Comment un réseau a pillé des surfeurs en Californie… grâce à une simple clé cachée

31 janvier 2026

Pendant qu’ils surfent, quelqu’un les observe. Un réseau méthodique vidait leurs comptes bancaires depuis les parkings de surf californiens.
Tout est parti d’un geste banal que presque tous les surfeurs font… sans en mesurer les conséquences.

Une vague, un parking… et le début d’une affaire hors norme

Tout commence par une session anodine. Un de ces surfs « pour la tête », quand l’océan sert d’exutoire.

Ce jour-là, Logan ‘Chucky’ Dulien se met à l’eau aux River Jetties, en Californie, quelques heures seulement avant une réunion destinée à organiser la crémation de sa mère. Un moment intime, fragile, loin de toute parano.

Pendant qu’il est à l’eau, quelqu’un observe.
Repère.
Attend.

À son retour, tout s’enchaîne : clés compromises, maison visitée, voiture fouillée, téléphone piraté, comptes bancaires siphonnés. 150 000 dollars disparaissent en quelques heures. Mais ce vol n’est pas un coup isolé.

Un mode opératoire glaçant, taillé pour les spots de surf

Très vite, Dulien comprend que quelque chose cloche. Les détails sont trop précis. Trop propres.

Les témoignages affluent : mêmes parkings, mêmes horaires, mêmes profils. Des surfeurs à l’eau, des voitures laissées seules, et toujours cette même faille : la clé cachée sur le véhicule.

Le réseau semble fonctionner comme un surfeur chevronné :

  • analyse des prévisions Surfline,
  • lecture des marées,
  • repérage des parkings exposés,
  • timing parfait pendant les fenêtres de surf.

De Malibu à San Diego, les comptes bancaires se vident pendant que les victimes sont occupées à prendre des vagues. Le plus troublant ? Les vols sont rapides, silencieux, sans effraction visible. Juste une clé… et tout devient accessible.

Quand un surfeur fait ce que la police n’a pas fait

Refusant de classer l’affaire, Dulien se transforme malgré lui en enquêteur. Il compile, recoupe, relie les points. Vidéosurveillance, messages privés, témoignages anonymes. Petit à petit, un nom revient : Moundir Kamil.
Un habitué des arnaques complexes, déjà condamné par le passé pour vols bancaires et usurpations d’identité.

L’affaire prend une ampleur nationale lorsque CNN s’en empare. À l’écran, Anderson Cooper commente les images de surfeurs cachant leurs clés dans les passages de roue — un geste désormais décrit comme une invitation ouverte au vol.

Verdict : prison fédérale et fin de cavale

Après des mois d’enquête, la justice tranche. Moundir Kamil, aujourd’hui âgé de 56 ans, est condamné à trois ans et huit mois de prison fédérale.

Le bilan est lourd :

  • près d’un million de dollars volés,
  • des centaines de cartes bancaires photographiées et utilisées,
  • des dizaines de surfeurs impactés financièrement et psychologiquement.

Il exprime des remords, évoque sa famille, sans convaincre. À l’issue de sa peine, il devrait être expulsé vers le Maroc. Attention à la destination Maroc dans 4 ans, lol... Grâce à cette affaire, les assurances commencent à indemniser les victimes. Mais le mal est fait.

Une habitude mondiale… exploitée à grande échelle

Ce qui rend cette histoire si dérangeante, c’est sa banalité. Le réseau n’a rien inventé. Il a simplement exploité une habitude universelle du surf. En Californie, comme ailleurs, cacher sa clé sur sa voiture est devenu une habitude.

Et en France ?

On fait exactement la même chose. Je l’ai moi-même vécu : retour de session, voiture ouverte, clé laissée sur le siège. Rien de volé, mais un avertissement clair. Depuis, cadenas à code obligatoire pour y laisser ma clé et surfer tranquille.

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