Le Lexus Tahiti Pro s’ouvre dans une ambiance électrique : houle massive, prévisions météo solides, et une wildcard de 12 ans. Mais surtout : quelques favoris pourraient bien mordre la poussière.
Le spot mythique de Teahupo’o, le barrel le plus technique et radical du tour, est sur le point de se réveiller pour de bon. La waiting period du Lexus Tahiti Pro 2025 débute avec une fenêtre météo qui donne le vertige : un premier swell puissant en ouverture, dans les 10 pieds (3 m), qui devrait progressivement s’atténuer mais rester solide pour la suite de la compétition.
Mais surtout, la veille de l’ouverture risque d’offrir des sessions légendaires. Une houle massive – possiblement XXL et tow-in – pourrait déferler sur le récif tahitien, offrant un spectacle rare. Les images, si elles sortent, pourraient mettre en avant les free surfeurs, comme cela pu arriver dans le passé.
Ce swell massif, en lente baisse les premiers jours de la waiting period, pourrait rebattre les cartes stratégiques pour les compétiteurs : certains risquent gros dès le premier tour, là où d’autres, plus habitués aux grosses conditions, pourraient briller.
C’est la wildcard qui fait parler le monde entier. Kelia Mehani Gallina, 12 ans, surfeuse tahitienne, a remporté les Trials et gagne ainsi sa place dans le tableau principal, devenant la plus jeune surfeuse de l’histoire à disputer une épreuve du CT.
Son père Ryan, surfeur chevronné du spot, reste confiant, mais inquiet : « On prie pour que les vagues ne soient pas trop grosses », dit-il, conscient que sa fille devra se jeter seule dans des tubes massifs, sans sa présence dans l’eau comme à l’accoutumée.
Kelia n’a rien à perdre, tout à gagner. Mais dans un Teahupo’o sérieux, chaque vague est un enjeu vital.
Retrouvez l'article sur Kelia Mehani Gallina et sa qualification
S’il y a bien un surfeur à surveiller dans ce contexte de grosse houle, c’est Filipe Toledo. Non pas parce qu’il est favori… mais justement parce qu’il ne l’est pas.
Ancien numéro 1 mondial et champion du monde en titre, Toledo n’a jamais brillé à Teahupo’o. Son meilleur résultat ? Un round 3, dans des petites conditions. Et son plus gros point faible est connu de tous : le manque d’engagement dans les grosses vagues, particulièrement ici, à Tahiti.
Face à des tubes en 10 pieds, difficile de l’imaginer aller loin. Mais quelque part, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’il fasse mentir les pronostics. C’est peut-être l’épreuve où il n’a rien à perdre – et donc, paradoxalement, l’occasion de se révéler. Il lui faut un bon résultat pour finir dans le final 5.
Teahupo’o, c’est la maison des Tahitiens, et quand ils ont une wildcard, mieux vaut les prendre au sérieux.
Kauli Vaast en est l’exemple parfait. Goofy, à l’aise dans les gros barrels, champion olympique sur ce même spot quelques semaines plus tôt : il est sans doute le non-tour surfer le plus dangereux de l’épreuve.
Même profil pour Mihimana Braye, lui aussi goofy et extrêmement à l’aise sur le reef tahitien. Leur lecture de la vague, leur timing, leur engagement sans faille font d’eux des pièges pour les têtes de série du CT.
Et côté femmes, Vahine Fierro est peut-être la meilleure surfeuse du monde à Teahupo’o. Son aisance dans des tubes puissants, sa technique et son engagement en font une prétendante crédible au titre, surtout si la houle continue à envoyer.
Avec une météo qui offre à la fois du spectaculaire et du jouable, cette édition 2025 s’annonce comme l’une des plus excitantes depuis des années.
Ajoutez à cela des vagues d’une puissance rare, une lumière polynésienne qui sublime chaque vision, et une tension dramatique dans chaque série… et vous obtenez une compétition que personne ne veut rater.
Le Lexus Tahiti Pro débute dans une ambiance d'excitation générale. Des tubes massifs, des outsiders affûtés, un ancien leader dans le doute, une wildcard de 12 ans, et des Tahitiens prêts à bousculer l’ordre établi.
Le spectacle s’annonce total.