Quand la mythique compétition de l’Eddie Aikau s’est lancée à Waimea Bay dans des conditions dantesques, un groupe d’hommes a risqué sa vie pour que les surfeurs rentrent sains et saufs. Une vidéo vibrante vient de sortir pour rendre hommage à la Hawaiian Water Patrol, la véritable « Seal Team 6 » de l’océan.
La naissance des lifeguards d’Hawaï
Fondée par la légende Terry Ahue aux côtés de Brian Keaulana, cette patrouille d’élite a complètement révolutionné le sauvetage en mer. Dans les années 80, récupérer un surfeur en détresse à Sunset Beach se faisait à la rame, sur une planche de surf rigide. Un exploit souvent impossible.
Ce sont ces hommes qui ont innové en fixant une planche de bodyboard derrière un jet-ski avec un simple tuyau d’arrosage. Le tout premier « sled » de l’histoire était né. Aujourd’hui, cette science de la survie se transmet de père en fils, comme une lignée sacrée connectée par le sang et le respect de l’océan.
Un bouclier mondial, de Nazaré à nos côtes
Mais Hawaï n’est plus seule à porter ce fardeau. Ce savoir-faire unique s’est exporté sur tous les spots XXL de la planète. À Teahupoo, la water patrol locale défie les vagues de récif les plus tranchantes du monde pour extirper les surfeurs de la zone d’impact. À Nazaré, au Portugal, les pilotes de jet-ski slaloment au milieu d’immeubles d’eau de 20 mètres pour arracher les athlètes au chaos blanc.
Chez nous, sur les côtes françaises, nous avons les MNS (Maîtres-Nageurs Sauveteurs) appliquent cette même vigilance quotidienne face aux redoutables baïnes de l’Atlantique ou aux shorebreaks landais. Mais, je ne crois pas avoir vu une élite se former pour assurer la sécurité des surfeurs. Celle-ci se fait de manière beaucoup plus individuelle.
C’est la grosse annonce qui secoue la planète surf. La World Surf League vient d’officialiser l’intégration de Cloud 9, la mythique droite des Philippines, au calendrier du Championship Tour (CT) pour les saisons 2026 et 2027. Historiquement classé comme un QS 6 000, le Philippines Pro est officiellement promu dans l’élite mondiale et se déroulera du 31 octobre au 10 novembre 2026.
Une assurance anti-flat pour la WSL
Cette intégration surprise comme 11e étape n’est pas un hasard. La WSL a choisi de blinder son calendrier pour garantir un minimum de 12 événements cette saison, au cas où le Surf Abu Dhabi Pro – la piscine à vagues de Kelly Slater – ne pourrait pas se dérouler comme prévu (conflit Iran – EU qui déborde un peu). Ce nouvel événement vient ainsi sécuriser l’intégrité du format de la course au titre mondial.
« Aller sur un nouveau spot, c’est toujours excitant. Cloud 9 a l’air d’être un slab ultra fun qui finit en section à airs. En tant que régular, tuber sur mon frontside (face à la vague) n’arrive presque jamais à part à Backdoor, donc j’ai vraiment hâte ! » – Leonardo Fioravanti, actuel numéro 1 mondial.
Des ajustements majeurs au Portugal et à Abu Dhabi
L’arrivée des Philippines provoque un jeu de chaises musicales en fin d’année. Le MEO Rip Curl Pro Portugal est avancé de six jours (16 au 25 octobre) pour ouvrir une fenêtre de tir à Cloud 9. De son côté, le Surf Abu Dhabi Pro est repoussé du 25 au 29 novembre, juste avant le Grand Prix de Formule 1.
Le spot de Siargao accueillera un plateau réduit à 24 hommes et 16 femmes pour la phase cruciale du « postseason », juste avant le grand dénouement à Pipeline en décembre. Un rendez-vous historique qui s’annonce d’ores et déjà spectaculaire.
Bloquez votre agenda. Ce jeudi 2 juillet, la communauté surf se donne rendez-vous à Anglet, 7 allées Louis de Foix, pour un événement à ne pas manquer. Le shop Moskova accueille une soirée spéciale centrée sur l’enfant du pays, Clément Roseyro, devenu le premier Européen à remporter le prestigieux Tudor Nazaré Challenge.
Le coup d’envoi sera donné dès 19h00 avec un apéro convivial, l’occasion parfaite pour se retrouver et échanger entre passionnés autour d’un food truck et des boissons. Mais le moment fort de la soirée aura lieu à 21h30/22h. Les lumières s’éteindront pour laisser place à la projection exclusive du teaser de son tout nouveau projet : Step Up.
Loin des clips de gros classiques et formatés, ce film réalisé par Arthur Picard et monté par Stan VLF promet une immersion psychologique totale. Clément y dévoile les coulisses de ses deux derniers hivers passés à traquer les houles dantesques, mais surtout, il y met ses peurs à nu face à des vagues de 20 mètres.
La soirée se prolongera ensuite avec une after party pour célébrer la culture surf locale. C’est l’occasion idéale de soutenir un talent d’ici avant que le projet ne commence sa diffusion officielle. Rendez-vous demain soir
C’est un véritable coup de tonnerre dans le monde du surf professionnel. Après quatre mois de bras de fer intense en coulisses, la Fédération Internationale de Surf (ISA) et le Comité International Olympique ont cédé face à la fronde des athlètes du Championship Tour (CT). Menaçant tout simplement de boycotter les épreuves qualificatives pour les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, les stars du circuit mondial ont fait plier les instances.
Hier, l’ISA a officialisé une refonte majeure de son système de qualification. À première vue, c’est une victoire : le nombre de places directement réservées à l’élite mondiale du CT passe de 5 à 8 par genre.
Le piège de la règle des quotas par nation
Pourtant, cette victoire syndicale a un goût très amer pour certains. C’est le piège parfait du « faites attention à ce que vous souhaitez ». En parallèle de cette augmentation de places, l’ISA a réduit le quota maximal par pays, le faisant passer de trois à deux athlètes. De plus, la règle stricte limitant à un seul qualifié par pays via le classement CT reste inchangée.
Pour les nations ultra-dominantes comme les États-Unis, l’Australie et le Brésil, la route vers Los Angeles devient un véritable parcours du combattant. Si l’on figeait les classements aujourd’hui, des surfeurs du top mondial comme Yago Dora ou l’ancienne championne olympique Carissa Moore se verraient privés de Jeux au profit d’athlètes moins bien classés, mais issus de nations moins représentées.
Les grands gagnants de cette réforme
À l’inverse, cette décision fait le bonheur des « petites » nations du surf. Des athlètes comme le Mexicain Alan Cleland, le Marocain Ramzi Boukhiam ou l’Italien Leonardo Fioravanti voient leur billet pour 2028 quasiment assuré sans avoir à passer par les redoutables World Surfing Games. La guerre psychologique ne fait que commencer.
Après la deuxième étape du circuit Pro Junior de la WSL en Galice, le bilan est contrasté pour le clan tricolore. Si Naïa Monte brille, les garçons affichent un retard historique inquiétant avant l’étape capitale de Capbreton.
Le GADIS Junior Pro Ferrol 2026 vient de rendre son verdict sur les vagues de la Playa de Esmelle. Si la victoire finale a échappé aux tricolores au profit de la surprise néerlandaise Tiara van der Huls et du Roumain John John Rabinovitch, c’est surtout le classement général européen qui interpelle.
Des surfeurs bleus à la peine
Historiquement dominateurs sur le circuit JQS depuis des décennies, les surfeurs français traversent une crise de résultats inédite. À l’issue des deux premières étapes (Maroc et Espagne), un seul Français figure désormais dans le top 20 européen : Alai Rodriguez Albeniz, 16 ans, solide sixième. Derrière lui, c’est le désert. De mémoire de suiveur, le clan tricolore n’avait jamais aligné si peu de représentants à ce niveau. Ce trou générationnel marquant sonne comme un véritable signal d’alarme pour la relève masculine.
Les surfeuses françaises dominent
Heureusement, le contingent féminin redonne le sourire et maintient la France à flot. À Ferrol, la jeune Naïa Monte s’est brillamment hissée en finale, ne cédant la première place qu’à quelques minutes de la sirène. Grâce à cette performance, elle grimpe sur la troisième marche du classement général. Le surf tricolore est d’ailleurs bien représenté avec quatre Françaises installées fermement dans le top 10 européen. Sans parler de Tya Zebrowski, qui vient d’atteindre sa première finale WCT à l’âge de 15 ans. Même constat pour Kiara Goold, qui est au même âge, est sur le circuit Challenger Series féminin.
Allez les bleus, prochaine étape cette semaine à domicile, Capbreton.
C’est sans doute la fusion la plus rafraîchissante de l’année entre l’art du shape et la culture de l’après-session. En Australie, la brasserie Gage Roads Brew Co. a bousculé les codes du marketing en créant la toute première planche de surf au monde capable de contenir et de servir de la bière pression tout en restant parfaitement fonctionnelle à l’eau.
Un défi d’ingénierie technique et de shape
Pour donner vie à ce projet à la frontière de l’exploit technique et du coup de génie publicitaire, la brasserie s’est associée au célèbre shaper Chris Garrett, fondateur de Phantom Surfboards. Inspiré par la mythique silhouette de la Greenough Spoon des années 60, Garrett a dû creuser le pain de mousse pour y intégrer une chambre alimentaire scellée de 10 litres.
L’ajout d’une valve de pressurisation et d’un robinet amovible a transformé l’atelier en un véritable laboratoire d’expérimentation, non sans quelques explosions de prototypes en cours de route. Le but ultime : s’assurer que la bière reste fraîche et sous pression, sans que la planche ne perde sa flottabilité ni ses propriétés hydrodynamiques lors de la session.
Validée au line-up par des légendes de la glisse
Honnêtement, ce n’est que du marketing destiné à décorer un comptoir de bar, mais cette planche « Single Fin » a immédiatement été jetée à l’eau et on peut la surfer (pas sûr pour les airs, lol). Et pour valider le shape, la marque n’a pas fait les choses à moitié en recrutant des ambassadeurs de classe mondiale : le médaillé olympique et copropriétaire de la marque Jack Robinson, accompagné du free surfer de légende Brendan « Margo » Margieson.
Les deux athlètes ont pu confirmer la viabilité de l’engin dans les vagues, ancrant cette campagne audacieuse dans une réelle crédibilité surf. Une manière parfaite pour Gage Roads, marque née en 2004 en Australie-Occidentale, de réaffirmer son attachement viscéral à l’océan et à la communauté des surfeurs.
Imaginez passer plus de 10 heures par jour dans une eau glaciale pour enchaîner les sessions de glisse. C’est l’exploit complètement fou réalisé par l’Australien Blakey Johnston. Pour reconquérir son titre de recordman du monde, cet athlète de l’extrême a surfé pas moins de 4 097 vagues en seulement un mois.
Un nouveau mini-documentaire vient de dévoiler les coulisses de ce marathon aquatique hors norme, et le bilan pour son corps est tout simplement effrayant. Avec une moyenne de 10,3 heures de surf quotidiennes et seulement 3,5 heures de sommeil par nuit, son organisme a frôlé la rupture. Johnston a confié avoir souffert d’une infection aiguë à l’oreille, de douleurs nerveuses inexpliquées et d’un énorme ulcère au talon causé par le frottement permanent de ses chaussons en néoprène.
Au total, le surfeur de Cronulla aura passé près de 18 heures debout sur sa planche, enchaînant plus de 21 000 virages et 674 tubes dans les eaux hivernales. Mais derrière cette performance presque surhumaine et ces souffrances brutales se cache une cause noble : ce projet solidaire a permis de récolter 330 000 dollars pour la santé mentale des enfants. Un sacrifice immense à découvrir d’urgence en vidéo.
L’été s’installe, l’eau se réchauffe, mais un vieil ennemi invisible vient déjà gâcher la fête sur la Côte basque. La mairie de Biarritz a été contrainte d’interdire la baignade et les activités nautiques au Port-Vieux. En cause ? Le grand retour d’Ostreopsis ovata, cette micro-algue toxique qui s’incruste désormais chaque saison, de Biarritz jusqu’aux spots espagnols.
Favorisée par le grand soleil, l’absence de houle et une eau qui chauffe anormalement sous l’effet du changement climatique, cette intruse libère des toxines hautement volatiles. Si tu te rappelles les étés galères de 2021 ou de 2025, tu connais la chanson : états grippaux, gorges qui brûlent et yeux irrités. Le pire pour nous ? Pas besoin de boire la tasse pour morfler. Les toxines passent dans les embruns ; un simple check des vagues depuis le haut de la falaise par vent onshore peut suffire à te rendre malade.
Le point santé : Les symptômes ressemblent à une grosse grippe estivale (rhinite, toux, fièvre). Ils apparaissent généralement quelques heures après l’exposition et s’estompent en 24 à 48 heures.
Heureusement, on peut limiter la casse et adapter nos habitudes. Si les conditions te poussent quand même à l’eau sur les spots limitrophes, applique ces trois règles d’or :
Fuis le line-up par vent de mer : Les toxines se propagent via les aérosols. Un vent onshore rabat la brume toxique directement vers tes poumons. Privilégie les sessions matinales avant que le vent thermique ne se lève.
Douche obligatoire et immédiate : Ne laisse pas l’eau salée sécher sur ta peau. Rince-toi abondamment à l’eau douce dès la sortie du spot (pense au jerrican d’eau douce au camion).
Checke les applications locales : Ne joue pas au plus malin sur les plages fermées. Suis les alertes de la communauté d’agglomération avant de te mettre à l’eau. Si le drapeau violet est de sortie, passe ton tour ou monte plus au nord des Landes.
J’adore le longboard. C’est esthétique, c’est historique, c’est l’essence même de la glisse. Pourtant, après 18 ans à suivre le surf professionnel au quotidien, je craque : le circuit mondial m’ennuie profondément et sa mentalité actuelle me rebute.
La guerre du longboard classic vs moderne
Pourquoi ? Parce qu’on nous sert la même soupe en boucle. Des vagues d’un mètre propre, des point breaks standardisés, et des critères de jugement devenus totalement illisibles. Même avec des décennies de culture surf derrière moi, je ne comprends plus les notes des juges la majeure partie du temps. Le longboard est devenu le théâtre d’une guerre de clochers stérile entre les puristes nostalgiques du single fin classique et les acharnés du tri-fin ultra-moderne. Une niche dans la niche qui se regarde le nombril pendant que le navire coule.
La réalité économique est pathétique : quand le troisième du classement européen doit renoncer aux étapes internationales parce que les prize money sont dérisoires et que voyager ne vaut plus le coup financièrement, c’est que le système est cassé.
Le longboard intéresse t’il encore ?
Et le pire, c’est que le public est demandeur ! Les réseaux sociaux ne mentent pas : une seule vague d’Édouard Delpero à Guéthary cumule 651 000 vues, et une bombe de Louis Marchiset à La Nord Hossegor frôle le million. Les internautes veulent voir du longboard, mais pas celui qu’on leur impose dans ces formats de compétition aseptisés.
Il est temps de bousculer les codes. Pour être sacré champion du monde, un surfeur doit être complet : gracieux sur le nose, mais aussi capable de charger quand le plan d’eau s’énerve. La récente épreuve à Abu Dhabi a frôlé le ridicule : la majorité des compétiteurs étaient incapables de caler un tube proprement. On est bien loin des Hawaiiens qui allaient s’enfermer dans des cavernes à Pipeline avec des planches de 9 pieds. Si la discipline refuse de se moderniser et de montrer du gros surf, elle finira par mourir dans l’indifférence générale.
Le milieu du surf aime cultiver ses secrets, mais le célèbre shaper Dan Mann (Mankind, Firewire) vient de briser l’omerta. Invité du podcast Stab Mic, il a balancé l’envers du décor d’une industrie qu’il qualifie carrément d’impitoyable.
Le « ghosting » lunaire de Stab in the Dark
Après avoir remporté le prestigieux Stab in the Dark aux côtés de Kelly Slater, puis frôlé la victoire avec Ethan Ewing, Dan Mann s’attendait à une consécration. La réalité ? Un silence radio total de cinq mois. Entre rendez-vous manqués et chaos de production géré par Sam McIntosh, le shaper est resté dans le noir complet, sans trophée ni célébration. Un coup de massue qui illustre sa vision du milieu :
« Les gens les plus méchants de la terre se mettent à fabriquer des planches. C’est un business impitoyable. »
La punchline glaciale de Kelly Slater à un fan
Au-delà des rancœurs industrielles, Dan a partagé une anecdote mémorable au Costa Rica. Alors qu’il résidait dans une retraite végétarienne, Kelly Slater a craqué pour un énorme smash burger triple steak et bacon. C’est à ce moment-là qu’un fan texan très intrusif s’est approché de leur table en lançant : « Désolé de vous déranger ».
La réponse du King ? Un missile court et ultra-glacial : « Alors ne le fais pas ». Le plus fou ? Le fan, aveuglé par l’euphorie de la rencontre, n’a même pas capté le tacle.
Le PU est mort, l’innovation aussi ?
Le shaper jette enfin un énorme pavé dans la mare concernant votre surfboard. Selon lui, le design des planches stagne. Si le milieu ne bascule pas urgemment vers des technologies composites (EPS, carbone, mise sous vide), l’innovation va mourir. Pour Dan, les shapes actuels en polyuréthane (PU) ont atteint un plafond de verre : 90% du marché actuel n’est que du storytelling pour vous vendre la même chose le mardi matin.
C’est un énorme coup dur pour le circuit qualificatif asiatique. Deux des plus belles épreuves qualificatives pour les Challenger Series, le Nias Pro et le Krui Pro, viennent d’être officiellement rayées du calendrier 2026. Si vous espériez voir les vagues parfaites de Lagundri Bay ou les longues gauches de Sumatra cette semaine, il faudra repasser.
La raison de ce fiasco ? Un violent coup de frein budgétaire. Les récents changements de gouvernance au sein des autorités régionales indonésiennes, associés à un contexte économique local très tendu, ont poussé les institutions à couper net les subventions de ces deux événements historiques. L’an dernier, ces compétitions classées « QS 6000 » avaient pourtant couronné des surfeurs de premier plan comme Dylan Wilcoxen ou Reef Heazlewood, tout en faisant tourner l’économie locale.
Cette double annulation met en lumière une réalité souvent occultée : la dépendance extrême du surf professionnel envers les politiques et les financements locaux. Pour 2026, la saison est morte. Les organisateurs tentent déjà de sauver les meubles en négociant une épreuve de repli aux Mentawai pour la fin de l’année, tout en promettant un retour aux affaires en 2027. Le circuit qualificatif, lui, perd ses plus belles vagues.
Derrière les vidéos ultra-populaires de Jamie O’Brien ou Ben Gravy se cache une réalité bien plus sombre. Le Turnagain Arm, ce mascaret d’Alaska devenu une star des réseaux sociaux, vient de faire une victime. Vendredi dernier, Joshua Novakovich, un surfeur local de 25 ans, y a perdu la vie.
Parti en stand-up paddle avec sa compagne, le jeune homme s’est retrouvé piégé par un courant violent et un vent de face impitoyable. Alors que sa petite amie a réussi à regagner la terre ferme, Joshua est resté bloqué au large sur un banc de sable réputé ultra-dangereux. Sous les yeux impuissants d’une vingtaine de personnes, il a lutté pendant plus de vingt minutes, tentant désespérément de ramer sur les 2,5 kilomètres qui le séparaient de la rive.
Au téléphone avec ses proches pendant son calvaire, le surfeur a fini par succomber à l’hypothermie, épuisé, avant l’arrivée des secours retardés par la nuit. Son corps a été repéré le lendemain. Ce drame rappelle cruellement que les vagues de marée, malgré leur apparente facilité sur YouTube, restent des monstres imprévisibles. Récemment, le pro Antony Walsh y avait lui aussi frôlé le pire en Australie.
« J’ai vu des gens faire des conneries monumentales dans le rock, mais vous, vous êtes les plus grands malades de toute ma vie. » Lorsque Dave Grohl balance ça aux Billabong XXL Awards, le monde du surf sourit. Pourtant, derrière le glamour des trophées et l’héroïsme des images de Nazaré ou Jaws, se cache une réalité beaucoup plus sombre : une affaire de gros sous, de ego et de « junk science ».
La science bidon des mesures de vagues
Pour la première fois, des pointures comme Kai Lenny, Albee Layer et Andrew Cotton brisent l’omertà dans le podcast How Surfers Get Paid. Le constat est glacial : les records du monde de la plus grande vague surfée est bidon.
« C’est juste des mecs qui inventent des trucs », balance carrément Andrew Cotton, dépité par le fait qu’il ait fallu quatre ans aux instances officielles pour valider le record de Sebastian Steudtner. Les surfeurs pointent du doigt une supercherie visuelle : selon l’angle de la caméra et l’élévation du spot, une vague de 12 mètres peut facilement en paraître 25 à l’écran.
De Belharra à Nazaré : la longue histoire des records contestés
Ce n’est pas la première fois que le surf XXL se prend les pieds dans le tapis des polémiques et de la politique des spots. En 2014, le Français Benjamin Sanchis domptait une montagne d’eau monumentale à Nazaré, estimée à plus de 100 pieds, avant de se faire balayer au bottom. Le verdict des XXL Awards ? Un simple prix du pire wipeout de l’année, refusant d’homologuer le record sous prétexte que la vague n’avait pas été terminée. Une décision qui avait laissé un goût amer en Europe, rappelant l’ambiance glaciale qui régnait déjà sur les podiums californiens au début des années 2000. À l’époque, l’éveil du monstre basque de Belharra par Peyo Lizarazu et Yannick Beven avait été accueilli par un mépris à peine dissimulé du microcosme hawaiien. Pour les gardiens autoproclamés du temple du North Shore, cette vague européenne, jugée trop molle et cassant sur un haut-fond plutôt que sur un récif à fleur d’eau, n’avait tout simplement pas sa place aux côtés de Jaws ou Maverick’s. Le business des records a ses favoris, et l’histoire montre qu’il ne s’écrit pas toujours de manière objective.
25 000 dollars la photo : le business de l’extrême
Au-delà du prestige, c’est une guerre financière qui se joue sur le dos des athlètes. Prenez l’exemple récent de l’Australienne Laura Enever. Lorsqu’elle a dompté son record du monde à la rame à Hawaï, elle a dû signer un chèque astronomique de 25 000 dollars au photographe Daniel Russo pour obtenir le cliché officiel obligatoire pour Guinness.
Ce jour-là, le photographe a empoché plus de 35 000 dollars en vendant d’autres clichés et en facturant ses services de sécurité sur le reef. Pendant ce temps, les surfeurs risquent littéralement leur peau, parfois pour des clopinettes, au milieu de disputes violentes entre partenaires de jet-ski. Le surf de gros a perdu son âme, et ce sont les acteurs eux-mêmes qui le disent.
La plage d’Esmelle, en Galice, vient de vibrer au rythme des phases finales du GADIS Longboard Pro Ferrol. Dans des vagues de deux à trois pieds, cette ultime étape du circuit régional de la World Surf League (WSL) a sacré deux visages bien connus du circuit européen : le Français Édouard Delpero et la prodige italienne de 14 ans, Ginger Caimi. Tous deux repartent avec la couronne de champion d’Europe en poche.
Le coup de poker d’Édouard Delpero en finale
Après deux places de finaliste frustrantes lors des précédentes éditions à Ferrol, Édouard Delpero n’avait plus le droit à l’erreur. Pour décrocher ce titre européen, la victoire était obligatoire.
Malmené en début de série par le Britannique Ben Skinner et l’Espagnol Jon Garmendia Gonzalez, le surfeur tricolore a dû prendre des risques. C’est finalement grâce à une trajectoire tendue et une note de 8,50 points (sur 10) qu’il a renversé la situation dans les dernières minutes.
« C’était un vrai défi de revenir face à cette nouvelle génération, de prouver que je suis toujours là et que je veux gagner », a-t-il avoué.
Grâce à ce finish, il valide sa requalification pour le circuit mondial qui débutera le mois prochain à l’US Open.
Ginger Caimi, 14 ans et déjà intouchable
Du côté des femmes, Ginger Caimi a survolé les débats. Arrivée en Galice avec le statut de favorite, l’Italienne a signé la meilleure performance du jour en finale avec deux vagues à 8,17 et 8,27 points. À seulement 14 ans, elle conserve son titre à Ferrol et s’offre son tout premier sacre européen devant la Française Alice Lemoigne.
La compétition se poursuit ce week-end en Espagne avec le lancement des premiers rounds du GADIS Junior Pro Ferrol.
Le spot d’Itaúna à Saquarema n’a pas offert le spectacle de l’année pour le dénouement du ViVO Rio Pro 2026. Dans des vagues médiocres et particulièrement piégeuses, la jeune prodige française de 15 ans, Tya Zebrowski, a hissé le surf tricolore jusqu’en finale de cette épreuve du Championship Tour (CT), un record de précocité. Un parcours exceptionnel qui s’est malheureusement arrêté à une marche du sacre.
Le coup de force tactique de Sawyer Lindblad
Face à elle, l’Américaine Sawyer Lindblad (20 ans) traînait une lourde malédiction : trois finales sur le CT, trois places de dauphine. Dans ce duel de fin de tableau gâché par des vagues vraiment pas à la hauteur.
Lindblad a su faire les choix les plus intelligents sur les sections molles pour sécuriser un total combiné modeste (autour des 7 points), s’offrant ainsi sa première victoire en carrière. Malgré une belle réaction sur son surf backside et un enchaînement engagé récompensé par la meilleure note du heat (5.57), Tya Zebrowski a cruellement manqué de vagues à fort potentiel dans les dernières minutes pour inverser la tendance. À seulement 15 ans, ce résultat à la mi-saison valide un potentiel hors norme.
Yago Dora en jaune, Fioravanti s’incline
Dans le tableau masculin, le public brésilien a bravé la météo pour gagner. Le local Yago Dora a littéralement enflammé le beach break en dominant l’Italien Leonardo Fioravanti lors de l’ultime face-à-face.
Porté par une foule en délire, Dora décroche une victoire cruciale à domicile. avec sa pla ce en finale, l’italien Leonardo Fioraventi chipe la première place du classement général du WCT et portera le lycra jaune de leader mondial lors de la prochaine étape du circuit.
Vous vous demandez si vous utilisez le meilleur matériel sur votre planche ? Plus de 7 500 passionnés ont répondu à la grande enquête annuelle du média Stab, et le verdict de la communauté va bousculer quelques certitudes.
Le duel le plus attendu concernait les dérives. Et sur ce coup, c’est une véritable correction : Futures Fins écrase FCS en récoltant 49 % des suffrages, contre seulement 34 % pour son rival historique. Le reste du gâteau se partage entre True Ames, Captain Fin et Endorfins.
FCS sauve tout de même l’honneur sur le segment des leashes, mais d’un cheveu. La marque décroche la première place avec 25,76 % des voix, talonnée de très près par Creatures (23,27 %) et Dakine (17,32 %).
Du côté des pads, le constat est sans appel. Creatures of Leisure s’impose comme le patron incontesté en obtenant 20,12 % des votes, soit presque le double de son dauphin, Octopus (11,46 %).
Enfin, la bataille la plus serrée s’est jouée sur les housses de transport. Dakine l’emporte sur le fil avec 17,46 % des suffrages, juste devant Creatures (16,84 %) et FCS (15,48 %).
Personnellement, j’aimerai réaliser la même étude pour la France…
Une vague géante en plein Paris, du sable sur le catwalk et des mannequins qui portent des planches comme de simples accessoires de mode. Pour son défilé Printemps/Été 2027, Pharrell Williams a propulsé Louis Vuitton au cœur de notre culture. Au premier abord, le casting a de quoi faire rêver : la direction artistique a misé sur le free surfeur le plus stylé de la planète, Mikey February, et sur des visuels poétiques signés du photographe Brent Bielmann.
La marque au monogramme affirme vouloir rendre hommage à la communauté surf, et plus particulièrement au Ebony Beach Club, une association historique créée en 1957 à Santa Monica pour offrir un espace sûr à la communauté noire avant d’être expropriée par la ville. Sur le papier, l’intention est noble, d’autant plus que LV promet de reverser le sable du défilé à des terrains de volley et de soutenir l’ONG Coral Gardeners.
L’art du greenwashing et de la récupération ?
Mais grattons un peu sous le vernis de cette esthétique parfaite. Il y a trente ans, voir le surf ainsi exposé nous aurait rendus fiers. Aujourd’hui, le sentiment est bien plus amer. Ces géants du luxe ne sont pas là par passion, mais pour s’approprier les codes d’une contre-culture authentique afin de vendre des t-shirts à des prix totalement indécents.
Voir des mannequins tenir maladroitement des planches sur un podium parisien résume parfaitement le malaise : le surf est vidé de sa substance pour devenir une simple esthétique de riches citadins. Louis Vuitton s’achète une image cool sur le dos de notre passion. Rassurez-vous, il y a très peu de chances que la marque vienne un jour financer des campagnes de pub chez nous, et c’est tant mieux. L’âme du surf ne s’achète pas en boutique de luxe.
Le danger ne vient plus seulement de la série qui décale ou des courants sournois. Désormais, c’est le ciel qui tombe sur la tête des surfeurs. En l’espace de quarante-huit heures, deux des spots les plus emblématiques de la planète surf ont été le théâtre d’un phénomène terrifiant : l’effondrement soudain de pans entiers de falaises directement dans le line-up.
Un effondrement sans conséquence en Californie
Le premier avertissement a eu lieu en Californie, sur le mythique spot de Steamer Lane à Santa Cruz. Lundi dernier, un bloc massif s’est détaché dans la section ultra-fréquentée de « The Slot », envoyant des tonnes de gravats et de roche là où les surfeurs attendent les vagues. Si le pire a été évité de justesse de ce côté de l’Atlantique, le signal d’alarme était tiré.
Un drame humain à Biarritz
Malheureusement, le drame a fini par éclater. Mercredi soir, à Biarritz, l’impensable s’est produit au pied du Phare, sur la plage du Miramar. En pleine session estivale, sous les yeux des baigneurs et des locaux venus chercher la fraîcheur, un pan de falaise de 2 000 m³ s’est écroulé dans l’océan, ensevelissant plusieurs personnes. Les secours, immédiatement déployés, ont sorti le corps sans vie d’une victime, tandis que les recherches se poursuivent dans des conditions extrêmes.
Ce double pic d’actualité met en lumière une réalité que la communauté surf va devoir affronter : le réchauffement climatique, la montée des eaux, les vagues de chaleur successives et l’érosion accélérée par les houles hivernales rendent nos parois côtières totalement instables.
Ramer au ras de la roche pour choper le short-break ou se coller à la falaise pour s’abriter du vent devient un risque. À Santa Cruz comme au Pays Basque, le message est désormais vital : gardez vos distances avec les parois rocheuses ou falaises, ne vous installez plus dessous et observez les signes de fatigue de la roche. La nature redessine nos vagues et nos côtes, mais le prix à payer est devenu beaucoup trop lourd.
C’est une vidéo de 2009 que la mémoire du surf mondial n’a jamais vraiment effacée. On y voyait un gamin réclamer un autographe à Jérémy Florès. Le Français, qui venait d’encaisser une défaite frustrante et n’avait qu’une idée en tête—s’isoler loin de la foule—, lance au gosse d’aller chercher un stylo. Rien de méchant. Mais Sterling Spencer, l’enfant terrible du surf américain, récupère le clip, y ajoute une voix-off parodique cinglante et détruit l’image publique de Jérémy Florès. La vidéo devient virale, la France s’indigne.
Dix ans plus tard, Spencer est enfin revenu sur les coulisses explosives de leurs retrouvailles lors du dernier épisode de son podcast Pinch My Salt.
« Il était complètement ivre, et je pense qu’il ne s’est pas rendu compte qu’il était littéralement en train de m’étrangler. »
La scène se passe en marge des Surfer Poll Awards en 2016. Morgan Maassen, photographe renommé et témoin de la scène, croise Florès dans le hall et propose naïvement une photo de réconciliation. Erreur fatale. Alcoolisé et entraîné au jiu-jitsu, Jérémy passe son bras autour du cou de Sterling et serre. Très fort.
Spencer raconte avoir vu ses yeux sortir de leurs orbites, incapable de respirer pendant que Florès continuait de saluer la foule en lui secouant la tête comme un fétu de paille. Il aura fallu l’intervention d’une légende locale, Michael Ho, pour séparer les deux hommes alors que la panique gagnait la pièce.
La fin de l’histoire ? Elle est digne du surf business. Le lendemain, à la première du film de Spencer, les deux surfeurs enterraient définitivement la hache de guerre. Florès finira même par lui faire un bisou sur la joue.
Le surf mondial se cherche, et voir des pointures monter leur propre boîte semble presque logique. Kelly Slater avec la marque Outerknown, John John Florence a lancé Florence Marine X, Kolohe Andino pousse 2 Percent, et Julian Wilson suit la danse. Sur le papier, l’histoire est belle. Sauf qu’être l’icône de toute une génération sur une planche de surf n’a absolument rien à voir avec le costume d’entrepreneur. Et quand on gratte le vernis glamour des clips de free surf, la réalité des coulisses est parfois d’une violence rare.
C’est le constat brut qu’ont partagé Dane Reynolds et Craig Anderson en revenant sur les premières années de leur marque, Former. Une aventure qui a bien failli couler avant même d’avoir un nom officiel.
« On n’avait aucune idée de ce que gérait un business, voulait dire »
Au milieu des années 2010, le surf business tremble. Kelly Slater claque la porte de son sponsor historique, et un vent d’exode souffle sur l’industrie. C’est lors d’un trip mémorable avec le magazine Monster Children que l’étincelle jaillit. Le regretté Dylan Rieder — l’un des skateurs les plus influents de l’histoire, alors en rémission — pousse Dane Reynolds, Craig Anderson et Austin Gillette à s’unir. L’idée ? Créer une marque indépendante, à l’esthétique brute, loin des logos néons et des plans marketing standardisés des majors de l’époque.
« À l’époque, j’ai pensé : deux surfeurs ultra-influents qui font des fringues stylées… comment ça pourrait foirer ? », balance Craig Anderson.
La réponse ne s’est pas fait attendre. Sans aucune notion de trésorerie, de flux de trésorerie ou de prévisions de ventes, l’équipe fonctionne à l’instinct. Ils dessinent une collection, raclent leurs fonds de tiroirs pour la produire, vendent tout en quelques jours, puis passent des mois sans le moindre produit en stock. Pire : l’équipe recrute des amis créatifs, qui embauchent d’autres amis, qui appellent eux-mêmes leurs potes.
« Un jour, tu réalises que tu es endetté jusqu’au cou »
Le réveil est brutal. Dix-huit mois après le lancement, un proche examine les comptes et pose des questions basiques sur la situation financière de la marque. Réponse des fondateurs : un silence total. « Mec, tu n’as pas un business là, tu as juste une idée », leur balance-t-il.
Former est alors asphyxié par une ardoise qui grimpe rapidement à plus de 120 000 dollars. Les comptes tournent sur les cartes de crédit personnelles des surfeurs. Alors que les investisseurs initiaux s’éloignent, Dane Reynolds refuse de laisser mourir le projet. Il rapatrie les cartons de vêtements dans son propre garage. Pendant un an et demi, les deux icônes du free surf mondial triment dans l’ombre pour éponger les dettes, poussées par l’énergie de leurs proches qui gèrent de petites boutiques indépendantes en solo.
Aujourd’hui basé à Ventura, le projet a survécu à la fameuse crise des cinq ans qui fauche la moitié des jeunes entreprises. Mais le combat reste quotidien face aux retards de livraison des fournisseurs et aux cycles de vente manqués. Dix ans après, l’esprit est resté intact, presque par miracle : pour rider chez Former, il faut encore être prêt à poser son matelas sur le béton du hangar.
C’est le cauchemar de tout surfeur, et pourtant, Rex n’a absolument rien vu venir. Alors qu’il glissait tranquillement sur le spot de Seascape Beach, à Aptos en Californie, une ombre massive et sombre s’est mise à tourner autour de lui. Un grand requin, visiblement très curieux et en mode investigation, se rapprochait dangereusement de sa planche.
La scène a été entièrement captée depuis les airs par Nick Bertocchini. Ce photographe de mariage, habitué à faire voler son drone sur la côte, a immédiatement compris l’urgence de la situation. Le squale coupait les trajectoires du surfeur, s’approchant même par l’arrière.
Pour alerter Rex sans pouvoir lui parler, Nick a utilisé une technique audacieuse : faire vrombir les moteurs de son drone à fond et caler l’appareil juste au-dessus du requin pour matérialiser le danger. En entendant le bourdonnement anormal et en voyant le drone faire des va-and-vient insistants, le surfeur a enfin levé les yeux, repéré l’ombre, et ramer à toute vitesse vers le rivage. Le prédateur a fini par abandonner la traque.
La tech individuelle face au modèle lourd de La Réunion
Si cette histoire se termine bien grâce à l’œil d’un pilote amateur, elle relance le grand débat de la sécurité face au risque requin. Sommes-nous condamnés à dépendre du hasard d’un drone dans le ciel pour surfer sereinement ?
À des milliers de kilomètres de là, l’île de La Réunion a choisi une tout autre stratégie. Face à une crise sans précédent, l’île a déployé des moyens colossaux: pêches préventives et programmes de vigies requins. Un investissement public massif qui a prouvé son efficacité absolue, puisque l’île ne déplore plus aucune attaque depuis de nombreuses années. (grâce à de nombreuses initiatives, je vous l’accorde, et pas uniquement le drône)
Alors, quelle est la suite pour nos spots ? Entre la surveillance institutionnelle militarisée mais hors de prix, et la vigilance citoyenne connectée via les drones, le surf moderne cherche encore son équilibre économique pour protéger ses pratiquants.
La culture glisse s’apprête à faire vibrer les salles obscures. Le 1er juillet 2026, le long-métrage d’animation In Waves sortira au cinéma en France. Sélectionné en ouverture de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes et en compétition au prestigieux Festival d’Annecy, ce film s’impose déjà comme le rendez-vous cinéma incontournable de l’année pour la communauté surf.
L’adaptation d’un chef-d’œuvre de la culture glisse californienne
Réalisé par la cinéaste franco-vietnamienne Phuong Mai Nguyen (remarquée pour son travail sur la série Culottées), In Waves est l’adaptation sur grand écran du roman graphique autobiographique d’AJ Dungo. Cet illustrateur californien y livre une chronique intime d’une puissance rare.
L’histoire nous plonge à Los Angeles, où AJ, un lycéen discret passionné de skateboard et de dessin, rencontre Kristen, une surfeuse passionnée. Alors qu’un avenir radieux se profile, Kristen tombe malade. Ensemble, portés par leurs amis et leur connexion viscérale à l’océan, ils vont mener un combat bouleversant contre l’adversité.
« Malheureusement, la thématique du deuil fait partie de l’histoire, mais j’avais envie que l’on perçoive avant tout la vie et les moments de joie », confie la réalisatrice Phuong Mai Nguyen, qui s’est immergée à Los Angeles sur les traces des souvenirs du couple pour retranscrire fidèlement l’esthétique des spots californiens.
Quiksilver s’associe à un hymne au pouvoir salvateur de l’océan
Pour Quiksilver, ce partenariat est apparu comme une évidence. La marque emblématique née en 1969 retrouve dans In Waves les piliers fondateurs de son ADN : le surf comme vecteur de liberté, l’océan comme espace de reconstruction, et la transmission d’une culture commune. Le long-métrage intègre d’ailleurs l’histoire des pionniers de la discipline en parallèle du récit principal.
L’océan n’y est pas traité comme un simple arrière-plan esthétique, mais comme un personnage à part entière, capable de soigner et de rassembler. « Nous sommes une marque née de l’océan. Soutenir In Waves, c’est un acte de conviction », explique Josh February, Global Brand Director chez Quiksilver. « Ce film incarne exactement ce que nous défendons depuis l’origine : l’idée que l’océan guérit, qu’il reconnecte, qu’il révèle. »
Une esthétique épurée et un casting cinq étoiles
Visuellement, le film réussit le pari d’esquiver le pathos grâce à un graphisme épuré, un traitement magistral de la lumière californienne et une justesse de rythme qui honore la glisse.
Pour donner vie à ce récit, le casting vocal s’avère particulièrement solide. La version française réunit des talents reconnus du cinéma francophone :
Lyna Khoudri
Paul Kircher
Rio Vega
Birane Ba
Quant à la version originale, elle s’appuie sur les voix de Will Sharpe et Stephanie Hsu pour incarner le duo de protagonistes.
Pourquoi les surfeurs doivent aller voir In Waves au cinéma
Au-delà du drame intime, In Waves est une véritable déclaration d’amour à la culture surf et à son histoire. Le film explore avec pudeur cette sensation unique que connaît chaque pratiquant : celle de trouver un refuge thérapeutique et une liberté absolue une fois à l’eau, peu importe les tempêtes de la vie à terre. Un grand moment de cinéma, esthétique et mémorable, à découvrir dès le 1er juillet.
On associe machinalement Teahupo’o aux monstres liquides de la taille d’un immeuble, à la cohue des bateaux dans le chenal et à la surveillance stricte de la water patrol. Pourtant, la vague la plus redoutée de la planète possède un visage bien plus vicieux. C’est précisément ce piège, masqué derrière des conditions d’apparence clémentes, qui vient de coûter la vie à Patrick Phillips, un surfeur américain de 56 ans originaire de San Diego.
Une fin d’après-midi au goût de fatalité
Le drame s’est noué en fin d’après-midi à Teahupoo. Ce jour-là, la houle affichait un modeste deux mètres. Une taille presque insignifiante pour un spot de cette envergure, qui pousse souvent à lever la garde. En raison de ces conditions mineures, aucune patrouille de sécurité officielle n’était déployée sur l’eau. Seul un petit groupe d’amis partageait le line-up.
C’est dans ce faux sentiment de sécurité que l’accident s’est produit. En chutant de sa planche, Patrick Phillips a directement percuté le récif de corail avec sa tête dans le « bowl » ouest, une section critique où l’eau se retire intégralement au moment où la vague casse. Le choc, d’une violence extrême, lui a brisé deux vertèbres cervicales.
Témoin de la scène, un autre surfeur américain est parvenu à extraire la victime de l’eau et à pratiquer une réanimation cardio-respiratoire d’urgence directement sur place, au milieu des vagues. Évacué par bateau puis transporté à l’hôpital de Taravao avant d’être transféré en urgence absolue au Centre Hospitalier de Polynésie Française (CHPF), Patrick Phillips est resté plusieurs jours dans un état critique. Il a finalement succombé à ses blessures le 19 juin au soir, laissant derrière lui une femme et deux fils.
26 ans de sursis sur la dalle tahitienne
Si Patrick Phillips était un surfeur expérimenté, ce freak accident rappelle la configuration unique de la dalle tahitienne. À Teahupo’o, ce n’est pas la hauteur de la lèvre qui dicte le danger, mais la faible profondeur d’eau sur le récif. Le moindre wipeout, même par petite houle, se transforme en un impact direct contre le récif.
Cette tragédie secoue profondément la communauté locale. Les fatalités restent extrêmement rares sur ce spot grâce aux dispositifs de sécurité modernes. Le dernier accident mortel répertorié à Teahupo’o remontait à l’an 2000, lors de la disparition du jeune local Brice Taerea. Vingt-six ans plus tard, l’océan vient de rappeler une vérité glaciale : au bout de la route, il n’y a jamais de petite session.
C’est le rendez-vous qui va animer la zone artisanale de Soorts-Hossegor. Ce mercredi 24 juin, à partir de 19h00, l’atelier de Ben de Chienville ouvre ses portes pour le lancement officiel de sa collaboration avec Oxbow. Une capsule en édition limitée née d’une envie commune de bousculer les lignes traditionnelles du shape, initiée par les expérimentations du rider Erwan Blouin sur les planches asymétriques.
Si vous cherchez une ambiance surf authentique, c’est ici que ça se passe. Au-delà de la découverte des pièces de la collection, l’événement est pensé comme un moment de partage avec les surfeurs. Vous pourrez approcher de près le travail de Ben, observer les shapes customs du team et échanger sur cette vision alternative de la performance.
Pour rythmer la soirée, le programme mise sur du solide : un concert live de YGGL programmé à 20h15, les incontournables burgers de The Roaster pour l’après-session, et des boissons offertes.
Infos pratiques :
Où : Chienville Workshop – 803 Av. des Rémouleurs, Soorts-Hossegor
Quand : Mercredi 24 juin, dès 19h00 (Concert à 20h15)
Cette journée brésilienne a soufflé le chaud et le froid sur le clan tricolore à Saquarema. Entre l’irrésistible ascension d’une prodige de 15 ans et une décision arbitrale litigieuse qui laisse un goût très amer, cette journée du VIVO Rio Pro 2026 restera gravé dans les mémoires.
Tya Zebrowski : La reine de Saquarema est Française
À seulement 15 ans, Tya Zebrowski n’en finit plus de bousculer la hiérarchie mondiale de l’élite. Opposée à l’Espagnole Nadia Erostarbe en demi-finale, la jeune rookie a livré un véritable récital de puissance, de fluidité et de timing. Sur un spot pourtant piégeux et changeant, Tya a fait parler son surf explosif sur le lip pour claquer un gros total de 14,84 points, laissant son adversaire en situation de combinaison pendant la majeure partie de la série.
Avec cette victoire éclatante, elle s’offre sa place pour une finale au sommet face à la Californienne Sawyer Lindblad (qui a éliminé Caroline Marks). Au passage, elle prend une option sur le titre mondial de Rookie of the Year.
Le coup de canif : Kauli Vaast éliminé dans la controverse
L’ambiance est devenue beaucoup plus lourde lors du quart de finale masculin opposant Kauli Vaast à Ethan Ewing. Dans un duel de pur power surfing, le Tahitien a sorti toute sa panoplie de carves appuyés et de trajectoires massives. Pourtant, c’est une note qui a mis le feu aux poudres : un 7,00 attribué à l’Australien pour un enchaînement de deux virages, jugé largement surévalué par les observateurs et les fans en feu sur les réseaux sociaux.
Malgré une réplique solide notée 6,17 et un gros air tenté dans les dernières secondes pour arracher la victoire, le champion olympique s’incline de justesse face à la glisse chirurgicale mais moins agressive d’Ewing. Une élimination frustrante tant le surfeur de Teahupo’o avait le rythme pour aller chercher le titre au Brésil.
Imaginez un hiver glacial sur la côte argentine. La neige tient sur le sable, le thermomètre frôle le zéro. Pourtant, un homme sprinte vers le shorebreak avec l’enthousiasme d’un gamin qui découvre l’océan. Ce surfeur, c’est Leandro « Lele » Usuna. Surnommé « Le Grinch » pour sa faim insatiable de vagues, le double champion du monde s’est lancé un défi complètement fou : décrocher son ticket pour les Jeux Olympiques de Los Angeles à près de 41 ans.
Pour accomplir ce miracle, l’Argentin puise sa force là où personne ne l’attend : chez la légende du football, Diego Maradona.
En 2014, avant de décrocher sa première couronne mondiale à Punta Rocas, Usuna s’était imposé un rituel immuable. Avant chaque série, il visionnait en boucle la célèbre vidéo de l’échauffement de Maradona avec le Napoli, jonglant et dansant avec le ballon sur le rythme de Live Is Life. Une décharge d’adrénaline pure et une leçon de joie brute qu’il transférait directement sur son shape. « J’avais cette chanson dans la tête en ramant au pic, j’étais gonflé à bloc, prêt pour le match », confie-t-il.
Après avoir goûté à l’arène olympique à Tokyo en 2020 et manqué le train pour Tahiti, ce père de deux enfants refuse de raccrocher le Lycra de compétition. L’âge ? Un simple chiffre. Le déclic est venu en regardant le skateur Andy Macdonald fracasser le bowl de Paris à 51 ans.
Pour Lele, glisser reste ce qui se rapproche le plus du rêve de voler. À l’aube de la quarantaine, Usuna prouve que la passion n’a pas de date d’expiration. Et qu’avec un peu de la magie d’El Pibe de Oro sous les dérives, aucun swell n’est trop gros.
Le spot de Saquarema a tremblé ce samedi 20 juin 2026. Alors que le public brésilien en ébullition attendait une démonstration de ses idoles locales pour cette 6e étape du Championship Tour (CT), ce sont deux surfeurs tricolores qui ont totalement volé la vedette. En éliminant des légendes absolues et des leaders mondiaux, Tya Zebrowski et Kauli Vaast ont signé une journée historique pour le surf français.
À 15 ans, Tya Zebrowski éteint la légende Carissa Moore
C’est l’image forte de ce VIVO Rio Pro. À seulement 15 ans, la plus jeune qualifiée de l’histoire du CT, Tya Zebrowski, vient de prouver qu’elle n’avait peur de personne. Après avoir écarté l’expérimentée Lakey Peterson au Round 2, la surfeuse tricolore retrouvait la quintuple championne du monde et médaillée d’or olympique, Carissa Moore, en quarts de finale.
Loin d’être intimidée par le palmarès de l’Hawaïenne, Tya a surfé avec une maturité déconcertante pour s’imposer largement (12.70 contre 7.77). Une revanche éclatante après leur dernier duel à Snapper Rocks.
« Elle m’avait battue là-bas, donc je ne voulais vraiment pas qu’elle recommence. J’ai juste essayé de rester concentrée sur mon propre surf. C’était une série incroyable et très stressante, mais je suis tellement heureuse », a confié la jeune prodige, qui se qualifie pour sa toute première demi-finale sur le CT face à l’Espagnole Nadia Erostarbe.
Kauli Vaast fait taire l’arène brésilienne en sortant le n°1 mondial
Chez les hommes, le défi qui attendait Kauli Vaast au Round 3 relevait presque de la mission impossible : affronter le champion du monde 2019 et actuel numéro 1 mondial, Italo Ferreira, devant des milliers de fans brésiliens hurlants sur la plage.
Dans la peau de l’underdog absolu, le champion olympique tahitien a fait preuve d’un sang-froid glacial. Grâce à un surf backside chirurgical et surpuissant, Vaast est parvenu à contrer la fougue de Ferreira sur ses propres terres. Un exploit retentissant qui propulse le rookie français en quarts de finale pour la troisième fois de la saison.
« C’est un super jeu mental d’essayer de rester froid, concentré, et de faire son truc. Être dans cette situation face aux meilleurs me motive énormément », a déclaré le Tahitien.
Au prochain tour, Kauli Vaast aura un autre immense morceau face à lui : l’Australien Ethan Ewing. La française Tya Zebrowski sera confrontée en demi finale à l’espagnole Nadia Erostarbe. Le rendez-vous est pris ce dimanche 21 juin pour un Finals Day qui s’annonce d’ores et déjà grandiose pour le clan français.
VIVO Rio Pro Presented by Corona Cero Women’s Round One (Heats 7-8) Results HEAT 7: Bella Kenworthy (USA) 10.10 DEF. Bettylou Sakura Johnson (HAW) 8.93 HEAT 8: Tatiana Weston-Webb (BRA) 11.00 DEF. Tyler Wright (AUS) 10.46
VIVO Rio Pro Presented by Corona Cero Women’s Quarterfinal Results HEAT 1: Tya Zebrowski (FRA) 12.70 DEF. Carissa Moore (HAW) 7.77 HEAT 2: Nadia Erostarbe (ESP) 15.83 DEF. Caitlin Simmers (USA) 12.23 HEAT 3: Caroline Marks (USA) 13.04 DEF. Gabriela Bryan (HAW) 11.90 HEAT 4: Sawyer Lindblad (USA) 12.86 DEF. Luana Silva (BRA) 12.26
VIVO Rio Pro Presented by Corona Cero Men’s Round Three Results HEAT 1: Jack Robinson (AUS) vs. Samuel Pupo (BRA) HEAT 2: Leonardo Fioravanti (ITA) vs. Liam O’Brien (AUS) HEAT 3: Morgan Cibilic (AUS) vs. Matthew McGillivray (RSA) HEAT 4: Joao Chianca (BRA) vs. George Pittar (AUS) HEAT 5: Italo Ferreira (BRA) vs. Italo Ferreira (BRA) Kauli Vaast (FRA) HEAT 6: Ethan Ewing (AUS) vs. Kanoa Igarashi (JPN) HEAT 7: Yago Dora (BRA) vs. Marco Mignot (FRA) HEAT 8: Callum Robson (AUS) def. Michael Pupo (BRA)
VIVO Rio Pro Presented by Corona Cero Women’s Semifinal Matchups HEAT 1: Tya Zebrowski (FRA) vs. Nadia Erostarbe (ESP) HEAT 2: Caroline Marks (USA) vs. Sawyer Lindblad (USA)
VIVO Rio Pro Presented by Corona Cero Men’s Quarterfinal Matchups HEAT 1: Samuel Pupo (BRA) vs. Leonardo Fioravanti (ITA) HEAT 2: Morgan Cibilic (AUS) vs. Joao Chianca (BRA) HEAT 3: Kauli Vaast (FRA) vs. Ethan Ewing (AUS) HEAT 4: Yago Dora (BRA) vs. Miguel Pupo (BRA)
On a tous en tête l’image du surfeur pro fracassant le lip sur un shortboard ultra-performant. Pourtant, la réalité sur nos spots est bien différente. Près de 80 % des pratiquants commettent l’erreur de surfer des planches trop exclusives pour leur niveau ou pour les conditions du jour. C’est le syndrome de la Ferrari : fantastique sur le papier, mais impossible à exploiter pleinement si on n’a pas le pilotage adéquat. Pour retrouver le vrai plaisir de la glisse, il est temps de faire tomber les complexes et d’explorer la mécanique des différents shapes : le shortboard performance, le fish et la surprenante planche asymétrique. J’ai trouvé cette vidéo intéressantes.
Le Shortboard Performance : La « Ferrari » des spots
Le thruster classique (trois dérives) reste la référence absolue en compétition. C’est une machine nerveuse dotée d’un rocker prononcé
Rocker prononcé : Plus la planche est courbée, plus elle tourne court et permet de surfer à la verticale. En contrepartie, elle a besoin de vitesse, que l’on crée de la vitesse.
Rocker plat : Une planche plus droite va générer beaucoup de vitesse naturelle, mais sera plus difficile à faire pivoter.
Le problème du shortboard performance ? Il est ultra-exigeant. Il demande une excellente condition physique à la rame, un placement parfait et des vagues de qualité. Si vous n’utilisez pas la moitié du potentiel de la planche, vous réduisez votre capital fun. Parfois, mieux vaut troquer sa formule 1 contre une « petite Clio » joueuse avec laquelle on peut enchaîner les virages et s’amuser dans toutes les conditions.
Le Fish : La machine à vitesse sans effort
Pourquoi le fish rencontre-t-il un tel succès ? Avec son outline généreux à l’avant et son swallow tail (queue de pie), il offre une excellente portance et une rame facile. C’est le choix idéal pour les vagues estivales ou un peu molles (de 50 cm à 1m20).
La magie du fish opère grâce à sa configuration en twin (deux dérives). Les ailerons sont plus reculés et plus ouverts par rapport au nose que sur un thruster, ce qui réduit considérablement la traînée d’eau. Résultat : la planche accélère au moindre appui sans forcer.
L’astuce du shaper : Les shapes modernes intègrent un double concave pour canaliser l’eau et créer de la poussée. Si vous surfez un pointbreak en backside (dos à la vague), n’hésitez pas à ajouter un petit stabilisateur (une mini-dérive centrale) pour retrouver du grip et éviter que la planche ne chasse sur vos talons. (comme Toledo récemment à Raglan)
La planche asymétrique : La révolution anatomique
Longtemps boudée ou jugée trop loufoque, la planche asymétrique repose pourtant sur une logique physique implacable : nos appuis humains ne sont pas symétriques. Vous avez beaucoup plus de contrôle et de finesse sur vos orteils (frontside) que sur vos talons (backside), où l’appui est direct, rigide et plus difficile à doser.
Une planche asymétrique propose donc deux côtés différents adaptés à votre stance (Regular ou Goofy) :
Côté orteils : Un rail plus long et des dérives typées « twin » pour garder un maximum de vitesse, de drive et de flow.
Côté talons : Un rail plus court (souvent amputé d’un pouce) et une dérive avancée pour faciliter la bascule, raccourcir le rayon de virage et offrir un contrôle de type shortboard.
C’est la planche de trip ultime : elle offre la vitesse folle d’un twin en ligne droite tout en permettant d’attaquer la lèvre comme un sauvage dès que l’on passe sur les talons.
L’erreur fatale : Le piège du sous-litrage
S’il y a bien un conseil à retenir pour faire évoluer votre surf, c’est celui-ci : ne sous-littrez pas vos planches. Vouloir surfer une planche trop petite par pur ego est le meilleur moyen de stagner. Un litre ou deux de plus ne gâcheront jamais votre session, bien au contraire.
Lorsque vous manquez de volume, la planche a tendance à couler et à saturer lors du bottom-turn. Vous vous retrouvez à surfer « sur des œufs ». Avec un litrage généreux, vous pouvez enfoncer le rail sereinement pour créer le fameux effet bouchon/rebond : la planche emmagasine l’énergie sous l’eau et vous propulse littéralement vers le haut de la vague lorsque vous relâchez la pression.
Le surf reste une affaire de compromis et de balance. Ouvrir son quiver à des shapes alternatifs, c’est s’assurer de glisser avec style, peu importe l’humeur de l’océan.
Le surf de gros ne pardonne rien, mais des fois pas besoin de condition XXL pour qu’un accident grave arrive. Ce jeudi, à Teahupo’o, un Californien de 56 ans a vu sa session basculer dans l’horreur. Lors d’une violente chute dans le bowl west (très peu d’eau dans ces conditions), sa tête a directement percuté le récif corallien à fleur d’eau.
Le bilan est lourd : deux vertèbres cervicales ont été brisées dans le choc. Il. Secouru en urgence par un jeune surfeur et évacué vers le centre hospitalier du Taaone, le surfeur se trouve actuellement dans un état critique. Son pronostic vital reste engagé. Cet accident rappelle la dangerosité extrême de cette vague à Tahiti.
Les Français ont fait le show dans les vagues puissantes de Saquarema. Lors du round 2 du Rio Pro, Kauli Vaast et Marco Mignot ont validé leur ticket pour le troisième tour, affichant chacun un surf aussi radical qu’intelligent.
Vaast comme à la maison
Opposé au Californien Crosby Colapinto, Kauli Vaast a dicté son rythme (13.73 contre 11.50). Sur les gauches brésiliennes, le Tahitien a fait parler sa puissance et son engagement, enchaînant notamment de gros laybacks. Dans des conditions solides balayées par un fort vent offshore, Vaast a déclaré se sentir presque « comme à la maison », profitant de sa meilleure session sur ce spot. De son côté, Colapinto, malgré une belle attaque backside au premier plan, s’est fait surprendre par une lèvre brésilienne fuyante et n’a pas pu combler son retard.
Mignot, le coup de maître tactique
Face à Barron Mamiya, Marco Mignot a livré une prestation de haut vol. Le Français a pris les commandes d’entrée grâce à un superbe air frontside full rotation parfaitement replaqué. En face, l’Hawaiien a misé son va-tout en cherchant des airs monstrueux, mais sans jamais trouver le replaquage.
C’est dans les cinq dernières minutes que Mignot a prouvé toute sa maturité sur le CT. Alors que Mamiya, après avoir pris une gauche sans potentiel, a fait appel au jet ski. Le but, étant de s’isoler du français en allant à l’opposer de Marco Mignot, qui a alors la priorité. Marco a entamé une énorme rame pour le marquer à la culotte. À trente secondes du buzzer, l’Hawaiien trouve l’opportunité espérée, mais Mignot, fort de sa priorité, lui coupe la route avec sang-froid. Une stratégie redoutable qui propulse le Français au tour suivant.