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  • Nouveau record du monde pour Lucas Chumbo ? Pourquoi sa vague à Nazaré divise la communauté

    Nouveau record du monde pour Lucas Chumbo ? Pourquoi sa vague à Nazaré divise la communauté

    Le monde du big wave est en ébullition. Une vidéo de Lucas « Chumbo » Chianca, filmée sur le pic de « Big Mama » à Nazaré, vient de refaire surface et les chiffres annoncés donnent le vertige : plus de 22 mètres de face (75 pieds). Si les experts de la mesure s’écharpent déjà pour savoir si le record de Sebastian Steudtner (26,21 m) est en danger, une autre question me brûle les lèvres : est-ce qu’on parle encore vraiment de surf ?

    Une montagne d’eau, mais à quel prix ?

    Le 13 décembre dernier, les conditions à Praia do Norte étaient dantesques. Sur les images, on aperçoit un point minuscule dévalant une pente liquide absolument terrifiante. Propulsé en jet-ski par Ian Cosenza, Chumbo a repoussé les limites de la vitesse sur une planche. Bill Sharp, l’organisateur du Big Wave Challenge, confirme que le Brésilien a frôlé les limites après avoir passer 30 secondes sous l’eau, manquant de peu de finir broyé contre les falaises.

    Le « Tow-in » : l’éternel débat

    C’est ici que mon avis de puriste diverge de l’enthousiasme général. Oui, l’engagement est héroïque. Oui, la survie dans un tel chaos relève du miracle. Mais ne nous trompons pas de sport. Pour beaucoup d’entre nous, le surf, le vrai, commence là où le moteur s’arrête.

    Le surf à la rame demande une lecture du spot et une puissance physique qui disparaissent dès qu’une corde entre en jeu. En tow-in, on devient un pilote de ski nautique de l’extrême. C’est spectaculaire, c’est médiatique, mais est-ce que cela doit encore être comparé aux exploits de ceux qui rament à la main pour attraper des monstres ?

    Alors que les instances officielles tentent encore de définir où s’arrête exactement une vague, le débat sur l’éthique du surf, lui, ne fait que commencer. Chumbo a peut-être un nouveau record en poche, mais la rame, elle, garde son âme.

  • Une houle de 30 mètres en Europe : des prévisions XXL en Europe et à Nazaré ?

    Une houle de 30 mètres en Europe : des prévisions XXL en Europe et à Nazaré ?

    Depuis quelques jours, une formule circule partout dans les médias surf : “une houle de 30 mètres en Europe” ou plutôt la version anglophone « 100 foot wavesé. Un chiffre spectaculaire, presque irréel, qui alimente fantasmes, vidéos virales et titres accrocheurs. Mais que signifie réellement cette annonce, et faut-il s’attendre à voir tomber un nouveau record à Nazaré ou ailleurs ?

    Un Atlantique Nord en mode déchaîné

    L’Atlantique Nord traverse actuellement une séquence de tempêtes exceptionnelle, avec une succession de dépressions creuses générant des houles puissantes et longues. Les modèles annoncent plusieurs houles de 7 à 8 mètres mesurés au large… des chiffres déjà énormes en données océaniques. Une première houle devrait toucher nos côtes ce jeudi 22 janvier 2026, puis samedi 24 janvier, et à parti de mardi 27 janvier….

    Des trains de houle énormes pouvant provoquer de nombreux dégâts sur la façade atlantique, mais également des vagues records…

    Nazaré : l’amplificateur géant

    Ce qui rend Nazaré incomparable, c’est son canyon sous-marin, une faille abyssale qui canalise, refracte et concentre l’énergie de la houle vers la côte. Lorsque l’angle de houle dépasse les 310° (nord-ouest), le canyon entre en “plein régime” et peut littéralement doubler la taille des vagues.

    On parle alors de réfraction et parfois d’interférence constructive, lorsque deux houles se croisent pour former des A-frames monstrueux. Résultat : une houle “raisonnable” sur le papier peut devenir apocalyptique à la plage.

    Un run XXL sur plus de 10 jours

    Selon les prévisions, ce run pourrait durer jusqu’à 11 jours, un scénario rare, rappelant la séquence pré-Covid durant laquelle Kai Lenny avait marqué les esprits à Nazaré. Le pic est attendu autour du 24 janvier, avec du vent onshore modéré, ce qui compliquera les tentatives à la rame… mais pas forcément le tow-in.

    Belharra va t’elle casser ?

    D’après les premières prévisions, la question ne se pose pas vraiment, c’est sûr. Mais, avec une marée haute le matin, il faudra attendre les dernières heures pour savoir si des équipages défieront le monstre basque. Rappelons que ce ne sont que des prévisions, attendons de voir les bouées pour avoir des certitudes.

    Le record peut-il tomber ?

    Le record actuel est détenu par Sebastian Steudtner, avec une vague mesurée à 93,73 pieds (28,6 m) en février 2024. Ce jour-là, la houle était plus petite qu’aujourd’hui sur le papier, mais l’angle était parfait (308°).

    Cette fois, l’angle annoncé serait plus ouest (autour de 298°), moins optimal… mais la taille brute de la houle pourrait compenser. Suffisant pour dépasser les 30 mètres ? Impossible à affirmer, mais le potentiel est bien réel, à condition que le vent ne gache la fête.

    Les riders sont en stand-by

    Des images circulent déjà, notamment avec Nic von Rupp, toujours en première ligne lorsque Nazaré s’éveille, espérant une fenêtre météo clémente pour affronter la bête. Les prochains jours devraient livrer leur lot de chutes vertigineuses, de vagues hors normes… et peut-être d’un moment historique.

  • Nazaré, aspiré par la vague : la chute glaçante de Lucas Chianca

    Nazaré, aspiré par la vague : la chute glaçante de Lucas Chianca

    Être aspiré par la lèvre d’une vague fait partie des pires cauchemars d’un surfeur. À Nazaré, ce scénario prend une dimension presque irréelle. Quand l’océan dresse des murs d’eau de 15 mètres et plus, chaque erreur peut se transformer en lutte pour la survie.

    Nazaré, une vague imprévisible et sans pardon

    Praia do Norte n’est pas une vague comme les autres. Alimentée par un canyon sous-marin unique au monde, Nazaré concentre une énergie brute, lourde, incontrôlable. Le moindre changement de vent, d’angle de houle ou de marée peut transformer une vague apparemment « propre » en piège mortel.

    Malgré une zone de surf relativement contenue, Nazaré conserve l’ADN d’un beach break, avec des sections qui ferment brutalement et des retours de backwash violents près du phare et des rochers.

    Le premier avertissement : une chute près des rochers

    Le 12 décembre 2025, Lucas « Chumbo » Chianca s’élance sur une gauche qui semble jouable. Le take off est rapide, engagé, mais au bas de la vague, il est rattrapé une masse de mousse chaotique. Le Brésilien reste sous l’eau près de trente secondes avant d’être récupéré in extremis par un jet-ski, à quelques mètres seulement des rochers.
    « C’était un moment très difficile, une des chutes les plus violentes de ma vie », confiera-t-il après coup.

    Aspiré over the falls : l’image qui glace le sang

    Plus tard, Chianca retourne à l’eau. Sur une nouvelle vague, il adopte une ligne haute, anticipant un close-out. Comprenant qu’il n’existe aucune sortie possible, il tente de passer à travers la vague. Mais, la vague est trop épaisse, trop puissante. Il est violemment tiré en arrière et aspiré par la vague.

    L’image est saisissante, presque irréelle. Elle incarne à elle seule la force brute de Nazaré et rappelle une vérité essentielle : ici, même les meilleurs ne contrôlent pas tout. À Nazaré, survivre reste parfois la seule victoire.

  • Nazaré a tremblé : une journée d’anthologie au TUDOR Big Wave Challenge

    Nazaré a tremblé : une journée d’anthologie au TUDOR Big Wave Challenge

    Le 13 décembre 2025 restera gravé dans l’histoire du surf de grosses vagues. À Praia do Norte, Nazaré a offert un spectacle d’une rare intensité lors du TUDOR Nazaré Big Wave Challenge, disputé dans des conditions extrêmes avec des vagues estimées entre 45 et 60 pieds. Des falaises noires de monde, une houle massive, du brouillard au lever du jour… tous les ingrédients étaient réunis pour une journée hors norme.

    Une victoire collective pour von Rupp et Roseyro

    Dans ce chaos parfaitement orchestré par l’océan, Nic von Rupp et Clément Roseyro ont livré une performance d’une justesse impressionnante. Déjà vainqueurs lors de l’édition précédente, les deux hommes conservent leur Best Team Performance Award, preuve de leur parfaite lecture du spot et de leur synchronisation dans l’action.

    Roseyro a notamment tracté von Rupp sur l’une des bombes du jour, une vague monumentale parfaitement négociée par le Portugais, récompensée par un score exceptionnel de 16,66/20. Plus qu’une démonstration de puissance, c’est l’intelligence de placement et le timing qui ont fait la différence.

    Lucas Chianca, l’engagement total

    S’il ne fallait retenir qu’un mot pour décrire la journée de Lucas “Chumbo” Chianca, ce serait : engagement. Le Brésilien a tout donné, au prix de deux des plus violents wipeouts du contest. Relevé une première fois après être passé par-dessus les chutes, Chianca est reparti immédiatement à l’attaque… pour encaisser un second impact monumental.

    Malgré tout, sa détermination et la taille des vagues surfées lui valent logiquement le Men’s Best Performance Award. Un trophée mérité, mais surtout une journée où la solidarité entre surfeurs a une nouvelle fois été déterminante, notamment grâce à l’intervention salvatrice de Sebastian Steudtner.

    Justine Dupont, impériale et inspirante

    Déjà victorieuse lors de l’édition précédente, Justine Dupont signe un back-to-back historique en remportant une nouvelle fois la Women’s Best Performance. Installée à Nazaré avec sa famille, la Française a démontré une maîtrise impressionnante dans des conditions parmi les plus exigeantes jamais vues sur l’épreuve.

    Tractée par Éric Rebière, Dupont a su gérer la taille, la vitesse et la pression, sortant proprement de vagues massives pour rejoindre l’épaule en toute sécurité. Une performance fluide, engagée et pleine de sang-froid.

    Une fin de compétition sous contrainte

    La compétition n’a toutefois pas pu aller à son terme. Entre brouillard matinal, panne de courant sur le headland et lumière déclinante, la WSL a pris la décision de stopper l’épreuve après le Round 1, afin de garantir la sécurité des athlètes. Un choix responsable, salué par l’ensemble des compétiteurs.

    Au final, au-delà des trophées, cette journée restera comme l’une des plus intenses jamais vécues à Nazaré. Un rappel brutal et fascinant de ce que représente réellement le surf de grosses vagues : engagement, humilité et respect absolu de l’océan.

    Nazaré passe en mode compétition de gros XXL

    C’est désormais officiel : le TUDOR Nazaré Big Wave Challenge est appelé ON. La World Surf League a déclenché ce vendredi 12 décembre l’alerte verte, confirmant un run day potentiel dès samedi 13 décembre, avec un premier call prévu à 9h00 GMT, soit 10 heure française.

    Les équipes disposent de 24 heures pour finaliser leur stratégie, ajuster le matériel et se préparer mentalement à affronter Praia do Norte dans ce qu’elle sait offrir de plus brutal. Les conditions observées ces dernières semaines ont permis aux riders de s’entraîner longuement sur place, un facteur clé quand les vagues annoncées flirtent avec les 50 à 70 pieds pendant la nuit, avant de se stabiliser autour de 40 à 60 pieds en journée.

    Le vent, attendu NE modéré le matin, pourrait évoluer vers un léger cross-offshore dans l’après-midi, laissant espérer des murs massifs mais exploitables pour les équipes les plus précises.

    Tableau des séries – TUDOR Nazaré Big Wave Challenge 2025

    Les neuf équipes engagées sont réparties en trois groupes de trois, chacune disputant deux heats de 45 minutes en tow-in.

    Série 1

    ÉquipeSurfeurs
    Team 1Nic von Rupp (POR) / Clément Roseyro (FRA)
    Team 2Lucas “Chumbo” Chianca (BRA) / Pedro “Scooby” Vianna (BRA)
    Team 3Andrew Cotton (GBR) / James Carew (AUS)

    Série 2

    ÉquipeSurfeurs
    Team 4Rodrigo Koxa (BRA) / Vitor Faria (BRA)
    Team 5Rafael Tapia (CHL) / Pierre Rollet (FRA)
    Team 6Benjamin Sanchis (FRA) / Jérôme Sahyoun (MAR)

    Série 3

    ÉquipeSurfeurs
    Team 7Justine Dupont (FRA) / Éric Rebière (FRA)
    Team 8Michelle des Bouillons (BRA) / Ian Cosenza (BRA)
    Team 9Laura Crane (GBR) / Antonio Laureano (POR)

    Des favoris déjà bien identifiés

    Tenant du titre masculin, Clément Roseyro, associé à Nic von Rupp, arrive avec le plein de confiance. Chez les femmes, Justine Dupont, lauréate de la précédente édition, retrouve Nazaré avec une équipe parfaitement rodée.
    Mais l’expérience cumulée de Chumbo & Scooby, tout comme la science de la trajectoire de Koxa, pourrait redistribuer les cartes si les séries deviennent longues et irrégulières.

    Un samedi potentiellement historique

    Depuis ce mercredi 10 décembre, la World Surf League a déclenché une alerte jaune pour le TUDOR Nazaré Big Wave Challenge. La compétition pourrait être lancée dès samedi 13 décembre, si les conditions restent alignées avec les prévisions. Et cette fois, tout semble converger vers un run day épique.

    Un système dépressionnaire massif remonte l’Atlantique, envoyant vers le Portugal un swell NW puissant, attendu dès vendredi après-midi. Le pic — prévu dans la nuit — annonce un réveil brutal de Nazaré, avec des estimations oscillant entre 40 et 60 pieds au petit matin.
    Vent offshore au lever du jour, orientation propre, énergie longue période : la mécanique des grandes journées semble se mettre en place.

    L’ambiance sur place : effervescence totale

    D’après les premiers retours, de nombreux rideurs et équipes sont déjà sur le terrain. Les parkings se remplissent, les housses de tow-in s’ouvrent, les repérages s’enchaînent. Nazaré vit dans ce curieux mélange d’attente électrique et de concentration glacée, propre aux grandes sessions où tout peut arriver.

    Chaque coureur sait que la fenêtre est atypique : gros pic nocturne, baisse progressive en journée, mais suffisamment d’amplitude pour offrir des murs massifs et rideables. L’élan dépendra surtout de la fréquence et de la régularité des bombes. C’est là que se jouera l’alerte verte.

    La prochaine annonce officielle est prévue vendredi 12 décembre à 8h30 GMT.

    Le format : tow-in, précision et sang-froid

    Comme chaque année, l’épreuve se déroulera en tow-in, format conçu pour révéler le meilleur des équipes pilote/surfeur dans la machine instable qu’est Praia do Norte.

    Neuf équipes, réparties en trois groupes, disputeront deux heats de 45 minutes, alternant rôle de rider et driver. Le classement se fera sur les deux meilleures vagues de chaque athlète — avec un bonus double pour la meilleure. Score maximum : 30 points.

    Les distinctions décernées en fin d’événement :

    • Best Men’s Performance
    • Best Women’s Performance
    • Best Team Performance

    Et la liste des invités donne déjà des frissons :

    • Chumbo & Scooby
    • Nic von Rupp & Clément Roseyro
    • Andrew Cotton & Ben Larg
    • Rodrigo Koxa & Vitor Faria
    • Rafael Tapia & Pierre Rollet
    • Benjamin Sanchis & Jerome Sayhoun
    • Justine Dupont & Eric Rebière
    • Michelle des Bouillons & Ian Cosenza
    • Laura Crane & Antonio Laureano

    Un casting de spécialistes rompus aux lignes de vie et aux zones d’impact de Nazaré.

  • Faut-il laisser des enfants charger Nazaré ? Le débat relancé après l’exploit d’Aninha Dagostini

    Faut-il laisser des enfants charger Nazaré ? Le débat relancé après l’exploit d’Aninha Dagostini

    Le surf de grosses vagues vit une nouvelle ère : plus jeune, plus exposée, plus spectaculaire. La preuve avec Ana Gabriela Aninha Pessoti Dagostini, Brésilienne de 13 ans, aperçue début décembre 2025 à Nazaré — le colosse portugais qui engloutit même les surfeurs les plus expérimentés.

    Encadrée par Lucas « Chumbo » Chianca, elle a pris plusieurs bombes à Praia do Norte avant d’être violemment aspirée par une mousse massive. Dix secondes sous l’eau, un gilet déclenché, une récupération rapide par le jet : un scénario que même les adultes redoutent.

    Mais derrière l’exploit, un malaise grandissant

    Honnêtement, difficile de comprendre cette course à l’extrême où l’on cherche à savoir qui sera « le plus jeune » à charger des vagues capables de tuer. Jusqu’où ira-t-on dans cette surenchère ?

    Un point essentiel revient dans toutes les discussions :
    jusqu’à un certain âge, un mineur ne devrait pas être autorisé à surfer des vagues de cette taille s’il n’est pas capable de les prendre à la rame.

    Parce qu’il faut le dire :

    • le surf tracté rend l’accès aux vagues géantes trompeusement facile ;
    • les gilets gonflables donnent un sentiment de sécurité qui n’efface pas la violence réelle des impacts ;
    • un surfeur moyen peut, grâce au tow-in, accéder à des vagues qu’il ne pourrait jamais approcher par lui-même.

    Tout le monde dans l’industrie le sait. Mais, tout le monde ne le dit pas.

    Quand le risque rencontre le marketing

    Il suffit qu’un sponsor mise sur un jeune, lui promette une exposition mondiale parce qu’il « charge Nazaré à 13 ans », pour que le phénomène se reproduise ailleurs.
    D’autres enfants essaieront.
    D’autres parents accepteront.
    D’autres marques y verront une opportunité.

    Et ce n’est pas la première mise en garde que la communauté lance.

    Où placer les limites ?

    Nazaré n’est pas un terrain de jeu. C’est un spot qui a envoyé à l’hôpital — ou pire — certains des meilleurs big wave riders du monde. Alors imaginer des enfants dans ces mêmes conditions pose une question urgente :

    Avons-nous perdu la notion de limite dans la quête d’images spectaculaires ?

    Le surf a toujours été un sport de passion. Mais, la passion seule ne peut justifier de mettre des mineurs dans des situations où, objectivement, même les professionnels rompus au danger hésitent avant de s’engager.

    Affaire à suivre. Mais, le débat, lui, est bien lancé.

  • Premières déferlantes XXL de la saison à Nazaré : Justine Dupont impériale, tension maximale pour Carlos Burle

    Premières déferlantes XXL de la saison à Nazaré : Justine Dupont impériale, tension maximale pour Carlos Burle

    Les premier gros swells de la saison ont réveillé Nazaré. Une fenêtre courte, parfaite, violente. Une lumière hivernale, un vent oscillant entre offshore et side shore, et des murs d’eau qui semblaient sortir tout droit des profondeurs du canyon. La vidéo qui immortalise cette session montre une fois encore pourquoi Nazaré reste un univers à part : un théâtre où beauté, peur et maîtrise absolue se mêlent dans chaque vague.

    La session de vendredi 5 Décembre 2025

    La journée a encore défié toutes les attentes à Nazaré. Une matinée sombre et détrempée a soudain laissé place à un court créneau d’énergie brute, où des séries massives ont explosé en sortie de canyon, prenant de court les spectateurs postés sur la falaise. Dans ce décor changeant, les équipages ont lutté contre les éléments : bourrasques, pluie battante, boue, matériel trempé… la routine, finalement, lorsqu’on poursuit l’histoire des vagues XXL.

    Ce que vous allez voir, c’est l’essence de ce jour-là : les take-offs les plus engagés, les instants les plus intenses, les chutes marquantes, la beauté sauvage et le chaos total. Nazaré dans ce qu’elle a de plus pur, rappelant encore pourquoi ce spot ne ressemble à aucun autre sur la planète.

    La session de mercredi 3 Décembre 2025

    Un Nazaré “parfaitement monstrueux”

    La journée commence sur un plan d’eau agité par un vent side à offshore. Les premières images montrent une mer avec des montagnes d’eau qui s’élèvent au large avant de venir exploser devant le phare.

    Ce n’était pourtant pas un swell attendu comme exceptionnel. Une tempête intense, une fenêtre minuscule… puis soudain, le miracle : une plage horaire surfable, courte, mais magique. Nazaré a rappelé à tous qu’elle n’a pas besoin de plusieurs jours pour offrir un spectacle démesuré.

    Justine Dupont en totale maîtrise

    Parmi les rideuses les plus impressionnantes de la journée, Justine Dupont marque une fois encore les esprits. Sa capacité à dompter ces masses d’eau – puissantes, rapides, irrégulières – frôle aujourd’hui l’invraisemblable.
    Le vent, changeant, oscillant entre offshore et side shore, créait des sections verticales imprévisibles. Là où beaucoup hésitent, elle s’engage. Ligne parfaite, timing chirurgical, contrôle absolu : Justine a semblé lire le chaos comme personne.

    Une vague hors norme pour Clément Roseyro

    La vidéo montre également une vague spectaculaire signé Clément Roseyro. Une vague difficile à mesurer tant elle semble dépasser les standards habituels de notre perception du surf. Un immense triangle, un ride engagé d’un sang-froid total.

    Grâce aux ralentis, le spectateur ressent toute la lourdeur, la vitesse et la dangerosité de la scène. Chaque image amplifie la tension. Ce n’est plus seulement du surf : c’est un dialogue entre un humain minuscule et un colosse d’eau en mouvement.

    Le crash invisible de la vidéo : Carlos Burle avalé par une montagne d’eau

    Ce que la vidéo ne montre pas, en revanche, est sans doute l’un des moments les plus marquants de la journée : l’incident de Carlos Burle, pionnier et légende du big wave surfing.

    Face à une bombe d’environ 80 pieds, Burle s’engage. La ligne est parfaite… jusqu’à ce qu’une montagne d’eau surgisse derrière lui, plus rapide, plus massive encore. Elle le rattrape, le dépasse, l’avale littéralement.
    Le commentaire d’un témoin parle de “tensión máxima en Nazaré”. Et c’est exactement cela : une scène où le cœur se serre, même en simple spectateur.

    Heureusement, l’issue est positive. Lucas “Chumbo” Chianca et Willyams Santana interviennent instantanément, appliquant avec précision les protocoles de sécurité qui font aujourd’hui de Nazaré une référence mondiale.
    Burle va bien, mais le choc fut immense. Une piqûre de rappel : ici, l’erreur ne pardonne pas toujours.

    Nazaré reste ce lieu où l’océan règne en maître, où chaque ride est un pari, et où chaque nouvelle vidéo témoigne d’un respect total pour la puissance de la nature.

  • Carlos Burle échappe au pire à Nazaré : le wipeout qui change tout

    Carlos Burle échappe au pire à Nazaré : le wipeout qui change tout

    Il a 58 ans, une carrière jalonnée d’exploits, des décennies d’expérience dans les vagues les plus monstrueuses de la planète… et pourtant, Carlos Burle vient de vivre la pire expérience de sa vie.
    Mercredi matin, sur un Nazaré en mode XXL, la légende brésilienne a été littéralement engloutie par une vague massive, entraînée dans les profondeurs, puis frappée par une seconde montagne d’eau avant d’être secourue dans un scénario d’une tension extrême.
    Un accident qui, heureusement, se termine bien — mais qui ouvre une réflexion essentielle sur la sécurité dans le surf de grosses vagues.

    Une mauvaise lecture… et tout bascule

    Burle le dit lui-même : « J’ai mal lu la vague. » Sur cette gauche gigantesque, la vitesse et sa trajectoire lui ont laissé croire qu’il pouvait s’échapper. Il s’est engagé, a tenté de maintenir le cap… et a été pulvérisé.
    Le premier impact l’a entraîné très profondément, plus encore qu’il ne l’imaginait. Là-dessous, une autre bataille a commencé :

    • pression énorme,
    • veste gonflée qui limite les mouvements,
    • combinaison épaisse,
    • souffle qui s’amenuise.

    « Je n’ai jamais eu autant besoin de respirer de ma vie », raconte-t-il.
    Lorsqu’il a enfin atteint la surface, il n’a eu qu’une fraction de seconde pour prendre une inspiration avant qu’une deuxième vague ne l’écrase. Le corps passe alors en « mode survie », dit-il : répondre, sans réfléchir.

    Lucas “Chumbo” Chianca, héros du jour

    Ce qui arrive ensuite tient du miracle — mais aussi d’un professionnalisme absolu. Lucas Chumbo, son partenaire de tow-in, parvient à le rejoindre dans l’impact zone. Burle lui dit aussitôt : « Je ne vais pas bien, amène-moi à la plage. »
    Sauf qu’il reste encore deux vagues à encaisser.

    Dans la tourmente, Chumbo doit abandonner la machine, plonger pour atteindre Burle, et activer deux cylindres de flottabilité pour le maintenir en surface. Une manœuvre risquée, presque irréalisable dans un tel chaos.
    Finalement, c’est Will Santana qui récupère Burle sur le sled (planche à l’arrière du jet ski) et l’amène jusqu’au rivage, où les sauveteurs lui administrent de l’oxygène.

    Quelques heures plus tard, l’hôpital le déclare stable : pas d’eau dans les poumons, aucune blessure grave — un miracle.

    Une GoPro qui change la trajectoire du drame

    Le point le plus frappant du témoignage de Burle est sans doute celui-ci :
    « Je n’aurais jamais dû avoir une GoPro. »

    En voulant filmer un nouvel angle, caméra pointée vers son visage, Burle confesse qu’il n’était plus pleinement concentré sur sa ligne. Au moment de la chute, il serrait encore la caméra, ce qui a retardé le déclenchement de sa veste gonflable. Ensuite, avec une main occupée, remonter sur la motoneige est devenu presque impossible.

    Son message est clair :

    « Dans une situation aussi risquée, on doit être à 100 % concentré sur la sécurité. Pas sur l’image. »

    Un rappel fort, à l’heure où le surf XXL s’accompagne de plus en plus de caméras embarquées.

    Humilité, préparation et gratitude

    Malgré la violence de l’incident, Burle souligne que son calme, sa préparation physique et mentale ont joué un rôle déterminant. Et surtout, il exprime une gratitude immense envers son équipe : « Sans eux, je ne serais peut-être pas là. » Il salue particulièrement le courage de Chumbo, qui a mis sa propre sécurité en jeu pour le sauver.

    Nazaré reste Nazaré

    En quittant l’hôpital, Burle a confié qu’il rêvait déjà d’y retourner. Je ne sais pas s’il sincère, ou s’il essaie de se convaincre, mais un peu de repos ne lui ferait pas de mal.
    Cet accident rappelle cependant une vérité immuable :
    Nazaré ne pardonne jamais. Même aux légendes.

  • Le Nazaré Big Wave Challenge lance sa waiting period : les Français prêts pour le show

    Le Nazaré Big Wave Challenge lance sa waiting period : les Français prêts pour le show

    Chaque année, à l’approche de l’hiver, Nazaré entre en veille active. Les surfeurs de gros scrutent les cartes météo, les équipes de jet-skis font chauffer les moteurs, et les caméras du monde entier attendent la déferlante. Depuis le 1er novembre et jusqu’au 31 mars 2026, la waiting period du Tudor Nazaré Big Wave Challenge est officiellement ouverte. Un seul jour, une seule fenêtre : celle où la houle, le vent et le courage s’aligneront pour écrire une nouvelle page de l’histoire du surf XXL.

    La saison des monstres est ouverte

    Nazaré, c’est un cirque aquatique géant où les vagues atteignent parfois la hauteur d’un immeuble de dix étages. Grâce à son canyon sous-marin unique (bien que ressemblant à celui de Hossegor), Praia do Norte agit comme un entonnoir qui concentre la houle atlantique dans des murs d’eau d’une violence rare. Pour que la compétition ait lieu, il faut un minimum de 25 pieds (environ 8 mètres) et des conditions parfaites : vent offshore, direction de houle idéale et suffisamment de fréquence pour rassasier la folie des athlètes.

    La World Surf League veille : quand un swell monstrueux se profile, elle déclenche une “alerte jaune” 72 heures avant l’éventuelle mise à l’eau. Si les prévisions se confirment, l’“alerte verte” est donnée, et tout le gratin du surf de gros débarque à Nazaré, planches et gilets gonflables sous le bras.

    Le format reste inchangé : neuf équipes de deux surfeurs, alternant entre la conduite du jet-ski et le surf. Trois récompenses sont en jeu : meilleure performance masculine, meilleure performance féminine et meilleure équipe.

    Les Français au rendez-vous… ou presque

    Cette année encore, la France sera bien représentée — et plutôt fièrement. Justine Dupont, reine incontestée de Nazaré, remet son titre en jeu après avoir remporté la meilleure performance féminine en 2025. Elle fera équipe avec Éric Rebière, pionnier du surf de gros français et l’un des meilleurs pilotes de jet au monde.
    Son compatriote Clément Roseyro, la révélation de la dernière édition, sera de nouveau associé au Portugais Nic von Rupp, duo explosif et redoutablement efficace, lauréat du trophée de la meilleure équipe l’an passé.

    Autre tandem franco-chilien : Pierre Rollet avec Rafael Tapia, deux habitués des sessions à Nazaré. Et enfin, Benjamin Sanchis – figure historique du surf de gros tricolore – repartira à l’assaut du monstre portugais aux côtés du Marocain Jérôme Sahyoun.

    Nazaré, théâtre du chaos

    La beauté du Nazaré Big Wave Challenge, c’est son imprévisibilité totale. En quelques heures, une alerte peut tout faire basculer : billets d’avion, matériel, sécurité, logistique… Rien n’est figé, tout dépend du ciel et de l’océan. L’an dernier, les conditions avaient permis une journée historique, avec des vagues de 10 mètres et des performances d’anthologie.

    Mais au-delà de la compétition, Nazaré est devenu un symbole. Popularisé par la série The 100 Foot Wave sur HBO, le spot portugais a dépassé la sphère du surf pour devenir une légende planétaire. Chaque session, chaque wipeout, chaque sauvetage est immortalisé sur les réseaux, contribuant à nourrir ce mythe fascinant du surf de l’extrême.

    En attendant l’alerte jaune

    Pour l’heure, les teams patientent, prient pour une tempête bien positionnée, et se préparent à l’inimaginable. Quand Nazaré s’éveille, le monde du surf retient son souffle. Les jets rugiront, les vagues gronderont, et quelque part au large du phare rouge, un Français – ou quatre – tentera d’inscrire son nom dans l’histoire.