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  • Le sort s’acharne sur le Taghazout Pro 2026 : site ravagé et silence radio

    Le sort s’acharne sur le Taghazout Pro 2026 : site ravagé et silence radio

    Le surf est un sport de pleine nature, fondamentalement tributaire de la météo. On peut caler une fenêtre d’attente ou « waiting period » sur la meilleure saison possible, compiler toutes les statistiques de houle, à la fin, c’est toujours Mère Nature qui a le dernier mot. Et pour cette édition 2026 du Taghazout Pro, elle a visiblement décidé de s’acharner avec une série noire qui relève de la pure loi de Murphy. (promis je vous écris un article sur la loi de murphy)

    Une loi des séries désastreuse pour le surf au Maroc

    Le cauchemar a commencé par un cruel manque de vagues, couplé à des prévisions météorologiques particulièrement pessimistes pour la suite de la waiting period.

    Le flat et l’invasion des Blue Bottle

    Comme si un océan désespérément plat ne suffisait pas, les redoutables méduses Blue Bottle (les tristement célèbres physalies) se sont invitées en masse au line-up. Résultat : les rares sessions de free surf sont devenues particulièrement risquées et douloureuses pour les athlètes.

    Tempête et destructions : le site d’Anza dévasté

    Mais le coup de grâce a été porté par le ciel. Une tempête aux allures de mini-tornade a balayé la côte, détruisant en partie les infrastructures du site de compétition à Anza. Les images qui tournent sont apocalyptiques : on y voit notamment une tour de l’organisation s’effondrer de tout son poids sur une voiture. Un conseil pour la prochaine fois : blindez votre assurance auto avant de vous garer près d’un contest ! Avec de tels dégâts matériels, il est évident que le matériel de live vidéo, particulièrement sensible aux éléments, a dû sérieusement trinquer.

    La WSL sous silence : l’épreuve peut-elle aller à son terme ?

    Conséquence directe de ce chaos : nous entamons le troisième jour off consécutif. Plus inquiétant encore, l’organisation est plongée dans un mutisme absolu. Aucun communiqué de presse n’a filtré depuis 48 heures.

    Alors, le Taghazout Pro 2026 va-t-il être purement et simplement annulé ? Difficile à dire sans communication officielle. Cependant, connaissant la machine WSL et la détermination légendaire des organisateurs marocains, on se doute qu’ils vont remuer ciel et terre pour réparer les dégâts et aller au bout de cette compétition. Affaire à suivre.

  • Pro Taghazout Bay 2026 : Naufrage pour certains favoris français

    Pro Taghazout Bay 2026 : Naufrage pour certains favoris français

    Le QS 4 000 marocain, rendez-vous le plus crucial de la saison européenne, a tenu toutes ses promesses pour son deuxième jour de compétition. Faute de houle suffisante sur les pointes de Taghazout, c’est le spot de repli d’Anza qui a offert des conditions « fun » et nerveuses de 80 cm à 1 mètre. Si le spectacle était au rendez-vous, le clan français a vécu une journée en dents de scie, marquée par des éclats de génie mais aussi par des éliminations qui font mal au classement.

    Douche froide pour le Top 10 européen

    C’est la sensation (amère) de ce Round of 64. Alors que les points sont plus que jamais précieux pour la qualification aux Challenger Series, quatre piliers du surf français ont mordu la poussière prématurément. Sam Piter, Renan Grainville, Tristan Guilbaud et Thomas Debierre (absent), tous membres du Top 10 WQS européen, quittent le Maroc avec un bilan comptable décevant. Sur un événement doté de 4 000 points, ces sorties de route pourraient peser lourd lors du décompte final.

    Charly Quivront et les Bleus qui résistent

    Heureusement, tout n’est pas noir dans le ciel d’Agadir. Charly Quivront a dynamité son heat en signant un 8,03 grâce à un air reverse parfaitement replaqué, s’imposant devant Ido Hagag. Justin Becret, Noa Dupouy et Nicolas Paulet ont également composté leur ticket pour la suite, tout comme Tiago Carrique. Actuel deuxième du classement européen, Carrique assure l’essentiel et garde le cap vers l’élite.

    Le show Beyrick de Vries et la domination féminine

    Le « move » de la journée est à mettre au crédit du Néerlandais Beyrick de Vries, impérial avec un total de 16,47 points, le plus élevé du jour. Côté femmes, la jeune garde britannique a brillé avec Alys Barton (8,33), tandis que la locale Lilias Tebbai sauve l’honneur marocain en se qualifiant pour le tour suivant.

    La compétition est loin d’être terminée et le prochain call est fixé à mercredi après une journée off. Avec des têtes de série qui tombent et un niveau qui s’envole, ce Pro Taghazout 2026 s’annonce plus indécis que jamais.

  • John John Florence renonce finalement au Championship Tour 2026

    John John Florence renonce finalement au Championship Tour 2026

    La nouvelle est tombée comme un coup de froid dans l’eau chaude d’Hawaï. Il y a encore quelques semaines, le retour de John John Florence sur le Championship Tour 2026 semblait acté. Une annonce qui avait rallumé la flamme chez les fans, déjà portés par les retours annoncés d’icônes comme Gabriel Medina ou Filipe Toledo.
    Mais le triple champion du monde a une nouvelle fois changé de cap.

    Une décision mûrie, loin de la compétition

    Dans un message limpide, John John Florence a confirmé qu’il ne serait finalement pas engagé à temps plein sur le CT en 2026. Après une année 2025 déjà mise entre parenthèses, le Hawaiien a choisi de prolonger cette parenthèse hors compétition, privilégiant une vie de voyage et d’exploration avec sa famille.

    Son discours est clair : continuer à surfer, progresser encore, mais hors du cadre ultra-structuré du tour mondial. Devenir un meilleur surfeur, mais aussi – et surtout – un meilleur père, en combinant aventure, curiosité et liberté. Il insiste d’ailleurs sur un point important : il ne s’agit pas d’une retraite, mais d’un chemin différent, pour l’instant.

    Un vide énorme sur le Tour

    Sportivement, l’absence de John John Florence en 2026 laisse un goût amer. Sa dernière saison complète, en 2024, avait été tout simplement impressionnante : victoire à El Salvador, finale à Pipeline et un titre mondial décroché avec autorité. Beaucoup voyaient encore en lui l’homme à battre, capable d’écrire quelques chapitres supplémentaires à une carrière déjà légendaire.

    Même s’il pourrait réapparaître ponctuellement via des wildcards – notamment à Pipeline ou sur des événements mythiques comme The Eddie – le CT perd l’un de ses piliers les plus respectés.

    Ramzi Boukhiam, le grand bénéficiaire

    La question que tout le monde se pose désormais : qui héritera de la place laissée vacante ? La nouvelle vient de tomber, c’est Ramzi Boukhiam qui sera le grand bénéficiaire de cette décision.

    Avec une confirmation officielle de la World Surf League, le Marocain a définitivement un pied sur le Championship Tour 2026. Une opportunité inespérée pour Ramzi Boukhiam, qui se retrouve propulsé au plus haut niveau après une période d’incertitude liée à une blessure sur le WCT. Une chance rare, qu’il devra saisir sans calcul.

    Une page se tourne… sans se refermer

    Pour les fans, la déception est réelle. Voir John John Florence s’éloigner une nouvelle fois du Tour laisse un vide sportif et émotionnel. Mais connaissant le personnage, personne n’ose vraiment parler de chapitre clos. Tant que John John surfe, l’histoire reste ouverte.

  • WSL vs Pedro Scooby : l’affaire Saquarema, du scandale de scoring à l’accord

    WSL vs Pedro Scooby : l’affaire Saquarema, du scandale de scoring à l’accord

    Il y a des polémiques qui durent le temps d’une story. Et puis il y a celles qui deviennent un cas d’école. À Saquarema, en 2025, on n’a pas seulement eu un débat classique de passionnés (“j’aurais mis 0,5 de plus”, “t’as vu la section ?”). On a eu un cocktail beaucoup plus sérieux : une contestation publique du jugement, des accusations de racisme, une démarche judiciaire engagée au Brésil… et, au final, une résolution discrète, loin des caméras, avec rétractation et accord entre les parties.

    Le point de départ : une note, deux vagues, et une vidéo qui met le feu

    L’étincelle, c’est un heat du Challenger Series à Saquarema. Dans le surf, la note n’est jamais “juste un chiffre” : c’est une décision qui résume un enchaînement de manœuvres, un choix de vague, un style, un niveau de risque, une comparaison directe avec l’adversaire… et parfois une frustration qui explose.

    Pedro Scooby, surfeur brésilien et personnalité ultra-médiatique, prend la parole publiquement. Son point de vue est simple et percutant : il compare deux vagues notées de manière très proche (voire identique selon la présentation qui circule) et estime que la vague de Weslley Dantas, plus engagée et plus “riche” en manœuvres, méritait mieux que celle de George Pittar. Là où l’histoire bascule, c’est que la critique ne reste pas cantonnée à “mauvaise appréciation”. Scooby associe cet épisode à une lecture beaucoup plus lourde : racisme, et impression que “le système choisit” qui doit avancer.

    Résultat : la polémique sort du microcosme surf. Elle se transforme en sujet grand public, parce qu’un avis amplifié par des millions d’abonnés n’est plus un commentaire.

    Pourquoi la WSL ne pouvait pas laisser passer

    La World Surf League vit d’un contrat implicite avec le public : “vous acceptez que le surf soit jugé, donc subjectif, parce que vous croyez au sérieux du cadre”. Si ce cadre est publiquement qualifié de raciste ou manipulé, on ne critique plus un heat : on attaque l’intégrité du produit sportif.

    Dans ce contexte, la réaction de la WSL est presque mécanique. Quand une organisation estime que son arbitrage est mis en cause au niveau de la réputation, elle cherche à reprendre le contrôle de deux choses :

    1. Les faits (qu’est-ce qui a été dit exactement ? sur quoi se base l’accusation ?)
    2. Le cadre (est-ce une opinion, une dénonciation, une affirmation ?)

    C’est là qu’intervient la démarche judiciaire : une demande formelle d’explications, déposée localement. En clair, on demande à la personne de préciser : “qu’entends-tu par là ? Maintiens-tu tes propos ? As-tu des preuves ?”. Ce n’est pas encore un “procès show” au sens populaire du terme ; c’est aussi une façon de fixer une version officielle, datée, opposable, dans un dossier.

    L’enjeu réel : le surf est subjectif… mais la confiance ne peut pas l’être

    On touche ici à un paradoxe permanent. Le surf est jugé parce qu’il n’est pas chronométrable comme un 100 mètres. Mais plus la discipline grandit, plus la demande de transparence augmente.

    Or, sur un heat tendu, la perception du public est souvent binaire :

    • soit “les juges ont vu un détail que je n’ai pas vu” (confiance)
    • soit “il y a quelque chose derrière” (soupçon)

    Quand on ajoute une accusation de racisme, la barre monte d’un cran. Parce que même si, juridiquement, tout se joue sur la nature des propos et les preuves, symboliquement, on est sur une question qui dépasse la compétition : qui bénéficie du doute ? qui subit les biais ? qui a accès aux opportunités, aux sponsors, à la visibilité ?

    Le twist : une affaire “en cours”… alors que c’était déjà réglé

    Ce qui rend cet épisode fascinant, c’est sa deuxième vie médiatique. Des articles relancent l’histoire autour de la procédure engagée, donnant l’impression d’un conflit qui s’installe. Puis surgit l’information clé : le dossier est déjà clos depuis un moment, avec une résolution hors tribunal.

    La logique est classique dans les conflits à forte charge réputationnelle :

    • on discute
    • il peut y avoir une rétractation (totale ou partielle)
    • on acte un accord mutuel
    • et on évite l’escalade (qui serait souvent perdant-perdant)

    En clair : tout le monde a intérêt à éteindre l’incendie. La WSL protège la crédibilité de son système. Scooby évite que la polémique ne se transforme en feuilleton judiciaire long et coûteux, où chaque mot serait disséqué.

    Pourquoi ça reste un signal fort pour la suite

    Même “résolue”, l’affaire Saquarema laisse trois enseignements.

    1) Les athlètes-influenceurs pèsent autant que les athlètes-résultats
    Aujourd’hui, une déclaration peut secouer le circuit plus vite qu’un podium. L’audience est un levier de pouvoir, et la WSL doit composer avec.

    2) Le jugement est le talon d’Achille structurel du surf
    On peut perfectionner les critères, former, auditer, publier davantage de détails… mais il restera toujours un espace d’interprétation. La question devient : comment rendre cet espace acceptable, compréhensible, et perçu comme équitable ?

    3) La frontière entre critique légitime et accusation grave est devenue centrale
    Dire “je ne suis pas d’accord avec la note” est normal. Dire “c’est raciste / manipulé” engage un autre niveau de responsabilité. Dans l’ère des réseaux, cette frontière est franchie plus vite—et les institutions répliquent plus vite aussi.

    Et maintenant ?

    Le plus intéressant, ce n’est pas de “choisir un camp”. C’est de voir comment le surf va évoluer : plus de pédagogie sur le scoring, plus de transparence, peut-être des formats vidéo explicatifs, des communications plus réactives, et une gestion de crise mieux huilée.

    Parce que la prochaine polémique de notes n’est pas une possibilité. C’est une certitude. Et après Saquarema, tout le monde sait que ça peut aller plus loin qu’un débat de parking… jusqu’aux portes d’un tribunal, avant de revenir—silencieusement—à la table des discussions.

  • CT 2026 : le retour des superstars… dans le format le plus brutal de l’histoire du surf moderne

    CT 2026 : le retour des superstars… dans le format le plus brutal de l’histoire du surf moderne

    Le surf professionnel adore les revirements. Mais celui que vit la World Surf League en 2026 a quelque chose d’unique : alors qu’elle durcissait comme jamais son système de compétition, les plus grandes stars de la discipline ont décidé… de revenir. Carissa Moore, Stephanie Gilmore, John John Florence, Gabriel Medina : quatre icônes, quatre générations, quatre visions du surf, un même choix.

    Mais là où l’histoire devient fascinante, c’est que ce retour massif survient au moment précis où la WSL adopte son format le plus impitoyable, le plus sélectif de toute son histoire.
    Le CT 2026 est une révolution silencieuse : un mélange de nostalgie assumée et de modernité brutale qui redéfinit entièrement la manière de devenir champion du monde.

    Le retour du championnat cumulatif : la décision que voulaient les champions

    Finies les WSL Finals façon “champion du monde en une journée”. Terminé le format winner-takes-all sur un spot unique. La WSL a remis la couronne là où elle a toujours eu le plus de légitimité : sur la durée d’une saison complète.

    Ce retour à un titre construit étape après étape, performance après performance, a eu l’effet d’un électrochoc dans le monde du surf.

    John John Florence l’avait dit : “Un titre doit se jouer sur une saison entière, pas en un seul jour.”
    Carissa Moore a souffert de deux titres perdus malgré une saison parfaite.
    Steph Gilmore a toujours défendu l’idée que le champion doit être celui qui brille toute l’année.
    Medina, enfin, a toujours favorisé les systèmes exigeants et réguliers.

    En bref, les anciens champions du monde ont eu ce qu’ils voulaient. Simple, net, efficace.

    Sur le plan marketing, la WSL est gagnante : quatre méga-stars de retour, des millions d’abonnés qui réintègrent l’écosystème CT, et un engouement médiatique retrouvé.

    Mais sportivement ?
    L’histoire est beaucoup moins simple.

    Le format 2026 : une montée en puissance… dans un champ de mines

    Pendant que les superstars reprennent place dans le Tour, la WSL annonce des règles plus dures :
    plus de rounds non-éliminatoires
    plus aucune seconde chance
    chaque heat fait avancer ou sortir

    Le CT 2026 devient un système de survie permanente. Même les surfeurs les plus expérimentés n’ont plus le droit à un seul faux pas. C’est la fin du round 2, le round « Joker ». Le problème n’est pas seulement la sévérité des éliminations directes. Le cœur du débat se trouve déplacer ailleurs : dans le système de seeds et dans la manière dont les tableaux sont construits.

    Les wildcards : les vraies sacrifiées du nouveau système

    Contrairement aux rumeurs, aucune superstar ne revient en 2026 via une wildcard saisonnière.
    En revanche, ce sont bien les wildcards classiques — locales ou event wildcards — qui héritent d’un rôle quasi sacrificiel.

    Leur situation est extrêmement compliquée :

    • elles commencent obligatoirement en Round 1,
    • elles affrontent des surfers classés 29 à 34,
    • puis, si elles gagnent, elles tombent directement sur les seeds 1 à 4 (hommes) ou 1 à 8 (femmes),
    • le tout dans un format éliminatoire sans aucun repêchage.

    Le bracket 2026 ressemble plus à une colline verticale qu’à un escalier logique.
    Les wildcards, elles, commencent tout en bas… les pieds attachés.

    Ce n’est pas un hasard : le système est pensé pour “protéger” les têtes de série. Mais dans un format où la moindre erreur coûte toute une étape, cette protection devient un avantage énorme — quasi insurmontable.

    Et les superstars dans tout ça ?

    Ironiquement, les champions historiques — Moore, Gilmore, Florence, Medina — qui reviennent en 2026 ne subissent aucune pénalité structurelle.

    Ils ont :

    • un seed réel (au bout de la première épreuve, j’imagine),
    • une entrée dans le tableau équilibrée,
    • une progression logique,
    • la possibilité d’accumuler des points durablement,
    • et la saison pour construire leur titre.

    En clair :
    Ils reviennent dans le format le plus dur, mais aussi dans les conditions les plus favorables.

    Ce qui crée une situation paradoxale — presque théâtrale :

    • les légendes reviennent grâce à un format qu’ils ont toujours voulu,
    • ce format devient plus brutal que jamais,
    • mais ce sont les wildcards et les rookies… qui en paient le prix fort.

    Un CT 2026 plein de promesses et de dommages collatéraux

    Le surf professionnel vit une mutation rarissime. D’un côté, le retour d’un système plus crédible et respecté par les champions. De l’autre, une intensité compétitive qui n’a jamais été aussi élevée.

    Le CT 2026 sera un mélange explosif avec le retour des superstars, la brutalité du tableau en élimination directe pourrait bien créer autant de héros que de victimes.

    Une chose est sûre :
    la saison 2026 ne sera pas seulement un retour aux sources — ce sera un stress-test permanent.

  • Gabriel Medina revient sur le Tour en 2026 : une saison qui rassemble les légendes

    Gabriel Medina revient sur le Tour en 2026 : une saison qui rassemble les légendes

    L’annonce n’a surpris personne, mais elle fait plaisir à tout le monde : Gabriel Medina sera bien de retour sur le Championship Tour en 2026, porté par une wildcard Season et par une récupération enfin complète de sa blessure à l’épaule. C’était attendu, presque écrit d’avance… Pourtant, derrière cette décision logique se cache un phénomène bien plus intéressant : l’an 2026 marque le grand retour massif des champions du monde, un alignement rare de générations dorées prêt à remettre les pendules à l’heure au moment où le format historique du circuit est rétabli.

    Un retour annoncé, mais un symbole fort

    Gabriel Medina n’avait pas disparu, il s’était mis en retrait. Blessure à l’épaule en janvier 2025, besoin de reset mental et personnel… Un schéma presque cyclique pour la star brésilienne, qui jongle depuis quelques années entre quête de performance pure et nécessité de retrouver un équilibre de vie. Après plusieurs mois hors du CT, il a repris ses marques dans des wave pools brésiliennes où l’on a déjà revu son explosivité, son timing clinique et cette capacité unique à aligner des airs et des turns puissants. Gabriel Medina est sûrement, l’un des surfeurs les plus complets de sa génération, le tout accompagné d’une rame exceptionnelle….

    Le communiqué du jour officialise ce que tout le monde savait : Medina revient, en bonne santé, prêt à jouer la gagne, et la WSL lui donne une place pour toute la saison 2026 grâce à une wildcard logique pour un triple champion du monde.

    À 32 ans, il n’a rien perdu de ce qui fait de lui l’un des surfeurs les plus complets de l’histoire : 18 victoires sur le CT, trois titres mondiaux (2014, 2018, 2021), plus de dix ans dans la top 5, et un rôle absolument central dans l’avènement de la Brazilian Storm.

    2026, l’année où les champions reviennent tous

    Mais l’information la plus intéressante n’est peut-être pas son retour…
    Ce qui frappe, c’est à quel point 2026 attire les champions, presque comme si quelque chose les rappelait au front.

    Stephanie Gilmore ? De retour.
    John John Florence ? De retour.
    Carissa Moore ? De retour.
    Medina ? De retour.
    Et ce n’est pas tout : d’autres champions plus discrets ou en pause pourraient encore annoncer leur comeback.

    Coïncidence ? Pas vraiment.

    2026 marque le retour à un championship pur, où le titre se gagne sur l’ensemble de la saison, sans playoff final, sans format couperet. Un CT « old school », fondé sur la régularité, la stratégie, la gestion d’une année complète et la capacité à briller dans toutes les conditions.

    Ce format, c’est celui qui a sacré les plus grands noms de l’histoire.
    C’est aussi celui où les champions déjà établis excellent le plus naturellement.

    Et si les légendes voulaient reprendre leur place dans leur format ?

    Les playoffs ont créé de la tension, du spectacle, mais aussi de la frustration.
    Perdre un titre sur une seule journée à Trestles a laissé des traces : Medina en 2021, Filipe Toledo en 2023, Carissa Moore à plusieurs reprises…

    Revenir à une course annuelle remet au centre la science du Tour : lire les conditions, performer de Pipe à J-Bay, gérer les coups de mou, dominer sur la durée.
    Ce terrain-là, c’est celui des légendes, des surfeurs complets, de ceux qui savent remporter un world title… pas celui où une seule journée suffit.

    On a donc peut-être affaire à un retour motivé autant par le cœur que par le contexte compétitif.

    Medina, symbole d’une nouvelle ère ?

    Ce retour groupé pourrait marquer un tournant. On a longtemps parlé de « changement de génération », avec Jack Robinson, Ethan Ewing, Molly Picklum, Joao Chianca, ou encore Caitlin Simmers prêts à prendre le pouvoir.
    2026 est en train de rebattre les cartes.

    • Les jeunes arrivent en force.
    • Les champions reviennent en meute.
    • Le format évolue.

    Le Tour 2026 ressemble déjà à une saison mythique : un mix parfait entre la puissance des icônes et l’insolence des nouveaux talents.

    Medina, au milieu de tout ça, pourrait devenir le point d’équilibre : assez mature pour aborder un comeback avec lucidité, mais toujours affamé, toujours capable de sortir les moves les plus décisifs dans les moments clés.

    Un calendrier taillé pour le spectacle

    Avec un retour qui débutera à Bells Beach avant de passer par Margaret River, Teahupoʻo, Saquarema, J-Bay, Tahiti, El Salvador, Trestles… et un Pipe Masters final en décembre, la saison coche toutes les cases pour offrir un duel épique entre générations.

    Medina a déjà remporté dans presque toutes ces destinations.
    Et Teahupoʻo ou Saquarema en pleine forme ? C’est presque son terrain de jeu.

    2026 sera l’année où toute une génération de champions revient défendre son héritage, face à une jeunesse impatiente de renverser la table.

    Et Medina le sait : 2026 pourrait être l’une des saisons les plus importantes de sa carrière.

  • Le retour tant attendu de John John Florence sur le CT en 2026

    Le retour tant attendu de John John Florence sur le CT en 2026

    L’annonce n’a surpris personne, mais elle a enthousiasmé tout le monde : John John Florence sera de retour sur le Championship Tour dès 2026, grâce au Season Wildcard qui lui a été attribué par la WSL. Le triple champion du monde, absent cette année pour voguer à travers le Pacifique avec sa famille, retrouve donc la compétition pour la saison qui marquera les 50 ans du CT. Et c’est peu dire que ce retour promet de rehausser le niveau… et le spectacle.

    Un come-back attendu, un champion reposé

    « J’apprécie vraiment que la WSL m’offre cette wildcard », confie Florence dans le communiqué officiel. Après avoir mis entre parenthèses le Tour début 2025 — alors qu’il était tout simplement le champion du monde en titre — l’Hawaïen a vécu une parenthèse unique : navigation, exploration des îles les plus reculées du Pacifique, sessions de rêve hors des radars… tout en profitant pleinement de sa femme Lauryn et de leur jeune fils.

    Cette pause n’était pas un retrait, mais un souffle. Un moyen de repartir avec l’envie, l’énergie et surtout la liberté retrouvée d’un surfeur qui, depuis 2011, vit sous la pression permanente du très haut niveau.

    Un palmarès hors norme, un style inimitable

    Florence, c’est d’abord un palmarès de légende :

    • Trois titres de champion du monde (2016, 2017, 2024)
    • Neuf victoires en CT
    • Cinq Triple Crown
    • Deux participations olympiques
    • Un exploit unique : gagner l’Eddie Aikau et le World Title la même année

    Mais au-delà des trophées, c’est son surf qui parle : puissant, aérien, fluide, explosif. Il a redéfini ce qu’il est possible de faire dans des vagues comme Margaret River ou Pipeline, où il possède certains des Perfect 10 les plus mythiques de l’histoire récente.

    Son dernier titre mondial, acquis en 2024 lors de sa première participation aux WSL Finals, a consacré un surfeur au sommet de son art.

    2026 : une saison symbolique et pleine de promesses

    La prochaine saison semble taillée sur mesure pour lui :

    • Ouverture à Bells Beach, où il s’est déjà imposé.
    • Clôture à Pipe, chez lui, dans l’arène où il a grandi entouré de Nathan et Ivan.

    Entre les deux, un Tour revisité pour les 50 ans de la WSL, avec une densité de talents impressionnante — de Medina à Robinson, en passant par les nouvelles révélations. Autant dire que le retour de JJF ajoute une dimension narrative parfaite : celle du champion revenu pour reconquérir son trône.

    Et pour les fans ? C’est simple : le meilleur surfeur de sa génération reprend le jersey. L’assurance d’un spectacle XXL.

  • Joel Tudor souffle le chaud et le froid après la victoire d’Édouard Delpero

    Joel Tudor souffle le chaud et le froid après la victoire d’Édouard Delpero

    Il ne peut pas s’en empêcher. À chaque fois qu’un contest de longboard WSL se termine, Joel Tudor y va de son avis tranchant. Le triple champion du monde, 49 ans, a une plume aussi affûtée qu’une dérive single fin, et cette fois, c’est la compétition d’Abou Dhabi qui a ravivé sa flamme polémique.

    Quelques heures après la victoire du Français Édouard Delpero et de l’Hawaïenne Honolua Blomfield, Tudor a posté un mème devenu viral :

    “La WSL a encore réglé la piscine à vagues sur le mode débutant pour les longboarders.”

    Et le message, limpide : selon Tudor, la WSL bride le niveau en proposant des vagues trop molles, trop faciles, presque insultantes pour les surfeurs de haut niveau. Et pour le coup, nous sommes d’accord et nous en avions parlé dans ce premier article, résumé de la journée 1 homme Abu dhabi 2025

    Mais comme souvent avec le Californien, le discours cache plusieurs couches de contradictions.

    Le roi du “classic” qui réclame du “modern”

    Ce qui fait sourire (jaune), c’est que Joel Tudor a lui-même milité pendant des années pour le retour du longboard classique, celui du style, du noseride et des planches single fin.
    Un surf élégant, mais par définition moins technique quand il s’agit d’engager backside dans un barrel ou de taper un roller vertical avec une seule dérive.

    Autrement dit, Tudor a contribué à façonner une génération de longboarders ultra-stylés, mais peu polyvalents. Et aujourd’hui, il s’étonne que la majorité d’entre eux “ne sache pas tuber”.

    “Le plus triste, c’est que la majorité de ceux qui participent ne savent même pas surfer un barrel”, a-t-il écrit sur Instagram.
    “S’il n’y a personne pour les guider, personne pour défendre le vrai longboard, alors la discipline est condamnée.”

    Sauf qu’en voulant protéger la pureté du style, Joel Tudor a aussi fermé la porte au modern longboard, celui qu’incarnent justement des surfeurs comme Édouard Delpero, Ben Skinner ou Harrison Roach : des riders capables d’allier grâce et puissance, noseride et tube.

    Les hommes et le tube backside : une réalité nuancée

    Pour autant, le constat de Tudor n’est pas entièrement faux.
    Si les longboardeuses comme Honolua Blomfield affichent souvent une technique fluide et complète, le niveau des femmes dans le tube est faible comme se fut le cas en shortboard dans le passé. Au niveau des hommes, on va dire que frontside la majorité s’en sorte bien, mais au niveau backside dans le tube la grande majorité des longboarders ne savent pas tuber, il faut le dire.
    Il faut le dire : 90 % des longboarders ne savent pas vraiment tuber backside. Non pas qu’ils ne puissent pas le faire, mais parce que le format de compétition et les spots choisis ne les y encouragent jamais.

    À Abou Dhabi, les vagues artificielles de la piscine WSL offrent peu de sections tubulaires, et un mur d’eau bien trop docile pour espérer un tube engagé.
    Alors évidemment, difficile de reprocher aux compétiteurs de “fuir le barrel” quand le barrel n’existe pas vraiment.

    La pique oubliée : Blomfield félicitée, Delpero ignoré

    Autre détail piquant : dans son discours incendiaire, Tudor félicite Honolua Blomfield (dans les commentaires) pour sa victoire… mais passe totalement sous silence Édouard Delpero.
    Un oubli ? Difficile à croire.

    Entre les deux hommes, le courant n’a jamais vraiment passé.
    Delpero incarne tout ce que Tudor déteste : un surf de longboard moderne, inspiré du shortboard, avec engagement, avec une configuration tri-fins.
    En clair, la tête de gondole du modern longboard.

    Pour Tudor, Delpero symbolise ce qu’il considère comme une “dérive” du longboard, celle où le style s’efface au profit de la performance.
    Mais la réalité est peut-être plus simple : Delpero représente l’évolution naturelle de la discipline, là où Tudor, lui, reste campé dans un passé idéalisé.

    Un débat sans fin, mais essentiel

    Cette nouvelle sortie médiatique relance un débat qui divise le longboard depuis toujours :
    Faut-il préserver le classic style, avec ses lignes pures et son minimalisme ?
    Ou faut-il embrasser le modern longboard, plus technique, plus radical, et plus proche du shortboard ?

    Entre les deux, la vérité est sans doute dans l’équilibre.
    Le longboard n’a jamais été aussi riche, ni aussi diversifié. Et s’il y a bien une chose que prouve la victoire d’Édouard Delpero à Abou Dhabi, c’est que le style et la technique peuvent cohabiter.
    Tudor le sait sans doute très bien. Mais fidèle à sa nature, il préfère encore allumer un feu pour rappeler qu’il existe.

  • WSL : 13 règles (parfois) WTF qui rendent les compètes… uniques

    WSL : 13 règles (parfois) WTF qui rendent les compètes… uniques

    Vous pensiez que le règlement WSL se limitait à “priorité à l’intérieur et basta” ? Spoiler : non. Entre « best efforts », caddies verbalisés, applis obligatoires et skateboards interdits pendant les heats (!), voici un décorticage croustillant — et sourcé — des passages les plus originaux du Rule Book 2025.

    1) « Blocking Rule » et hassling : quand gêner coûte (très) cher

    La WSL a formalisé l’art de “se mettre dans les pattes” du voisin. En non-priorité, bloquer un adversaire en faisant une rame engagée ou en s’asseyant dans la zone de take-off = passage direct à la dernière priorité. Le hassling (harcèlemen) excessif peut même valoir une pénalité d’interférence. Et en priorité, utiliser sa prio juste pour empêcher l’autre de surfer (sans intention de scorer) fait… perdre la prio.

    2) Le couperet des 5 dernières minutes

    En CT et Challenger Series, une interférence qui empêche un score potentiel dans les 5 dernières minutes déclenche la Penalty 3 (meilleur score = zéro). Si c’était intentionnel, c’est disqualification. Brutal, mais clair.

    3) Le “transport non autorisé” (adieu vélo plage)

    Besoin de sprinter le long du shorebreak ? Interdit d’utiliser skateboard, trottinette, vélo, voiture… Ou un jet-ski/bateau non autorisé pour retourner au pic. Bilan : Interference Penalty 2 (deuxième meilleur score à 0). Oui, même un skate, lol….

    4) Jet-skis : priorité suspendue, trajets balisés

    Avec assistance jets skis, la priorité peut être suspendue si tu sors de la Primary Take-Off Zone, soit la zone où tu es capable de prendre une vague. Deux surfeurs tractés en même temps ? La priorité est attribuée au cas par cas. Partir en vague avant le début de heat ? Tu commences dernier en priorité.

    5) L’appli WSL devient… du matos officiel

    En CT, les surfeurs doivent avoir installer la WSL App (wearable). Si les infos de l’appli contredisent le panneau LED ou le speaker, LED/speaker > appli. Et un bug d’appli n’annule jamais un résultat.

    6) Coaching électronique : radio silence

    Toute communication électronique vers l’eau (hors WSL) est proscrite. Pour demander des infos, il existe un langage de signes officiel (bras tendu pour les scores, mains au-dessus de la tête pour la priorité, etc.).

    7) Les speakers n’ont pas le droit d’annoncer… les sets qui arrivent

    Oui, c’est explicitement écrit : pas d’annonce “set en approche”. Et si le speaker donne un mauvais score, aucune protestation possible. Ouch. En pratique, c’est déjà arrivé que les speakers parlent un peu trop, un rappel à l’ordre est déjà arrivé…

    8) Caddies : des règles (et amendes) très précises

    Un seul caddy enregistré, qui ne surfe pas : s’il prend une vague, amende pour le surfeur et interférence contre lui. Un caddy peut utiliser l’assistance jet ski pour récupérer une planche perdue, mais s’il est déposé à la plage, il doit repartir à la rame.

    9) Photographes à l’eau : maximum deux et expulsables

    La WSL autorise et limite : deux photographes aquatiques max au line-up, sous contrôle direct du Head Judge, qui peut les sortir à sa discrétion. Mieux vaut être pote avec le Head Juge. On se souvient du photographe qui a gêné Toledo sur le contest piscine à vague. Sa carrière s’est terminée ce jour-là.

    10) Tenue et podium : drapeaux, planches et logos sous contrôle

    Impossible de couvrir le lycra au podium (drapeaux, serviettes… non), ni de monter sa planche sur scène. Les combis ne peuvent afficher que la marque fabricante (sauf exception encadrée). Et zéro logo gambling sans feu vert WSL.

    11) « Best Efforts » : l’anti-tankage avec barème d’amendes

    Ne pas surfer à son meilleur niveau intentionnellement ? Amende graduée (jusqu’à 50 000 $ pour un top 10 en récidive) et possibles suspensions. Message sous-titré : pas de heat « touristique ». Difficile à juger, mais je me rappelle d’un heat litigieux dans le passé avec un brésilien. Je n’en dirai pas plus…

    12) Réseaux sociaux & “image du surf” : très, très sérieux

    Propos dégradants, attaques sur la neutralité des juges, contenus obscènes ou haineux : amendes de 1 000 à 100 000 $, disqualification, voire suspension. Et la WSL considère aussi les posts du staff du surfeur. N’oublions pas notre Jérémy national, recordman des amendes et des fucks en tout genre…lol

    13) Paris sportifs : l’exception “fantasy” qui n’en est pas une

    Toute forme de pari sur le surf pro est interdite pour surfeurs et staff, avec une amende pouvant aller jusqu’à 5× le gain potentiel. Les jeux “fantasy” ne violent pas la règle… sauf pour les compétiteurs et le staff WSL & Competition, à qui c’est interdit. J’ai fait parti du staff WSL et je ne le savais même pas…lol. Ce qui est ridicule, car il n’y a rien à gagner sur Fantasy.

    Bonus track : détails qui piquent

    • Âge minimum : 13 ans pour surfer dans sa région, 15 ans pour sortir de sa région ; et les mineurs doivent avoir un parent/tuteur sur site.
    • Zones fumeurs & alcool : espaces fermés 100 % non-fumeurs ; alcool VIP only.
    • Fins & cérémonies : finalistes absents au podium = amendes salées (jusqu’à 20 000 $ pour le top 10 CT). Et surfer la vague du heat suivant : 500 $ par vague.

    Pourquoi ça compte (vraiment)

    Au-delà de l’anecdote, ces règles visent trois objectifs : protéger l’intégrité sportive (best efforts, anti-blocking), garantir la sécurité (PWC, caddies, photographes) et maîtriser l’image globale du surf pro (tenue, social, paris). C’est parfois tatillon, souvent surprenant… mais toujours structurant pour comprendre un heat CT quand ça part en vrille.

    Bonus, la vague de dernière minute

    Une des règles les plus méconnues, qui a été utilisée à plusieurs reprises. Une fois le heat terminé, toute priorité cesse. Si un surfeur est en train de rider quand le heat se termine, il ne peut pas être gêné par un autre surfeur (même si ce dernier avait la priorité avant la fin du heat) ». Si interférence il y a après le buzzer, on applique une Interference Penalty 2 en situation de priorité, c’est-à-dire un zéro sur la deuxième meilleure vague du fautif — exactement le cas d’école qui avait piégé Kolohe Andino face à Patrick Gudauskas à Hossegor en 2018.

  • Le coup de gueule de Pedro Scooby qui accuse WSL de raciste

    Le coup de gueule de Pedro Scooby qui accuse WSL de raciste

    À Saquarema, une série du Challenger Series a mis le feu aux réseaux : Pedro Scooby accuse la WSL de racisme après l’élimination de Weslley Dantas. Mais en y regardant de plus près, le verdict n’est pas si simple.

    Le surf brésilien en ébullition

    Dimanche 12 octobre 2025, le spot de Saquarema vibrait au rythme des séries décisives dans la course à la qualification sur le Challenger Series brésilien. Pour plusieurs surfeurs brésiliens, c’était l’ultime chance de décrocher leur billet pour le Championship Tour 2026.
    Parmi eux, Weslley Dantas, frère de Wiggolly, solide surfeur plein de puissance, connu pour son surf engagé et explosif. En face : George Pittar (Australie), Lucca Mesinas (Pérou) et Shion Crawford (Hawaï).

    Le score final a fait grincer des dents : Pittar obtient 5,67, Dantas 5,73 (en début de série), mais c’est pourtant l’Australien qui passe. Une décision étrange à première vue, amplifiée par le contexte : neuf Brésiliens éliminés le même jour. Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux s’enflamment.

    Pedro Scooby, une voix qui porte

    C’est Pedro “Scooby” Vianna, surfeur de grosses vagues, figure médiatique et star de la télé brésilienne, qui a allumé la mèche.
    Sur Instagram, ses 7 millions d’abonnés ont découvert un message sans détour :

    “Les gens croient que seuls les juges du CT ont leurs préférés, mais ça arrive aussi dans le Challenger. C’est incroyable ! Je vais montrer les deux vagues : celle du gringo George Pittar et celle de Weslley Dantas. Impossible de mettre la même note. Bien sûr, Weslley Dantas est noir ; on va me dire qu’il n’y a pas de racisme, mon cul qu’il n’y en a pas, bien sûr qu’il y en a ! Et il n’a pas de sponsor, et il est brésilien »”

    Une déclaration choc, aussitôt relayée par la presse brésilienne et internationale. Certains ont salué son courage, d’autres ont pointé du doigt un coup de buzz. Mais au Brésil, où la question du racisme reste brûlante, le message a trouvé un écho immédiat.

    Racisme ou erreur de jugement ?

    Pour comprendre, il faut plonger dans les détails.
    La série a été jugée par un panel de cinq officiels : deux Brésiliens, un Australien, un Américain et un Basque. Et surprise : les deux juges les plus sévères ont été… un Brésilien et l’Américain.

    Difficile, dans ces conditions, de conclure à une discrimination nationale.
    En revanche, plusieurs analystes ont reconnu que les juges avaient sans doute “raté” leur lecture des vagues.
    Weslley Dantas a proposé un surf plus radical, des carves puissants, un tail slide engagé ; Pittar, lui, a surfé plus propre, mais moins explosif. Deux styles, deux lectures : le surf est subjectif, et c’est bien là le problème.

    Les juges, humains avant tout, peuvent se tromper. Mais la frontière entre erreur d’appréciation et injustice ressentie devient floue dès que la passion entre en jeu.

    Un débat récurrent dans le surf mondial

    Ce n’est pas la première fois que le sujet du favoritisme ressurgit.
    Gabriel Medina avait parlé du “pire jugement de sa vie” à Bells Beach.
    Italo Ferreira ou Filipe Toledo ont plusieurs fois dénoncé des notations incohérentes à El Salvador ou Surf Ranch.
    Le surf reste un sport jugé, donc vulnérable à la subjectivité.

    Mais là où Scooby dénonce un racisme systémique, les faits montrent plutôt une culture du flou, où la transparence fait défaut.
    La WSL, malgré ses outils modernes et ses replays vidéo, peine encore à expliquer les décisions au grand public. Et à l’ère des réseaux, chaque erreur devient un scandale mondial.

    Un sport encore trop peu diversifié

    Il faut reconnaître que le surf, historiquement dominé par les athlètes blancs australiens, américains et sud-africains, souffre d’un manque de diversité visible.
    Les surfeurs noirs, qu’ils soient brésiliens, africains ou américains, restent rares sur le circuit élite.
    Dans ce contexte, le cri de Scooby prend une dimension symbolique : il exprime un ras-le-bol, celui de voir des surfeurs talentueux, mais sans sponsors galérer à percer.
    Et sur ce point, il a raison : Weslley Dantas n’a pas de sponsor majeur, une anomalie pour un surfeur de son niveau.

    Des juges dépassés, pas racistes

    Affirmer que les juges ont été mauvais ? Probablement.
    Dire qu’ils sont racistes ? Rien ne le prouve.
    La vérité est peut-être plus simple : la WSL souffre d’un manque de clarté et de communication.
    Une décision floue, sans explication publique, devient vite suspecte.
    Et dans un Brésil passionné, où le surf est presque une religion, les mots de Scooby trouvent un terrain explosif.

    Mais les faits restent têtus : parmi les juges, deux étaient brésiliens, et aucun élément ne démontre une intention discriminatoire.
    Un juge brésilien raciste contre un Brésilien ? C’est peu crédible.

    Le vrai enjeu : la confiance

    Cette affaire révèle surtout une fracture entre le public et les institutions du surf.
    Quand les fans n’ont plus confiance dans les scores, le sport perd en légitimité.
    Il est urgent que la WSL repense son système : publication des notes détaillées, justification des scores, analyse vidéo ouverte.
    Le surf ne peut plus se contenter de “faire confiance aux juges”.

    Pedro Scooby, avec sa notoriété, a mis le doigt là où ça fait mal.
    Pas sur le racisme, mais sur la crédibilité d’un système à bout de souffle.

    Conclusion

    L’affaire Weslley Dantas restera comme l’un des épisodes les plus controversés de la saison.
    Oui, les juges se sont trompés. Non, rien ne prouve un racisme intentionnel.
    Mais le message de Pedro Scooby, au-delà de la colère, rappelle une chose essentielle :
    le surf a besoin de transparence.
    Et dans un sport où chaque vague compte, la notation des vagues devrait être aussi fluide qu’un carve bien taillé.

    Retrouvez la biographie de Pedro Scooby

  • Comment se qualifier sur le WCT (Championship Tour) de la WSL ?

    Comment se qualifier sur le WCT (Championship Tour) de la WSL ?

    Vous rêvez d’entrer dans l’élite du surf mondial ? La World Surf League a tracé une route claire vers le Championship Tour (CT). Entre Mid-Season Cut, Challenger Series et wildcards, voici un guide complet — concret et à jour — pour comprendre comment décrocher (ou garder) sa place sur le WCT.

    Le cadre : une saison CT en deux temps

    Le CT démarre en début d’année avec 36 hommes et 18 femmes. Après cinq étapes environ, la WSL opère un Mid-Season Cut qui réduit le tableau à 24 hommes et 12 femmes.

    • Les surfeurs au-dessus du cut (soit Top 22 hommes et Top 10 femmes, hors wildcards d’épreuve) poursuivent la saison et, surtout, sont automatiquement qualifiés pour le début de la saison suivante.
    • Les surfeurs en dessous du cut basculent sur le Challenger Series pour tenter de regagner le CT par la voie “promotion”.

    À noter : en cas d’égalité pour la dernière place conservée (22e chez les hommes / 10e chez les femmes), le règlement départage d’abord au meilleur résultat comptant, puis au nombre de heats gagnés, puis à la moyenne des notes.

    La voie royale d’accès : le Challenger Series (CS)

    Le Challenger Series est le circuit d’accession. En fin d’année, il attribue la majorité des tickets pour le CT de la saison suivante :

    • Hommes : les Top 10 CS (non déjà qualifiés via le cut CT) montent sur le CT.
    • Femmes : les Top 7 CS (non déjà qualifiées via le cut CT) montent sur le CT.

    Côté barème, la WSL ne compte que vos meilleurs résultats : par exemple, si la saison comporte 7 épreuves, seuls vos 5 meilleurs scores entrent au total. Cela limite l’aléa (blessure, mauvais call, houle capricieuse) et valorise la régularité.

    Wildcards & remplacements : les exceptions qui confirment la règle

    • Wildcards de saison (WSL Season Wildcards) : la WSL dispose de places nominatives pour compléter le plateau (notamment en début de saison).
    • Wildcards d’épreuve (Event Wildcards) : des invitations ponctuelles, souvent pour des locaux ou des talents en forme. Elles n’offrent généralement pas de points CT (sauf cas précisés par la WSL).
    • Remplacements (Replacements) : en cas de blessure ou de retraite avant le cut, la WSL peut nommer un(e) remplaçant(e) pour des épreuves spécifiques.

    Important : lorsqu’un(e) surfeur(se) est doublement qualifié(e) (ex. conserve sa place via le cut et termine dans le Top CS), la place “en trop” ne descend pas mécaniquement au suivant du CS : elle redevient wildcard WSL, que la Ligue attribue selon ses critères.

    Feuille de route express pour se qualifier (hommes et femmes)

    1. Commencer sur le QS (Qualifying Series), des étapes régionales pour accéder au Challenger Series.
    2. Briller sur le CS : viser Top 10 (H) ou Top 7 (F) en fin d’année.
    3. Intégrer le CT l’année suivante — et tenir le cut de mi-saison pour s’y installer durablement.
    4. Alternative : décrocher une wildcard WSL (rare, non maîtrisable), ou profiter d’un remplacement ponctuel.

    Cas concrets 2025 : Tya Zebrowski et Kauli Vaast

    • Tya Zebrowski (France) a éclaboussé le CS féminin par sa précocité et sa constance. Scénario de qualif : si elle termine la saison dans le Top 7 du CS (et qu’elle n’est pas déjà qualifiée via le cut CT), elle décroche son ticket pour le CT 2026. Comptablement, elle n’est pas encore qualifiée sur le CT ou Championship Tour. Mais, au vu de son avance, il faudrait un concours de circonstance improbable pour qu’elle ne soit pas qualifiée
    • Kauli Vaast (Tahiti/France) est dans une dynamique similaire côté masculin. Scénario de qualif : viser le Top 10 du CS en fin de saison (hors qualification automatique via cut CT). Pour Kauli Vaast, la marge est moindre, et ses chances de qualification ne sont pas du tout acquises. La prochaine étape au Brésil sera primordiale.

    FAQ rapide

    • Faut-il gagner une épreuve CS pour monter ? Non. La constance prime : plusieurs quarts/semis peuvent suffire.
    • Que se passe-t-il si je rate le cut CT ? Vous redescendez sur le CS immédiatement pour rejouer votre chance.
    • Les wildcards donnent des points CT ? Les Event Wildcards, en règle générale, non. Les Season Wildcards relèvent d’un statut particulier défini par la WSL.