques.
Dans les faits :
les Français ont été réguliers,
performants,
talentueux,
et ultra présents dans presque toutes les finales importantes.
Il manque encore un petit quelque chose pour décrocher le titre suprême, mais les bases sont là, solides et inspirantes.
Rendez-vous en 2026 : les Bleus seront très attendus.
Carissa Moore signe son grand retour sur le CT en 2026
Un an et demi après avoir quitté la compétition pour vivre l’un des plus beaux chapitres de sa vie, Carissa Moore est officiellement de retour sur le Championship Tour 2026. La nouvelle vient de tomber : la quintuple championne du monde et championne olympique recevra le wildcard saisonnier de la WSL, lui ouvrant la porte d’un retour à plein temps sur le circuit. Après avoir accueilli son premier enfant, Olena, en février 2025, la surfeuse hawaïenne revient avec une énergie nouvelle – et un message puissant : « Nous pouvons continuer à poursuivre nos rêves, même lorsque la vie évolue. »
Une championne hors normes, déjà légendaire
Depuis son arrivée sur le Tour en 2010, Carissa Moore a tout simplement redéfini les standards du surf féminin. À 17 ans, elle remportait déjà des heats contre les meilleures. À 18 ans, elle devenait la plus jeune championne du monde de l’histoire. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes :
13 saisons complètes sur le CT
28 victoires en carrière
Jamais moins bien classée que 3e… sauf une seule fois
Médaillée d’or lors de la toute première épreuve olympique de surf en 2020
Carissa n’a pas seulement gagné. Elle a inspiré. De son surf puissant et progressif, à son sourire constant, jusqu’à ses engagements solidaires à travers la Moore Aloha Foundation, elle a toujours incarné l’ambassadrice parfaite du surf moderne.
Une pause nécessaire, un retour monumental
Sa dernière apparition en compétition remonte au Teahupo’o olympique en 2024, où elle avait surfé l’un des gauches les plus dangereuses de la planète… enceinte de deux mois. Quarterfinals. Rien que ça. Après cette performance presque irréelle, elle avait choisi de faire une pause pour accueillir son bébé et se recentrer. Mais son amour du surf et de la compétition n’a jamais disparu. Via ses réseaux, on l’a souvent vue en freesurf, les lignes affutées, les appuis précis, les carves toujours aussi puissants. Une certitude se dessinait : Riss n’avait rien perdu.
« Remettre un lycra après avoir eu un bébé, c’est déjà une victoire », explique-t-elle.
Un comeback redouté… et redoutable
Son retour va forcément rebattre les cartes sur le circuit féminin. Les reines actuelles – Caity Simmers, Molly Picklum, Gabriela Bryan – excellent depuis deux saisons et dominent la scène. Mais une Carissa en forme, motivée, et surtout libérée après une pause choisie… ça peut changer le destin d’un Tour entier. On y voit un choc générationnel entre la jeune garde et Carissa, qui représente maintenant la maturité.
Une saison 2026 déjà très attendue
Carissa Moore ne reviendra pas directement sur une étape CT, mais fera son premier test de lycra en décembre prochain au Florence Pipe Pro (QS 2000) à Pipeline. Une manière de renouer avec la compétition sans pression. Ensuite, place au grand bain :
1er avril 2026 : lancement du CT à Bells Beach
Décembre 2026 : fin de saison au Pipe Masters, devant son public hawaïen
Un scénario parfait pour célébrer les 50 ans du Championship Tour.
Un retour historique pour une athlète iconique.
Annaëlle Challenge 2025 : le dernier rugissement du slab breton
C’est un monument du bodyboard français qui tire sa révérence. Les mardi11 et mercredi 12 novembre 2025, au large de Lampaul-Ploudalmézeau (Finistère), la mythique Annaëlle Challenge s’est tenue pour la dernière fois. Portée depuis plus de quinze ans par des bénévoles passionnés et par le souffle d’une communauté fidèle, cette compétition unique en Europe a offert un final à la hauteur de sa légende : houle d’ouest massive, vent offshore parfait, et un plateau de riders digne d’un championnat du monde.
Suivez la compétition en direct avec le LIVE JOUR 2
Armide Soliveres remporte la dernière édition de l’Annaëlle Challenge, refermant avec panache un chapitre unique du bodyboard français. C’est un livre qui se ferme dans la joie et la tristesse : la joie d’avoir assisté à une édition magistrale, mais aussi la mélancolie de voir disparaître une compétition mythique, portée par des organisateurs exemplaires et un engagement total. Dans une finale d’anthologie, Soliveres s’impose avec 16 points, devant Pierre-Louis Costes (15,97) au terme d’un duel monumental. Yann Salaün complète le podium avec 14,20 points, suivi de Morgan Le Quellec (12,13). Un superbe spectacle qui restera gravé dans les mémoires, ponctué par une série surf d’exception où Titouan Canevet a offert une prestation XXL, saluée par tous.
La première journée de compétition a offert un beau spectacle malgré des conditions capricieuses. Avec une longue période et un vent soutenu, les riders ont dû composer avec de fortes attentes entre les séries et un courant intense, rendant le placement particulièrement délicat sur cette zone de take-off étroite et exigeante. Dans ces vagues puissantes, Jérémy Arnoux s’est illustré en signant la vague du jour avec une note de 8,83 points, confirmant son excellent état de forme. Pierre-Louis Costes, Yann Salaün, Armide Soliveres et Arnoux ont dominé leurs séries respectives, se qualifiant logiquement pour le tour suivant. Aujourd’hui, les prévisions annoncent une houle en légère baisse mais avec un vent plus faible, promettant des conditions plus maniables pour la suite du spectacle.
Résultats du Round 1 – Annaëlle Challenge 2025
Heat 1
Position
Surfeur
Pays
Points
🥇
Pierre-Louis Costes
FRA
11,60
🥈
Louka Zaninotto
FRA
9,16
🥉
Derek Crater
FRA
8,74
4️⃣
Laurent Jegoudez
FRA
3,83
Heat 2
Position
Surfeur
Pays
Points
🥇
Armidé Soliveres
CNY
8,86
🥈
Steph Kokorelis
POR
7,13
🥉
Mael Martinez
EUSK
5,50
4️⃣
Julien Le Sehan
BZH
4,60
Heat 3
Position
Surfeur
Pays
Points
🥇
Jérémy Arnoux
FRA
13,70
🥈
Morgan Le Quellec
BZH
12,20
🥉
Lionel Medina
CNY
11,40
4️⃣
Léo Jourdain-Desprez
BZH
6,10
Heat 4
Position
Surfeur
Pays
Points
🥇
Yann Salaün
BZH
9,10
🥈
Benoît Cren
BZH
8,30
🥉
Max Ausina
EUSK
7,94
4️⃣
Irwin Cloarec
FRA
6,24
Une vague indomptable et inaccessible
Annaëlle n’est pas un simple spot. C’est une entité sauvage, un slab qui casse sur un fond rocheux à fleur d’eau, derrière un îlot protégé, invisible depuis la côte. Impossible à approcher sans bateau, la vague est à la fois fascinante et terrifiante. « Annaëlle, c’est le spot le plus dangereux de France », confiait Pierre-Louis Costes, double champion du monde et double tenant du titre. Ce dernier, légende du bodyboard français, faisait évidemment partie des seize invités de cette ultime édition, aux côtés d’un casting exceptionnel :
Armide Soliveres, champion du monde 2024,
Jérémy Arnoux, double vainqueur de l’épreuve,
Louka Zaninotto, jeune prodige français et champion du monde junior (16 ans),
Yann Salaün, champion de France et local respecté, et bien d’autres spécialistes internationaux du slab.
Des conditions « folles » pour une dernière danse
Après trois années d’attente sans fenêtre météo favorable, la nature a finalement offert le cadeau rêvé : deux jours de houle puissante, un vent offshore chirurgical et une lumière d’automne dramatique sur les falaises du nord Finistère. Les organisateurs, emmenés par Gwen Renambot, ont annoncé la nouvelle le vendredi précédent avec une excitation palpable : « C’est la bonne, on y va ! » Et ils avaient raison. Les vagues ont atteint plusieurs mètres, creuses, rapides, et d’une intensité rare, rappelant pourquoi l’Annaëlle Challenge est devenu au fil des ans un événement culte, presque mystique, dans le monde du bodyboard.
Une compétition sur invitation, un format resserré
Fidèle à son ADN, la compétition restait fermée à seize bodyboarders triés sur le volet, répartis en séries de quatre sur deux tours, avant la grande finale. Pas de public, pas de tribunes, seulement quelques bateaux de sécurité, des drones et les caméras de la chaîne YouTube officielle, qui a permis au grand public d’assister en direct à ce moment d’histoire. Cette intimité assumée, loin du spectacle commercial, a toujours été la marque de fabrique du Challenge : un événement pur, brut, à taille humaine.
Il est important de noter qu'il y a aura aussi une série avec des surfeurs invités sur le volet pour cette dernière édition.
Une « der » qui marque la fin d’une époque
Pourquoi s’arrêter maintenant ? Parce qu’organiser l’Annaëlle Challenge, c’est un défi logistique et humain colossal. Entre la sécurité, la météo capricieuse, les autorisations environnementales et la mobilisation d’une armée de bénévoles, chaque édition relevait du miracle. L’équipe a préféré clôturer l’aventure sur une note de perfection plutôt que de la laisser s’éteindre lentement. Et quelle note ! Tous ceux qui ont suivi les lives ou les images déjà diffusées s’accordent à dire que cette 8ᵉ édition restera dans l’histoire.
Un héritage gravé dans la roche
Depuis 2009, l’Annaëlle Challenge a façonné la culture du bodyboard français. Il a inspiré des générations de riders, révélé des talents, et prouvé que la Bretagne pouvait rivaliser en intensité avec les slabs australiens ou canariens. Son esprit, celui du surf engagé, respectueux de la nature et de la communauté, continuera de flotter au large de la presqu’île de Saint-Laurent. Les légendes passent, la vague reste.
La France lance sa reconquête mondiale de SUP au Salvador
Une entame prometteuse sous le soleil de Surf City
La première journée des Mondiaux ISA de Stand Up Paddle et Paddleboard a bien souri à la France. Sur les vagues d’El Sunzal, théâtre mythique des Mondiaux 2019, les Bleus ont signé un départ idéal. Seuls la France et le Brésil ont réussi à faire passer leurs quatre athlètes engagés dans le tableau principal du SUP Surf. Un départ collectif solide, quand des nations puissantes comme l’Espagne, le Japon ou le Pérou ont déjà vu tomber certains de leurs représentants au repêchage.
Le retour du SUP Surfing tricolore
C’est un vrai plaisir de revoir cette discipline au programme mondial. En l’absence de Clément Roseyro, Mathieu Carpentier a endossé le double rôle de coach et compétiteur, rejoignant son frère Benoît, champion du monde 2019 et médaillé en 2022 et 2023. Chez les dames, Camille Dubrana et Marine Kerdreux, toutes deux bretonnes, ont bien entamé leur campagne sur une vague exigeante, mais régulière.
Un collectif complet et ambitieux
En SUP Race, la France présente un groupe équilibré entre jeunesse et expérience :
Arthur Arutkin et Titouan Puyo, deux anciens champions du monde,
Ethan Bry et son frère Eliott, première sélection internationale commune,
Mélanie Lafenêtre, Iona Rivet et Anaïs Guyomarch, solides références féminines,
sans oublier Thaïs Delrieux et Maël Tissier en prone paddleboard, deux athlètes issus du sauvetage côtier.
Cette diversité d’expériences, associée à la cohésion du staff mené par Serge Lougarot, confirme la France parmi les grandes favorites, avec le Brésil et l’Australie.
Un objectif clair : reconquérir le titre mondial
Triple championne du monde par équipes (2019, 2022, 2023), la France entend bien reprendre sa couronne perdue l’an dernier au Danemark, où elle avait terminé troisième derrière l’Espagne et le Japon. Le Salvador, qui accueille l’événement pour la deuxième fois, porte une symbolique forte : c’est ici même que les Bleus avaient remporté leur premier titre mondial en 2019.
La suite de la compétition
Le round 2 du SUP Surf se tiendra ce mardi après-midi à El Sunzal (22h heure française), avant les épreuves techniques et longue distance programmées en fin de semaine. Les conditions annoncées sont bonnes, avec un vent léger et des houles régulières : tout ce qu’il faut pour voir briller le collectif tricolore.
La France sur le toit du monde : le para surf bleu-blanc-rouge entre dans la légende
Trois sacres consécutifs, cinq champions du monde, douze finalistes : l’équipe de France a régné sur Oceanside
C’est un exploit majuscule. Sous le soleil californien d’Oceanside, les surfeurs tricolores ont écrit une page d’histoire : troisième titre mondial consécutif pour la France, cinq titres individuels, douze finalistes dans dix-huit catégories. Jamais une nation n’avait aligné une telle domination sur les Championnats du monde de para surf. Les Bleus rejoignent les États-Unis au palmarès, mais surtout, ils deviennent la première équipe à réussir un triplé historique.
Une génération dorée et une cohésion exemplaire
Il y a les chiffres, vertigineux. Et puis il y a l’esprit, celui d’une équipe qui ne lâche rien. Dix ans après la première édition des Mondiaux, la France s’impose désormais comme la référence mondiale du para surf.
« Ce titre, c’est celui de tout un collectif », confie Guillaume Colin, champion du monde en Sit. « On se tire tous vers le haut, dans l’eau comme à terre. Cette victoire, elle appartient à toute l’équipe. »
L’aventure bleue est portée par une philosophie simple : la solidarité, le plaisir, et l’exigence. Derrière chaque médaille, il y a un entraîneur, un binôme, un kiné, des clubs engagés et une fédération qui a su professionnaliser la discipline sans trahir son âme.
Cinq champions du monde français à Oceanside
Guillaume Colin, l’expérience du champion
À 41 ans, Guillaume Colin (Palus Avis Surf Club) conserve son titre mondial dans la catégorie Sit au terme d’une finale renversante. Longtemps mené, il trouve la vague décisive à cinq minutes du buzzer : un enchaînement fluide, précis, noté haut par les juges. Deux vagues plus tard, il prend la tête et ne sera plus jamais rattrapé. « J’ai attendu, j’ai douté, mais je savais qu’elle finirait par arriver. Quand elle s’est ouverte, je me suis dit : maintenant ou jamais. » Le vétéran incarne à lui seul la constance et la maîtrise de cette équipe.
Thomas Da Silva, la délivrance après trois finales perdues
Après trois médailles d’argent consécutives (2022, 2023, 2024), Thomas Da Silva (24 ans, BASCS) décroche enfin le titre en VI1. Dans une finale au rythme lent, il impose sa loi avec deux vagues bien construites, totalisant 10,50 points. L’Australien Watson et l’Allemand Neumann tentent de revenir, en vain. « J’étais à fond. Ce n’était pas facile, mais j’ai tout donné. » Un sacre mérité, fruit d’un travail acharné mené entre le Pays basque et la Martinique.
Pierrot Gagliano, la confirmation
Déjà champion du monde en 2024, Pierrot Gagliano (25 ans, Hourtin Surf Club) conserve son titre en VI2. D’entrée de jeu, il frappe fort : un roller backside explosif et un cut back précis pour un 8,33. La finale se transforme en duel contre le Chilien Medina, mais Gagliano garde le contrôle et scelle sa victoire avec une deuxième vague à 8,17 pts. Humilité totale à la sortie de l’eau : « Je n’ai pas surfé parfait, mais j’ai pris du plaisir. C’est tout ce qui compte. »
Laurie Phipps, la reconquête
Deux ans après son titre mondial en 2023, Laurie Phipps (Hossegor Surf Club) récupère sa couronne en Stand 2 dames. Son surf est précis, élégant, et son engagement sans faille. Elle surfe deux longues droites notées haut, domine sa finale et s’impose avec 14,17 points. Son retour au sommet confirme son statut de pionnière du para surf féminin français.
Valentine Moskoteoc, la nouvelle étoile
À seulement 15 ans, Valentine Moskoteoc (Handi Surf) remporte son premier titre mondial en VI1 dames. Trois fois vice-championne auparavant, la jeune prodige franchit le cap avec une maturité bluffante. En finale, elle surclasse la Portugaise Marta Paço avec un surf fluide et engagé. Une performance majuscule, qui fait d’elle la nouvelle figure du para surf tricolore. L’avenir est déjà là.
Des podiums en série : la force du collectif
Derrière les titres, les Bleus continuent de remplir les podiums. Béatrice Duran (Prone 2) décroche la médaille d’argent après un parcours exemplaire, Éric Dargent (Stand 3) signe un cinquième titre de vice-champion du monde, Céline Rouillard (Prone 2) et Gaëlle Habri (Stand 2) repartent avec le bronze. Derrière eux, les “médailles de cuivre” – ces 4ᵉ places – reviennent à Solange Balay, Maxime Cabanne et Emmanuelle Blanchet, tous finalistes et modèles de persévérance.
L’émotion est palpable dans le clan français. « Ce n’est pas juste une équipe, c’est une famille », confie Céline Rouillard. Dans les gradins, les drapeaux tricolores flottent, et le public californien applaudit la cohésion des Bleus.
Un sacre collectif, symbole d’une décennie de travail
Dix ans après la première édition du Mondial, la France récolte les fruits d’un projet bâti sur la durée. La structuration des clubs Handi Surf, la formation des encadrants, et l’émergence de talents venus de toutes les régions — du Pays basque à la Bretagne, de la Méditerranée à la Charente — ont créé une base solide.
Les Bleus incarnent cette vision inclusive : le para surf français n’est plus seulement une discipline à part, c’est un modèle de performance et d’inspiration.
Un hommage à Fred Biscayar, pionnier disparu
Ce triplé historique résonne comme un hommage. En 2015, lors du premier championnat du monde à Oceanside, le capitaine s’appelait Fred Biscayar. Ancien directeur de la Ligue de Surf Nouvelle-Aquitaine, disparu en 2023, il a été l’un des fondateurs du mouvement Handi Surf. Plusieurs membres de l’équipe actuelle — Éric Dargent, Maxime Cabanne, Serge Lougarot — étaient déjà là à ses côtés, il y a dix ans. Ce troisième titre mondial est aussi le leur, et le sien.
Le classement mondial 2025
Rang
Nation
Points
🥇 1
France
13 741
🥈 2
États-Unis
10 151
🥉 3
Brésil
9 958
4
Australie
8 965
5
Italie
5 416
...
...
...
Trois années de domination tricolore (2023, 2024, 2025). Un palmarès qui inscrit définitivement la France dans l’histoire du para surf mondial. Les États-Unis, longtemps hégémoniques, voient désormais l’écart se creuser. Le Brésil et l’Australie complètent un podium qui, depuis trois ans, a pris des allures de duel France/monde.
L’esprit bleu : plus qu’une équipe, une famille
Dans le bus du retour vers Los Angeles, les planches empilées et les médailles autour du cou, on entend des rires, des embrassades, et cette phrase qui revient sans cesse : « On l’a fait ensemble. »
C’est peut-être ça, le secret des Bleus : un état d’esprit collectif, une force tranquille, et une joie communicative. La victoire n’est pas seulement dans les scores, elle est dans le lien entre ces surfeurs et surfeuses qui incarnent la résilience.
Des visages différents, des parcours uniques, mais une même flamme : celle de l’océan, du dépassement et du partage. Et derrière eux, une France qui peut être fière de ses champions.
Une hégémonie appelée à durer
Un titre mondial individuel en 2023, deux en 2024, cinq en 2025 : la progression française est spectaculaire. Les jeunes comme Valentine Moskoteoc ou Héloïse Lauriol assurent la relève, pendant que les vétérans guident, transmettent, inspirent. La fédération a trouvé la bonne alchimie entre formation, innovation et inclusion.
Et si ce triplé n’était qu’un début ? Oceanside 2025 restera comme une date historique, mais les Bleus ont déjà la tête à 2026. L’ambition ? Continuer à repousser les limites — et à prouver que dans l’eau, le courage n’a pas de handicap.
Ils et elles sont les Bleus du para surf 2025
Laurie Phipps, Valentine Moskoteoc, Guillaume Colin, Thomas Da Silva, Pierrot Gagliano, Béatrice Duran, Éric Dargent, Céline Rouillard, Gaëlle Habri, Solange Balay, Maxime Cabanne, Emmanuelle Blanchet, Héloïse Lauriol, Maxime Clarkin, Clément Clavaud, et toute la team menée par Jean-Marc St Geours, Serge Lougarot, Carol Combecave, Edouard Manson et les binômes Handi Surf.
Une équipe pas comme les autres, unie par la même vague : celle du dépassement de soi.
Hans Odriozola et Maria Salgado triomphent au Junior Pro Taghazout Bay 2025
Le rideau est tombé sur la saison européenne junior 2025. Dans un décor marocain baigné de soleil et de houle, le Junior Pro Taghazout Bay a livré son verdict final : Hans Odriozola (Espagne) et Maria Salgado (Portugal) s’imposent au terme d’une semaine intense à Anza. Une dernière étape décisive pour le classement européen, qui sacre Maria Salgado et Alfonso Suarez champions d’Europe juniors, tout en désignant les surfeurs qualifiés pour les World Junior Championships 2026 aux Philippines.
Hans Odriozola, première victoire et coup d’éclat à Anza
À seulement 17 ans, Hans Odriozola a décroché au Maroc le premier titre de sa jeune carrière sur le circuit Junior Qualifying Series (JQS). Parti sans pression — classé sixième avant la compétition — le surfeur basque espagnol a brillé par son surf fluide et engagé, jusqu’à créer la surprise lors d’une finale à suspense.
Opposé à Michele Scoppa (Italie), Conor Donegan Dos Santos (Espagne) et João Mendonça (Portugal), Odriozola a attendu la dernière minute pour scorer une vague notée 7,47, la meilleure du heat, et s’imposer avec un total de 12,80 points. Une victoire pleine d’émotion pour le jeune talent de Saint-Sébastien :
“Je n’avais rien à perdre, alors j’ai surfé librement. Gagner ici, c’est incroyable, surtout après une saison difficile. Le plus dur a été d’affronter mon frère Kai, c’était un moment particulier.”
Scoppa, leader jusque dans les dernières secondes, doit se contenter de la deuxième place, devant Donegan Dos Santos et Mendonça.
Maria Salgado, reine d’Europe avec une troisième victoire
Chez les filles, Maria Salgado (Portugal) a confirmé son statut de favorite. Déjà victorieuse à Ferrol (Espagne) et Bundoran (Irlande), la Portugaise a ajouté un troisième succès cette saison à Anza, synonyme de titre européen junior 2025.
Longtemps en duel avec l’Espagnole Carla Morera De La Vall, leader avant l’étape marocaine, Salgado a profité de l’élimination de sa rivale en demi-finales pour prendre l’ascendant. En finale, elle s’est imposée grâce à une vague notée 8,00, dominante face à Sol Borelli (Espagne), Clémence Schorsch (France) et Lilou Rumiel (France).
“Je n’ai pas de mots, c’est le plus beau jour de ma vie. Gagner au Maroc et décrocher le titre européen, c’est un rêve. Le niveau des filles ne cesse d’augmenter, je veux continuer à progresser et représenter l’Europe du mieux possible.”
Salgado boucle une saison exceptionnelle, avec régularité, engagement et une maturité impressionnante pour son âge.
Les qualifiés pour les Championnats du Monde Juniors 2026
Avec ces résultats, les représentants européens pour les World Junior Championships 2026 aux Philippines (janvier 2026) sont désormais connus.
Côté féminin : 🇵🇹 Maria Salgado (championne d’Europe) et 🇪🇸 Carla Morera De La Vall (vice-championne)
Côté masculin : 🇪🇸 Alfonso Suarez (champion d’Europe) et 🇪🇸 Conor Donegan Dos Santos (vice-champion)
L’Espagne confirme sa domination sur le circuit junior cette année, avec trois des quatre qualifiés issus de la péninsule ibérique. Suarez, sacré malgré une élimination précoce à Anza, a vu ses rêves se concrétiser dans l’attente fébrile du résultat final :
“C’était une saison longue et pleine d’émotions. Être le premier champion junior européen d’Asturies, c’est une fierté énorme. Maintenant, direction les Philippines !”
Un final de saison réussi pour le surf européen
Entre jeunes espoirs espagnols, portugais et français, le Junior Pro Taghazout Bay a offert un spectacle à la hauteur des attentes, dans des conditions solides et régulières sur le spot d’Anza. L’étape marocaine confirme son statut de rendez-vous incontournable du calendrier européen, mêlant surf de haut niveau et ambiance locale unique.
Les champions européens 2025 sont désormais connus, et l’avenir du surf européen semble plus prometteur que jamais. Prochaine étape : les Philippines, pour tenter d’aller chercher un titre mondial junior face à l’élite des surfeurs internationaux.
Junior Pro Taghazout Bay 2025 : les favoris frappent fort avant le Finals Day
Le suspense monte d’un cran à Anza. Pour cette troisième journée du Junior Pro Taghazout Bay 2025, les séries se sont enchaînées dans des vagues d’un bon mètre, propres et puissantes sous un léger vent offshore. Les meilleurs juniors européens ont livré un véritable récital, histoire de se placer idéalement avant le Finals Day prévu demain.
Conor Donegan Dos Santos en feu 🔥
Dès les premières minutes du Round of 32, Conor Donegan Dos Santos (ESP) a mis tout le monde d’accord avec un 9.33 quasi parfait, la meilleure vague du contest jusqu’ici. En combinant avec un solide 6.70, il signe un total de 16.03, le plus haut score du jour. Classé quatrième au classement européen, il pourrait bien bouleverser la hiérarchie s’il garde ce rythme.
Derrière lui, le Basque Oxel Oregi Cortes (EUK) a confirmé sa forme éclatante avec un 15.17, tandis que le Français Coucoulis Lapierre Esteban crée la surprise en éliminant le leader du ranking Alfonso Suarez. Coup dur aussi pour le numéro 2 Dylan Donegan Dos Santos, sorti par un duo espagnol redoutable : Hans Odriozola et Mateo Vazquez.
Ces éliminations relancent totalement la course au titre européen et aux billets pour les World Junior Championships.
Carla Morera montre qui est la patronne 👑
Chez les filles, la numéro 1 Carla Morera De La Vall (ESP) a dû batailler pour trouver son rythme, avant de s’imposer avec une dernière vague à 8.33, synonyme de victoire autoritaire.
La Française Sarah Leiceaga continue sur sa lancée avec un 8.27 dans sa série, tout comme Clémence Schorsch, Naïa Monte et Maria Salgado, toujours en lice pour le titre régional. Mention spéciale à Sol Borelli (ESP), meilleure performance féminine du jour (13.67).
En revanche, déception pour les Marocaines Maria Elouedrhiri et Ranya Squalli, sorties malgré le soutien du public local.
Demain, place aux quarts et aux finales, dans ce qui s’annonce comme une journée décisive pour couronner les champions juniors d’Europe.
Résultats – Hommes (Round of 32)
Heat
Résultat
1
Conor Donegan Dos Santos (ESP) 16.03 DEF. Louis Escudeiro (BEL) 10.80, Rivan Rosskopf (CHE) 10.23, Malakai Hagley (GBR) 5.00
2
Oxel Oregi Cortes (EUK) 15.17 DEF. João Mendonça (POR) 12.83, Inigo Madina (FRA) 9.14, Gabriel Abiven (FRA) 7.80
3
Coucoulis Lapierre Esteban (FRA) 12.76 DEF. Miguel Lages (POR) 10.86, Alfonso Suarez (ESP) 10.27, Teo Basterra (EUK) 9.20
4
Salvador Vala (POR) 11.33 DEF. Eder Fuentes (EUK) 10.54, Fernando Ibarra (ESP) 10.30, Tiago Guerra (POR) 7.90
5
Hans Odriozola (ESP) 14.27 DEF. Mateo Vazquez (ESP) 8.63, Dylan Donegan Dos Santos (ESP) 8.47, Pietro Garroux (ITA) 4.37
6
Michele Scoppa (ITA) 11.67 DEF. Uri Uziel (ARG) 8.70, Alvaro De La Fuente (ESP) 8.54, Zé Champalimaud (POR) 6.40
7
Tiago Stock (POR) 11.93 DEF. João Roque Pinho (POR) 10.50, Xan Atchoarena Masterson (EUK) 10.47, Hugo Flori (FRA) 9.60
8
TBD : Antoine Habashi (CHE) vs. Oinatz Ortega (EUK) vs. António Lucas (POR) vs. Kai Odriozola (ESP)
Résultats – Femm
es (Round of 32)
Heat
Résultat
1
Carla Morera De La Vall (ESP) 12.00 DEF. Laine Fernandez Goenaga (EUK) 10.57, Kaja Millward (GBR) 3.86, Maria Elouedrhiri (MAR) 2.37
2
Sarah Leiceaga (FRA) 13.27 DEF. Sara Romeo Astiazaran (EUK) 7.07, Cristina De Llano Ozores (ESP) 6.60, Ranya Squalli (MAR) 5.60
3
Sol Borelli (ESP) 13.67 DEF. Teresa Pereira (POR) 7.47, Clara Hirigoyen (FRA) 6.64, Maria Dias (POR) 4.36
Junior Pro Taghazout Bay : Anza s’enflamme pour les deux premiers jours
Le Junior Pro Taghazout Bay 2025 bat son plein au Maroc, sur le spot d’Anza, pour la dernière étape du circuit européen WSL Junior. Les deux premières journées ont offert un spectacle de haut niveau, portées par des vagues solides (1,5 à 2 mètres) et un vent offshore quasi parfait.
En ce 6 novembre, la compétition a coïncidé avec le 50e anniversaire de la Marche Verte, et la nature a fait les choses en grand : séries puissantes, manœuvres engagées, et quelques surprises dans les classements.
Chez les hommes, l’Espagnol Conor Donegan Dos Santos a signé le meilleur total de la journée (15.27 pts), confirmant son statut de favori. Derrière lui, les Portugais João Mendonça et Miguel Lages se sont distingués, tout comme les Français Gabriel Abiven et Louis Escudeiro, tous deux solides et appliqués dans leurs séries.
Chez les filles, Sarah Leiceaga (13.66 pts) et Teresa Pereira (14.17 pts) ont dominé les débats, tandis que Zoé Jaeckin (13.60 pts) a porté haut les couleurs françaises avec Sarah avec un surf précis et puissant.
La suite de la compétition s’annonce intense, avec l’entrée en lice des têtes de série ce vendredi 7 novembre à 7h30 (GMT+1). L’enjeu est immense : les titres européens et la qualification au championnat du monde se joueront à Anza dans les prochaines 48 heures.
Résultats de la deuxième journée de compétition
Junior Pro Taghazout Bay – Men, Round of 96 (Anza)
Heat
Surfeur
Total
Détail (vagues)
Statut
1
Michael Monteiro
9.83
6.00 + 3.83
Adv to R64 – HT 1
1
Rivan Rosskopf
8.10
4.37 + 3.73
Adv to R64 – HT 2
1
Lenny Morel
7.27
4.50 + 2.77
Eliminated
1
Odin Villarreal Bahamonde
4.57
2.67 + 1.90
Eliminated
2
Oxel Oregi Cortes
12.50
6.83 + 5.67
Adv to R64 – HT 1
2
Gabriel Abiven
12.50
8.00 + 4.50
Adv to R64 – HT 2
2
Jarko Kreuzeder
8.76
4.83 + 3.93
Eliminated
2
Piran Friend
3.23
2.33 + 0.90
Eliminated
3
Inigo Madina
12.00
6.33 + 5.67
Adv to R64 – HT 3
3
Malakai Hagley
10.20
7.83 + 2.37
Adv to R64 – HT 4
3
Thomas De Leonardo
6.70
3.83 + 2.87
Eliminated
3
Matias Lopes
9.67
5.17 + 4.50
Eliminated
4
Kilian Rosskopf
9.63
5.00 + 4.63
Adv to R64 – HT 4
4
Louis Escudeiro
9.07
4.57 + 4.50
Adv to R64 – HT 3
4
Teo Cajide
8.57
4.70 + 3.87
Eliminated
4
Milo Shani
2.94
1.67 + 1.27
Eliminated
5
Kai Schmitz Sanchidrian
8.47
6.07 + 2.40
Adv to R64 – HT 6
5
Miguel Lages
12.00
6.17 + 5.83
Adv to R64 – HT 5
5
Achille Clerc
6.60
3.50 + 3.10
Eliminated
5
Gaston Dheere Gardahaut
6.23
3.13 + 3.10
Eliminated
6
Alejo Linares
9.04
4.67 + 4.37
Adv to R64 – HT 5
6
Teo Basterra
10.30
5.33 + 4.97
Adv to R64 – HT 6
6
Daniel Román
8.27
4.27 + 4.00
Eliminated
6
Louka Tirilly De Vera
6.63
3.63 + 3.00
Eliminated
7
Marley Benesenes Masse
11.16
6.33 + 4.83
Adv to R64 – HT 7
7
Tiago Guerra
10.40
5.73 + 4.67
Adv to R64 – HT 8
7
Joaquim Trindade
8.86
5.33 + 3.53
Eliminated
7
Rory Murphy
7.37
4.20 + 3.17
Eliminated
8
Sun Shlomo Malka
11.34
6.07 + 5.27
Adv to R64 – HT 8
8
Ugaitz Zenarrutzabeitia Lazkano
8.44
5.07 + 3.37
Adv to R64 – HT 7
8
Stefano Mandozzi
6.00
4.07 + 1.93
Eliminated
8
Lahcen Ourchim
7.67
4.17 + 3.50
Eliminated
9
Zé Champalimaud
8.40
4.33 + 4.07
Adv to R64 – HT 9
9
Alvaro De La Fuente
7.84
4.17 + 3.67
Adv to R64 – HT 10
10
Alberto Barzan
12.50
6.50 + 6.00
Adv to R64 – HT 10
10
Alvaro Casanova Del Cerro
9.43
5.50 + 3.93
Adv to R64 – HT 9
11
Mateo Vazquez
11.64
7.67 + 3.97
Adv to R64 – HT 11
11
Marco Marin
10.26
5.93 + 4.33
Adv to R64 – HT 12
12
Pietro Garroux
8.93
4.50 + 4.43
Adv to R64 – HT 12
12
Baltazar Barbosa Leão
7.27
4.00 + 3.27
Adv to R64 – HT 11
13
Antoine Habashi
10.67
6.17 + 4.50
Adv to R64 – HT 13
13
Kalani Giraud
8.67
5.00 + 3.67
Adv to R64 – HT 14
14
Bruno Amado
12.07
6.40 + 5.67
Adv to R64 – HT 14
14
Jose Gonçalves
7.34
3.67 + 3.67
Adv to R64 – HT 13
15
António Lucas
10.96
6.13 + 4.83
Adv to R64 – HT 15
15
Celyan Denis
10.60
6.00 + 4.60
Adv to R64 – HT 16
16
Hugo Flori
10.94
7.07 + 3.87
Adv to R64 – HT 16
16
Noah Davis
10.66
6.33 + 4.33
Adv to R64 – HT 15
Junior Pro Taghazout Bay – Women, Round of 48 (Anza)
Heat
Surfeuse
Total
Détail (vagues)
Statut
1
Laine Fernandez Goenaga
8.00
4.83 + 3.17
Adv to R32 – HT 1
1
Cristina De Llano Ozores
5.33
3.73 + 1.60
Adv to R32 – HT 2
1
Lauren Sandland
4.77
4.00 + 0.77
Eliminated
1
Rachel Devin
3.17
2.17 + 1.00
Eliminated
2
Sarah Leiceaga
13.66
7.33 + 6.33
Adv to R32 – HT 2
2
Kaja Millward
5.34
2.67 + 2.67
Adv to R32 – HT 1
2
Anna Gavriel
1.33
0.83 + 0.50
Eliminated
2
Sapir Korsia
3.17
2.67 + 0.50
Eliminated
3
Teresa Pereira
14.17
7.50 + 6.67
Adv to R32 – HT 3
3
Sunny Ingram
8.74
4.87 + 3.87
Adv to R32 – HT 4
3
Carla Mendez Acebo
7.77
4.00 + 3.77
Eliminated
3
Caterina Congiu
4.84
3.17 + 1.67
Eliminated
4
Sol Borelli
7.57
5.00 + 2.57
Adv to R32 – HT 3
4
Diana Giorgi
6.03
3.50 + 2.53
Eliminated
4
Ana Piñón
4.20
2.53 + 1.67
Eliminated
4
Adriana Fernandez Hidalgo
9.83
5.60 + 4.23
Adv to R32 – HT 4
5
Oihane Goñi
9.10
5.33 + 3.77
Adv to R32 – HT 6
5
Magnolia Rossi
9.90
5.17 + 4.73
Adv to R32 – HT 5
5
Maria Butler
5.40
2.83 + 2.57
Eliminated
5
Lila Skinner
8.00
4.17 + 3.83
Eliminated
6
Lily Hirigoyen
9.44
6.17 + 3.27
Adv to R32 – HT 5
6
Costanza De Lisi
4.30
3.00 + 1.30
Eliminated
6
Zoé Jaeckin
13.60
6.93 + 6.67
Adv to R32 – HT 6
6
Ludovica Chila
4.77
2.50 + 2.27
Eliminated
7
Chiara Cuppone
8.13
5.50 + 2.63
Adv to R32 – HT 7
7
Ane Loreiro Cubero
6.36
3.43 + 2.93
Eliminated
7
Constância Simões
6.80
4.17 + 2.63
Adv to R32 – HT 8
7
Margo Liets
6.10
3.57 + 2.53
Eliminated
8
Belle Betteridge
5.67
4.67 + 1.00
Adv to R32 – HT 7
8
Isabella O’reilly
3.83
3.50 + 0.33
Eliminated
8
Ruby Fanning
2.20
1.43 + 0.77
Eliminated
8
Malia Dupouy
8.54
4.77 + 3.77
Adv to R32 – HT 8
Edouard Delpero vice-champion du monde : un goût amer
L’ancien monde face au nouveau
C’est une fin de saison cruelle pour Edouard Delpero. Le Français, en position de force avant cette dernière étape à El Salvador, repart finalement vice-champion du monde, battu par l’Australien Kai Ellice-Flint. Un dénouement amer, tant cette finale a laissé un sentiment d’incompréhension. Car au-delà du résultat, c’est tout un style de surf qui semblait jugé différemment.
Depuis plusieurs années, la scène longboard mondiale se déchire entre deux visions : le surf classique, fluide et enraciné dans l’histoire, incarné par Kai Ellice-Flint dans cette finale, et le new school plus aérien, plus radical, parfois plus démonstratif que stylé, incarné Édouard Delpero. Le combat des Singles Fins contre les tri-fins. Et ce soir, à El Sunzal, on a eu le sentiment que la balance penchait lourdement d’un côté.
Quand les detin est contrevous
Des notes qui interrogent
Dans le premier heat de la finale, un 9,50 attribué à Ellice-Flint a mis le ton. Une vague certes propre, mais avec des noses courts, où le surfeur met des manoeuvres mais avec l'instabilité d'un single fins. On y voit plus du style que de l'action. (je vous laisse juge, la vidéo est en bas de page) Derrière, Edouard enchaîne une vague avec des noses rides bien plus long et propre avec des manoeuvres plus appuyées… pour une note nettement inférieure. De quoi susciter la frustration chez le fan que je suis, tant l’écart de notation semble difficile à justifier.
Et comme si le destin s’en mêlait, une scène totalement improbable se déroule sur la plage :
Les planches d’Edouard Delpero, perdues pendant le voyage, arrivent… en plein milieu de la finale. Jusque-là, le Français surfait sur une planche prêtée par Rachael Tilly elle-même. Au moment où ses propres boards réapparaissent, un membre de l’équipe se met à monter les dérives et waxer la planche dans l’urgence, tandis qu’Edouard rame pour sa prochaine vague. Un moment presque paranormal, résumé par la WSL : “@edouarddelpero was riding @rachaeltilly’s boards the last few days with his lost in transit. Halfway through the final, the boards made it! Crazy scenes here at El Salvador Longboard Championships.”
Le genre de séquence où l’on se dit que le sort a choisi son camp.
Sur les séries suivantes, le scénario se répète. Delpero peine à trouver les meilleures vagues, la fréquence est faible, les opportunités rares. À la deuxième série, alors qu’il a la priorité, il part trop à l’intérieur — une erreur rare, presque symbole d’impuissance. Tout semble aller dans le mauvais sens : les conditions, le rythme, les notes.
Le triomphe d’un style
En face, Kai Ellice-Flint incarne la nouvelle génération du longboard australien : planches single-fin, on est sur un surf très stylisé qui séduit visiblement le panel de juges. Pour ma part, je suis un peu perdu, comment noter un style ? À aucun moment, Edouard n’a semblé en mesure de renverser la tendance. Pourtant, le Basque avait tout pour offrir au public une leçon de pureté dans un surf que beaucoup considèrent comme l’essence même de la discipline.
Ce duel old school / new school, déjà latent depuis plusieurs saisons, on en parlait déjà lors de la précédente compétition, trouve ici son expression la plus brutale. Le résultat n’efface en rien la saison exceptionnelle d’Edouard, revenu au sommet à 35 ans, ni son statut de longboarder exceptionnel.
Tilly, impériale chez les femmes
Chez les femmes, Rachael Tilly s’impose une nouvelle fois et décroche un troisième titre mondial, dont deux consécutifs. Implacable, la Californienne Rachael Tilly signe un parcours parfait : six victoires consécutives, une domination sans faille, et un troisième titre mondial obtenu face à Avalon Gall (USA), 15.20 à 12.44 puis 13.50 à 12.54. À 27 ans, elle rejoint le cercle fermé des triple championnes du monde, aux côtés de Soleil Errico et Honolua Blomfield.
Rachael Tilly (USA) déf. Kelis Kaleopaa (HAW), Tully White (AUS)
15.83 – 15.27 – 10.37
Hommes
Round
Résultat
Score
Title Match 2
Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Edouard Delpero (FRA)
16.00 – 10.33
Title Match 1
Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Edouard Delpero (FRA)
17.67 – 12.84
Match 4
Kai Ellice-Flint (AUS) déf. Taylor Jensen (USA)
15.27 – 9.17
Match 3
Taylor Jensen (USA) déf. Declan Wyton (AUS)
16.17 – 14.50
Match 2
Declan Wyton (AUS) déf. Max Weston (AUS), Kevin Skvarna (USA)
13.36 – 10.90 – 6.67
Match 1
Declan Wyton (AUS) déf. Steven Sawyer (RSA), Rogelio JR Esquievel (PHL)
12.73 – 11.83 – 10.43
Le rêve fou d’Édouard Delpero : à une série du sacre mondial
Il y a encore quelques semaines, personne n’aurait osé y croire. Édouard Delpero, 13ᵉ au classement mondial, voyait s’éloigner la grande finale du World Longboard Tour. Et pourtant… Après une victoire incroyable à Abu Dhabi, le Français se retrouve aujourd’hui n°1 mondial, à une seule série d’un titre de champion du monde WSL, le seul qui manque à sa légende.
D’Abu Dhabi à El Salvador : la remontée d’un miraculé
Le décor ? Une piscine à vagues au cœur du désert. Le scénario ? Totalement improbable. Avant la compétition, Delpero n’était même pas qualifié pour la finale mondiale. Il lui fallait un miracle. Ce miracle a pris la forme d’une victoire magistrale lors du Surf Abu Dhabi Longboard Classic, où il a survolé la compétition, grâce à sa maîtrise parfaite du barrel sur chaque vague artificielle.
Grâce à ce succès, le Biarrot grimpe du 13ᵉ au 1er rang mondial, décrochant le statut de tête de série pour la grande finale au Salvador. Un renversement de situation comme le surf en produit rarement, et qui résume à lui seul la détermination d’un athlète toujours animé par la passion du longboard et du surf.
Une finale à suspense : le format “winner-take-all”
La Surf City El Salvador Longboard Championships (5 au 9 novembre) s’annonce comme un moment historique. Huit hommes et huit femmes s’y disputeront les couronnes mondiales dans un format inspiré du Championship Tour. Les règles sont simples : les surfeurs les mieux classés affrontent les autres dans une succession de séries éliminatoires, jusqu’au “Title Match”, où attend le n°1 mondial.
Pour Édouard Delpero, cela signifie qu’une seule série gagnée pourrait le sacrer champion du monde WSL 2025. En cas de défaite lors de la première manche, il aura droit à une revanche immédiate, dans un duel au meilleur des trois séries. Une dernière marche pour boucler un parcours exceptionnel.
Le rendez-vous d’El Sunzal
La scène de cette bataille finale : El Sunzal, un point break den droite d’une beauté saisissante, situé à La Libertad, au cœur du projet Surf City du Salvador. Une vague longue, régulière, parfaite pour exprimer la grâce et le flow du longboard moderne. “C’est juste une vague parfaite pour un longboard”, résume le quadruple champion du monde Taylor Jensen, qui sera l’un des prétendants.
Delpero, 35 ans, connaît bien l’endroit. Il y a surfé pour la dernière fois en 2023. Cette fois, il y revient avec un seul objectif : décrocher la couronne mondiale, un titre qui viendrait couronner une carrière exemplaire, marquée par la constance, la technique et une élégance rare.
Une consécration attendue depuis toujours
Déjà multiple champion d’Europe, finaliste à plusieurs reprises sur le circuit mondial, Champion du monde ISA, Édouard Delpero a tout connu sauf cette ultime consécration. Longtemps dans l’ombre du frère cadet Antoine, également star du longboard, Édouard a tracé sa propre voie, fidèle à un surf pur et sans artifice.
Aujourd’hui, le Français a l’occasion de marquer l’histoire du surf hexagonal : aucun surfeur tricolore n’a encore remporté le titre mondial WSL Longboard. Avec son expérience, sa maturité et sa vision du surf, il est plus prêt que jamais. Et si le scénario de cette saison s’est déjà révélé incroyable, le meilleur reste peut-être à venir.
🏆 Un champion du monde français ?
La réponse pourrait tomber dans les heures à venir à El Sunzal. Une victoire, une seule, séparerait désormais Édouard Delpero d’un rêve poursuivi depuis plus d’une décennie. Et si la France tenait enfin son premier champion du monde WSL Longboard ? Rendez-vous ce jeudi ou vendredi en fonction des conditions.
Le Rip Curl International GromSearch 2025 débarque à Hossegor
Chaque automne, Hossegor devient le centre du monde du surf. Les pros y chassent les tubes parfaits sur nos bancs de sable, les passionnés s’y retrouvent pour un dernier baroud avant l’hiver… et cette année, la relève mondiale y fera ses armes : le Rip Curl International GromSearch 2025 posera ses valises sur les plages landaises du 4 au 8 novembre. Un retour symbolique pour un événement qui a vu éclore quelques-uns des plus grands talents du surf moderne.
L’Australie s’impose à Hossegor : Ocean Lancaster et Eliza Richardson triomphent
Le rideau est tombé sur le Rip Curl International GromSearch 2025, et c’est une double victoire australienne qui a clôturé une semaine d’exception sur le spot du Santocha à Capbreton. Les vagues ont répondu présentes, avec un mètre cinquante propre et creux, portées par un vent offshore et un public venu nombreux encourager la nouvelle génération du surf mondial.
Chez les garçons, Ocean Lancaster (16 ans) a livré une démonstration de précision et de sang-froid. En finale, il a dominé le jeune prodige brésilien Arthur Vilar (14 ans), pourtant auteur du meilleur score du contest (9,33) sur un Kerrupt Flip magistral lors de la demi-finale. “C’est irréel, tout s’est passé si vite. C’est le plus beau jour de ma vie de surfeur”, a confié Lancaster, encore tremblant d’émotion après sa victoire (16 pts contre 12,83).
Côté féminin, la performance d’Eliza Richardson (15 ans) restera dans les mémoires. Blessée l’an dernier, elle signe un retour éclatant en s’imposant face à la Sud-Africaine Emily Jenkinson (16 ans). Grâce à une approche stratégique et des turns puissants dans les secxtions critiques, la surfeuse de Lennox Head s’est assurée un premier sacre international (12,57 pts contre 7,4). “Je n’y crois pas encore. J’ai surfé libérée, sans penser au résultat. C’est magique !”, a-t-elle déclaré en larmes sur le podium.
Entre les séries, le public a eu droit à un show XXL : Molly Picklum, Crosby Colapinto, Tom Curren, Tya Zebrowski, Lukas Skinner, Kyllian Guerin et Justin Becret ont offert une démonstration de haut vol, dans une ambiance digne d’un mini Quik Pro. Le tout rythmé par les commentaires enjoués de Paul Evans.
En 2025, le GromSearch confirme son rôle de tremplin planétaire : la majorité des surfeurs actuels du Championship Tour sont passés par cette compétition. Et à voir le niveau affiché cette semaine à Hossegor, la relève est prête à reprendre le flambeau.
Après Bali en 2024, la finale internationale du GromSearch, présentée par Sun Bum, prend la direction d’Hossegor. Une destination naturelle pour la marque australienne, tant la région incarne sa philosophie : vagues puissantes, ambiance roots et jeunesse dorée du surf européen.
“Nous sommes très enthousiastes à l’idée de ramener les meilleurs groms du monde dans un lieu aussi mythique que Hossegor”, a déclaré James Taylor, General Manager Marketing de Rip Curl. “C’est un endroit où les beach breaks peuvent offrir de vraies vagues de compétition, parfaites pour révéler les futurs champions.”
Le programme s’annonce dense : 16 surfeurs et surfeuses venus d’Australie, du Brésil, d’Argentine, des États-Unis, d’Indonésie, d’Afrique du Sud et d’Europe, auxquels s’ajouteront deux wildcards issues de la compétition digitale #GromSearchOnline, qui était ouverte jusqu’au 1er octobre.
Les futurs Gabriel Medina et Molly Picklum en action
Le GromSearch n’est pas un simple contest junior : c’est une usine à champions. Depuis 26 ans, cette série déniche les talents qui domineront le surf mondial. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 60 % des surfeurs actuels du Championship Tour sont passés par ce circuit. Cinq des six médaillés olympiques en surf ont un jour arboré un lycra GromSearch. Et les 18 derniers titres mondiaux féminins ont tous été remportés par d’anciennes participantes !
Gabriel Medina, Caroline Marks, Caitlin Simmers, Tatiana Weston-Webb, Leonardo Fioravanti, Samuel Pupo, Brisa Hennessy… la liste ressemble à un panthéon du surf contemporain. Pour les jeunes engagés à Hossegor, ce n’est pas qu’une compétition : c’est une porte d’entrée vers l’élite mondiale.
Les jeunes Français dans la bataille
Avant la grande finale internationale, deux rendez-vous français viendront pimenter le mois d’octobre :
Lacanau (18-20 octobre) : étape reprogrammée du circuit français.
Hossegor (22-23 octobre) : Finale européenne, qui désignera les représentants du Vieux Continent pour la finale mondiale.
On y attend une génération française prometteuse, façonnée par les beach breaks exigeants de la côte Atlantique.
À l’heure où la France cherche ses futurs représentants pour les Jeux de Los Angeles 2028, le GromSearch s’impose comme un laboratoire du surf de demain.
Hossegor, le spot parfait pour forger des champions
Début novembre, Hossegor retrouve souvent ses plus belles conditions : houles consistantes, sable bien sculpté, offshore matinal et tubes parfaits. Un terrain de jeu idéal pour ces surfeurs en devenir, qui devront allier puissance et stratégie face à la volatilité du beach break.
Entre La Nord, Les Culs Nus et La Gravière, les vagues changent sans prévenir, récompensant l’instinct plus que la force brute. C’est justement ce que recherche Rip Curl : déceler ceux qui savent lire l’océan, pas seulement le dompter.
Et cette année, deux figures du CT seront là pour inspirer la nouvelle génération :
Molly Picklum, championne du monde 2025, symbole de persévérance et de style sans compromis.
Crosby Colapinto, surfeur californien au flow impeccable, grand frère de la scène grom internationale.
Leur présence promet d’électriser les jeunes compétiteurs — et de créer de beaux moments de partage sur la plage.
Le digital au cœur du dispositif
En 2025, impossible d’imaginer un événement sans sa part d’innovation digitale. Le GromSearch le prouve avec son concours #GromSearchOnline, qui permet à des jeunes du monde entier d’envoyer leurs vidéos pour décrocher une wildcard. Un format qui colle à la nouvelle génération : connectée, créative, spontanée.
Les finales seront retransmises en direct sur ripcurl.com et les réseaux sociaux de la marque, avec des résumés quotidiens et des contenus immersifs. Une belle vitrine pour ces jeunes surfeurs dont les premiers tubes pourraient déjà faire le tour du monde avant même d’être jugés.
Un tremplin plus qu’une compétition
Au-delà des podiums et des scores, le Rip Curl GromSearch incarne un état d’esprit : celui de la découverte, de la camaraderie et du surf dans sa forme la plus pure. Chaque édition révèle non seulement des champions, mais aussi des histoires humaines. Celle du kid brésilien qui découvre l’Europe, de la surfeuse basque qui affronte pour la première fois des vagues landaises, du jeune Indo qui surfe pieds nus sur le sable froid d’Hossegor.
Cette rencontre des cultures et des styles fait du GromSearch bien plus qu’un simple “event” : c’est une école du surf mondial.
Le Nazaré Big Wave Challenge lance sa waiting period : les Français prêts pour le show
Chaque année, à l’approche de l’hiver, Nazaré entre en veille active. Les surfeurs de gros scrutent les cartes météo, les équipes de jet-skis font chauffer les moteurs, et les caméras du monde entier attendent la déferlante. Depuis le 1er novembre et jusqu’au 31 mars 2026, la waiting period du Tudor Nazaré Big Wave Challenge est officiellement ouverte. Un seul jour, une seule fenêtre : celle où la houle, le vent et le courage s’aligneront pour écrire une nouvelle page de l’histoire du surf XXL.
La saison des monstres est ouverte
Nazaré, c’est un cirque aquatique géant où les vagues atteignent parfois la hauteur d’un immeuble de dix étages. Grâce à son canyon sous-marin unique (bien que ressemblant à celui de Hossegor), Praia do Norte agit comme un entonnoir qui concentre la houle atlantique dans des murs d’eau d’une violence rare. Pour que la compétition ait lieu, il faut un minimum de 25 pieds (environ 8 mètres) et des conditions parfaites : vent offshore, direction de houle idéale et suffisamment de fréquence pour rassasier la folie des athlètes.
La World Surf League veille : quand un swell monstrueux se profile, elle déclenche une “alerte jaune” 72 heures avant l’éventuelle mise à l’eau. Si les prévisions se confirment, l’“alerte verte” est donnée, et tout le gratin du surf de gros débarque à Nazaré, planches et gilets gonflables sous le bras.
Le format reste inchangé : neuf équipes de deux surfeurs, alternant entre la conduite du jet-ski et le surf. Trois récompenses sont en jeu : meilleure performance masculine, meilleure performance féminine et meilleure équipe.
Les Français au rendez-vous… ou presque
Cette année encore, la France sera bien représentée — et plutôt fièrement. Justine Dupont, reine incontestée de Nazaré, remet son titre en jeu après avoir remporté la meilleure performance féminine en 2025. Elle fera équipe avec Éric Rebière, pionnier du surf de gros français et l'un des meilleurs pilotes de jet au monde. Son compatriote Clément Roseyro, la révélation de la dernière édition, sera de nouveau associé au Portugais Nic von Rupp, duo explosif et redoutablement efficace, lauréat du trophée de la meilleure équipe l’an passé.
Autre tandem franco-chilien : Pierre Rollet avec Rafael Tapia, deux habitués des sessions à Nazaré. Et enfin, Benjamin Sanchis – figure historique du surf de gros tricolore – repartira à l’assaut du monstre portugais aux côtés du Marocain Jérôme Sahyoun.
Nazaré, théâtre du chaos
La beauté du Nazaré Big Wave Challenge, c’est son imprévisibilité totale. En quelques heures, une alerte peut tout faire basculer : billets d’avion, matériel, sécurité, logistique… Rien n’est figé, tout dépend du ciel et de l’océan. L’an dernier, les conditions avaient permis une journée historique, avec des vagues de 10 mètres et des performances d’anthologie.
Mais au-delà de la compétition, Nazaré est devenu un symbole. Popularisé par la série The 100 Foot Wave sur HBO, le spot portugais a dépassé la sphère du surf pour devenir une légende planétaire. Chaque session, chaque wipeout, chaque sauvetage est immortalisé sur les réseaux, contribuant à nourrir ce mythe fascinant du surf de l’extrême.
En attendant l’alerte jaune
Pour l’heure, les teams patientent, prient pour une tempête bien positionnée, et se préparent à l’inimaginable. Quand Nazaré s’éveille, le monde du surf retient son souffle. Les jets rugiront, les vagues gronderont, et quelque part au large du phare rouge, un Français – ou quatre – tentera d’inscrire son nom dans l’histoire.
Le Pro Junior européen s’offre une grande finale à Taghazout
C’est au Maroc, que se joue la dernière manche du circuit européen Pro Junior 2025. À partir de demain, les meilleurs surfeurs et surfeuses de moins de 20 ans se retrouveront sur le spot d’Anza (faute de houle suffisante pour surfer la Pointe Des Ancres) pour clore une saison qui, pour une fois, aura vraiment eu de la gueule.
Un final décisif au Maroc
Le Junior Pro Taghazout Bay marque la quatrième et dernière étape du circuit WSL Europe Junior 2025. Après la France, l’Espagne et l’Irlande, la caravane junior pose ses planches sur les côtes marocaines pour une semaine qui s’annonce aussi ensoleillée que stratégique.
Certes, le suspense pour le titre européen est déjà retombé : aucun surfeur ou surfeuse français ne peut mathématiquement coiffer la couronne avant même le premier heat. Mais l’enjeu reste de taille. Cette dernière compétition déterminera qui se qualifiera pour les WSL World Junior Championships, l’équivalent d’un ticket pour le surf mondial de demain.
En tête du classement, on retrouve l’Espagnol Alfonso Suarez, impressionnant de régularité cette saison avec une victoire à Ferrol et un podium à Razo. Chez les filles, sa compatriote Carla Morera De La Vall mène la danse après deux victoires éclatantes (Razo et Capbreton), mais la Portugaise Maria Salgado n’a pas dit son dernier mot.
Anza, un spot taillé pour les jeunes talents
Si le choix du Maroc peut surprendre pour une finale européenne, il prend tout son sens. Le spot d’Anza, situé juste avant Taghazout, offre une vague assez proche de Trestles, parfaite pour les juniors. Beaucoup plus consistante que la célèbre Pointe des Ancres, la vague d’Anza déroule régulièrement et autorise de nombreux enchaînements — un terrain de jeu idéal pour juger du style et de la créativité des surfeurs.
Et pour les jours de grâce, si la houle venait à grossir, la Pointe des Ancres reste là, prête à délivrer ses longues droites tubulaires. Un combo rare sur le circuit junior, souvent habitué à des plages ventées et inconsistantes. Cette étape montre une vraie volonté de la WSL Europe d’emmener les jeunes vers des vagues dignes de ce nom, et pas seulement vers les beachbreaks moyens du Vieux Continent.
Comme le souligne un coach présent sur place :
“C’est ce genre d’expérience qui forge un vrai surfeur professionnel. Surfer au Maroc, c’est apprendre la patience, la lecture de vague, et le respect d’une culture du surf différente.”
Une belle saison pour le surf junior européen
Ce final marocain vient clôturer une saison 2025 bien plus homogène et inspirante que les précédentes. Des étapes comme Capbreton, Razo ou l’Irlande ont offert une vraie diversité de conditions, loin du format aseptisé que l’on reprochait parfois au circuit junior. On a vu des jeunes européens capables de performer dans le froid du nord comme dans la chaleur du sud, preuve que le niveau s’élève et que l’Europe sait produire des surfeurs complets.
La présence de Kai Odriozola, déjà habitué du Challenger Series, ajoute un peu de piment à cette finale. Le Basque, quart-de-finaliste du QS 3000 de Taghazout plus tôt dans l’année, fera figure de favori logique. Mais dans ces compétitions juniors, tout reste possible.
Quoi qu’il en soit, voir un Pro Junior se dérouler au Maroc à Taghazout, est une excellente nouvelle pour la scène européenne. Le royaume chérifien confirme son ancrage dans le surf international, avec des infrastructures solides, une hospitalité légendaire et surtout, des vagues qui méritent leur place sur les calendriers pros.
La compétition débutera demain mercredi 5 novembre à 8h00 (GMT+1) avec un premier call à Anza. Et cette fois, le futur champion junior surf européen pourra se vanter d'avoir gagner un vrai circuit...
Les nouveaux visages du surf français : Sam Piter et Hina Conradi sacrés champions de France 2025
Le surf français tient ses nouveaux rois et reines. Ce vendredi 31 octobre, sur les vagues des Bourdaines et de La Sud, les Championnats de France 2025 ont offert un feu d’artifice final digne de leur 61ᵉ édition. Au terme d’une journée pleine de rebondissements, Sam Piter a pris sa revanche sur Justin Becret, tandis que Hina Conradi a décroché son tout premier titre en Open. Ajoutez à cela le doublé historique de Margaux Vieuge et la performance solide de Teiva Portilla, et vous obtenez une journée qui restera dans les annales.
Sam Piter, la revanche du stratège
L’histoire entre Sam Piter et Justin Becret est désormais une rivalité à part entière du surf français. Un an après avoir dû s’incliner derrière son pote d’Hossegor, Sam a cette fois renversé le scénario avec une maîtrise et un sang-froid impressionnants. Sur les Bourdaines, les vagues n’avaient rien d’un long fleuve tranquille : houle solide, vent capricieux et séries qui fermaient sans prévenir. Dans ce chaos organisé, Sam Piter a fait parler sa tête. Après une première vague au large, il a choisi d’abandonner la zone principale pour se concentrer sur les vagues de bord, plus régulières. Un choix payant : un 6,1 pts dans les dernières minutes lui offre le titre, après une suspense à la seconde près. La plage entière a retenu son souffle, avant d’exploser quand le verdict est tombé.
« J’ai pris le risque de rester au bord, et ça a marché. Justin a gagné l’an dernier, je termine devant cette fois… », confiait Sam, sourire discret mais regard habité.
Avec ce titre, le Landais confirme ce que beaucoup savaient déjà : il a franchi un cap. Moins impulsif, plus tactique, il semble avoir trouvé l’équilibre entre son surf aérien et la maturité nécessaire pour gagner.
Résultat final championnat de France Homme Open 2025
Chez les filles, Hina Conradi a fait chavirer La Réunion et la métropole dans la même vague d’émotion. Face à Aelan Vaast, la tenante du titre, la jeune surfeuse réunionnaise a dû puiser dans ses réserves physiques et mentales. Les séries étaient puissantes, la barre difficile à passer. Après plusieurs tentatives infructueuses au large, Hina change de plan : direction le bord, où les vagues, plus petites mais mieux formées, offrent un terrain propice à son surf précis et engagé. Deux bonnes vagues plus tard, la voilà championne de France.
« J’étais épuisée, je ne voyais personne au large… Mais quand j’ai entendu toute la team réunionnaise descendre sur la plage, j’ai compris que c’était peut-être pour moi », a-t-elle soufflé, encore haletante à la sortie de l’eau.
Une victoire symbole d’une génération montante, à la fois technique et instinctive, capable d’adapter sa stratégie en plein combat.
Difficile de faire mieux que Margaux Vieuge ce vendredi. La jeune longboardeuse du Bidarteko Surf Club a signé un doublé rare et magistral : championne de France en espoirs, puis en open, à quelques minutes d’intervalle seulement. La scène, sur la plage de La Sud, valait son pesant de wax : Margaux portée en triomphe deux fois en une heure, sourire éclatant et planche en l’air.
« Je n’y croyais pas… J’étais juste venue prendre du plaisir. Deux titres, c’est fou », racontait-elle, encore incrédule.
Après le sacre de son frère Malone Vieuge chez les cadets, c’est toute la famille qui brille cette année. Et au-delà du symbole, c’est une confirmation : le longboard féminin français a de l’avenir, et il s’écrit à Bidart.
Teiva Portilla, la nouvelle force tranquille du longboard
Du côté des hommes, Teiva Portilla a lui aussi réalisé un doublé espoirs-open, digne des plus grands. Le jeune longboardeur a dominé les anciens champions de France avec assurance, notamment Roland Lefeuvre et Martin Coret, références du style français.
« Je suis encore sous le choc. Je rêvais d’un titre, pas de deux », souriait Teiva, lucide et modeste.
Un surf élégant, une constance rare, et une attitude exemplaire : tout laisse penser que Teiva Portilla s’installe durablement parmi les grands noms du longboard hexagonal.
Résultat Championnat France longboard Open Homme 2025
1 – Portilla Teiva (Nouvelle-Aquitaine) – 14,9 pts 2 – Coret Martin (Nouvelle-Aquitaine) – 11,03 pts 3 – Lefeuvre Roland (Nouvelle-Aquitaine) – 9,9 pts 4 – Agazar Jules (Région Sud de France) – 8,87 pts
Une génération qui prend le relais
Cette édition 2025 restera comme celle du renouveau. Les Piter, Conradi, Vieuge ou Portilla incarnent une génération à la fois humble, affamée et inspirante. Ils surfent vite, bien, et surtout avec une intelligence rare pour leur âge. Entre la fougue des anciens et la fraîcheur de ces nouveaux visages, le surf français vit un passage de témoin réussi. Et si cette journée aux Bourdaines et à La Sud a prouvé une chose, c’est que l’avenir du surf tricolore s’annonce… explosif.
Maud Le Car et Kaito Ohashi triomphent au Twin Fin Invitational 2025
Entre le 20 et le 28 octobre, Vieux-Boucau s’apprête à accueillir un événement pas comme les autres : le Twin Fin Invitational, imaginé par William Aliotti. Ici, pas de stress du classement ni de dossards : twins only, style, flow et innovation guident le show. C'est la deuxième édition de cette compétition pas comme les autres.
Les grands vainqueurs 2025
Maud Le Car (France) et Kaito Ohashi (Japon)**** ont été élus par leurs pairs pour leur style, leur créativité et leur flow. Ils incarnent à merveille l’esprit libre et artistique du Twin Fin Invitational. Autour d’eux, un plateau d’exception : Tom Curren, Ozzy Wright, Alex Knost, Aritz Aranburu, Gony Zubizarreta ou encore Victor Bernardo, tous venus célébrer la glisse pure, sans scores ni pression.
“Le Twin Fin, c’est avant tout un état d’esprit, pas une compétition. C’est une conversation entre la vague et le surfeur, à deux dérives.” — William Aliotti
Le concept en deux mots
Deux dérives, point. Pas de trailer qui traîne : l’ADN du contest, c’est le twinnie pur.
Pas d’élimination. Plusieurs sessions par jour, pour multiplier les opportunités et laisser la créativité s’exprimer.
Jugement par les pairs. Chaque soir, surfeur·euse·s et réalisateurs visionnent les meilleurs moments et votent ensemble. Ambiance crew, pas usine à scores.
Board-swap encouragé. Changer de planche, tenter d’autres lignes, surprendre… le format pousse à sortir de l’ordinaire.
Pourquoi ça cartonne ?
Le twin fin offre une vitesse immédiate et des lignes différentes : trajectoires hautes,des lignes différentes, glisse “fast & loose” qui déclenche des idées neuves. Sur la plage, ça se voit — barrels, carves haute ligne, petits airs propres — et à l’écran, c’est magnifique, une glisse qui privilégie le style. Bref, un antidote aux formats trop standardisés : moins de chiffres, plus de sensations.
Flashback 2024 : une première convaincante
La première édition, disputée à Seignosse, a réuni un casting international mêlant locaux affûtés et freesurfeurs de caractère. Résultat : deux jours de vagues landaises bien rangées, des A-frames qui ouvrent, des highlights à la pelle. À l’issue des visionnages collectifs, Victor Bernardo et Ainara Aymat ont été plébiscités — preuve que le duo fun & performance peut parfaitement cohabiter. L’esprit retenu ? Liberté, créativité, partage.
2025 : cap sur Vieux-Boucau
Waiting period : 20–28 octobre. L’organisation déclenche sur la meilleure fenêtre houle/vent.
Terrain de jeu. Entre Soustons et Vieux-Boucau, les bancs automnaux savent délivrer des pics qui tendent, des sections rapides, et de la place pour dessiner des lignes… à deux dérives.
Philosophie inchangée. Twins only, sessions multiples, vote du soir. Le spot précis sera révélé au dernier moment selon l’état des bancs.
Un événement à part
Plus qu’un contest, le Twin Fin Invitational 2025 a confirmé qu’il n’existe pas de frontière entre art et surf. Que ce soit sur les bancs landais ou dans la gauche mythique de Mundaka, les planches ont dansé, les caméras ont capté des moments de grâce, et l’esprit du twinnie a une nouvelle fois trouvé son écrin.
Infos pratiques
Quand ? Entre le 20 et le 28 octobre (déclenchement selon conditions).
Où ?Vieux-Boucau (Landes). Spot exact annoncé en dernière minute.
Format. Plusieurs sessions par jour, pas d’élimination, vote des pairs chaque soir.
Ambiance. Conviviale et exigeante à la fois : on surfe pour le plaisir, mais le niveau est élevé.
Public. Accès libre sur la plage ; suivez les annonces de dernière minute pour ne pas rater la meilleure fenêtre.
Royal Barrique 2025 : Joan Duru triomphe dans un tube d’anthologie à Hossegor
L’édition 2025 du Royal Barrique s’est tenue lundi 6 octobre 2025 au sud des Culs Nus, à Hossegor. Quatre heures d’action entre midi et 16h30, dans des conditions solides et techniques. Et ce mercredi 29 octobre 2025, au restaurant Le Surfing, les résultats ont été dévoilés : Joan Duru s’impose avec un tube backside d’une technicité extrême, devant Charly Martin et Paul-César Distinguin.
Une compétition à part dans le paysage du surf français
Organisé par l’association Estim, le Royal Barrique reste une compétition unique au monde. Son principe : seul le tube compte. Pas de manœuvres, pas de total de points — un seul tube peut suffire pour décrocher la victoire. Et surtout, les vagues sont jugées sur vidéo : sans image, pas de vague validée.
Chaque automne, la fenêtre d’attente s’ouvre sur les bancs de sable landais, et dès que les conditions s’alignent, l’appel est lancé. Cette année, la nouveauté majeure tenait dans la formule par équipes, huit au total, avec un capitaine, plusieurs surfeurs et des alternates en cas d’absence.
Un “call” à midi, et un océan en mouvement
La journée du lundi 6 octobre avait tout du pari risqué. Dès 12h, les surfeurs étaient rassemblés pour le “call”, fixant le coup d’envoi à 12h30. Le plein bas était passé à 10h30, et les débats allaient bon train. Avec des coefficients de marée de 100, les avis divergeaient : fallait-il lancer tout de suite ou attendre un peu plus de remontant ?
« C’est ignoble », lâchait un surfeur, constatant un plan d’eau propre mais encore trop changeant. D’autres, plus optimistes, pressentaient que la fenêtre idéale serait courte : « Voyant une ou deux vagues souffler, la majorité s’est rangée sur l’avis des derniers, et on a fixé le démarrage à 12h30 », raconte l’organisation.
Le stand de compétition est installé. Les équipes se préparent : wax, crème solaire des partenaires sont partagés, chants d’encouragement pour la team Bérêt Noir, tandis que les premiers tubes font déjà crier les spectateurs.
Une heure magique sur le remontant
Dès la première série, le potentiel du spot saute aux yeux. Après une demi-heure d’observation, la marée montante réveille le banc. Pendant près d’une heure, le Royal Barrique touche à la perfection.
Des vagues de 2m50 bien rondes, un take-off vertical, et des souffles puissants à la sortie du tube. « C’était court, mais intense », résume un des juges présents. Ceux qui ont choisi de venir tôt ont assisté à la meilleure heure de la journée : la fameuse “heure magique”.
Le sud, une planche de salut
Mais la perfection ne dure jamais longtemps avec un coefficient de marée de 100. Après une heure d’action continue, les tubes se font plus rares. Le courant devient fort, les pics se déplacent, et la tension monte. C’est alors que Louis Poupinel prend une décision qui changera la suite : « Ça a l’air plus creux un peu plus au sud, let’s go ! »
Un coup de mégaphone, quelques oriflammes déplacées, et les séries 3 et 4 se décalent plus bas. Un nouveau banc se met à fonctionner, offrant encore quelques jolis barrels. Ce déplacement improvisé sauve la session et permet de tenir jusqu’à 16h30.
Soleil, bières et after au Surfing
Après quatre heures de soleil et deux heures de surf effectif pour chaque équipe, les participants accueillent avec enthousiasme les bières glacées. Le Royal Barrique, c’est aussi ça : une ambiance, une camaraderie, un plaisir simple après la tension de la session.
Le débrief se prolonge jusqu’à la nuit au Surfing, aux Estagnots, autour de tacos et d’histoires de tubes manqués. Un moment de partage fidèle à l’esprit de cette compétition atypique.
Montage express et soirée de remise des prix
Dès le lundi soir, la team images s’est mise au travail pour dérusher les centaines de séquences tournées par les vidéastes présents. Un film récapitulatif, signé Étienne Bellan-Huchery, compile les meilleurs moments : souffles puissants, wipeouts impressionnants, sourires éclatants et vent offshore à gogo.
Le 24 octobre, la soirée de remise des prix s’est tenue à nouveau au Surfing, en présence des surfeurs, juges et spectateurs. L’occasion de revivre les plus belles images, de remettre le 13e trophée du Royal Barrique, et d’annoncer les résultats officiels.
Le palmarès 2025 : Duru, la classe mondiale
Cette année, la victoire revient à Joan Duru, auteur d’un tube backside d’une rare technicité. Le surfeur d’Hossegor, déjà deuxième en 2012, devient le 12e vainqueur du Royal Barrique depuis sa création en 2007. Sa vague, filmée sous plusieurs angles, a marqué les juges par son engagement.
« C’est une vague incroyable, au timing parfait. N’importe quel surfeur qui tenterait la même aujourd’hui n’y arriverait pas », confiait un juge lors de la soirée.
Le classement complet :
Joan Duru
Charly Martin
Paul-César Distinguin
Justin Becret
Aldric God
Nicolas Paulet
Nelson Cloarec
Kyllian Guerin
Vincent Verdier
Charly Quivront
Chez les équipes, la victoire revient à Local Heroes, menée par Guillaume Mangiarotti (capitaine), accompagné de Joan Duru, Charly Martin, Aldric God et Paul-Loup Laborde.
Il reste un vainqueur dont on n'a pas parlé, celui de la plus belle chute, bravo Mathias Maalem, pour cette royale tombette.
Les héros de l’ombre : les vidéastes
Sans eux, rien de tout cela n’existerait. Le Royal Barrique repose sur les images capturées depuis la plage, les dunes ou les drones. Chaque tube est jugé à partir des vidéos envoyées à l’organisation.
Un immense merci à ceux qui ont immortalisé cette édition 2025 : Grégory Ménager, Adrien Bulus, Ted Boutin, Judith Emmanuel, Victorien Issouri, Jérémie Gabrien, Arthur Génie, Étienne Bellan-Huchery, Nico Lep et Ludovic Lasserre.
Un format d’équipe qui séduit
Si le Royal Barrique garde son ADN de compétition “à part”, le format en équipes a clairement séduit. Plus d’entraide, plus d’échanges, et un sentiment d’appartenance fort, sans nuire à la rivalité saine entre surfeurs. Moins de surfeurs à l'eau, moins de bataille pour prendre la bombe.
Entre adrénaline, camaraderie et passion commune du tube landais, cette édition 2025 s’impose déjà comme l’une des plus réussies de ces dernières années.