Amaury Lavernhe devient Espagnol : le signal d’alarme d’une crise profonde pour le surf tricolore

6 février 2026

Le monde du bodyboard s'est réveillé avec une nouvelle amère. Amaury Lavernhe, alias « Moz », l'un des athlètes les plus titrés de l'histoire du sport français, ne portera plus la bannière tricolore. À 40 ans, alors qu'il entame sa 21e saison sur le circuit mondial (IBC), le Réunionnais a officiellement pris la nationalité espagnole. Ce choix, loin d'être une simple formalité administrative, est le résultat d'une politique sportive française qui laisse ses talents sur le carreau.

Le couperet du statut de « Haut Niveau »

Depuis ses 13 ans, Amaury Lavernhe figurait sur la liste ministérielle des athlètes de haut niveau. Un statut crucial qui permet d'obtenir des subventions, des aides aux déplacements et un accompagnement professionnel. Mais les règles ont changé. Le ministère des Sports a décidé de retirer le bodyboard de cette liste, justifiant cette décision par l’absence de la discipline aux Jeux Olympiques.

« C’était une mauvaise décision, car la France n’a jamais eu autant de bodyboarders sur le circuit mondial », regrette l’athlète. Résidant aux Canaries depuis de nombreuses années, Amaury a constaté que l’Espagne, elle, continue de soutenir massivement ses bodyboarders. Pour survivre professionnellement et continuer à porter ses projets sportifs, Moz (surnom d'amaury) a dû se résoudre à changer de pavillon.

Après le bodyboard, le longboard dans la tourmente ?

Le cas Lavernhe n'est que la partie émergée de l'iceberg. Le débat s'élargit désormais aux longboarders. Il y a quelques mois, la sentence tombait pour les JO de Los Angeles 2028 : le longboard ne sera pas intégré au programme olympique.

Cette exclusion fait peser une menace directe sur les athlètes français. Si la logique ministérielle reste la même — "pas d'Olympe, pas de soutien" — qu'adviendra-t-il de nos champions comme Edouard Delpero, Alice Lemoigne ou Zoé Grospiron ? Sans le précieux statut de haut niveau, ces athlètes perdent non seulement des revenus, mais aussi la reconnaissance institutionnelle nécessaire pour attirer des sponsors privés.

Vers une fuite des talents vers l’étranger ?

La France est une nation majeure du surf sous toutes ses formes. Pourtant, en conditionnant son aide à la seule vitrine olympique, elle crée un système à deux vitesses. D'un côté, le shortboard bénéficie de toutes les attentions ; de l'autre, les disciplines "historiques" et tout aussi performantes s'étiolent.

Le départ d'Amaury Lavernhe vers l'Espagne pourrait créer un précédent. Si les conditions de pratique et de soutien financier sont meilleures chez nos voisins, rien n'empêchera d'autres riders de suivre le même chemin. Le risque est réel : voir le savoir-faire et le palmarès français nourrir les fédérations concurrentes, faute de considération nationale.

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